23.03.2008
BEAUCAIRE *AS*
Dimanche 23 mars : 1re journée du Muguet d'Or

Rascaillon (J.-C. Blanc).- (Photo à gauche, avec Auzolle) Un quart d'heure décousu avec des passages au centre inintéressants et de bonnes répliques lorsqu'il tient le terrain des planches.
Apis (Le Brestalou).- (Photo à droite, avec Auzolle) Va apporter de la difficulté par sa vitesse et son placement rigoureux. Il manque donc de pression, mais attaqué il se livre jusqu'à subir dans quinze minutes cinq fois honorées.
Yvan (Lou Pantaï).- (Photos à gauche sur Mebarek, à droite Villard se fait toucher) La satisfaction du jour. Ce petit gabarit a de la nitro dans le sang. Attentif à tout, vif à la réplique, il pousse au maximum ses réponses et donne bien des sueurs à Ouffe, Martin-Cocher, Auzolle, Khaled, Mebarek.
Villard se plaît à lui donner le maximum de chance mais ce n'est pas sans danger (jambe bloquée contre la planche, pas de blessure). Un quart d'heure tout en rythme qui lui vaut de multiples Carmen, ses ficelles au toril.
21:25 Publié dans TROPHEE DES AS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Beaucaire, Muguet d'Or, courses camarguaises, taureaux
12.02.2008
BEAUCAIRE : saison 2008
4 COURSES POUR LE MUGUET, 4 POUR LA PALME
ET LA FED COUPE POUR FINIR
Vendredi 8 février, dans la salle du Casino, la municipalité a présenté la saison 2008. A la tribune, Jean-Marie André ; Mireille Celllier, maire ; Michel Abric, élu responsable de la commission taurine et Henri Itier, président de la FFCC. Dans la salle une centaine de personnes dont les manadiers Benabent (Le Grand Salan), Saint-Pierre, Le Brestalou, Mermoux, Guillierme et les raseteurs et tourneurs parmi lesquels Poujol, Khaled, Gleize, Labrousse, etc.
Pour la 10e année de fonctionnement de la Régie municipale des arènes, Michel Abric a mis l'accent sur "la volonté municipale de bien utiliser l'argent du contribuable par une attention particulière aux dépenses" mais aussi de continuer sur la lancée de 2007 - qui a été une très bonne cuvée - en programmant pour le Muguet des taureaux nouveaux mélangés à des valeurs sûres et pour la Palme les meilleurs du moment tant pour les cocardiers que pour les raseteurs. En veillant à "monter des courses équilibrées (taureaux, raseteurs) et en mettant chaque cocardier à sa place, ce qui a très bien marché l'année dernière".
Après les 400 000 € utilisés ces dernières années à la rénovation des arènes ce qui permet d'arborer le Label tourisme handicap et d'être homologué après du ministère Jeunesse et Sports, Beaucaire a l'outil pour programmer des spectacles de haut niveau et intéresser un maximum de spectateurs. Après avoir renouvelé sa confiance à Patrice Blanc pour les capelado des finales, Michel Abric a présenté le programme: "4 courses pour le Muguet d'Or (23 mars, 6 avril, 27 avril, 25 mai), 4 courses pour la Palme d'Or (13, 20, 24, 28 juillet), la finale du Trophée de l'Avenir et - nouveauté - la Coupe de France de la FFCC, le 26 octobre".
Le président Henri Itier en a présenté les grandes lignes : "La course camarguaise a besoin d'événements, nous devons passer à la vitesse supérieure par des spectacles de qualité, en élargissant le public et en faisant venir les jeunes au taureau. Il faut mettre le sport en avant, c'est le sport qui sauvera la tradition. Aussi, nous organiserons à Beaucaire, la 1re Coupe de France". Pour cette Fed Coupe, une quinzaine de courses aux As seront retenues dans la saison et un jury donnera des points de bonification pour récompenser le beau raset ou le courage du raseteur. "C'est un essai", a précisé le président en poursuivant : "en piste nous aurons les quatre meilleurs gauchers et les quatre meilleurs droitiers plus deux entrants, les tourneurs seront désignés". Quant aux taureaux, ils appartiendront - selon ce qui avait été dit aux réunions des comités départementaux - pour trois d'entre eux aux manades du podium du championnat de France 2007 (Lautier, Chauvet, Lagarde).
Et Mireille Cellier de conclure : "Nous aurons donc les meilleurs raseteurs et les meilleurs taureaux à Beaucaire, c'est une bonne chose. Faire plaisir aux spectateurs est une bonne affectation des deniers publics".
Martine ALIAGA
Photos Luc PERO
LES COURSES
(sous réserve de quelques changements)
MUGUET D'OR
23 MARS : Corsaire (La Galère), Rascaillon (Blanc), Arnaud (Nicollin), Apis (Brestalou), Dantes (Lautier), Yvan (Lou Pantai).
6 AVRIL : Orus (Grand Salan), Lieutenant (Lautier), Vannier (Fabre-Mailhan), Azérac (Paulin-Niquet), Gastounet (Saint-Pierre), Pluton (Nicollin).
27 AVRIL : Cuzco (Janin), Floridor (La Galère), Brun (Lautier), Fournelet (Blanc), Sauron (Fabre-Mailhan), Paludier (Margé).
25 MAI : Louxor (Janin), Gregau (Saumade), Lanza (Blatière-Bessac), Lancier (Lautier), Antenor (Nicollin), Poète (Navarro).
PALME D'OR
13 JUILLET : Tommy (Saint-Antoine), Fanal (Cuillé), Andalou (Blanc-Espelly), Montvert (Brestalou), Pazac (Daumas), Mathis (Lautier).
20 JUILLET : Romain (Mermoux), Tibère (Blatière-Bessac), Chauvet (Bambou), Virat (Nicollin), Pasteur (Fabre-Mailhan), Angelus (Lautier).
24 JUILLET : Ramuntcho (Guillierme), Jodas (Lautier), Leventi (Plo), Sévero (Ribaud), Beaucairois (La Galère), Camarina (Chauvet).
28 JUILLET : Gaucelm (Nicollin), Sauron (Fabre-Mailhan), Duc (Lautier), Lou Pountchu (Guillierme), Vidourlen (Mermoux), Jeannot (Grand Salan), Caiman (Margé).
Raseteurs en alternance : Allouani, Villard, Mascarin, Auzolle, Outarka, Gleize, Martin-Cocher, Benafitou, Poujol, Khaled, Martinez, Clarion.
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31.07.2007
BEAUCAIRE - Finale de la PALME D'OR - *AS*
12:40 Publié dans TROPHEE DES AS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finale palme d'or, cocardiers, raseteurs, course camarguaise, beaucaire, bouvine
27.07.2007
BEAUCAIRE 26-07 *AS*
3ème journèe de la Palme d'Or
SEVERO DUR COCARDIER
CAMARINA PUR BARRICADIER
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A l'issue de cette course et avant la Finale du Lundi 30 juillet le classement de la compétition s'établit comme suit:
S.Allouani 46 points, A.Benafitou 37, L.Auzolle 31, B.Khaled et M.Matray 30.
De cette 3ème journèe, peu de choses à retenir si ce n'est l'excellente prestation de SEVERO de Ribaud, sorti quatrième qui dés la deuxième minute met tout le monde au diapason en accrochant Moutet à la barrière (deux bonnes pointes dans la fesse et la cuisse). Cocardièrement le taureau est parfait, placè, surveillant tout et venant se cabrer devant les planches en envoyant la corne pour tenter de ramener ses adversaires en piste, il est le patron incontestè. Avec lui n'en déplaise à certains, les problèmes en piste n'existe pas !!! CAMARINA de Chauvet sixième du haut de son piédestal provençal (et de ses 13 ans) a rempli son contrat avec de nombreuses actions aux planches qui ont ravi un public tout acquis à sa cause. Il termine cette course sur la note attendue avec une multitude de Carmen et la grande ovation. Respect pour le Biou d'Or 2005. NENUPHAR de La Galère second, seulement huit minutes, mais de belle facture. AFOUGA de Nicollin premier, cinq minutes ! GALAAD des Baumelles troisième, trop vert pour ce genre de course. VARENNE de Lautier cinquième, est plus à l'aise dans des pistes plus réduites.
Pour les hommes sur lesquels tombent toutes les critiques, il serait bon de rappeler que la Palme d'Or est une compétition, et qu' à ce titre il y a obligatoirement et heureusement une lutte pour le titre... Maintenant que le leader de cette confrontation ne plaise pas à une majorité, c'est encore un autre problème ! Quoiqu'il en soit aucun de ces hommes vêtus de blanc ne méritent les injures et les quolibets que certains, assis sur les gradins, bien à l'abri d'un coup de corne meurtier prolifèrent à leur encontre.
VIDOURLE
SEVERO
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00:45 Publié dans TROPHEE DES AS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beaucaire, palme d'or, raseteurs, cocardiers, moutet, camarina, severo
23.07.2007
BEAUCAIRE LE 22-07 *AS*
2e journée de la Palme d'Or
ALLOUANI VEUT LA PALME
MATRAY ET BENAFITOU LA CONVOITENT
Si on retient de la première journée (dimanche 15 juillet), les cocardiers qui ont su créer de la difficulté (Tommy, Montvert, Fournelet, Mathis), pour le 2e acte de la Palme, les taureaux ont été moins dominateurs et, de ce fait, le travail des hommes plus brouillon et parfois même cacophonique. Allouani, par moments seul contre tous (raseteurs et public), affirme sa suprématie et Matray ne s'en laisse pas compter. Adil Benafitou et Auzolle s'accrochent, Moutet s'applique, Khaled toujours présent, Outarka, A. Perez, Martinez complètent, Four goûte du bout des lèvres le niveau des As. Tourneurs : Benzegh, Bensalah, Lizon, Labrousse, Marmugi.
Passons sur Canesteù (Fabre-Mailhan, 1er) peu communicatif et Figaro (Margé, 2e) qui se laisse trop marcher sur les sabots, pour s'arrêter sur Vidourlen (Mermoux, 3e) : pour son premier passage au haut niveau, le cocardier s'est un peu perdu dans la grande piste mais il a montré ses qualités par des enfermées sévères terminées par une corne dangereuse (Outarka, Moutet, Allouani). Au prix d'un pantalon et d'une estafilade sur la cuisse, Allouani fait la première ficelle. Vidourlen ramène l'autre. 3 Carmen plus retour.
Applaudi à sa sortie et à la lecture de son palmarès, Virat (Nicollin, 4e) a de beaux restes mais alterne de plus en plus les passages à vide et des réactions toujours violentes. Des engagements puissants sur Khaled, Moutet, Allouani, Auzolle pour autant de Carmen ainsi qu'à sa sortie avec une ficelle.
Toujours vulnérable sur ses déplacements, Jeannot (Grand-Salan, 5e), une fois placé, fait la sélection. Stoïque, il choisit l'homme engagé et frappe à l'arrivée la corne prête à punir. Khaled a droit à deux répliques abouties, Auzolle et Allouani une chacun en 13 bonnes minutes, 3 Carmen et retour.
Franc et brutal, Kabyle (Blatière-Bessac, 6e) roule les mécaniques et fait voler les planches. Peu craint, les blancs ne lui servent pas que du caviar. Kabyle se livre de belle manière et s'envoie comme un train aux barrières. Moutet met un terme aux débats en levant la 2e ficelle à la presque 15e minute. 3 Carmen et retour.
Martine ALIAGA
2007
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Après la 2e journée,
le palmarès des candidats à la Palme d'Or :
Allouani, 34 points ; Matray, 22 ; Benafitou et Auzolle, 20 ; Khaled, 16 ; Moutet, 10 ; Martinez, 5.
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10:40 Publié dans TROPHEE DES AS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Beaucaire, palme d'or, courses camarguaises, taureaux, raseteurs
16.07.2007
BEAUCAIRE LE 16-07 *AS*
1re journée de la Palme d'Or
ET LE BIOU D'OR DU MAS REBOUL
METTENT LA BARRE HAUT

Montvert et Allouani, un régal !
Points positifs : arènes pleines, Montvert reçu 10 sur 10 à l'examen de la Palme, Mathis agressif et concluant, Fournelet tient tête, Tommy très bon premier.
Bémol : pour que la course s'enflamme il manquait un je ne sais qui…. Mais si Benji, c'est sûr ! Et un gaucher de plus.
Incompréhension : certains spectateurs demandent beaucoup de correction de la part des raseteurs – et c'est normal - mais devraient commencer par se regarder le nombril. Injures, méchancetés gratuites, agressions verbales. De quoi se gâcher le plaisir et celui de leurs voisins de gradins.
Impression finale : la première course de la Palme d'Or a été d'un très, très bon niveau avec des cocardiers qui ont créé la difficulté et des raseteurs qui ont essayé de les résoudre. Que demander de plus !
Capelado : Allouani, Auzolle, Matray, Moutet, Outarka, Gleize à droite, Benafitou, Khaled, Martinez à gauche, tourneurs Marmugi, Lizon, Benzegh, Bensalah, Dunan. Les plus en vue devant les difficultés : Allouani, Auzolle, Moutet, Khaled.
La course :
Tommy de Saint-Antoine choisit le devant du toril pour mener son combat au mieux. Personne pour ouvrir les ficelles, temps mort monsieur l'arbitre ! Allouani ouvre… Martinez lève la 1re. 2 Carmen et retour.
Mousquetaire de Lautier. Sa vivacité et se déplacements lui permettent de tenir neuf minutes agréables. 1 Carmen et retour.
Montvert du Brestalou confirme sa sévérité. On attendait Allouani, il ne s'est pas débiné. Le sphinx du Brestalou, cul aux planches devant le toril, fait avorter pas mal de départs et enferme systématiquement le raseteur qui ose. Moutet, Auzolle, Allouani sont les seuls à se présenter. Gleize fait la cocarde (7e minute) sur une des rares erreurs du cocardier. Avec intelligence, Montvert monte une fois sous la présidence mais rejoint vite son terrain favori d'où il gère la situation. A gauche, pourtant qualifié de "plus facile", pas grand-chose à voir. Allouani se bagarre pour couper le frontal (à 300 euros) qu'il ne pourra faire. Les ficelles à 2 000 euros restent, encore une fois, inaccessibles. 6 Carmen et retour.
Fournelet du Brestalou en ce jour fait une course plutôt droitière excepté avec Khaled qui le rasète au mieux à gauche. Le cocardier tient tête de belle manière et rentre une ficelle. 7 Carmen et retour.
Leventi de Plo met toute sa puissance et son énorme volonté dans la balance. Cocardier, il est trop généreux pour les ogres blancs. 7 minutes, 1 Carmen et retour.
Mathis (Lautier). Le Bioù d'Or du Mas Reboul a la méchanceté chevillée au corps. Le Bouc en contre piste frise la correctionnelle, Marmugi de même… Agressif, il s'envoie sur les cites qu'il finit droit aux barrières. Ah s'il pouvait bouffer tous ces gens. Allouani, Matray, Auzolle, Benafitou, Gleize se distinguent. Mathis chasse et surveille tout. Décollé des planches, il se fait quelquefois piéger mais se rattrape vite par d'énormes actions aux planches. Sabri le cite une dernière fois pleine piste, c'est chaud et c'est beau. Chapeau aux deux ! Mathis rentre une ficelle, une pluie de Carmen.
Martine ALIAGA
23:30 Publié dans TROPHEE DES AS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : beaucaire, palme d'or, course camarguaise, taureaux, raseteurs
13.07.2007
GOYA
L'exposition "Goya Seigneur de Camargue" à Beaucaire donne l'occasion de dresser le portrait de ce taureau hors du commun dont l'évocation provoque toujours autant d'émotions
GOYA LA PASSION INTACTE
Ce jour-là, le raseteur Pellegrin avait cogité un stratagème pour leurrer Goya.
Mais, l'imprévisible cocardier réussit à l'attraper.
Résultat un coup de corne mal placé.
Photo Renaud. Collection PERO.
Goya. Un nom qui claque comme un sésame pour pénétrer l’univers de ceux qui l’ont élevé, raseté ou applaudi. Plus de quarante ans après sa naissance, ce nom voile les paroles d’émotion et allume des étoiles dans les yeux… La passion est intacte !
Goya de la manade Laurent, Seigneur des Marquises, est à jamais lié au nom de Paul. Et c’est toute une époque qui revit à l’évocation de la carrière exceptionnelle du taureau, de ses premières courses en 1969, sa plus belle année 1973, Bioù d’Or en 1976, dernière saison en 1980 jusqu’au dernier raset en 1981. Une carrière qui a déclenché l’hystérie, tant chez ses supporters inconditionnels que chez ses détracteurs. Et surtout qui a toujours rempli des arènes.
Henri Laurent évoque, parmi tant d’anecdotes : "Quand Goya était prévu à une course, avant que les affiches ne soient imprimées, les réservations étaient complètes. A Beaucaire, en 1974, on a frôlé l’émeute. Une heure avant la course, les portes ont dû être fermées. Des centaines de gens sont restés dehors".
En ces années 1960, où le conservatisme est de mise, "les excentricités de Goya ont défrayé la chronique et ont été autant critiquées que celles des Beatles ou El Cordobès. Les gens à l’époque ne concevaient pas un cocardier qui ne se gardait pas, c’est ce qui a déclenché la polémique d’une partie du public". Quant à la majorité des spectateurs, le vent de liberté qui soufflait en cette période trouva-t-il écho dans le comportement hors norme du taureau ? En quelques années, Goya est devenu leur seigneur, libre et fort.
"Goya était un phénomène! Imprévisible! Indépendant! En plus de maîtriser la piste et la contre piste, il tenait les tourneurs en
respect. Les raseteurs faisaient des plans qu’il déjouait aussitôt (lire les récits des raseteurs, ci-dessous). Mais, il était rasetable et il savait même exploiter les angles».Si la réputation de Goya s’est faite en piste, dans son combat avec les hommes en blanc, ses nombreuses agressions de spectateurs en contre-piste, y ont aussi participé : "Un jour au Grau-du-Roi, il y avait deux personnes en contre piste. Goya passe sans broncher une fois, deux fois puis répond à un raset d’un gaucher mais sur la reprise du droitier, il quitte l’action et saute sur les deux personnes qu’il n’avait pas oubliées".
Habileté diabolique, rapidité déconcertante, insolente facilité, ces images illustrent le tempérament de Goya. Majestueux, indépendant… à part. Un taureau comme aucun autre qui terrorisait raseteurs et public par le danger créé, qui semait la discorde entre les "pour" ou "contre" mais qui fut le héros de tout un peuple. Une star adorée passée maître dans l’art de la dramaturgie mais sachant alléger aussi l’atmosphère par un caractère presque… joueur. Un phénomène qui prenait des postures, se cabrait, se mettait à l’arrêt, les oreilles aux aguets, l’œil à l’affut.
Un taureau inclassable, atypique et dont les frasques ne se limitaient pas aux arènes. Calme à l’encocardement, paisible en pays, pourtant n’en faisant qu’à sa tête. "Les dernières années, il restait aux Marquises, et une fois, pendant quelques jours on ne l’a plus vu. On le cherche partout. Le surlendemain, on le trouve. Il était parti du clos des cocardiers, et se trouvait dans le clos des vaches, là où il était né. En revanche, il avait trouvé une jeune compagne on ne sait où, elle est d’ailleurs restée avec lui jusqu’à la fin, le 31 janvier 1986". Une anecdote de plus pour enrichir la légende.
"Même moi, trop petit à l’époque pour en juger, j’ai douté de la légende et des qualités de Goya, explique Patrick Laurent. J’ai écouté les aînés pour en arriver à la conclusion qu’il n’était pas seulement un taureau qui sautait, non, il avait des qualités exceptionnelles en piste dont une remarquable, la maîtrise du terrain. Il sortirait maintenant ce serait pareil. Une légende ça ne se construit pas comme çà !".
Une légende qui engendre toujours autant de passion !
Martine ALIAGA
Exposition à Beaucaire jusqu’au 28 juillet "Goya Seigneur de Camargue" (dont les oeuvres illustrent ce portrait). Artistes : Chabanon-Gleizes, Chabanon, Albecq, Chamand-Bebenest, Scampucci, Nuris, Pfeiffer, Pires, Avesque, Nabli, Boulicot, Sourisseau, Villaret, Viallat, Arpinon, Jullian, Goro, Guili Guili, Marignan, etc).
Ouverte du mardi au samedi de 14 h à 18h, salle des IV Rois, rue du 4septembre. Tél.04 66 59 71 34.
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ILS ONT RASETE GOYA
Certains raseteurs ont été ses partenaires privilégiés, cités le plus souvent dans les livres et comptes rendus parus sur Goya : Patrick Castro, évidemment; Norbert Geneste (au début), Jean Jouanet, Daniel Pellegrin, Emile Dumas, Georges Rado, Joël Passemard, Jean-Marie Valat, Frédéric Lopez, Patrice Meneghini, Max Zaragoza, Xavier Ruas, Jacky Siméon, et Christian Chomel…
Mais à Goya, taureau hors du commun, il fallait un raseteur d'exception: ce fut Patrick Castro. Goya – Castro unis par l'ampleur de la polémique qu’ils subissaient et par l'intensité de l’engouement inconditionnel de leurs supporters. Malheureusement, Patrick Castro ne peut plus raconter mais tous ceux qui se sont exprimés ont immédiatement associé Patrick.
Sur Goya, les raseteurs aussi sont intarissables, il leur a fait connaître la peur, quelquefois il les a marqués dans leur chair mais ils lui vouent une admiration sans borne.
Souvenirs de raseteurs (extraits):
EMILE DUMAS (gaucher): « En 1972, lors d'une course à Beaucaire, je suis enfermé sérieusement par Goya. Pensant que je n'arriverais pas à la barrière, je me jette au sol pour passer sous le marchepied, et Goya me voyant par terre, se couche sur moi. C'est la plus grande frayeur de ma vie de raseteur. Le plus marquant chez ce taureau, c'est son énorme intelligence ».
DANIEL PELLEGRIN (droitier): « En 74, pour la deuxième journée de la Palme d'Or – Royale de Laurent avec Goya, bien sûr – après nous être changés au Chalet, nous nous dirigions vers les arènes avec Patrick Castro et là, stupeur>! Un très grand nombre de spectateurs était massé devant les portes, un quart d'heure avant la course, portail fermé. En fait, les arènes étaient combles et les organisateurs avaient fermé le portail. Et pour rentrer dans l'enceinte, les spectateurs nous ont portés par-dessus leurs têtes, à bout de bras. Un moment unique! Une ambiance jamais retrouvée! Un taureau exceptionnel ! »
JEAN JOUANET (gaucher): « Que des beaux souvenirs avec Goya. Mais le plus grand est à Châteaurenard, le taureau n'avait jamais été décocardé depuis le début de la saison, et je lui lève sa cocarde, ses deux glands et coupe le frontal. Pour moi Goya est exceptionnel, le seul qui arrivait à me rendre inquiet une semaine avant sa sortie ».
JOEL PASSEMARD (droitier): « Ce qui m'a
le plus impressionné, c'est sa manière de combattre, son regard. Avec lui, tout était différent en course, c'est lui qui donnait l'impression de te défier. Sa façon de décompter le temps, vers la 14e minute, il commençait à regarder le toril, prêt à rentrer. Sa vélocité et son agilité étaient hors du commun. Mon meilleur souvenir c'est le jour où je lui ai levé sa cocarde à Beaucaire ».
JEAN-MARIE VALAT (gaucher): « La veille de la course, on pensait à Goya jusqu'à en avoir des nausées. La nuit on n'en dormait pas. Quand Goya entrait en piste, il faisait le vide complet, il ne supportait personne ni en piste ni en contre-piste. Intelligent, il repérait ses proies le long des barrières. Seulement quelques raseteurs l'affrontaient, surtout notre chef de file, Patrick Castro. J'ai levé en tout sept attributs à Goya, au meilleur moment de sa carrière. Pour moi, Goya c'est le Seigneur de la Camargue».
PATRICE MENEGHINI (gaucher): « Tout a été dit sur Goya. Il avait tout pour maîtriser le combat, l'intelligence, la vista, la finition et tout le reste… Une chose m'a marqué, c'est à Beaucaire, alors qu'il rate son saut pour aller en contre piste une première fois, il reste cabré en appui sur ses pattes arrière, pour mieux se propulser au-dessus de la barrière. Pour une bête de plus de 400 kg, ce geste athlétique et gracieux me fait encore dresser les poils sur les bras ».
Propos recueillis par L.P. et M.A.
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13.04.2007
BENJAMIN VILLARD
Omniprésent, respectueux des taureaux et du public, il nous fait vibrer depuis le début de saison – tout autant que l'an dernier -. "Il"… c'est Benjamin Villard.
Visage fermé, comme replié sur lui-même, peu bavard… inaccessible… Seul le taureau en piste l'intéresse. Seule la confrontation au plus prés du cocardier le motive. Seul le face à face lui importe. Son combat est intérieur, rien ne transparaît, quelle motivation le porte ? Où va-t-il puiser la force de défier le noir adversaire ? Entend-il le public crier sa peur dans ses rasets à la limite de la rupture ? Quel que soit le taureau, le cite est sincère, l'attaque franche et la sortie laisse libre cours à la puissance du bioù. Benji ne triche pas, c'est sa force, sa cote d'amour auprès des spectateurs, des organisateurs (et j'espère des manadiers) ne se dément pas. A chaque course, à chaque taureau, il transmet à sa manière… introvertie. Les gradins vibrent au rythme de ses plus fous engagements, régulièrement gratifiés par ses adversaires/partenaires d'enfermées émotionnantes et d'arrivées explosives en corps à cornes. Que ce soit à Vergèze, Arles, Beaucaire ou Mauguio, Provence ou Languedoc,
ce raseteur-là fait sienne toutes les arènes et embarque tous les publics avec générosité et passion. Son travail n'est pas toujours récompensé par les attributs levés… on s'en fout – lui aussi apparemment – raseter tous les taureaux, c'est son moteur… Quant à gagner le cœur des aficionados, ça c'est déjà fait ! Allez Benji, tu peux sourire, le plus dur est acquis !
Martine ALIAGA
Photos L. PERO
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