11 avril 2008

Eau trouble

Je rebondis sur un commentaire de Ju sur ma note du 10 avril :

"Bonjour !
Je lis avec intérêt votre blog. Sur la santé, je suis d'acord avec vous mais malheureusement, avec les déremboursements à tout va, on va finir dans une société américaine. Sur l'eau, avez vous plus de précisions ? de chiffres ?
Quelle serait la meilleure gestion, selon vous ? la régie ?

Merci !"


L'accès à l'eau potable n'est pas une si vieille histoire, même pour les pays industrialisés.
En effet les premiers réseaux dignes de ce nom datent de la fin du XIXème siècle (1850 en Angleterre, 1860 aux Etats-Unis).
En France, la généralisation (très progressive) des réseaux de tout-à-l'égoût date de 1910.
Encore aujourd'hui environ 1,1 milliards d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable (particulièrement dans les grandes villes du Sud).

Dans la plupart des pays, les réseaux de distribution et d'aissainissement d'eau ont été pris en main par des régies publiques, si bien qu'aujourd'hui, moins de 7% des réseaux sont privés.A l'exception notable de...la France.
Dès 1853, Lyon puis Nantes et Paris ont confié la gestion de l'eau à la toute nouvelle Compagnie Générale des Eaux devenue depuis Vivendi puis Veolia...
Aujourd'hui, 74% de la population française est alimentée en eau par un opérateur privé.

Dans 19 grandes villes, l'UFC-Que choisir a comparé les prix de l'eau facturé aux consommateurs. A quelques exceptions près, les dérapages les plus importants s'observent dans les villes qui ont choisi de confier le service de l'eau à un opérateur privé. Les taux de marge dépassent 50 % en Ile de France !

Bertrand Delanoë a évoqué la "re-municipalisation" de l'eau pendant la campagne des muncipales.
L'émission "Là bas si j'y suis" sur France Inter (18 et 19 février) a diffusé des témoignages de maires qui ont franchi le pas...malgré les pressions des opérateurs privés. Il semble que l'opération soit bénéfique pour les consommateurs, sans pénaliser l'investissement et l'entretien du réseau.

PP

21 décembre 2007

Actualité

Quelques réactions à des sujets d’actualité…

Le divorce par consentement mutuel pourrait se faire devant notaire, c’est tout du moins une piste de travail évoquée par le gouvernement. Il était vraiment urgent de donner une nouvelle rente de situation à une profession déjà largement privilégiée !
Extrait de l’enquête de l’Express sur les revenus des professions libérales :
« Le secteur juridique confirme la tendance… et le grand écart. Quand un notaire émarge à plus de 20 000 € par mois, une avocate ou une commissaire aux comptes à temps plein (deux professions féminines à plus de 80%) tablent sur un revenu quatre fois inférieur.»
Mais ce qui est encore plus grave, c’est ce début de privatisation de la justice. En effet, ce qui contribue à l’indépendance et l’impartialité de la justice, c’est que l’on ne paye pas le juge, contrairement à ce qui se passera pour un notaire. Les divorcés seront des « clients » du notaire…Cela change tout.
De plus, il semblerait que le Medef veuille étendre cette procédure à la rupture du contrat de travail, avec sa notion de « séparation à l’amiable ». Le notaire remplacerait les prud’hommes…

Les villes de Lyon et de Bordeaux ont renégocié les contrats qui les lient avec les sociétés concessionnaires des services de l’eau (Veolia pour Lyon et Lyonnaise des eaux pour Bordeaux). Lyon a fait baisser de 16 % le prix de son eau.
Selon une enquête d’UFC-Que choisir, les marges de ses sociétés atteignaient 33,8% à Bordeaux et 47,8% à Lyon. A Paris, Bertrand Delanoë s’est engagé (s’il est réélu) à retirer la gestion de l’eau à Suez et Veolia pour créer un « service public de l’eau ». Le taux de marge est de près de 38 %. Que dire alors de Marseille où le taux de marge est de 56 % ?
C’est beau la « délégation de service public » !

Christine Large s’est félicitée du bon démarrage des heures supplémentaires défiscalisées… 20 millions d’heures auraient été déclarée en octobre 2007. Coût de l’opération pour les caisses de l’Etat : 75 millions d’€… Au fait, Mme Lagarde a été dans l’impossibilité de préciser si ce nombre d’heures était supérieur à celui d’octobre 2006. Mais ça marche…puisqu’on nous le dit !

Enfin, je ne résiste pas à l’envie d’évoquer le voyage de Nicolas Sarkozy au Saint-Siège. Dans ses bagages, il avait emmené…non, pas Carla Bruni, mais Jean-Marie Bigard. Je me pose une question : qui a payé le voyage de ce haut représentant de la culture française ? Je n’ai aucune envie de sponsoriser (avec mes impôts) l’homme du « lâcher de salopes » pour qu’il aille « baiser l’anneau du Pape » (tiens, ça pourrait lui faire un bon début de sketch !).

PP