31.03.2008

FELIX CASTRO NOUS A QUITTES...

 

Papé Castro n'est plus. Félix, père de Patrick Castro et grand-père de Laurent Castro (joueur de football) s'est éteint aujourd'hui à l'âge de 79 ans. Ancien raseteur à la carrière fort honorable, il était devenu le tourneur de son fils Patrick. Ses obsèques auront lieu Vendredi à 11 heures dans son village d'Aigues-Vives.

04.03.2008

FREDERIC LOPEZ GAUCHER DE COURAGE

0970eaed3c04967b10598ce5090731f2.jpgNé le 18 décembre 1949 au Cailar « la Mecque de la Bouvine », il est tombé dans la marmite de « potion taurine » dès son plus jeune âge. Il faut dire que son père n’est autre que Germain Quilès, plus connu sous le nom de Julot Lopez, un bon raseteur des années 1950 et gardian à la manade Lafont. De par sa mère, il descend d’une vieille famille de gardians : les Granier plus connus sous le pseudonyme de 39, dont le souvenir est perpétué dans les parties de loto lorsque le nommeur annonce « 39 le gardian » ! Son grand-père maternel, Fernand Brès a été un temps directeur des arènes de Lunel.

Dans ces conditions, malgré ses bonnes dispositions estudiantines, il va rapidement se consacrer aux bioù. En 71-72, svelte et agile, il intègre l’école taurine de Méjanes dirigée par le talentueux Roger Pascal. L’année suivante, il s’inscrit au Trophée de l’Avenir sous le pseudo de Frédéric Lopez et termine cette saison 73 à la 4e place du Trophée derrière Georges Rado, Patrice Meneghini, Gérard Verando mais devant Jacky Siméon. 74, le Trophée des As lui ouvre ses portes jusqu’en 1984 et il s’y classe régulièrement entre la 4e et la 8e place et ses partenaires de piste ont pour nom Castro, Jouannet, Dumas, Pellegrin, Marchand, les frères Meneghini, les frères Rado, les frères Siméon, Passemard, Valat, etc. Excusez du peu…

Parallèlement, il fait aussi carrière dans le Trophée de l’Aficion. Son palmarès est éloquent. Outre ses places d’honneur aux As et à l’Aficion, ainsi que dans de nombreux autres Trophées locaux, il remporte 5 fois la Margueritte d’Or ; le Trophée des Maraîchers en 1976 ; le Muguet d’Or en 1977 ; les Olives Vertes en 1978.

Mais son plus grand succès est sans nul doute la Cocarde d’Or en 1979, il a alors 30 ans.

Pour conclure plus tranquillement sa carrière, il poursuit son chemin au Trophée de la Cocardière d’Or et s’y inscrit plus qu’honorablement jusqu’à son arrêt en 1987.

ee4f3778816d1fe84159f7c5adad0bd1.jpgGaucher de courage, il s’est mesuré avec succès aux meilleurs cocardiers de l’époque et dans toutes les grandes pistes. Rami, Pascalet, Ventadour, Ringo, Joujou, Joinville, Bagna, et bien sûr Goya ont été pour lui des partenaires de choix. Hélas ces belles années de gloire ont un revers et les blessures ne l’ont pas épargné. En 1974, Carlos de Chauvet le blesse au bras et au ventre. En 1978, Baillarguois de Janin lui déchire la main gauche. En 1979, un taureau jeune de Blatière l’accroche au mollet. En 1980, Ménélas de Blatière le blesse à l’aine et Pistachier de Lapeyre à la cuisse. En 1981, c’est Levant de Guillierme et en 85, Aristote d’Espelly.

En tout ce sont près de neuf coups de corne et autres luxations qu’il subit.

Aussi aujourd’hui le monde de la bouvine peut lui adresser un Carmen d’honneur et la FFCC lui remettre le Diplôme d'Honneur Fédéral .

 

Texte et Photos Luc PERO

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Frédéric et GOYA
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ARISTOTE d'Espelly accroche Frédéric à Marguerittes

25.12.2007

PORTRAIT DE RASETEUR : JEAN JOUANNET

LE GENTLEMAN GAUCHER

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Dès lors, Jean entame une carrière exemplaire qui lui vaut de la part de la presse les titres et les éloges destinés aux grands : à Saint-Privat-des-Vieux pour une course de Raynaud "Mention à Jouannet qui a été le grand animateur de l'après-midi" ; à Vauvert "La palme à Jouannet, le meilleur en compagnie de César et Marchand". Ou encore "Si ce n'avait été le raseteur Jouannet, la course aurait sombré" ; à Châteaurenard "Goya encore très dangereux fut raseté en premier par Jouannet mais aussi Dumas, Castro, Pellegrin". Aux Saintes "Marquis spectaculaire et le duel Goya – Jouannet pour les meilleurs moments"…

Jean Jouannet, c'est la grande époque des années 70 avec  Castro, Pellegrin, Dumas, Ruas, Marchand, etc. Et surtout de grands cocardiers : Dur, Joinville, Gardon, Rami, Aiguilleur et bien d'autres. Mais la plus grande fierté du raseteur reste la course de Châteaurenard en 1973 où il décocarde et lève les deux glands de Goya à cette époque-là presque intouchable. A la fin du quart d'heure, une formidable ovation salue des deux protagonistes.

Jouannet c'est aussi des victoires : en 1972, le Muguet d'Or et le Raset d'Or de Beaucaire. En 74, il remporte le premier Trophée de la Mer au Grau-du-Roi. En 77, la Ficelle d'Argent à Pérols, la Margueritte d'Or à plusieurs reprises ainsi qu'une multitude de places d'honneur dans différentes compétitions.

Un clin d'œil à Aigues-Mortes où Jacqueline Alexandre, speakrine de la télévision, lui remet une coupe offerte par Antenne 2. Quant au Trophée des As, toujours dans le peloton de tête mais hélas pas de victoire car Jouannet c'est aussi la malchance. En 1971, alors qu'il occupait la première place, il est opéré d'une occlusion intestinale. Puis ce sont Sifren (Lafont) en 1965, Mario (Lafont) 1967, Quasimodo (Blatière) 1970, Joinville (Lafont) 1972, Bajazet (Lafont) 1973, Mousquiou (Lafont) 1976, Calvissonnais (Barin) 1977, Filou (Fabre-Mailhan) 1982 qui lui ont barré la route vers les sommets en lui infligeant de nombreuses blessures.
Mais dans le cœur des afeciouna, il reste et restera un As de la course camarguaise.

Luc PERO

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J.Jouannet et GOYA, une époque faste
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 Photos Ch. Farine

13.07.2007

LUNEL - TROPHEE DU MUSCAT - AS - 2e Journée

MUSCAT ACIDE POUR
LA DEUXIEME JOURNEE
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JODIAS clôture avec du brio
 A.Benafitou toujours en tête, Allouani, Auzolle, Ouffe, Gleize, Jockin, Jourdan, Sabatier, Martinez animent ce concours du mieux qu'ils peuvent. J.Valentin à la Présidence remet de l'ordre dans les moments chauds et tente de donner le ton pour chauffer le public qui s'ennuie profondément. VANNIER de F.Mailhan cinquième, donne tout son coeur aux hommes qui le lui prennent en huit minutes pour quatre récompenses. JODIAS de Nicollin sixième, dix minutes spectaculaires pour cacher la misère de l'aprés-midi. DEDALE de Cuillé premier, TERRUEL de Blatière-Bessac second, EROS de Saumade troisième et MICHOU des Baumelles quatrième fournissent pour leur part des prestations bien en dessous de la moyenne.
VIDOURLE
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JODIAS le barricadier

Photos L. PERO

13.05.2007

PATRICK CASTRO

 PATRICK CASTRO, UN ATHLETE DU RASET

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 Si Allouani domine la course camarguaise depuis 2000, Castro a tout gagné de 1970 à 1981. Evocation de l’homme et de sa carrière

On parle ici d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. Début des années 70, un raseteur au style différent s’impose partout : il s’appelle Patrick Castro et marquera à jamais l’histoire de la course camarguaise. Son palmarès est éloquent, huit fois vainqueur du Trophée des As, six Palme d’Or, deux Maraîchers, une Cocarde d’Or, etc. Il a tout gagné,  a marqué toute une génération et au-delà.medium_castro0029_copie.jpg

Les chroniques de l’époque le dépeignent comme  "un athlète du raset... en forme de mars à novembre face aux plus redoutables cocardiers et dans toutes les pistes". Effectivement, l’homme est un sportif complet formé au sein du club de football Nîmes Olympique, au tempérament de gagneur et à la main extraordinaire. Une facilité déconcertante dans le raset et pour aller à la tête, plus une sortie rapide terminée par un saut "à l’ancienne" à la barrière. Mais en quelques années, le public se lasse "de cette facilité qui (le) prive de la parcelle d’émotion toujours attendue" et lui fait payer cher sa domination. Et pourtant on peut mesurer son talent au haut niveau de ses compagnons de piste - entre autres - au début Jouannet, Pellegrin, puis les Siméon, les Rado, les Meneghini et surtout le gaucher Emile Dumas dont on disait : "le duo Castro-Dumas est d’une efficac ité diabolique". Et à partir des années 78-80 Christian Chomel.

medium_castro0028_copie.jpgQuant aux noirs partenaires - excusez-du peu - Rami, Vergézois, Aiguilleur, Joujou, Saint-Rémois, Ventadour, Duc... Goya. Goya et Castro, deux icônes hors du commun, qui n’ont pas fait l’unanimité, mais qui ont rempli les arènes. Et ceux qui ont assisté à leurs affrontements, frémissent encore de leurs exploits... aussi passionnément décriés ou encensés tant pour l’un que pour l’autre. Face aux huées, le raseteur se tait, gardant un profond respect pour ses collègues de piste et se forgeant une philosophie particulière. Il sait qu’on lui fait payer son style, le fait qu’il ne "fasse pas le spectacle, pas briller le taureau". Il argumentait: "l'essentiel est d’aller à la tête... je ne pouvais pas changer ma façon de raseter avec mes moyens physiques, mes qualités, mes défauts, ma tête surtout... C’est vrai que je n’ai pas fait faire de coups de barrière... mais j’ai toujours raseté les taureaux arrêtés". Aujourd’hui Patrick Castro diminué par une hémiplégie depuis 2001 ne peut plus raconter mais certains puisent en sa formidable carrière la motivation à triompher, tel Sabri Allouani : "C’est mon idole, ce mec a été un très grand raseteur, et on lui a fait le reproche d’être trop un compétiteur... Mais gagner huit fois le Trophée des As, c’est difficile. Et je sais de quoi je parle! Pour moi Patrick Castro est un modèle et il reste son record à égaler!".

Martine ALIAGA

Photos Naval-Nougaret.
Archives M.Pero.

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* Sources : Le Camariguo, La Bouvino, "Des siècles de bouvine" d’Alain Laborieux et Archives Manu Pero.

* L'expo Atout coeur est visible à Aigues-Vives du 11 mai 20 mai, au Temple, ouverte en semaine de 16h à 19h, samedi et dimanche de 10h à 12h et de 16h à 19h 

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Vendredi 11 mai, vernissage de l'expo Atout Coeur

De 1970 à 2007 : de grands moments

de la course camarguaise 

Les organisateurs ont été les premiers étonnés par le nombre important de visiteurs qui se pressaient au Temple, vendredi soir, pour découvrir l’expo Atout cœur dédiée à Patrick Castro et Sabri Allouani. L’ovation spontanée à l’arrivée de l’As des As actuel a fait mesurer la notoriété de ces deux géants de la course camarguaise car nul doute que les bravos à Sabri allaient aussi à Patrick. Une même ferveur pour évoquer, au détour des tableaux de Nabli ou de Viallat, des photos de Valantin, des Pero (père et fils) ou Alcon (père et fils), la carrière des deux grands raseteurs. Les vidéos de Mathieu Arnaud, sur les textes et musique de Bernard Porras, permettant de revivre les rasets de Patrick Castro.

medium_Disccours.jpgA l'heure des discours, le maire Jacky Rey, le président de la FFCC Henri Itier, le président de l'Union taurine Jérémy Serrano, les représentants de la commission culturelle de la mairie entouraient Sabri Allaouani et les nombreux participants fournisseurs d'oeuvres et de documents à l'expo. Dans la salle se retrouvaient les afeciouna au sein desquels le père de Patrick, Félix Castro et de nombreux acteurs de cette époque... raseteurs ou spectateurs.

Une soirée chaleureuse empreinte d'un peu de nostalgie mais de beaucoup d'espoir, la course de Palavas du 6 mai, la prestation de Mathis et d'Allouani étaient de toutes les conversations. Quoi qu'on en dise, comme hier, la course camarguaise procure encore d'intenses moments. Et du premier au dernier raset de Castro, du premier au dernier raset d'Allouani (miracle de la technique moderne, les photos d'Allouani et Mathis étaient présentées à l'expo), une rétrospective d’hier à aujourd’hui de certains des meilleurs moments de la course camarguaise.

M.A. 






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Photos L. Pero

13.04.2007

BENJAMIN VILLARD

BENJI, LA SINCERITE ET LA PASSION
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Omniprésent, respectueux des taureaux et du public, il nous fait vibrer depuis le début de saison – tout autant que l'an dernier -. "Il"… c'est Benjamin Villard.

medium_BENJI_BARRIERE.2.jpgVisage fermé, comme replié sur lui-même, peu bavard… inaccessible… Seul le taureau en piste l'intéresse. Seule la confrontation au plus prés du cocardier le motive. Seul le face à face lui importe. Son combat est intérieur, rien ne transparaît, quelle motivation le porte ? Où va-t-il puiser la force de défier le noir adversaire ? Entend-il le public crier sa peur dans ses rasets à la limite de la rupture ? Quel que soit le taureau, le cite est sincère, l'attaque franche et la sortie laisse libre cours à la puissance du bioù. Benji ne triche pas, c'est sa force, sa cote d'amour auprès des spectateurs, des organisateurs (et j'espère des manadiers) ne se dément pas. A chaque course, à chaque taureau, il transmet à sa manière… introvertie. Les gradins vibrent au rythme de ses plus fous engagements, régulièrement gratifiés par ses adversaires/partenaires d'enfermées émotionnantes et d'arrivées explosives en corps à cornes. Que ce soit à Vergèze, Arles, Beaucaire ou Mauguio,  Provence ou Languedoc,medium_bvcx.jpg ce raseteur-là  fait sienne toutes les arènes et embarque tous les publics avec générosité et passion. Son travail n'est pas toujours récompensé par les attributs levés… on s'en fout – lui aussi apparemment – raseter tous les taureaux, c'est son moteur… Quant à gagner le cœur des aficionados, ça c'est déjà fait ! Allez Benji, tu peux sourire, le plus dur est acquis !

Martine ALIAGA



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Photos L. PERO