28.04.2008
Sète - Exploits de pirate
Extrait de "De Maguelone à la Cité", Ed. Causse, Graille et Castelau, Montpellier, 1948
La côte languedocienne, rectiligne et bordée de lagunes, est fort inhospitalière et seul le port de Sète s'offre aux bateaux de quelque importance. Mais sur cette longue plage qui s'étend des Albères au Rhône, il est facile à des embarcations légères d'aborder. La surveillance est malaisée car rares sont les éminences susceptibles de porter observatoires ou défenses. C'est pourquoi, durant tout le moyen-âge, le golfe du Lion souffrit des attaques des corsaires aragonais ou génois et surtout de la piraterie Sarrazine. Pour tenir en respect les pirates, l'Intendant du Languedoc couronna Saint Clair d'une forteresse éphémère: Montmorencette.
(Cette - Quai de la consigne: "La Santé")
Le 18 avril 1731, quatre bateaux sétois sortaient du port pour aller pêcher la sardine. Quinze pêcheurs les montaient, tous chefs de famille. Ils ne rentrèrent pas le soir. Le lendemain 19, on resta sans nouvelles. Le 20, on retrouva les 4 bateaux, abandonnés sur la plage du coté d'Agde. Ils furent ramenés à Sète par les étangs. L'un était percé. Un autre avait plusieurs de ses avirons brisés. A la proue d'un troisième, on remarquait des traces de coups de sabre. Il n'y avait pas de doute, les corsaires étaient passés par là. Cette constation jeta la désolation dans les familles des disparus et l'épouvante parmi les pêcheurs.
(Cette - Retour de la pêche)
A Versailles, le ministre chargeait les commandants d'escadre de tous les vaisseaux qui devaient toucher dans les ports de la république de Barbarie, de se plaindre fortement à toutes ces républiques et de demander leur restitution, celle des dommages causés à ces pêcheurs et une punition exemplaire du capitaine des bateaux corsaires. Le ministre terminait sa lettre en insistant sur la nécessité pour les pêcheurs de ne point sortir sans autorisation écrite de l'Amirauté: "Munis de cette pièce, ils sont sous la protection du Roi et les pirates y regarderont à deux fois." . Les malheureux pêcheurs sétois disparus avaient laissé ces papiers à terre.
(Cette - Plage de la Corniche)
Dans le courant de juin, on avait eu des nouvelles des quinze pêcheurs. La galiote sarrazine qui les avait cueuillis les avait débarqués à Alger, et le consul de France, mis au courant, était aussitôt intervenu. Leur libération n'alla pas sans peine. Le corsaire soutenait que les prisonniers étaient Gênois: "S'ils étaient sujets du roi de France, ils auraint eu à bord le congé de l'Amirauté !". Il les déclarait de bonne prise. Le Dey, chef du gouvernement d'Alger finit par se rendre aux instances du consul, mais prétextant la bonne foi du corsaire, il se dispensa de le punir.
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14.04.2008
Palavas - Le bac sur le canal
Sur cette photo, remarquez le quai d'ammarage du bac sur lequel attendent les clients et le bac qui arrive.
Bien chère Madame ASTIER,
Je suis rentrée de Laval lundi à 11 heures du soir. Papa est revenu nous chercher comme nous vous l'avions promis. Nous viendrons vous voir bientôt. Si rien ne nous dérange, nous arriverons pour la fin de cette semaine. D'ici là, nous vous enverrons une carte. Je languis de vous voir. En attendant, je vous embrasse mille et mille fois. Nous avons madame Mounier qui vous envoie un affectueux bonjour.
Votre amie Anna.
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31.03.2008
Pâques et le 1er avril
Cette note en guise de pause pour marquer les fêtes de pâques et le premier avril.
Les oeufs de pâques
Il y a un demi-siècle, les enfants parcourraient les fermes de leur commune pour se faire offrir des oeufs. Les oeufs ainsi récoltés leur permettaient de cuisiner la fameuse omelette de Pâques.

De nos jours, les oeufs que collectent les enfants sont plus souvent en chocolat.

Le premier avril
Autrefois, il était habituel d'envoyer le 1er avril, une carte anonyme à une personne que l'on appréciait beaucoup. A réception, il fallait répondre et ne pas se tromper d'expéditeur sinon, gare !

Devinez qui vous l'envoie ! Devinez qui vous écrit !

de quelqu'un qui vous veut du bien)
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17.03.2008
Saint-Guilhem - Le château du Géant
Le site le plus visité de tout le département de l'Hérault, avec près de 300 000 visiteurs chaque année, est l'abbaye de Gellone à Saint-Guilhem. Blotti au confluent d'une petite vallée et du fleuve Hérault, au milieu des gorges, ce site est remarquable de beauté. Un patrimoine à découvrir impérativement si vous venez dans le département.
Extrait de Le cycle de Guillaume d'Orange de Joseph BEDIER, 1908
Les hommes du XIIème siècle reconnaissent en Guillaume d'Orange, un certain personnage du temps de Charlemagne qui, sur la fin d'une longue vie guerrière, se rendit moine et mourut dans le cloître en odeur de sainteté. Ce saint serait mort à Saint-Guilhem du désert

Un piton de 275 m d'altitude surplombe le bourg: à la cime, on voit une tour et les restes d'un château-fort, qui servait sans doute de refuge en cas de péril aux moines de l'abbaye; à mi-côte une tour carrée, qui doit être le castel du moniage Guillaume; aujourd'hui on l'appelle, et c'est une survivance de la légende, le cabinet du Géant.

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18.02.2008
Saint-Pons - Jour de foire
La ville de Saint-Pons, ancienne ville épiscopale, qui possède une des seules cathédrales ayant sa façade flanquée de la devise républicaine: liberté, égalité, fraternité, est située au pied des montagnes du Haut-Languedoc. C'est donc tout naturellement que cette petite ville a servi de base marchande à tous les artisans et commerçants de la montagne noire, un artisanat d'ailleurs très riche comme on peut le lire sur ce texte de la fin du 19ème siècle.
Retrouvez l'intégralité de ce texte sur gallica:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64521h/f195.table
Extrait de Taillevent, de Ferdinand FABRE
La foire, caquetante, beuglante, hélante, chevrotante, piaillante, était répandue à travers la ville entière. Toutefois, elle occupait deux quartiers principalement: celui de la place de la Cathédrale et celui de la promenade des Ormes. Ici les gros draps de Mazamet, les molletons pellucheux de Colombières, les serges rudes de Saint-Chinian, les toiles bucheuses de Salvergues, la bonneterie à raies multicolores, à pompons rouges de Lacaune, les faïences grossières de Caux, les clous primitifs de Graissessac, toute espèce d'étoffes, de ferrailles, d'objets lourds, bizarres de formes, indispensables aux habitants des sommets.

Là-bas, les indiennes éclatantes de Marseille, les foulards soyeux de Nîmes, les fichus à bordure ajourée de Grenoble ou d'Avignon, la coutellerie de Langres. Puis, sous de grandes vitrines, des verroteries, des bijoux, des affiquets arrivés de pays inconnus, débités avec force gestes par des hommes baragouinant le français et le patois d'un accent étranger qui ne laissait pas d'être fort génant pour les petites bourgeoises de St-Pons ou les fermières riches de la montagne, le moment venu de se renseigner sur l'objet choisi, d'en débattre le prix, d'obtenir un rabais.

Le long de la route de Castres, les galoches, les sabots versés sur la voie à charrette pleine, formaient des amas montueux. Ces galoches et ces sabots, les uns pointus du bout, les autres carrés offraient un spectacle des plus curieux. Autour de ces tas sans cesse croulant sous des mains acharnées à les éparpiller, les groupes grouillaient. Quels bons coups de langue les femmes administraient au sabotier leur passant un pièce ou mal venue, ou tant soit peu fendillée! En essayant les galoches, en allongeant la monnaie, en marchandant, elles avaient des plaintes, des réclamations, des reproches, des cris de pies perdues dans les oseraies de l'Agoût. Les hommes, eux, ne soufflaient mot, logeaient leurs pieds dans les sabots vaille que vaille, payaient, poursuivaient à travers la foire, entraient au cabaret... Oh! Les cabarets, quel vacarme de chansons vociférées à pleine gorge ils jetaient à travers les rues par les fenêtres et les portes ouvertes à deux battants!
06:00 Publié dans Histoire locale , Saint-Pons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : saint, pons, carte, postale, ancienne, foire
11.02.2008
Montpellier - Elevage du mouton
Il n'y a pas si longtemps, il existait encore toute une industrie autour du mouton en pleine ville de Montpellier. Les troupeaux ne dérangeaient personne, ils faisaient partie de la vie quotidienne. Mais il faut bien reconnaître qu'il n'y avait pas autant de voitures qu'aujourd'hui.
Tannerie à Montferrier

Le 2 octobre 1936
Cher Monsieur,
J'attends vos dix sous de peaux lavées. Vous pouvez compter sur un travail impeccable. Vous en jugerez. Je viens d'en faire pour Piaver qui sont parfaites. Ce dernier les préfère légèrement chromées ce qui n'altère pas la couleur de la laine et facilite le volage en donnant plus de souplesse et un grain plus fin. Je vous ferai 6 peaux aussi sur les 10 francs. La différence de teinte est insigifiante.
Adressez-moi au plus tôt vos 30 francs de besasses pour profiter du beau temps. Il faudra compter sur une petite augmentation que je calculerai au plus juste car on vient de me relever le prix de l'huile de morue sous prétexte qu'elle vient de Norvège et que les importateurs paient en livres. J'ai du également relever les salaires de 0F50 à l'heure. L'ensemble ne chiffrera pas beaucoup néanmoins.
Pour le petit solde, je vous montrerai à Marseille le courrier échangé depuis notre dernière rencontre avec mon algérien.
Le Lez comme abreuvoir à mouton

1er novembre 1908
J'ai voulu faire un peu de couture ce matin, et je n'ai pas eu le temps de t'écrire. Je le ferai plus longuement ce soir. Que les fleurs que je t'envoie en même temps que ma carte t'apportent le bon souvenir de ta soeur chérie. J'adresse quelques bonbons de la foire aux enfants. Donc tu les gouteras aussi. Je vais très bien. A ce soir.
Transhumance sur le chemin de Compostelle

Un troupeau de moutons remonte le boulevard, chien et berger en tête. Nous sommes sur le chemin de Compostelle.
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28.01.2008
Pezenas - Cité de Molière
Petite ville au coeur du vignoble du Languedoc, Pézenas a donné naissance à une petite noblesse et à une bourgeoisie qui feront venir des artistes célèbres, tels que Molière. Et 350 ans après, Pézenas n'a pas oublié le passage de cet illustre auteur et de son théâtre.
Nous voici au coeur du plus riche vignoble de France, dans le "jardin de l'Hérault". Il y avait là assez de ressources pour créer une grande ville mais la croissance de Pézenas a été génée par ses puissantes voisines: Béziers et Montpellier. Telle qu'elle est restée, elle retient l'attention du touriste et du géographe. Pézenas, d'origine gauloise, devint une colonie romaine vantée par Pline, le naturaliste, pour ses étoffes de laine, puis au Xème siècle, le siège d'un comté. Elle brilla surtout au XVIIème siècle. Marché important pour les vins, elle compte 7000 habitants.

Pézenas est à l'écart de l'Hérault, sur le torrent de Peyne et s'étend très amplement au sein d'une plaine riante. Un grand boulevard enveloppe presque complètement la ville, une partie complantée de 4 rangées d'admirables platanes forme un mail les mieux ombragés du midi. A l'extrémité se dresse un monument en l'honneur de Molière, oeuvre d'Injalbert. Deux masques symbolisant la comédie sont scultés sur le piédestal et retracent les traits de Coquelin et de Sarrah Bernhardt. Un faune est assis sur le socle pendant qu'une soubrette de comédie tend la main vers le buste du poète.

Pézenas est un type parfait des cités du XVIIème siècle habitées par une noblesse et une bourgeoisie spirituelles et élégantes. Au milieu du dédale de vieilles rues, a été tracée une large voie bordée de maisons de pierre de taille: ces aristocratiques logis ont une allure pompeuse un peu excessive, toutefois, leurs portes scultées et leurs hautes fenêtres donnent une impression de grandeur. C'est pour les hôtes de ces hôtels, où résidaient les membres des états du Languedoc, que Molière vint donner des représentations au début de sa courte et glorieuse carrière. Il écrivit à Pézenas les "précieuses ridicules" et prit, dit-on, bien des types parmi les habitués de la boutique du barbier Gély, où l'on a conservé longtemps le fauteuil qui lui était réservé. Le siège appartient aujourd'hui à la Comédie Française.

Sauf une vieille porte et un campanile en fer forgé, il y a peu de monuments. Quant à la vie économique, elle a bien perdu de son activité. Pézenas est toujours un grand marché pour les vins, mais ce n'est plus la Bourse pour les eaux-de-vie, régulatrice du marché des alcools. La place du Marché des Trois-six, où les bouilleurs se réunissaient tous les samedis, rappelle ce passé éclatant, si proche et si oublié. La destruction des vignes a fait cesser la fabrication des eaux-de-vie de vin; lorsqu'on a reconstitué le vignoble, la place était prise par les alcools industriels. Ils ne l'ont pas abandonnée.
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31.12.2007
Bonne année
Bonne année à tous les lecteurs de ce blog.
Et avec tous mes voeux de santé, bonheur, argent, et tout le reste...
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24.12.2007
Joyeux noël
Je souhaite un joyeux noël à tous les lecteurs de ce blog.



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17.12.2007
Montpellier - Planchon, l'homme et le square de la gare
En face de la gare de Montpellier, il existe un petit parc avec une mare au milieu de laquelle trône un rocher majestueux. En fait de rocher, il s'agit d'un amas de mousses et de calcaire, qui repose sur une pierre carrée (voir carte ci-dessous), et qui s'est constitué au cours des ans. Ce square est dédié à Emile PLANCHON, bienfaiteur de la viticulture durant les années noires de l'attaque du phylloxéra. De mémoire, il me semble que le buste original en bronze de cette carte a été fondu pour fabriquer des boulets et des canons pendant l'une des deux guerres.
Jules Emile PLANCHON, botaniste et agronome, est né à Ganges en 1823. il se rendit en Angleterre et y fut nommé conservateur du jardin botanique de Kew. Professeur à l'institut horticole de Gand, puis à l'école de médecine et de pharmacie de Nancy, il alla occuper, en 1853, la chaire de botanique à la faculté de Montpellier.

Directeur de l'école de pharmacie de cette ville, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine, il est surtout populaire pour avoir découvert et décrit le phylloxera de la vigne. C'est grâce à lui qu'on utilisa les plans américains comme porte-greffes et qu'on put reconstituer le vignoble presque entièrement détruit.

Planchon mourut à Montpellier en 1888. on lui a élevé un monument dans le square de la gare. Le buste du savant repose sur une stèle; un vigneron reconnaissant tend à son bienfaiteur une grappe de raisin.
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