04.03.2008
FREDERIC LOPEZ GAUCHER DE COURAGE
Né le 18 décembre 1949 au Cailar « la Mecque de la Bouvine », il est tombé dans la marmite de « potion taurine » dès son plus jeune âge. Il faut dire que son père n’est autre que Germain Quilès, plus connu sous le nom de Julot Lopez, un bon raseteur des années 1950 et gardian à la manade Lafont. De par sa mère, il descend d’une vieille famille de gardians : les Granier plus connus sous le pseudonyme de 39, dont le souvenir est perpétué dans les parties de loto lorsque le nommeur annonce « 39 le gardian » ! Son grand-père maternel, Fernand Brès a été un temps directeur des arènes de Lunel.
Dans ces conditions, malgré ses bonnes dispositions estudiantines, il va rapidement se consacrer aux bioù. En 71-72, svelte et agile, il intègre l’école taurine de Méjanes dirigée par le talentueux Roger Pascal. L’année suivante, il s’inscrit au Trophée de l’Avenir sous le pseudo de Frédéric Lopez et termine cette saison 73 à la 4e place du Trophée derrière Georges Rado, Patrice Meneghini, Gérard Verando mais devant Jacky Siméon. 74, le Trophée des As lui ouvre ses portes jusqu’en 1984 et il s’y classe régulièrement entre la 4e et la 8e place et ses partenaires de piste ont pour nom Castro, Jouannet, Dumas, Pellegrin, Marchand, les frères Meneghini, les frères Rado, les frères Siméon, Passemard, Valat, etc. Excusez du peu…
Parallèlement, il fait aussi carrière dans le Trophée de l’Aficion. Son palmarès est éloquent. Outre ses places d’honneur aux As et à l’Aficion, ainsi que dans de nombreux autres Trophées locaux, il remporte 5 fois la Margueritte d’Or ; le Trophée des Maraîchers en 1976 ; le Muguet d’Or en 1977 ; les Olives Vertes en 1978.
Mais son plus grand succès est sans nul doute la Cocarde d’Or en 1979, il a alors 30 ans.
Pour conclure plus tranquillement sa carrière, il poursuit son chemin au Trophée de la Cocardière d’Or et s’y inscrit plus qu’honorablement jusqu’à son arrêt en 1987.
Gaucher de courage, il s’est mesuré avec succès aux meilleurs cocardiers de l’époque et dans toutes les grandes pistes. Rami, Pascalet, Ventadour, Ringo, Joujou, Joinville, Bagna, et bien sûr Goya ont été pour lui des partenaires de choix. Hélas ces belles années de gloire ont un revers et les blessures ne l’ont pas épargné. En 1974, Carlos de Chauvet le blesse au bras et au ventre. En 1978, Baillarguois de Janin lui déchire la main gauche. En 1979, un taureau jeune de Blatière l’accroche au mollet. En 1980, Ménélas de Blatière le blesse à l’aine et Pistachier de Lapeyre à la cuisse. En 1981, c’est Levant de Guillierme et en 85, Aristote d’Espelly.
En tout ce sont près de neuf coups de corne et autres luxations qu’il subit.
Aussi aujourd’hui le monde de la bouvine peut lui adresser un Carmen d’honneur et la FFCC lui remettre le Diplôme d'Honneur Fédéral .
Texte et Photos Luc PERO
13:45 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Frédéric lopez, raseteur, course camarguaise, aigues-vives, congrés FFCC, diplôme fédéral
13.01.2008
PORTRAIT DE RASETEUR : LUCIEN VOLLE
" MONSIEUR COCARDE D’OR "
Une légende du raset
Pourquoi ce titre, ce surnom, fût-il donné à Lucien VOLLE ? Tout naturellement bien sûr, car avec sept victoires à son actif et de nombreuses places d’honneur, il restera à jamais le grand spécialiste de cette fabuleuse compétition. Sept dates : 1946, 1947, 1948, 1949, 1951, 1952, 1955, (seul le grand Christian Chomel lui a ravi ce record en 1989 après sa huitième victoire) pour sept Cocarde d’Or gagnées de haute lutte, avec toute l’énergie et la combativité qu’on lui connaissait à une époque où l’on comptait pour cette course atypique plus de quarante raseteurs en piste.
Né en 1920, très jeune il s'intéresse aux courses d’emboulés et c’est en 1942 qu’il débute avec la tenue blanche. Grand, charpenté, agile, il possédait une bonne détente pour sauter aisément les planches ce qui ne l’empêchait pas de faire aussi le raset pour le spectacle. Sa grande témérité lui vaudra d’ailleurs quelques bonnes roustes et une grande consommation de pantalons (un record aussi, 4 dans la même course !). Il faut dire que ses adversaires n’étaient pas des plus tendres et avaient pour nom : EVEQUE , SANGAR, VOVO, COSAQUE, GANDAR, REGISSEUR, LEBRAOU, CAFETIER etc… Si ses culottes furent déchirées, sa chair n’a pas non plus été épargnée. Plus de vingt blessures dont deux sérieuses et impressionnantes : à Lunel avec GANDAR de Blatière où son intestin éclate et aux Saintes avec DESBROUTA de Laurent (photo) qui lui transperce le bras en pleine piste. A son palmarès déjà élogieux, il faut ajouter deux Palme d’Or, d’autres mais moins importants lauriers et une troisième place au Trophée des As en 1952.
Lorsqu’il se retire, il va faire le gardian chez Paul Laurent pendant une dizaine d’années. Il va d’ailleurs finir sa carrière comme ouvrier agricole toujours aux Marquises en s’occupant des foins. Ces foins qui en hiver nourrissent ces « BIOU » qui l’ont fait vivre et pour lesquels il a toujours vécu.
Luc PERO
00:20 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lucien volle, cocarde d'or, raseteurs
25.12.2007
PORTRAIT DE RASETEUR : JEAN JOUANNET
LE GENTLEMAN GAUCHER
Né le 17 août 1945, dans la rue des Juifs à Vauvert, véritable droitier, Jean Jouannet s'aperçoit très vite que c'est en rasetant à gauche qu'il se sent le mieux et c'est au Grau-du-Roi en 1962, en rasetant Athos de Blatière en emboulé qu'il prend pleinement conscience de ses réelles possibilités de gaucher. Ses qualités, il va tout d'abord en faire largement profiter les arènes de Sommières dans lesquelles il rasète très souvent. C'est là qu'Henri Laurent remarque "ce blondinet" au look ravageur style "New Man", athlétique, souple, à l'allonge rectiligne qui donne le maximum de chance au cocardier.
Dès lors, Jean entame une carrière exemplaire qui lui vaut de la part de la presse les titres et les éloges destinés aux grands : à Saint-Privat-des-Vieux pour une course de Raynaud "Mention à Jouannet qui a été le grand animateur de l'après-midi" ; à Vauvert "La palme à Jouannet, le meilleur en compagnie de César et Marchand". Ou encore "Si ce n'avait été le raseteur Jouannet, la course aurait sombré" ; à Châteaurenard "Goya encore très dangereux fut raseté en premier par Jouannet mais aussi Dumas, Castro, Pellegrin". Aux Saintes "Marquis spectaculaire et le duel Goya – Jouannet pour les meilleurs moments"…
Jean Jouannet, c'est la grande époque des années 70 avec Castro, Pellegrin, Dumas, Ruas, Marchand, etc. Et surtout de grands cocardiers : Dur, Joinville, Gardon, Rami, Aiguilleur et bien d'autres. Mais la plus grande fierté du raseteur reste la course de Châteaurenard en 1973 où il décocarde et lève les deux glands de Goya à cette époque-là presque intouchable. A la fin du quart d'heure, une formidable ovation salue des deux protagonistes.
Jouannet c'est aussi des victoires : en 1972, le Muguet d'Or et le Raset d'Or de Beaucaire. En 74, il remporte le premier Trophée de la Mer au Grau-du-Roi. En 77, la Ficelle d'Argent à Pérols, la Margueritte d'Or à plusieurs reprises ainsi qu'une multitude de places d'honneur dans différentes compétitions.
Un clin d'œil à Aigues-Mortes où Jacqueline Alexandre, speakrine de la télévision, lui remet une coupe offerte par Antenne 2. Quant au Trophée des As, toujours dans le peloton de tête mais hélas pas de victoire car Jouannet c'est aussi la malchance. En 1971, alors qu'il occupait la première place, il est opéré d'une occlusion intestinale. Puis ce sont Sifren (Lafont) en 1965, Mario (Lafont) 1967, Quasimodo (Blatière) 1970, Joinville (Lafont) 1972, Bajazet (Lafont) 1973, Mousquiou (Lafont) 1976, Calvissonnais (Barin) 1977, Filou (Fabre-Mailhan) 1982 qui lui ont barré la route vers les sommets en lui infligeant de nombreuses blessures.
Mais dans le cœur des afeciouna, il reste et restera un As de la course camarguaise.
Luc PERO
21:00 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Portraits, Jean Jouannet, raseteur, course camarguaise, taureaux, Goya
LA CAMARGUE AU DAKAR
LES TAUREAUX ET L'AFRIQUE
"Je pars avec mes six taureaux et deux chevaux" plaisante Jacky en présentant son Toyota BJ 80 fin prêt pour le Dakar. Jacky vous le connaissez sûrement… aficionado de longue date, juge de piste, membre de la commission du Trophée Taurin Midi Libre – La Provence, ce chef d'entreprise alésien réalise là un de ses rêves – courir le mythique rallye – et il n'a pas résisté à y associer son autre partie de lui-même, les taureaux et la Camargue. Le 6 janvier 2008, il sera l'un des 510 véhicules à s'aligner au départ à Lisbonne. Mais le 4x4 N.482 tire de l'ordinaire. Jacky y affiche son amour pour la course camarguaise : raseteur,
cocardiers noirs et chevaux blancs pour emblème sur l'arrière, une magnifique croix gardiane sur le toit, tout cela peint par Marignan et le sigle de la FFCC en bonne place sur le capot avant. De quoi attirer l'œil, exciter les curiosités et faire parler de la course camarguaise. Et aussi de voyager en amenant un petit bout de sa terre de prédilection, La Camargue.
A lui et son copilote Claude Veyron les 9273 km qui les mèneront au Lac Rose via Malaga, Nador, Ouarzazate, Tan
Tan, Zouerat, Atar, Tambacounda jusqu'à Dakar. Aux côtés de célébrités telles que Luc Alphand, Jean-Louis Schlesser, Carlos Sainz ou Brahim Asloum, Jacky fait partie des anonymes, libres de tout sponsoring, forts de leur passion et armés de leur seul courage pour qui le rallye imaginé par Thierry Sabine reste une grande aventure à vivre pleinement. Il faut tout de même ajouter que Jacky n'en est pas à son première voyage en terre africaine, qu'il a mis un an à préparer son engin et que ce grand gaillard calme et pondéré envisage sereinement et avec humour son périple : "Le but est déjà de ne pas se perdre, de ne pas casser et d'aller au bout… on verra bien".
Alors, au hasard des retransmissions TV, si vous voyez des taureaux et des chevaux sortir des dunes du Sahara, non vous n'avez pas la berlue, suivez bien ce curieux équipage orange et blanc, c'est notre Jacky à la poursuite de son rêve. Tous nos vœux l'accompagnent.
Martine ALIAGA
Photos Luc PERO
14:40 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Rallye Dakar, Jacky Maurin, courses camarguaises, Camargue, taureaux, raseteurs
27.11.2007
PORTRAIT
FRANCOIS MANCHON
LE ZEBULON DE LA GARDOUNENQUE
Depuis de nombreuses années, le bouillonnant danseur guide les pas de la peña de façon émérite.
Dire qu’il a commencé sa carrière de danseur de peña à quarante ans et suite à un pari, c’est François Manchon, ébéniste à la retraite domicilié à Castries qui se souvient : « J’étais à un mariage avec des collègues et on est venu me chercher pour la peña El Gallo. J’ai accepté et depuis je me régale ». Vingt et un ans après, à 61 ans, il orchestre toujours avec maestria les défilés de La Gardounenque. Il virevolte sur le sable des arènes tel un zébulon monté sur ressort pour le plus grand bonheur des aficionados : « La danse, c’est mon plaisir. Je suis d’origine espagnole, un pays où on a le sang chaud donc dès que j’entends la trompette je suis comme un serpent, je sors du sac et je saute partout ». Tournicoti-tournicoton, en piste c’est le manège enchanté, il gravite autour des musiciens et transmet son plaisir. Un régal des yeux que de le voir tourner, pivoter, tourbillonner, pirouetter puis s’immobiliser tel un torero défiant le taureau. Ses pas toniques et rythmés s’inspirent de son passage à l’école taurine de Nîmes. « J’aime la corrida et il y a longtemps, tous les samedi je m’entrainais à faire des passes. Nimeno était là aussi mais moi je n’ai jamais réussi à être toréador.
J’ai néanmoins gardé des attitudes dont je me sers pour danser ». Inutile de préciser que François travaille sa condition physique : « Je n’ai pas de préparation particulière mais je fais attention à mon alimentation et je pratique assidument le footing ». Passionné jusqu’au moindre détail, il apporte un soin particulier à ses costumes hauts en couleur. Chapeau, cape et costumes sont flamboyants : « J’aime le blanc, le rouge, le noir et l’argent et sur ma cape j’ai apposé une devise avec ces couleurs. Elle est unique, c’est la mienne ». Danser, en ville, dans les arènes ou sur une scène il n’a jamais le trac : « Evoluer devant douze mille personnes pour la finale du Trophée des As à Arles est impressionnant mais dès que la musique retentit, je rentre dans mon univers et rien peut me perturber». Avec la peña de St-Etienne-du-Grès il s’entend très bien et le panachage du rouge et du vert donne un mélange intéressant mais comme ils n’ont pas de danseur, il officie pour les deux peñas et plaisante : « Une année je vais peut être me faire une veste à moitié rouge et moitié verte ». On l’aura compris, François est enthousiaste et son seul regret, ne pas voir d’autres vocations se dessiner : «Un jour, il faudra bien que je m’arrête mais le plus tard possible et si un jeune veut venir se former, je suis là». Histoire de créer une vocation et pourquoi pas une émulation...
Eric AUPHAN
11:25 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La Gardounenque, courses camarguaises, pena, taureaux, raseteurs
21.11.2007
UNE VIE DE BOUVINE
COUP DE COEUR DE LA FFCC
René Jalabert, va fêter ses 94 ans et de sa maison de retraite à Beauvoisin, il voit de sa fenêtre passer les chars
des manades qui vont faire courir aux arènes et ça le rend heureux. Aujourd’hui une surprise lui est faite par l’intermédiaire de Henri ITIER, président de la FFCC , venu lui remettre un prestige « coup de cœur « . Sa vie, celle de gardian a été exclusivement consacrée à la bouvine, et il se plaît à répéter en évoquant quelques truculents souvenirs " j’ai passé une très belle vie ". Pourtant de son temps la vie de gardian était rude et il fallait être d’une sacrée trempe pour résister au dur labeur que demandait le métier dans les premières années de son apprentissage et par la suite aussi. Il naît le 19-11-1913 et dés l’âge de quatorze ans il rentre au service de Mr Nou de la Houpelière qui venait d’acheter les bêtes de la manade Robert. Puis ce dernier vend à son tour à Fabre-Mailhan et rené prend du service chez Mr le Comte de Pastré à Bardouines. Il restera fidèle toute sa vie à cette devise et ménera au succés des cocardiers de renom tels JOFFRE, DESERTEUR, COLVERT, ZEBULON, CUILLERAS entre autres. Gardian émerite il n’avait pas son pareil pour les attentes au fer ( il fit sa dernière, cornes nues, aux Saintes Marie de la Mer , en compagnie de François Hervas à l’âge de 84 ans ), et reste parmi les gardians de métier une référence pour ses compétences.
En guise d’au revoir il lance à nouveau « j’ai passé une belle vie et j’ai encore de la chance je vois passer les chars de ma fenêtre… »
Texte et Photos Luc PERO
03:25 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prestige ffcc, rené jalabert, gardian, comte de pastré, joffre
13.05.2007
PATRICK CASTRO
PATRICK CASTRO, UN ATHLETE DU RASET
Si Allouani domine la course camarguaise depuis 2000, Castro a tout gagné de 1970 à 1981. Evocation de l’homme et de sa carrière
On parle ici d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. Début des années 70, un raseteur au style différent s’impose partout : il s’appelle Patrick Castro et marquera à jamais l’histoire de la course camarguaise. Son palmarès est éloquent, huit fois vainqueur du Trophée des As, six Palme d’Or, deux Maraîchers, une Cocarde d’Or, etc. Il a tout gagné, a marqué toute une génération et au-delà.![]()
Les chroniques de l’époque le dépeignent comme "un athlète du raset... en forme de mars à novembre face aux plus redoutables cocardiers et dans toutes les pistes". Effectivement, l’homme est un sportif complet formé au sein du club de football Nîmes Olympique, au tempérament de gagneur et à la main extraordinaire. Une facilité déconcertante dans le raset et pour aller à la tête, plus une sortie rapide terminée par un saut "à l’ancienne" à la barrière. Mais en quelques années, le public se lasse "de cette facilité qui (le) prive de la parcelle d’émotion toujours attendue" et lui fait payer cher sa domination. Et pourtant on peut mesurer son talent au haut niveau de ses compagnons de piste - entre autres - au début Jouannet, Pellegrin, puis les Siméon, les Rado, les Meneghini et surtout le gaucher Emile Dumas dont on disait : "le duo Castro-Dumas est d’une efficac ité diabolique". Et à partir des années 78-80 Christian Chomel.
Quant aux noirs partenaires - excusez-du peu - Rami, Vergézois, Aiguilleur, Joujou, Saint-Rémois, Ventadour, Duc... Goya. Goya et Castro, deux icônes hors du commun, qui n’ont pas fait l’unanimité, mais qui ont rempli les arènes. Et ceux qui ont assisté à leurs affrontements, frémissent encore de leurs exploits... aussi passionnément décriés ou encensés tant pour l’un que pour l’autre. Face aux huées, le raseteur se tait, gardant un profond respect pour ses collègues de piste et se forgeant une philosophie particulière. Il sait qu’on lui fait payer son style, le fait qu’il ne "fasse pas le spectacle, pas briller le taureau". Il argumentait: "l'essentiel est d’aller à la tête... je ne pouvais pas changer ma façon de raseter avec mes moyens physiques, mes qualités, mes défauts, ma tête surtout... C’est vrai que je n’ai pas fait faire de coups de barrière... mais j’ai toujours raseté les taureaux arrêtés". Aujourd’hui Patrick Castro diminué par une hémiplégie depuis 2001 ne peut plus raconter mais certains puisent en sa formidable carrière la motivation à triompher, tel Sabri Allouani : "C’est mon idole, ce mec a été un très grand raseteur, et on lui a fait le reproche d’être trop un compétiteur... Mais gagner huit fois le Trophée des As, c’est difficile. Et je sais de quoi je parle! Pour moi Patrick Castro est un modèle et il reste son record à égaler!".
Martine ALIAGA
Photos Naval-Nougaret.
Archives M.Pero.
* Sources : Le Camariguo, La Bouvino, "Des siècles de bouvine" d’Alain Laborieux et Archives Manu Pero.
* L'expo Atout coeur est visible à Aigues-Vives du 11 mai 20 mai, au Temple, ouverte en semaine de 16h à 19h, samedi et dimanche de 10h à 12h et de 16h à 19h
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Vendredi 11 mai, vernissage de l'expo Atout Coeur
De 1970 à 2007 : de grands moments
de la course camarguaise
Les organisateurs ont été les premiers étonnés par le nombre important de visiteurs qui se pressaient au Temple, vendredi soir, pour découvrir l’expo Atout cœur dédiée à Patrick Castro et Sabri Allouani. L’ovation spontanée à l’arrivée de l’As des As actuel a fait mesurer la notoriété de ces deux géants de la course camarguaise car nul doute que les bravos à Sabri allaient aussi à Patrick. Une même ferveur pour évoquer, au détour des tableaux de Nabli ou de Viallat, des photos de Valantin, des Pero (père et fils) ou Alcon (père et fils), la carrière des deux grands raseteurs. Les vidéos de Mathieu Arnaud, sur les textes et musique de Bernard Porras, permettant de revivre les rasets de Patrick Castro.
A l'heure des discours, le maire Jacky Rey, le président de la FFCC Henri Itier, le président de l'Union taurine Jérémy Serrano, les représentants de la commission culturelle de la mairie entouraient Sabri Allaouani et les nombreux participants fournisseurs d'oeuvres et de documents à l'expo. Dans la salle se retrouvaient les afeciouna au sein desquels le père de Patrick, Félix Castro et de nombreux acteurs de cette époque... raseteurs ou spectateurs.
Une soirée chaleureuse empreinte d'un peu de nostalgie mais de beaucoup d'espoir, la course de Palavas du 6 mai, la prestation de Mathis et d'Allouani étaient de toutes les conversations. Quoi qu'on en dise, comme hier, la course camarguaise procure encore d'intenses moments. Et du premier au dernier raset de Castro, du premier au dernier raset d'Allouani (miracle de la technique moderne, les photos d'Allouani et Mathis étaient présentées à l'expo), une rétrospective d’hier à aujourd’hui de certains des meilleurs moments de la course camarguaise.
M.A.
Photos L. Pero
11:00 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coursecamarguaise, castro, taureaux, raseteur
13.04.2007
BENJAMIN VILLARD
Omniprésent, respectueux des taureaux et du public, il nous fait vibrer depuis le début de saison – tout autant que l'an dernier -. "Il"… c'est Benjamin Villard.
Visage fermé, comme replié sur lui-même, peu bavard… inaccessible… Seul le taureau en piste l'intéresse. Seule la confrontation au plus prés du cocardier le motive. Seul le face à face lui importe. Son combat est intérieur, rien ne transparaît, quelle motivation le porte ? Où va-t-il puiser la force de défier le noir adversaire ? Entend-il le public crier sa peur dans ses rasets à la limite de la rupture ? Quel que soit le taureau, le cite est sincère, l'attaque franche et la sortie laisse libre cours à la puissance du bioù. Benji ne triche pas, c'est sa force, sa cote d'amour auprès des spectateurs, des organisateurs (et j'espère des manadiers) ne se dément pas. A chaque course, à chaque taureau, il transmet à sa manière… introvertie. Les gradins vibrent au rythme de ses plus fous engagements, régulièrement gratifiés par ses adversaires/partenaires d'enfermées émotionnantes et d'arrivées explosives en corps à cornes. Que ce soit à Vergèze, Arles, Beaucaire ou Mauguio, Provence ou Languedoc,
ce raseteur-là fait sienne toutes les arènes et embarque tous les publics avec générosité et passion. Son travail n'est pas toujours récompensé par les attributs levés… on s'en fout – lui aussi apparemment – raseter tous les taureaux, c'est son moteur… Quant à gagner le cœur des aficionados, ça c'est déjà fait ! Allez Benji, tu peux sourire, le plus dur est acquis !
Martine ALIAGA
Photos L. PERO
14:25 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : raseteur, coursecamarguaise, taureaux, beaucaire
11.04.2007
IL DEBARQUE A L'AVENIR
M. BOURNEL DES PROTECTIONS A L'AVENIR
12:30 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : courses camarguaises, taureaux, raseteurs, bouvine, vendargues
09.04.2007
ALEXANDRE LE COMBATTANT
GLEIZE LE GUERRIER
Telle sa course de dimanche au Muguet d'Or où il passe en tête de la première journée, une présence de tous les instants. Fonfon (2e) lui transperce la main, qu'importe, il rasètera en sang et après un petit passage à l'infirmerie, il lève trois attributs sur les cornes de Raspail, la ficelle d'Apis, si Lou Pounchu lui donne du fil à retordre, il prend un gland et une ficelle à Gastounet et coupe la corcarde à Yvan. Un combattant vous dis-je ! Alors Alex essaie de canaliser un peu ton énergie et parfois de mettre plus du style dans tes rasets mais ne perd jamais ta passion et surtout pas ton beau sourire.
Martine ALIAGA
Photos Christian ITIER
12:35 Publié dans PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : course camarguaise, taureaux, raseteurs





























