12 novembre 2009
Carte scolaire : premier bilan de l'assouplissement...
On s'en doutait, une enquête de la Cour des comptes remise au Sénat la semaine dernière le confirme : l'assouplissement de la carte scolaire n'est pas bonne pour les collèges qui regroupent déjà une majorité d'élèves à la fois en difficulté sociale et scolaire.
Selon la Cour des comptes, 186 des 224 collèges classés « Ambition réussite » (les plus en difficulté) ont perdu des élèves depuis la rentrée 2007. Pour certains, cela confine à l'hémorragie puisque cela peut atteindre 10% des effectifs.
Le plus problématique dans tout cela, c'est que les élèves qui partent de ces collèges font souvent partie des meilleurs. D'où une plus forte concentration d'élèves en difficultés dans les collèges déjà réputés « difficiles ».
Dans son édition du 6 novembre, Aujourd'hui évoque le cas du collège Paul-Giéra, dans le quartier sensible Monclar à Avignon, qui a dû fermer ses portes définitivement en juillet dernier et sera bientôt détruit. Les 322 élèves (dont 92% issus de familles défavorisées) ont été répartis dans des établissements de la ville. Un sénateur UMP ( !) dénonce ce « drame social » qu'est la fermeture du collège, dernier service public dans un quartier en difficulté. Il dénonce également les « effets pervers de l'assouplissement de la carte scolaire ».
En fait, pas de quoi s'étonner...Sous prétexte de « simplifier », « d'assouplir », on a entériné la possibilité de contourner un instrument qui assurait tant bien que mal un semblant de mixité sociale dans les établissements scolaires. L'argument du ministre de l'éducation de l'époque (Xavier Darcos) était de dire « puisqu'il est possible pour certains de contourner la carte scolaire, autant la supprimer ». On voit toute la puissance de ce raisonnement : « Puisque certains commettent des excès de vitesse, autant abolir les limitations de vitesse. », « Puisque la fraude fiscale est une réalité, autant supprimer les impôts. »...
A terme, que se passera-t-il si le scénario du collège d'Avignon se reproduit à plus grande échelle ? Comment et où accueillir les élèves des collèges voués à la fermeture ? Les « bons » établissements voudront-ils ou pourront-ils leur faire une place ?
Une fois de plus, nous sommes face à une réforme mal préparée, dont les conséquences néfastes ont volontairement été occultées au profit d'une prétendue « liberté ».
On oublie toujours que, « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. »
PP
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17 octobre 2009
Les enfants parmi les principales victimes de la misère
Les enfants sont parmi les principales victimes de la pauvreté en France, où 300.000 mineurs vivent "dans l'errance", soulignent les organisateurs de la journée mondiale du refus de la misère, qui a lieu ce samedi.
"La France ne protège pas ses enfants de la misère", déplore dans un communiqué ATD Quart Monde, qui souligne que 30% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté sont des enfants.
Selon l'Insee, quelque 8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté (908 euros) en 2007, dont 2,4 millions de moins de 18 ans.
A l'occasion du vingtième anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant, ATD "appelle le gouvernement, les élus et les citoyens à des choix politiques et citoyens pour qu'aucun enfant ne soit condamné à vivre dans la misère".
Mal-logement, malnutrition, échec scolaire, les conséquences de la pauvreté chez les enfants sont multiples et laissent souvent des traces "indélébiles", prévient l'association à l'initiative de cette journée organisée depuis 1987.
"En France aujourd'hui, 300.000 enfants vivent dans l'errance, d'hôtels en hébergements d'urgence", déplore ATD.
L'association souligne aussi que "massivement, les enfants qui échouent à l'école viennent des milieux populaires et de la grande pauvreté" et qu'ils risquent, par conséquent, "de vivre à leur tour la précarité".
"Une des raisons majeures de l'échec à l'école est la stigmatisation et les propos discriminatoires que subissent les enfants des milieux les plus démunis. Un enfant ne peut pas apprendre s'il est ridiculisé", précise-t-elle.
Le Haut Commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, a reconnu samedi que la situation était préoccupante.
"La pauvreté des enfants n'a pas encore diminué, a-t-il dit sur Europe 1. "Oui, il y a dans ce pays riche deux millions d'enfants pauvres et, oui, il faut les aider à s'en sortir."
Cette journée du refus de la misère intervient un mois après la polémique suscitée en France par la suppression du poste de Défenseur des enfants, remplacé par un Défenseur des droits, aux prérogatives plus larges.
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08 octobre 2009
Lancement des brigades de sécurité scolaire
Le lycée jean-Baptiste Clément à Gagny avait été attaqué par des jeunes cagoulés et armés en mars. Douze élèves avaient été blessés. Crédits photo : Le Figaro
Luc Chatel et Brice Hortefeux ont inauguré lundi 5 octobre la première de ces équipes. Quelque 500 personnes devraient être recrutées cette année.
Bagarres, intrusions, drogue : la première «équipe mobile de sécurité» est prête à faire face à tous les maux qui peuvent affecter les établissements scolaires sensibles. Depuis leur «QG », une vaste salle laissée à leur disposition par le lycée Jean-Zay, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), munies de téléphones et d'ordinateurs, les dix personnes recrutées par le ministère de l'Éducation nationale se déplacent en voiture à la demande des proviseurs en mal de sécurité. Le chef du groupe est un ancien officier de l'armée royale belge, qui travaille entre autres avec un ancien policier, un conseiller principal d'éducation, un gendarme auxiliaire, un éducateur sportif, un chef d'établissement et des enseignants. Ce sont tous des profils atypiques, âgés de 27 ans en moyenne, soigneusement recrutés à l'aide d'un commissaire de police placé auprès du recteur de Créteil. Des aptitudes physiques particulières sont exigées, telle une pratique des arts martiaux.
Intrusion musclée
Ces équipes, Nicolas Sarkozy les a voulues au printemps dernier, après l'intrusion musclée dans un lycée de Gagny d'une vingtaine de jeunes gens cagoulés et armés. Progressivement, cette année, chaque académie aura droit à ses équipes mobiles, composées de 20 à 50 personnes. Quelque 500 personnes devraient être recrutées cette année. Pour le seul département de Seine-Saint-Denis, 45 personnes vont être embauchées d'ici à décembre. À chaque fois, les équipes vont être abritées dans des lycées, choisis pour leur proximité avec des cités sensibles.
En une semaine d'existence, l'équipe d'Aulnay-sous-Bois est restée pratiquement tout le temps sur le terrain. Alertée pour des problèmes de violence aux abords d'un lycée de Saint-Ouen, elle s'y est rendue à plusieurs reprises pour contenir des bagarres. Certains des membres du groupe ont épaulé l'équipe de l'établissement pour filtrer les entrées des élèves.
Contrairement à l'équipe de police qui constate les infractions et repart, l'équipe mobile de sécurité peut rester sur place, rassurer les équipes, prévenir les problèmes. C'est ce qu'elle a pu faire, en restant toute la journée dans un établissement du Blanc-Mesnil où deux assistants d'éducation venaient d'être agressés par des jeunes, extérieurs au lycée. «Nous nous efforçons de réduire les tensions, quitte à revenir plusieurs jours d'affilée », explique l'un deux. L'équipe a réalisé, en vérifiant la sécurité d'un autre établissement que certains élèves «faisaient le mur» ou que des intrus pouvaient entrer par une brèche. Dans son action plus pédagogique et préventive, l'équipe a pour objectif de travailler avec les quelques élèves les plus perturbateurs, ceux devant qui l'équipe enseignante a baissé les bras : «On peut envisager des réorientations, des transferts d'établissements, un soutien scolaire accruet personnalisé. Nous avons carte blanche.» Certains établissements ont déjà annoncé qu'ils ne voulaient pas accueillir ces «brigades martiales ».
L'étape d'après, c'est l'arrivée des blindés aux portes des lycées ?
Il est évident que ce dispositif ne réglera qu'à la marge les conséquences de problèmes majeurs de notre société : montée des inégalités, développement de quartiers de "relégation sociale"...D'un côté, ce gouvernement ne cesse de diminuer les ressources de l'Etat, de démanteler les services publics et de l'autre, il met en place des solutions partielles fondées sur l'affrontement et la stigmatisation.
PP
08:00 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, sarkozy
04 octobre 2009
Lutte contre l'absentéisme scolaire
A la une du « Parisien - Aujourd'hui en France » daté du 2 octobre, on peut lire « De l'argent pour les bons élèves ». Pour lutter contre l'absentéisme, « l'académie de Créteil se lance dans l'incitation financière collective. Dans trois lycées professionnels, une cagnotte de 2 000 € va être allouée à deux classes : les élèves devront s'y fixer un objectif d'assiduité. S'il est rempli, la classe pourra s'offrir en fin d'année un voyage ou le Code de la route... pour un montant de 10 000 € maximum. Si cette expérience inédite se révèle concluante, le rectorat l'étendra à la moitié des lycées professionnels de l'académie. Avant généralisation ? »
Les réactions des quelques élèves interrogés, une fois passée la surprise et l'incrédulité, sont pleines de bon sens :
« Avec cet argent, il vaudrait mieux rénover le lycée » dit une jeune élève en classe de première « production imprimée ».
« C'est du chantage, une façon de nous infantiliser alors que l'on entre dans l'âge adulte. Ceux qui sèchent continueront à la faire ou viendront dormir en cours ! » renchérit une camarade.
D'un point de vue plus global, cette mesure pose la question de l'extension d'une forme de logique « marchande » et individualiste dans un secteur qui en était encore plus ou moins préservé. Même si le recteur s'en défend, il s'agit de considérer que l'absentéisme est le résultat du seul comportement de l'élève, comme si une bonne partie des difficultés rencontrées à l'école ne se nouaient pas en dehors de l'école.
Une étude du Ministère de l'Education Nationale datée de juin 2009 et intitulée « L'absentéisme des élèves dans le second degré en 2006-2007 » fournit des éclairages intéressants.
Au mois de mars 2007 (mars est traditionnellement le mois où l'absentéisme est le plus fort), l'absentéisme moyen dans le second degré (collèges, lycées et lycées professionnels) était de 6,5%. Mais les disparités sont fortes : 2,8 % dans les collèges, 5,8% dans les lycées et 12,6% dans les lycées professionnels. Et les moyennes, on le sait, masquent de fortes inégalités. Ainsi, toujours en mars 2007, le taux d'absentéisme ne dépassait pas 1% dans la moitié des collèges, 1,9% dans la moitié des lycées et 7,2% dans la moitié des lycées professionnels.
En revanche, dans les 10% des lycées professionnels les plus touchés par l'absentéisme, le taux s'élevait à plus de ...38,1% (16,6% pour les lycées et 6,8% pour les collèges)
L'absentéisme reste donc relativement limité dans la majorité des établissements, mais devient un véritable fléau dans une minorité d'établissements dont on peut penser qu'ils sont situés dans des quartiers défavorisés.
Dans ces quartiers, les origines de l'absentéisme sont multiples : mauvaise orientation, nécessité pour certains d'avoir un emploi pour contribuer au revenu de la famille (livraison de pizza, service dans un fast-food, manutention), sentiment de résignation dans des quartiers où le taux de chômage est très élevé...
On nous dit que, pour lutter contre l'absentéisme, on a « tout essayé » : des tickets de cinéma pour les bons élèves jusqu'à la suppression des allocations... Incitatives ou coercitives, il ne s'agit que de mesures individuelles qui ne doivent pas dédouaner les responsables politiques de réflexions plus globales sur le rôle et les moyens de l'Education Nationale, sur l'insertion professionnelle des jeunes, sur le développement des inégalités et leur impact sur la réussite scolaire, sur la politique de la ville...
PP
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02 septembre 2009
Education: moindre effort
Rapporté à la richesse produite, l'effort de la France dans le domaine de l'éducation s'est encore réduit en 2007, selon une étude du ministère de l'Education (1). Il ne représentait plus que 6,6% du PIB, contre 7,6% en 1995. Les dépenses ont certes progressé, passant de 111 milliards en 1995 à 125 milliards en 2007 (inflation déduite), mais moins vite que la richesse nationale. Ce phénomène résulte d'un fort ralentissement de la progression des dépenses du ministère de l'Education nationale, insuffisamment compensé par les collectivités territoriales, les entre-prises ou les ménages. L'Etat, qui prenait en charge 71,8% de la dépense nationale d'éducation en 1980, n'en représente plus que 62%. La qualité du système dépend certes au moins autant de la structure des dépenses et de la qualité de la formation dispensée que du niveau de ces dépenses. Mais, là non plus, la France n'est pas bien placée. Les écarts sont considérables entre les filières, en particulier au sein de l'enseignement supérieur: l'Etat dépense 14 000 euros pour un élève de classe prépa, contre 9 000 pour un étudiant de l'université. Une évolution qui a de quoi inquiéter: ces dépenses déterminent la qualité de la main-d'oeuvre de demain...
Alternatives Economiques - n°282 - Juillet 2009
Notes
(1) Note d'information n° 9.13, mai 2009, disponible sur www.education.gouv.fr
07:55 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation
20 juillet 2009
Passe ton bac d'abord !
Le taux de réussite au baccalauréat 2009, toutes filières confondues, est de 86 %. Ce fort taux de réussite a relancé le débat sur son utilité. En effet, si « tout le monde l'a », à quoi sert-il ?
Un taux de réussite de 86% ne signifie que 86% des jeunes ont le bac, mais que 86% de ceux qui l'ont passé l'ont eu !
D'après les chiffres 2007, 64% d'une génération obtiendrait le bac, dont 34% un bac général, 17% un bac technologique et 13% un bac professionnel. Ainsi 34% « seulement » d'une génération obtient un bac général.
En 2005, environ 17% de la population avait un diplôme de niveau Bac+2 ou plus. On est donc loin d'une France globalement « surqualifiée » ! Bien sûr, cette proportion augmente pour les jeunes générations : 28% des 25-49 ans sont titulaires d'un Bac+2 ou plus...C'est d'ailleurs une très bonne chose !
Autre débat d'actualité : la sélection à l'entrée de l'université. En effet, dans la mesure où le taux d'échec est de 50% en première année, se pose la question de la sélection à l'entrée. Mais une autre question se pose : que faire alors des étudiants non « sélectionnés » ? Créer des filières « techniques et manuelles » semble être la réponse la plus à la mode... On oublie que cela nécessitera des moyens importants. En effet, la collectivité dépense en moyenne 6700 € par an pour un étudiant d'université contre 12700 € pour un étudiant en BTS...On oublie également que depuis 1990 le nombre d'étudiants en IUT a augmenté de 56%, ceux d'écoles d'ingénieurs de près de 90% contre 20% pour l'université...En 1990, les étudiants à l'université représentaient 63% du total des étudiants contre 55% aujourd'hui (soit environ 1,2 million).
Il y a évidemment des choses à améliorer dans le fonctionnement de l'enseignement supérieur, notamment la redéfinition de certaines filières. Mais il ne faut pas oublier que la réussite se joue dans les premières années de la scolarité, d'où l'importance des moyens à accorder à l'enseignement du premier degré et au collège, qui sont moins bien lotis que les lycées. Rappelons que la France est un des pays développés où la position sociale des parents influe le plus sur la réussite scolaire des enfants.
Ensuite, il est clair que la réussite des étudiants à l'université passera également par un investissement plus important de la collectivité à leur endroit pour leur offrir de meilleures conditions de travail.
De plus, l'enseignement supérieur serait inefficace, car trop éloigné du marché de l'emploi et des besoins des entreprises. Cela expliquerait que les jeunes soient les premières victimes de l'explosion du chômage lié à la crise.
En 2007, 14% des jeunes entrés sur le marché du travail trois ans plus tôt étaient au chômage. A bac +2 ou 3, ce taux de chômage redescendait à 7%. Preuve que les diplômes protègent toujours du chômage.
Il faut aussi se poser la question du fonctionnement du marché du travail dont les principales portes d'entrée pour les jeunes sont le CDD ou l'intérim. Dans ces conditions, ce n'est pas anormal qu'ils soient les premières victimes de la crise. La responsabilité n'est pas exclusivement celle de l'enseignement supérieur...De plus, les politiques de l'emploi, en baissant les cotisations sur les bas salaires, ont conduit à la création d'emplois faiblement qualifiés, accentuant le déclassement des diplômés contraint d'occuper ces postes.
Il faudrait, nous dit-on, que les formations soient plus adaptées aux besoins de l'entreprise, notamment via des filières « techniques et manuelles ». S'agit-il de privilégier les filières courtes ? Cela serait en contradiction avec le souhait d'évoluer vers une société de la connaissance et un retour en arrière par rapport à la tendance des dernières décennies. Certes tout le monde ne pourra pas devenir chercheur ou ingénieur, mais même les métiers en apparence « non qualifiés » nécessitent d'être capable de lire et de comprendre des consignes, de rendre des comptes par écrit, de prendre des initiatives en cas de dysfonctionnement, de manipuler des machines sophistiquées et des ordinateurs, de s'intégrer dans un collectif de travail, d'être adaptable et polyvalent...
D'un point de vue plus général, la vocation exclusive de l'Education Nationale serait-elle de former de la main d'œuvre pour les entreprises ? N'a-t-elle pas aussi pour rôle de former des citoyens responsables, capables de comprendre le monde, de réfléchir ? Il est important de concilier ces deux aspects fondamentaux.
PP
07:45 Publié dans Actualités, Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, inégalités, emploi, chômage
19 janvier 2009
Enfin des moyens pour l'éducation !
Info de la FCPE Toulouse
Pendant que le gouvernement ratiboise les effectifs des profs, Sarkozy veut imposer une réforme géniale.
Il a décidé d'offrir aux expatriés la gratuité des écoles et lycées français de l'étranger.
Un cadeau sympa, non ? Sauf qu'il va surtout profiter aux plus aisés, et que l'addition, pour l'Etat, s'annonce carabinée.
Ces écoles, très cotées étaient jusqu'à présent payantes. Certains lycées sont des établissements publics, d'autres, privés sous contrat.
En tout 160 000 élèves y sont scolarisés, dont 80 000 français. Sous la tutelle du Quai d'Orsay, chaque établissement fixe assez librement ses tarifs et ça atteint des sommets: 5 500 euros l'année à Tokyo, 6 500 à Londres, 15 000 à New York et 17 000 euros -le record- à San Francisco.
Au diable l'avarice! Pour les expatriés modestes, un système de bourses plutôt généreux est déjà en place.
A New York, par exemple, il faut gagner moins de 65 000 euros par an -pas vraiment le smic- pour décrocher 4 500 euros d'aide.
Environ un quart des élèves français bénéficient d'une bourse. Mais pour Sarko, ce n'était pas assez.
Depuis l'an dernier et à la demande express de l'Elysée, l'Etat prend en charge l'intégralité des frais de scolarité des élèves français de terminale... quels que soient les revenus des parents.
Plus besoin de bourse ! A la rentrée de septembre, ce sera le tour des premières, puis des secondes l'an prochain, et ainsi de suite. "
J'aurais pu commencer la gratuité par la maternelle, a expliqué Sarko, le 20 juin dernier, devant la communauté française d'Athènes.
Mais j'ai voulu commencer par l'année la plus chère pour que vous puissiez constater la générosité des pouvoirs publics français." Encore merci !
Mais générosité pour qui ? A Londres, l'une des familles concernées par ce généreux cadeau déclare plus de 2 millions d'euros de revenus annuels.
Et deux autres gagnent plus d'un million.
Jusqu'alors, une partie du financement était assurée par des grandes entreprises françaises désireuses d'attirer leurs cadres vers l'étranger.
Ces boites, comme Darty ou Auchan, rentrent déjà leur chéquier : pourquoi payer les frais de leurs expat' si l'Etat régale ?
Un coût qui fait boum Au Quai d'Orsay, l'Agence française de l'enseignement à l'étranger a simulé le coût de cette plaisanterie mais s'est bien gardé d'en publier le résultat. Lequel est tout de même tombé dans les palmes du "Canard".
D'ici dix ans, appliquée du lycée jusqu'au CP ( sans parler de la maternelle), la gratuité coûterait à l'Etat la bagatelle de 713 millions d'euros par an ! Intenable !
La vraie priorité, c'est l'ouverture de nouveaux établissements, pas la gratuité.
Mais pourquoi Nicolas Sarkozy s'est lancé la dedans ? Peut-être parce qu'il se sent personnellement concerné par la question : après avoir été annoncé à New York puis à Londres, petit Louis est finalement inscrit au lycée français de Doha... Et il va falloir payer !
PP
10:48 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, sarkozy
08 janvier 2009
Education : restons mobilisés !
La mise en œuvre de la réforme du lycée est décalée d’un an. Xavier Darcos a donc reculé face, selon lui, à la « désinformation idéologique » des syndicats (« C’est plus Sarko, c’est Sarkule » titrait malicieusement le Canard Enchaîné le 17/12/08).
En fait de désinformation, c’est plutôt la mobilisation conjointe des élèves, des enseignants et des parents qui a convaincu le ministre.
Pour autant, ce repli tactique ne doit pas faire oublier tout le reste :
• la suppression de 13 500 postes
• la suppression programmée des RASED
(Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté)
• les attaques grossières contre l’école maternelle
• le service minimum d’accueil
• le dispositif de soutien pendant les vacances scolaires
• l’assouplissement de la carte scolaire
• la réforme des universités
• la réforme des IUT
• …
C’est malheureusement un fait : l’école ne contribue pas suffisamment à la réduction des inégalités. La France est un des pays développés dans lequel le milieu social conditionne le plus la réussite scolaire. L’assouplissement de la carte scolaire accentuera encore ces disparités : les établissements les plus réputés concentreront les meilleurs élèves, quant aux autres… qu’ils se débrouillent avec toujours moins d’enseignants !
Pour justifier les nouvelles suppressions de postes, on nous dit que le « toujours plus » ne marche pas… Sauf que, entre 2002 et 2007, 60 000 postes ont déjà été supprimés (dont 20 000 postes d’enseignants), sans compter les 13 500 à venir…
Ecole maternelle …
L’école maternelle serait, selon Xavier Darcos, un lieu où on se contente de faire la sieste et de changer les couches. Voilà un bel exemple de « désinformation idéologique » !
Mr Darcos semble ignorer les apports essentiels de l’école maternelle en matière d’apprentissage du « vivre ensemble » et du langage (entre autres).
Les « jardins d’enfants », avec un encadrement nettement moins qualifié, seront-ils en mesure de préparer aussi bien l’avenir de nos enfants ?
RASED …
Les enseignants spécialisés des RASED ont pour mission de fournir des aides spécifiques à des élèves en difficulté dans les écoles primaires.
Les RASED sont actuellement en cours de destruction : 3 000 postes vont être supprimés, soit plus du quart, pour boucher les trous liés aux suppressions massives de postes d’enseignants. Les RASED sont menacés de disparition complète dans les trois années à venir.
Les deux heures de soutien sont censées remplacer les RASED, d’après le Ministre. D’une part on peut déplorer la grande improvisation qui a accompagné leur mise en place. D’autre part, vouloir les caser dans la journée, soit le matin, soit le soir, soit pendant la pause déjeuner, dénote un manque total de connaissance de la vie scolaire.
Enseignement supérieur…
La loi « Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU) instaure une plus grande autonomie des universités. Cela se traduira inévitablement par des inégalités plus fortes entre elles, les plus prestigieuses mobiliseront une part plus importante des ressources. L’université, parent pauvre de l’enseignement supérieur, sera plus que jamais un système à deux vitesses.
De plus, la loi LRU supprime toute dotation directe aux Instituts Universitaires de Technologie (IUT), dont le financement reposera sur le bon vouloir des présidents d’universités. Les IUT forment efficacement (75% de réussite) des techniciens supérieurs et sont un des vecteurs essentiels de la démocratisation et de la professionnalisation de l'enseignement supérieur et de l'aménagement du territoire. Qu’en sera-t-il demain ?
« Si vous pensez que l’Education coûte trop cher, essayez l’ignorance. »
Abraham Lincoln
PP
08:56 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation
17 décembre 2008
Encore une pétition !
ENCORE une pétition, me direz-vous !?
Eh oui! Ce n'est pas de ma faute si les sujets d'indignation se multiplient ces temsp-ci!
Je vous propose donc de signer la pétition de soutien à Bastien Cazals, ce directeur d'école de Saint-Jean de Védas qui décidé de ne pas appliquer les "réformes" Darcos:

Voici la lettre qu'il a adressée à Nicolas Sarkozy.
Un lien vers un blog qui relaie son action.
PP
10:10 Publié dans Actualités, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation
19 septembre 2008
Bonnet d'âne
Xavier Darcos a déclaré : « J’accepterai toutes les missions que me confiera le président de la République, quelles qu’elles soient. ». En cette période de rentrée scolaire, je crois que l’on peut lui décerner le prix, pourtant très disputé, de « plus gros fayot du gouvernement ».
Très présent dans les médias, le Ministre de l’Education ne cesse de répéter que, malgré les quelque 10000 postes supprimés, la rentrée s’est faite à « taux d’encadrement constant » (rapport entre l’effectif enseignant et le nombre d’élèves). Venant de la part de quelqu’un qui est incapable de faire une règle de trois (il en fait la pathétique démonstration sur le plateau du Grand Journal sur Canal +), on est en droit de douter de ces chiffres !
Mr Darcos veut restaurer les « récompenses » pour les élèves méritants. En l’occurrence, il a évoqué la possibilité de décerner des médailles aux bacheliers (il a dû s’endormir devant les JO et ça a eu une sorte d’effet subliminal). De qui se moque-t-on ? Mr Darcos se comporte comme les explorateurs occidentaux qui tentaient d’amadouer les « sauvages » avec de la verroterie, afin de masquer leur véritable objectif !
Avec la généralisation des heures supplémentaires, il a réussi à introduire un motif supplémentaire de malaise chez les enseignants. Désormais, il y a une division entre ceux qui acceptent d’en faire et les autres.
Xavier Darcos annonce également qu'il veut instaurer un « code de la paix scolaire » applicable dans tous les établissements français en cas de dégradations ou de violences. Comme si l’école était en guerre ! Le ministre de l'Education a précisé sur France Info avoir demandé à un magistrat, Laurent Huet, de lui faire une proposition en vue de la rédaction de telles règles. Le code devra intégrer en premier lieu la « recherche systématique de la responsabilité civile lorsque des dégradations sont commises, en particulier celles des parents », a-t-il expliqué. Encore une fois, on va privilégier la répression au détriment de la prévention…et de l’éducation.
Enfin, et c’est la cerise sur le gâteau, Xavier Darcos, auditionné par la commission des Finances du Sénat, expose son objectif de réduction du nombre d’enseignants en première section de maternelle avec la justification suivante : « Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l’Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? »
Il faut rappeler qu’une des conditions pour l’inscription à l’école maternelle est justement que les enfants soient propres, sans compter l’aide des assistantes territoriales. Je propose donc de décerner au ministre la médaille d'or du "café du commerce".
La Cour des comptes souligne qu’en raison du désengagement déjà effectif du ministère de l’Education nationale, « le taux de scolarisation des 2-3 ans a diminué de 27% entre 2003 et 2007 » et qu’à « la rentrée 2005, 5000 enfants étaient en attente de scolarisation en maternelle », alors que le taux de fécondité ne cesse de croître en France. Avant d’asséner un commentaire en forme de désaveu pour le ministre :
« Cette évolution apparaît peu cohérente au regard de la bonne utilisation de l’argent public : le coût par enfant est moindre s’il est accueilli en maternelle plutôt qu’en EAJE (Etablissements d’accueil de jeunes enfants, c’est-à-dire les modes de garde collectifs alternatifs) (13 368 € en 2006 en EAJE, contre 4 570 € en maternelle, hors périscolaire). »
Ne pourrait-on pas rétablir le bonnet d’âne ? Mais juste pour Mr Darcos !
PP
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