03.03.2008
Béziers - Le grand sculpteur INJALBERT
Artiste reconnu de son vivant, l'héraultais INJALBERT n'a pourtant pas eu la gloire posthume qu'il aurait mérité. Ses oeuvres d'une remarquable qualité ont pour la plupart traversé le siècle. On les retrouve à Montpellier, Béziers, Pézenas, mais aussi à Paris à Reims, Valence, etc... Un artiste régionnal dont les oeuvres méritent une plus grande attention.
Extrait d'un fascicule des années 1920
Jean Antoine INJALBERT, né en 1845 à Béziers, fut élève de l'école des Beaux-Arts de Paris. Il obtint le prix de Rome en 1874 avec une Douleur d'Orphée; il donna au salon de 1877 un grand bas-relief la Tentation; en 1878, il exposa un Christ en croix (musée de Reims). INJALBERT a le don de la vie, parfois exhubérante; une fougue qui approche souvent de la puissance. Ses marbres définitifs gardent l'accent d'une maquette emportée. Tel est surtout le Titan qui décore une grande fontaine de Béziers.

Pourtant, l'artiste sait parfois serrer les formes: son Hippomène (1886) au musée du Luxembourg est fin, nerveux et sobre. Citons l'Hérault, l'Orb, Le Lez pour le vestibule de la préfecture de Montpellier; les deux groupes d'Enfants aux lions pour la promenade du Peyrou, le fronton du théâtre de Montpellier.

Cette tendance au style décoratif le désignait pour l'exécution de monuments. De là les quatre figures féminines du Pont Mirabeau à Paris (1897), le monument de Molière à Pézenas (1897), le fronton du Petit Palais de l'exposition de 1900 qui groupe la Seine, Paris, les arts et les figures symboliques des deux mers, enfin le Monument aux morts dans le jardin des poètes à Béziers.

06:50 Publié dans Béziers , Histoire locale , Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : histoire, locale, injalbert, sculpteur, beziers, carte, postale
10.12.2007
Béziers - Théâtre aux arènes
Béziers était au début du 20ème siècle, une cité d'arts et de spectacles. Ces lettres de noblesse, elle les doit pour beaucoup à M. Castelbon de beauxhostes, un mécène qui fera venir à Béziers, les plus grands artistes de l'époque.
Les grands spectacles de plein air aux arènes de Béziers
Depuis 1898, Béziers s'est rendue célèbre par les grandes représentations théâtrales organisées aux arènes sur l'initiative de son mécène: M. Castelbon de Beauxhostes. Successivement ont été jouées les pièces suivantes:
1898: Déjanire, par Louis Gallet, musique de Saint-Saëns
1899: Prométhée, par Ferdinand Hérold et Jean Lorrain,
musique de Fabien Fauré; rejoué en 1900
1901: Parysatis, par Jean Delafoy, musique de Saint-Saëns
1902: Parysatis et Dejanire
1903: Armide, de Gluck;
Bacchus Mystifié du docteur Sicard
1904: Les Hérétiques de Ferdinand Hérold
1905: La Vestale de Spontiny
1906: Le premier glaive de Lucien Nepoty
1910: Les esclaves de Louis Payen
1921: Antigone, musique de Saint-Saëns
1922: Penthesilée d'Alfred Martin et Marc Delmas
1923: Le dieu sans couronne de P. Jalabert et Marc Delmas
1924: Dejanire et Mireille
Voici la page de souvenirs de M. Castelbon de Beauxhostes.

Ce fut lors d'un voyage à Valence (Espagne) que l'idée me vint d'organiser une représentation dans les arènes de Béziers. J'assistais naturellement à l'inévitable course de taureaux; il me fut donné, aussi, d'entendre un concert vocal et musical qui me stupéfia. Dans les arènes où queques heures auparavant vociférait tout un peuple en délire, des choeurs impeccablement réglés et des solistes à la voix harmonieuse venaient seuls et délicieusement troubler le silence de l'amphithéâtre, garni jusqu'au moiondre gradin.

Ce fut pour moi une révélation ou plutôt, l'explication des succés remportés chez les grecs et les romains par les spectacles de plain air. Ces spectacles, ne pourrait-on pas les faire revivre en France, dans notre Midi qui n'a rien à envier au soleil d'Athènes ou de Rome ? J'hésitai longtemps sur le point de savoir à qui j'allais faire part de mes projets. Je choisis Saint-Saêns, convaincu qu'il se donnerait tout entier à mon projet, si je parvenais à l'y intéresser.

Inviter Saint-Saëns à Béziers, lui faire donner, à Saint-Nazaire, un récital d'orgue furent choses très aisées. Ce qui l'était moins, c'était de le conduire aux arènes. Nul n'ignore en effet, que Saint-Saëns avait la phobie des courses de taureaux. La seule évocation de ce spectacle le faisait entrer dans des colères folles. Il fallut donc user de subterfuges pour amener Saint-Saêns à franchir le seuil des arènes. Ce fut un soir de mai 1897, que je réussis enfin à le faire entrer dans ce qu'il appelait "le temple abominable du sang" en pariant avec lui que la voix humaine s'entendrait admirablement et sans effor d'un bout à l'autre du vaisseau.

A peine parvenu dans la piste, Saint-Saêns commença à fredonner quelques notes. "Mauvais", dit-il, comme il avait l'habitude de le faire quand il était de méchante humeur. "Mauvais quoi ?", répliquai-je. Au même instant, mon ami Fernand Fournier, qui était caché à nos yeux, égréna quelques notes de violon auxquelles succédèrent immédiatement des chants. Brusquement Saint-Saêns me dit: "Voulez-vous venir avec moi à Paris ? Nous irons voir Gallet, ce sera splendide.". Un an après, Déjanire était joué.

Sans entrer dans les détails, j'indiquerai que les dépenses s'élevaient à une centaine de mille francs, somme énorme pour l'époque, mais qui s'explique quand on sait les dimensions formidables du décor de Jambon. la recette ayant été de 113 000 francs, je pus verser 13 000 francs au Bureau de Bienfaisance. Résultat satisfaisant sans doute, mais peu en proportion avec les risques courus. Malheureusement, la crise viticole survint qui changea en désastres successifs au point de vue financier, ces représentations artistiques.
F. CASTELBON de BEAUXHOSTES
06:40 Publié dans Béziers , Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Beziers, theatre, arenes, castelbon de beauxhostes, histoire, locale, carte
01.10.2007
Beziers - le canal du Midi
Béziers et l'oeuvre de Pierre Paul RIQUET
Comment évoquer la cité bittéroise sans parler du canal qui le traverse et de son inventeur ? Pierre Paul RIQUET, enfant du pays issu d'une famille aisée, y engloutit toute sa fortune mais quel témoignage il nous a laissé ! En son honneur, je reproduis ici un extrait de la première lettre de Paul RIQUET à COLBERT. Notre inventeur ne manquait pas d'argument pour convaincre son roi.
Bonrepos, le 26 novembre 1662
Je vous écris de ce village sur le sujet d'un canal qui pourrait se faire dans cette province du Languedoc pour la communication des deux mers.
Vous vous étonnerez que j'entreprenne de vous parler d'une chose que apparemment, je ne connais pas et qu'un homme de gabelle se mèle de nivelage, mais vous excuserez mon entreprise lorsque vous saurez que c'est de l'ordre de monsieur de Toulouse que je vous écris. Il y a quelque temps que ledit seigneur me fit l'honneur de venir en ce lieu, soit parce que je suis voisin et hommager, ou pour savoir de moi les moyens de faire ce canal, car il avait ouï dire que j'en avais fait une étude particulière. je lui dis ce que j'en savais et lui promis de l'aller voir à Castres à mon retour de Perpignan, et de le mener de là pour lui en faire voir la possibilité.
Je l’ai fait et ledit seigneur a été visiter toutes choses qui s’étant trouvées comme je les avais dites, ledit seigneur Archevêque m’a chargé d’en dresser une relation et de vous l’envoyer. Elle est ici incluse, mais en assez mauvais ordre car n’entendant ni le grec ni le latin et à peine sachant parler le français, il n’est pas possible que je m’explique sans bégayer. S’il vous plait de lire ma relation, vous jugerez que ce canal est faisable, qu’il est à la vérité difficile à cause du coût mais que regardant le bien qui doit en arriver, l’on doit faire peu de cas de la dépense.
… on trouve des routes aisées et des rivières qui peuvent être facilement détournées de leur anciens lits et conduites dans ce nouveau canal par pente naturelle et de leur propre inclinaison. Vous avez pour cela mille moyens, monseigneur, et je vous en présente encore deux que vous jugerez très avantageux au roi et à son peuple, quant il vous plaira de considérer que la facilité et l’assurance de cette navigation fera que le détroit de Gibraltar cessera d’être un passage nécessaire, que les revenus du roi d’Espagne à Cadix en seront diminués et que ceux de notre roi augmenteront d’autant sur les fermes des Trésoriers et des entrées de marchandises en ce royaume, outre les droits qui se prendront sur ledit canal qui se monteront à des sommes immenses.
Pierre Paul RIQUET
06:30 Publié dans Béziers , Histoire locale , Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : carte, postale, ancienne, beziers, canal, midi, riquet
03.09.2007
Béziers - Institution de jeunes filles
Etablissements publics et privés mènent une lutte farouche pour accueillir les enfants dans leurs écoles en cette fin du 19ème. Mais la loi de 1904 qui interdira aux congrégationnistes d'enseigner portera un coup dur à l'encontre de l'enseignement privé, des garçons tout au moins. Ces établissements ont 10 ans pour fermer leurs portes. Ils seront à nouveau autorisés après guerre, en 1919.
Béziers - L'école et collège Sainte Madeleine
Béziers, le 20 janvier,
Chère melanie,
Depuis 12 jours, je ne saurai te dire grand chose. J'ai repris mes études avec une nouvelle ardeur. Mardi, à 2 heures, nous sommes allés à une séance cinématographique. On nous a montré les colonies, cela était instructif mais aussi très amusant. Ce soir, on doit nous photographier.
Ta cousine Justine.
Chères cousines,
Bien qu'il n'y ait qu'une dizaine de jours que je ne vous ai vues, je viens vous donner de mes nouvelles qui sont excellentes. J'ai la confiance que vous êtes tous en bonne santé. Jeudi, il a fait une belle journée; le matin, nous sommes allées à l'enterrement du Père GUIRAUD. Le soir, je suis sortie avec Marguerite. Demain, si le temps le permet nous étrennerons les chapeaux d'uniforme d'été. Mille caresses de votre cousine.
Justine
Béziers, 1er juillet
Chère cousine,
Je viens t'adresser mes sincères félicitations que tu as méritées en travaillant toute l'année et qui ont été couronnées d'un brillant succès. nous ne savons pas encore le jour des vacances mais sans doute nous les aurons vers le 20, comme chaque année.
Justine
07:00 Publié dans Béziers , Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : beziers, carte, postale, herault, école, filles
09.07.2007
Béziers - course de Taureaux
Béziers - traditions taurines.
L'été est une période propice à beaucoup de manifestations taurines. Presque tous les petits villages touristiques de la côte ont leurs abrivados, bandidos et encierros. Rien à voir cependant avec les corridas, héritage millénaire dont la finalité, la mise à mort du taureau, a ses amateurs et ses détracteurs. Mais les arènes ne servent pas que pour les courses de taureaux, elles servent aussi pour d'autres spectacles.
27 mars 1905
Chère soeurette,
Jeudi dernier, je suis allée promener à Abeilhan. Il faisait beaucoup de vent, aussi, j'ai pris froid et il y a 8 jours que je ne suis pas sortie. Si demain le temps est beau, je sortirai. Dimanche à 8 heures du soir, on a joué une pièce. il y avait des boers et des anglais. Pour cloturer la fête, il y a eu un grand bal. Tout cela s'est passé chez Mazeran, tu penses que je n'y suis pas allée. Hier, on a commencé la neuvaine de Notre Dame de la Pitié, je ne sais s'il y avait du monde. Au revoir ma petite soeur, je t'envoie mille caresses affectueuses.
Bernadette
18 juillet 1903
Cher ami,
Envoie-moi immédiatement par la poste ton cahier de danses. Merci d'avance et le bonjour chez toi.
Irénée BOUSSAGOL
05:00 Publié dans Béziers , Histoire locale , Traditions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : carte, postale, beziers, anciennes, herault, course, taureaux
04.06.2007
Béziers - 12 mai 1907 - Meeting viticole
Béziers - 12 mai 1907 - Meeting viticole
Tout le monde n'a pas les même préoccupations. A béziers, si certains manifestent pour leur gagne-pain, d'autres voient leurs projets de vacances remis en cause. Voici ce qu'écrivait Denise à son amie Margot en mai 1907.
Eh bien ma chère petite Margot, avoue que nous n'avons pas de chance. Nous qui étions tout fiers d'avoir de vos nouvelles de vive voix et de revoir un de vos amis...
Crac! Tous nos beaux projets tombent à l'eau. Je n'ai pas décoléré d'une semaine surtout que nos belles fêtes d'août sont fort compromises. Nous serons aussi heureux de t'avoir avec nous, seulement, tu t'amuseras moins.

Pour que tout s'arrange, buvez donc une dizaine de litres de vin de l'Hérault à chaque repas. Vous serez un peu plus gai et tout sera dit. Ici, nous sommes obligés d'avoir une mine d'enterrement. Les drapeaux ont des crêpes et je vois le moment où nous serons obligés de nous mettre tous en deuil. Et cela, à cause du vin! [Au recto] Cette avenue nous conduit chez nous.

20:00 Publié dans Béziers , Histoire locale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Béziers, histoire, locale, carte, postale, cartes, postales

