30 juillet 2008

GDF Suez

A l’heure où il est de bon ton de saluer la naissance d’un « leader mondial de l’énergie », certains analystes s’interrogent sur les performances futures du nouvel ensemble et surtout sur sa capacité à surmonter les différences de cultures entre les deux entreprises…

La culture d'entreprise et le management de Suez devraient prendre le dessus au sein de GDF Suez mais cela ne se fera pas du jour au lendemain et entraînera des tensions qui pourraient retarder l'intégration du nouveau géant mondial de l'énergie. Le mariage de Gaz de France - qui était contrôlé par l'Etat - et du groupe privé Suez a eu lieu officiellement mardi après deux ans et demi de fiançailles, donnant naissance à un nouvel ensemble dont les activités gazières et électriques sont complémentaires. Il devrait générer un milliard d'euros de « synergies opérationnelles » à l'horizon 2013.

Alors que les analystes financiers saluent la pertinence de l'opération au niveau géographique et des activités, certains estiment que la direction bicéphale du nouvel ensemble est intenable et que les différences culturelles rendront difficile la génération de synergies supérieures à l'objectif affiché.



Gérard Mestrallet, ex-président de Suez, est devenu le P-DG du nouveau groupe tandis que l'ex P-DG de GDF Jean-François Cirelli a été nommé vice-président et directeur général délégué. A un étage plus bas, les cadres de GDF Yves Colliou et Jean-Marie Dauger partagent les responsabilités de vice-présidents avec les hauts dirigeants de Suez Jean-Pierre Hansen et Gérard Lamarche, ce dernier étant en charge des finances. Le comité exécutif comprend toutefois sept cadres de Suez, en charge des divisions clés de l'énergie à l'international, de la stratégie et de la communication, contre six pour GDF.

« Les flingues vont sortir. Tous les patrons sont des hommes clés de Suez qui vont dégommer les uns après les autres les anciens de GDF », prédit un analyste basé à Paris sous couvert d'anonymat. Pour l'anecdote, il suffit de jeter un oeil au nouveau logo pour voir que c'est Suez qui impose son «esprit».

Selon un autre analyste, basé à Londres, « il y aura petit à petit une majorité d'anciens de Suez et cela va créer des tensions. Il ne faudrait pas sous-estimer ces tensions entre les hommes. Cela pourrait retarder les décisions, créer une publicité négative et, si cela dure, entraîner une intervention du gouvernement. GDF dispose de bons réseaux dans le monde politique et pourrait demander le soutien du gouvernement pour résoudre les problèmes. »

Dans gDf SuEz, il manque juste le A pour faire «EADS» !

PP

20 mai 2008

L'économie des régions

En économie, on parle souvent de « la » France comme d’une entité unique et indivisible. Il est également instructif de s’intéresser aux territoires qui la composent : les Régions.

(Pour télécharger les graphiques de cette note, cliquez ici)

Le graphique suivant permet de visualiser la contribution de chaque région (hors Ile de France, « hors compétition » avec ses 447 milliards d’€) à la création de richesse (mesurée par la valeur ajoutée). La première région de province est la région Rhône-Alpes avec près de 155 milliards d’€. La Corse arrive en queue de peloton avec moins de 6 milliards.



Au-delà de la seule valeur, la structure de la valeur ajoutée (VA) est intéressante.
Sauf en Champagne-Ardenne, en Franche-Comté et en Haute Normandie, les services représentent plus de 70 % de la VA.
En PACA, en Ile de France et … en Corse, ils représentent même plus de 80 % du total.



Signe de la « désindustrialisation » de la France, la part de l’industrie est passée de 17,9% à 14,6% du total de la VA en France métropolitaine entre 2000 et 2006. Alors qu’en 2000, la part de l’industrie dépassait 20 % dans treize régions, ce n’est le cas que dans trois régions en 2006 (Alsace, Franche-Comté et Haute-Normandie).



On nous répète que cette « désindustrialisation » n’est pas dramatique, que nous sommes désormais entrés dans une économie de services, comme tous les pays développés. Soit…
On pourrait donc imaginer que la croissance des économies régionales est indépendante de la croissance industrielle…
Mais le graphique suivant montre qu’il existe un lien, une corrélation forte pour toutes les régions (sauf pour Midi-Pyrénées !) entre la croissance de l’industrie et la croissance de l’ensemble de l’économie régionale. Ainsi, les régions qui ont connu la plus forte croissance industrielle (Languedoc-Roussillon, PACA, Bretagne et ….Corse) sont aussi celles qui ont connu la plus forte croissance globale.



Cela ne fait que renforcer la nécessité d’une politique industrielle digne de ce nom.
Selon moi, une économie qui ne fabrique plus n’innove plus et, par conséquent, est condamnée au déclin et à l’appauvrissement.

PP