30 janvier 2008

Le polder sofa, ou le cuir pour renouveler un classique

On le connaissait dans sa version en tissu. Il faut désormais compter sur la version cuir. La designer néerlandaise Hella Jongerius a pris le parti de donner un nouveau style à son Polder Sofa, en le recouvrant de cuir. Mais quand on se penche d'un peu plus près sur le canapé, on remarque quelques petites touches de fantaisie  : les coutures et les boutons reprennent les couleurs de la version tissu.

Avec Vitra, la Néerlandaise a trouvé le moyen de donner un coup de jeune à un canapé en cuir. Alors que le passage à cette matière est souvent synonyme d'un certain embourgeoisement.

Enfin, à ceux qui se demandent pourquoi ce canapé s'appelle Polder, voilà l'explication : "En Hollande, un polder désigne l’étendue artificielle de terre gagnée sur la mer grâce à la mise en place de digues et de fossés de drainage. La structure du canapé Polder se révèle tout aussi basse , plate et horizontale."

M. M.

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Renseignements sur le site de Vitra ou au 01 56 770 777. Les meubles Vitra sont disponibles également chez RBC, à Montpellier, Nîmes et Avignon.

Polder sofa XS, 8 364 €.

29 novembre 2007

Le lounge chair en blanc, ou comment revisiter un objet culte

C'est un fauteuil au dessin intemporel. Les années passent et lui reste toujours aussi tendance. Mais cela ne signifie pas que son look est gravé dans le marbre. Le Lounge Chair de Charles et Ray Eames - et son ottoman - vient de faire l'objet d'une nouvelle déclinaison. Vitra, l'éditeur allemand, n'en est pas à son coup d'essai en la matière. Il  a déjà donné à la chaise Panton ou à la chaise Prouvé de nouveaux coloris. Là encore, Vitra s'attaque à un mythe. Et gagne son pari.

Charles et Ray Eames avaient voulu voir dans ce fauteuil une interprétation moderne des fauteuils club. On comprend donc l'utilisation de cuir noir et de bois de palissandre. Régulièrement, des séries limitées comportant des rembourrages clairs étaient proposées, sans jamais dépasser le stade du "one shot". Le bois et l'aluminium restaient invariablement sombres.

En collaboration avec l’Eames Office et Hella Jongerius, Vitra a donc étudié le thème d’un Lounge Chair « clair ». Le cuir n'y est pas blanc immaculé, mais dans un ton blanc cassé, tendant vers le gris. Les coques en bois sont en placage de noisetier pigmenté et le piètement en aluminium poli.

Vitra a su revisiter ce grand classique et y a apporté de la fraîcheur. Mais tout à un prix. Et là, on atteint des sommets dans le domaine du luxe.

M. M.

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Lounge Chair, de Charles et Ray Eames, chez Vitra. En vente chez RBC. 7 074 €.

 

21 novembre 2007

L'objet culte : la "Coffee table" d'Isamu Noguchi

L'oeuvre d'Isamu Noguchi*, artiste nippo-américain, se distingue par une diversité exceptionnelle. Outre des sculptures, il créa des décors de théâtre, des meubles, des luminaires, conçut des intérieurs et aménagea des espaces et jardins publics. En tant que sculpteur, il ne s'est pas seulement intéressé aux matériaux et aux formes, mais également à l'impact sur l'espace et à l'aménagement intérieur lui-même. Son art a beaucoup influencé le design des années cinquante.

Dans les années 30, il crée le premier modèle de la coffee table pour la maison de A. Conger Godyear, le président du museum of modern art (Moma) de New-York.

 

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Noguchi lui-même considérait la coffe table comme sa création mobilière la plus réussie, car elle incarnait l'idéal du sculpteur, à savoir des formes sculpturales et biomorphes. Un lourd plateau de verre aux bords arrondis repose sur deux pieds identiques aux lignes organiques, formant ainsi un "meuble-sculture" harmonieux. Le piètement de la table crée en 1944 était en bois laqué noir, une autre version fut également fabriquée ultérieurement en noyer.

Objet culte, la coffee table est aujourd'hui rééditée par Vitra. On la trouve à peu près partout : dans les boutiques déco - comme RBC à Nîmes - et sur internet. Là, on peut y acheter l'original réédité entre 900 et 1400 euros et même des copies dans les 500 euros.

Objet culte toujours, la coffee table a trouvé sa place au Moma à New-York entre le fauteuil "Egg" d'Arne Jacobsen et la chaise Panton.

C. U.

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* : (1904-1988).

 

14 juillet 2007

La chaise Eames, ou le design organique

"La forme de cette chaise ne prétend pas anticiper clairement la variété des besoins à remplir. Ces besoins sont pour l'instant non définis et la solution de la forme est dans une large proportion intuitive".

 Annotation de Charles et Ray Eames, sur le panneau explicatif de l'expostion en 1948.

Elle est une sorte de coquille, blanche, évidée en son centre. Posée sur un pied de bois et de métal. Quand on voit La Chaise, de Charles et Ray Eames, on adhère ou on rejette, mais on ne peut rester indifférent devant ce fauteuil de repos.

 

 

Sa forme peut paraître torturée, mais il n'en est rien. Tout est parfaitement étudié. Un creux accueille les reins, le prolongement supporte les jambes, tandis que les bras trouvent naturellement leur place. La Chaise est l'icône du design organique. Le meuble et son "occupant", son utilisateur, ne forment plus qu'un.

Certains peuvent se demander comment le couple a pu réaliser un dessin si compliqué et pourtant si simple. En observant, tout simplement. Et notamment la "Floating figure", une sculpture de Gaston Lachaise. Franco-américain, Gaston Lachaise a fortement marqué la sculpture du début du XXe siècle. Pas étonnant donc de trouver sa patte dans la réalisation d'un fauteuil, qui, au final - hasard ou pas... - porte son nom et qui deviendra à son tour une icône du design du XXe siècle.

Mais au délà du dessin, la spécifité de cette chaise, créée en 1948, tient aussi dans sa conception. Elle est réalisée en fibre de verre, un matériau que le couple Eames a été l'un des premiers à utiliser en grande série. La Chaise, en quelque sorte, est la figure emblématique de cette production de sièges moulés. Initialement, le Eames office, en collaboration avec l'UCLA school of engineering répond à un concours - International competition for low-cost furniture design - organisé par le Museum of Modern art de New York. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l'objectif est de concevoir du mobilier bon marché. Le couple Eames souhaitait réaliser ces chaises en métal estampé. Mais les difficultés techniques orientent les designers vers une nouvelle matière, la fibre de verre, matériau né des recherches pendant la guerre.

La Chaise est longtemps restée au stade de prototype, voire d'oeuvre d'art. Ce n'est que depuis les années 1990 que Vitra, le fabriquant allemand qui commercialise les créations de Charles et Ray Eames, a décidé de produire le siège en petite série. Le laissant ainsi au rang d'objet de luxe, presque unique. Et totalement intemporel.

M. M.

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http://www.vitra.de/

http://www.rbcmobilier.com/

La Chaise, de Charles et Ray Eames, Vitra : 5 500 €.