« lun 17 mar - dim 23 mar | Page d'accueil | lun 12 mai - dim 18 mai »

vendredi, 28 mars 2008

Demi-tour impossible



Espace, temps, espace-temps
La route stable et inconnue
S'étire et sépare et me tue
A contre coeur à contre vent

Ne jamais regarder derrière
Il n'y a rien plus rien à voir
Comme une bourgeoise altière
Marche le nez dans son mouchoir

Que tu es beau et jeune et loin
Ta peau, tes yeux, ta bouche, tes mains
Seront à jamais mon besoin
Mon désir, mes soupirs en vain.

J'attends, et te touche et te sens
Ton sexe dur enfin en moi
Glisse cogne reste longtemps
Ton torse puissant sur moi

Espace, temps, espace-temps
La fin de la route est en vue
Elle poussière, et me tue
A regret, m'étends, nomanland's

Lune et Soleil

mardi, 25 mars 2008

Dis pourquoi tu danses ?




Dis, pourquoi tu danses ?

I Nous apprenons à danser car notre fille se marie au mois de juin et nous voulons profiter pleinement de la fête » m'ont déclaré, avec un grand sourire Jean-François et Jocelyne, néophytes comme moi du club de danse de loisir de Bompas. Pour Pierre qui n'a jamais dansé, « c'est très difficile, mais je veux y arriver pour créer des liens amicaux ». Daisy, elle, « en avait assez de rester assise à regarder les autres.... » . Raisons plus que valables et légitimes qui font que nous osons ouvrir une porte et nous lancer sur la piste. C’est ce que j’ai fait, comme eux. Croyez-moi c’est loin d’être facile.
La salle immense, n'est pas au premier abord attrayante, mais immédiatement, je suis prise en charge, et invitée à me mettre en ligne au milieu des autres : « Allez-y il faut essayer, vous verrez, ça ira. » C'est par ces mots que j'ai été accueillie au mois d'octobre 2007 par le président du club, toujours présent pendant les séances ainsi que toutes les membres du bureau. Oui la salle est immense mais l'ambiance est chaleureuse et passés les premiers moments de doute et de confusion j'ai osé danser avec et à côté d'inconnus.
Il m’a fallu plusieurs mois pour leur poser cette question : pourquoi avez-vous décidé d’apprendre à danser ? Ils y ont tous répondu, merci. Le groupe est formé de débutants (comme moi) et de plus aguerris qui pratiquent depuis de nombreuses années à l’image de Claudine, Isabelle, Gisèle, Catherine, Mauricette qui dansent « pour le plaisir, pour s'amuser, pour se perfectionner. »
Les femmes sont plus nombreuses que les hommes mais en général on arrive à se débrouiller pour danser, les hommes « tournent » et ainsi il m’arrive d’avoir pour cavalier Bernard. Avec son épouse Ghislaine ils dansent pour « pratiquer une activité sportive. » « Ce n'est pas la seule, me confie Bernard, mais ma femme adore danser alors je l'accompagne. »
Et puis, les motivations deviennent plus intimes, plus graves, délivrées avec pudeur.
Pour François, danser est l'acte d'amour d'un père à fille : « elle devait pratiquer un sport à cause de ses jambes. Alors ma femme et moi avons pensé que la danse serait une bonne idée. Pendant des années j'ai dansé avec elle pour que ses jambes puissent fonctionner normalement. Maintenant, ma fille ne veut plus danser, mais nous, nous continuons pour le plaisir et cela depuis presque 20 ans ».
Les motivations de Denis, douloureuses, prennent l'aspect de la confidence : « je suis venu apprendre à danser pour me prouver que je peux encore faire quelque chose de bien, pour me reconstruire après mon divorce. Jeune, j'étais trop timide pour inviter une jeune fille à danser, et puis je ne savais pas. Aujourd'hui, la démarche est tout autant difficile, mais je veux y arriver. »

II
Nelly, elle va encore plus loin « J'ai appris à danser un an après le décès de mon mari, sa mort a été rapide et je me suis retrouvée toute seule, accablée de soucis. Alors avoir une occupation est devenue une question de survie. J'avais besoin de parler à des adultes pour ne pas sombrer. Je fais mon deuil doucement je peux parler de lui sans pleurer ».
Pour beaucoup d'entre eux l'essai du mardi soir est transformé le week-end au Madison, dancing discothèque situé à Perpignan. Là tout est fait pour mettre à l'aise les danseurs débutants et satisfaire les plus confirmés. Le vendredi et le samedi soir à partir de 21 heures et jusqu’à 1 h 30 du matin, des couples se jettent sur la piste pour mettre en pratique leurs nouveaux acquis, moi aussi. Pour d’autres, en revanche la foulée est souple, lente, sensuelle ou endiablée, et je les regarde avec envie. Pour tous l’essentiel est de danser, danser.
Philippe et son épouse viennent danser depuis 9 ans pour le plaisir, j’aime danser avec ce gentil moustachu, il compte les pas et tout devient facile.
Pour Germaine c’est tout simplement pour accomplir son rêve, redécouvrir le plaisir de danser à deux. Son mari l’a accompagnée pendant deux ans et maintenant elle continue seule car je sens bien que la danse lui est aussi nécessaire que l’air qu’elle respire. Et puis il y a Alain.
Alain, qui glisse sur la piste et qui me fait danser avec beaucoup de patience, qui m’encourage parfois, j’aime beaucoup danser avec lui. C’est un compétiteur, avec son épouse pendant trois ans il a pratiqué la danse sportive de salon. Comme une obsession vers la perfection ils s’entraînaient tous les jours, prenaient des cours, avaient un professeur particulier. Son aisance, il la doit à son travail, à ses souffrances. Pourtant les contraintes ont eu raison de leur enthousiasme.
Pour lui : « la France est très en retard pour la mise en place de compétitions officielles, trop peu médiatisée cette pratique sportive reste confidentielle alors que les anglais friands de danse de salon sont toujours à l’origine de pas nouveaux, de danses nouvelles. » C’est ce que confirme également Thierry.
Thierry est notre professeur de danse mais pas seulement. Il fait partie d’une troupe « Angel’s Dancers » qui se produit à la demande. Lui-même danse avec des personnalités du spectacle et parfois se déplace à l’étranger pour assurer spectacles et concours. Grand, mince, beaucoup de charme, d’origine réunionnaise il évolue avec une telle aisance que tous ses mouvements deviennent magiques. Avec son épouse et ses frères il assure des cours dans plusieurs villages du département.
Mais qui sont ces danseurs ?
Monsieur et Madame tout le monde, vous, moi, il suffit d’en avoir le désir et de ne pas se décourager. L’apprentissage est long, répétitif et pourtant nécessaire. Le groupe dans lequel j’évolue est composé de retraités et d’actifs. La moyenne d’âge est d’environ 55 ans avec une majorité de femmes (seules ou en couples). Je ne vous cacherai pas qu’il faut une bonne dose de patience pour progresser et cela ne vient pas en un claquement de doigts. Mais tout cela se fait dans la bonne humeur et dans de grands éclats de rires. La convivialité est le ciment du groupe.


III
Qu’en est-il exactement de la pratique de la danse de loisir dans le département des Pyrénées Orientales ?
Il existerait (difficile d’avoir le compte exact) dans le département des Pyrénées Orientales environ 43 clubs et écoles de danse. Une dizaine d’écoles dispensent des cours de tango, salsa, samba, rock, paso, rock, danses en ligne. Ces apprentissages sont aussi proposés par de petits clubs et associations comme celui dans lequel j’évolue à Bompas qui fête son treizième anniversaire cette année. On en trouve à Baixas, Saint-Estève, Saint-Laurent-de- la-Salanque, Alénya, Villeneuve-de-la-Raho, je ne peux les citer tous. Là on développe le tango, ailleurs c’est la salsa cubaine ou portoricaine ou encore la country… Des intervenants (comme Thierry) assurent les cours une à deux fois par semaine. A Perpignan également le phénomène se développe par quartier, à Saint-Martin ou Saint-Assiscle des groupes se construisent.
Qu’en est-il en France ?
Monsieur Dolléans de la Fédération des Sports de Danse de France et Danses de loisir a eu la gentillesse de répondre à mes questions et m’a envoyé un dossier sur le sujet. On estime qu’il y a 2 millions de pratiquants en France toutes danses confondues ; 200 000 sont des adhérents occasionnels et vont danser dans les discothèques ou les dancings de manière régulière, 20 000 sont licenciés dans des clubs ou écoles dans la France entière. « Depuis 1980 on assiste à un engouement pour la danse en couple car c’est une distraction populaire, peu onéreuse qui peut se pratiquer sans difficulté, dans la convivialité. » « Le manque de médiatisation est à déplorer car de très nombreux jeunes garçons et filles sont impliqués dans des compétitions et des concours de hauts niveaux. »
Alors à quand votre inscription dans le petit club de votre quartier ou de votre village ? Peut-être sommeille en vous une bête de danse ou tout simplement un rêve non réalisé, allez-y. Moi, ce soir, c’est décidé je serai la plus belle pour aller danser, danser…

Lune et Soleil

lundi, 24 mars 2008

Le Somail, un port dans le Minervois



Temps gris, venteux (trés), froid, trés froid et pourtant le site est magique. Emmitoufflée dans mon manteau, mon écharpe et mes mitaines rouges, j'ai découvert un petit hameau glacé et beau à la fois. Petit port sur le canal du midi il est une étape entre Narbonne et Carcassonne. Et déjà je l'image en été quand les platanes ombragent les petits restaurants au bord de l'eau, quand les bateaux chargés de vacanciers et d'enfants se croisent et s'interpellent dans toutes les langues. Un groupe d'allemands me salue de bon coeur, je réponds en levant une main gelée. Je les regarde embarquer courageusement. Je me dirige alors vers la petite librairie ancienne, fermée bien sûr, mais à la belle saison comme elle doit bouillonner de lecteurs nonchalants. L'endroit est aujourd'hui presque désert, une famille à vélo, un couple d'anglais qui n'est pas descendu de sa voiture, une oie, j'ai peur des oies, elles pincent, quelques convives dans le petit resto les pieds dans l'eau, un couple de col-vert. Si vous aimez le tourisme fluvial, Le Somail, est une étape sur votre prochaine croisière. Une importante flotille est à votre disposition pour naviguer vers Toulouse ou Agde. Par la route, prenez la D 607 à partir de Narbonne, direction Marcorignan, St-Marcel, Le Somail. Bonne balade, au soleil de préférence. Ah j'oubliais, un détail et non des moindres, on trouve aussi dans le Minervois de trés bons petits crus, à consommer avec modération cela va de soi. Et si vous tentiez la croisière fluvio-viticole ?

Lune et Soleil

Toutes les notes