15 décembre 2007
Bon anniversaire monsieur Oscar
"Quand je dessine, seul le béton me permettra de maitriser une courbe d'une portée aussi ample. Le béton suggère des formes souples, des contrastes de formes, par une modulation continue de l'espace qui s'oppose à l'uniformisation des systèmes répétitifs du fonctionnalisme international."

Aujourd'hui, l'architecte Oscar Niemeyer a 100 ans. Ce monstre sacré de l'architecture contemporaine, qui a longtemps travaillé en France, alors qu'il avait fui le régime brésilien, est un cas à part. On lui doit, notamment, la ville nouvelle de Brasilia, la capitale administrative du Brésil. Un exemple de son talent et de son savoir-faire, parfois incompris.


En France, il est l'auteur du siège du Parti communiste, place du Colonel-Fabien à Paris. Mais aussi de la maison de la culture du Havre, autrement surnommée Le Cratère, en raison de sa forme. Niemeyer sculpte le béton, le cisèle, marie courbes et arêtes vives.
Prolixe, on ne compte plus ses réalisations à travers le monde. Infatigable, il continue toujours à dessiner. C'est probablement pour cette énergie, et ce talent, qu'en 1988, il a été lauréat du prix Pritzker, la plus haute distinction des architectes.
Joyeux anniversaire monsieur Oscar.
M. M.
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Plus d'informations sur le site de la fondation Neimeyer ici.
A lire, chez Assouline, une monographie de Matthieu Salvaing - 16 €.
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27 octobre 2007
Zaha Hadid, ou le déconstructivisme
Elle est curieuse, Zaha Hadid. Une grande dame de l'architecture. qui pourrait très bien avoir la grosse tête. Et pourtant, on la sent discrète. Récompensée par le Prix Pritzker en 2004 (pour faire court, on dira qu'il s'agit du Nobel de l'architecture), l'Anglo-irakienne s'est imposée dans le monde entier, par ses réalisations ondulantes, où le béton deviendrait une matière vivante.

Avec Franck Gehry ou Peter Eisenman, elle est l'une des meilleures représentantes du déconstructivisme, pronant la rupture avec les angles droits et jouant sur un dessin non linéaire.
A Montpellier, elle va signer le controversé projet "Pierresvives" du conseil général de l'Hérault. Un bâtiment qui va accueillir les archives, mais aussi la direction de la culture et des sports du Département, entre La Mosson, Celleneuve et le Mas d'Alco.



Mais ce projet montpelliérain, bien que disposant d'un budget de 103 millions d'euros, n'est rien comparé aux autres réalisations à venir de Zaha Hadid. Non loin d'ici, c'est à Marseille qu'elle va réaliser la tour de la CMA-CGM. D'une hauteur de 29 étages, le bâtiment s'inscrit dans la rénovation du port de la cité phocéenne. Tel un phare, le nouveau siège social de la compagnie de transport maritime devient le nouvel emblème de la préfecture des Bouches-du-Rhône.
Plus loin encore, et encore plus loin dans la démesure, c'est à Dubai qu'elle va signer les Business Bay tower. Trois tours interdépendantes, autonomes mais liées les unes avec les autres. On est en plein dans cette architecture organique que Zaha Hadid revendique.

A Zaha Hadid, on doit aussi l'un des terminus du tramway de Strasbourg, une usine BMW en Allemagne ou encore la cité des sciences de Wolfsburg, nouveau lien entre la cité industrielle du mastodonte Volkswagen et la vieille ville.
Tout récemment, en compagnie d'autres architectes (Jean Nouvel ou Norman Foster) de renom, elle a collaboré au Puerto America hotel à Madrid, un cinq étoiles grand luxe. Un étage et l'aménagement de ses chambres lui ont été confiés. Les touristes peuvent séjourner et rêver au coeur même de l'univers de l'architecte, découvrir son approche du design, tout en la confrontant à d'autres maîtres de l'architecture. Mais comme pour ses réalisations, tout a un prix.
M. M.
Portrait : Steve Double - Dessins : Studio Zaha Hadid - Photos : Silken hotel
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http://www.zaha-hadid.com/
http://www.hoteles-silken.com/hpam/index.php
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28 juin 2007
Colombo, ou l'inventeur du futur
"Je ne parlerai pas de style, car le design n'est pas du style ; le design annule le style. Si l'on fait du style, on ne peut pas faire du design. Le design est un langage universel qui peut émerger de la personnalité du créateur ou disons, de certains traits de caractères qui deviennent visibles lorsque l'on traite un problème, mais ne parlons pas de style".
Joe Colombo, en réponse à une question du journaliste Pascal Rousseau.
Peintre, sculpteur, architecte... puis designer. Un parcours classique, pour un personnage qui l'était beaucoup moins. Joe (de son vrai prénom Cesare) Colombo a marqué le design des années 1960, notamment par sa vision fantasque du futur. Un futur qu'il ne connaîtra pas, rapidement emporté par une crise cardiaque, alors qu'il n'a que 41 ans, en 1971. Mais son bref passage marque durablement la période et en fait un des grands, incontournable référence ou contre exemple, selon que l'on aime ou l'on déteste.

Pour mieux découvrir ce personnage, à qui l'on doit notamment le fauteuil Elda, le musée des arts décoratifs de Paris, récemment rouvert, consacre une exposition au designer italien. Elle y présente des dessins, documents et oeuvres jamais exposés jusqu'alors.
Des nouvelles technologies qu'il saura mettre au service de son dessin. Il est ainsi le premier à se servir de plastique moulé en un seul bloc pour sa chaise Universale (1965-1967). Un avant-gardiste qui a su utiliser les techniques contemporaines au service du beau.
M. M.
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Au musée des arts décoratifs de Paris, jusqu'au 19 août, dans la grande nef. 8 €. Renseignements : www.lesartsdecoratifs.fr
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