11 mai 2008
Déficit et Dette
S’il est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre dans le débat public français, c’est bien la dette publique et le déficit public. Avant les présidentielles de 2007, le gouvernement avait demandé un rapport sur le sujet à Michel Pébereau. François Bayrou en avait fait un des thèmes majeurs de sa campagne. Nicolas Sarkozy, ainsi d’ailleurs que Ségolène Royal y étaient allés de leur refrain sur la question !
François Fillon avait, lors d’un déplacement en Corse, enfoncé le clou en annonçant qu’il était « à la tête d’un Etat en faillite ». Outre le fait qu’il n’est pas à la tête de l’Etat (ne lui en déplaise, c’est Nicolas Sarkozy qui est à la tête de l’Etat), il est faux de dire que la France est en faillite…mais c’est un autre débat !
Pour aujourd’hui, contentons-nous de nous intéresser à l’évolution du déficit public depuis 1959 et de la dette publique depuis 1978. Ces données sont disponibles sur le site de l’Insee.
Le déficit public correspond au besoin de financement des administrations publiques (principalement l’Etat, les collectivités locales et la Sécurité Sociale). En gros, il y a déficit lorsque les recettes (impôts, cotisations sociales,…) ne suffisent pas à couvrir les dépenses. Dans ce cas, il est nécessaire d’emprunter pour combler la différence, ce qui vient alourdir la dette publique…
Dans le graphique suivant, la courbe noire représente le déficit public en % du PIB. Le pacte de stabilité du traité de Maastricht impose à la France (et aux pays de la zone Euro) de maintenir le déficit public en deçà de 3% du PIB (ligne rouge sur le graphique).
La courbe verte représente le taux de croissance de l’économie française (% du PIB).
La courbe bleue représente le taux de croissance de l’Union Européenne.
Enfin, les rectangles roses et bleus symbolisent la "couleur" politique du gouvernement.
Voici, pour mémoire, les noms des Premiers Ministres de la V ème République :
* Michel Debré : 8 janvier 1959 -14 avril 1962 (UNR)
* Georges Pompidou : 14 avril 1962 - 10 juillet 1968 (UNR)
* Maurice Couve de Murville : 10 juillet 1968 - 16 juin 1969 (UDR)
* Jacques Chaban-Delmas : 20 juin 1969 - 5 juillet 1972 (UDR)
* Pierre Messmer : 7 juillet 1972 - 27 mai 1974 (UDR)
* Jacques Chirac : 28 mai 1974 - 25 août 1976 (UDR)
* Raymond Barre : 27 août 1976 - 13 mai 1981 (UDF)
* Pierre Mauroy : 22 mai 1981 - 19 juillet 1984 (PS)
* Laurent Fabius : 23 juillet 1984 - 20 mars 1986 (PS)
* Jacques Chirac : 20 mars 1986 - 30 avril 1988 (RPR)
* Michel Rocard : 10 mai 1988 - 14 mai 1991 (PS)
* Édith Cresson : 15 mai 1991 - 31 mars 1992 (PS)
* Pierre Bérégovoy : 2 avril 1992 - 28 mars 1993 (PS)
* Édouard Balladur : 29 mars 1993 - 16 mai 1995 (RPR)
* Alain Juppé : 18 mai 1995 - 2 juin 1997 (RPR)
* Lionel Jospin : 2 juin 1997 - 6 mai 2002 (PS)
* Jean-Pierre Raffarin : 6 mai 2002 - 31 mai 2005 (UMP)
* Dominique de Villepin : 2 juin 2005 - 15 mai 2007 (UMP)
* François Fillon : 18 mai 2007 (UMP)
On peut constater que le dernier excédent public date de…1974 !
On peut aussi constater que le niveau du déficit public est largement lié au taux de croissance de l’économie. Il explose en période de faible croissance (cf. 1993 : -6,4% lors de la crise du Système Monétaire Européen) et se réduit en période de croissance forte (cf. 1998-2002).
On peut noter que les courbes de la croissance française et européenne sont assez fortement liées l’une à l’autre, sauf depuis 2005 où l’écart semble se creuser au détriment de la France. Des mauvais esprits pourraient y voir les résultats des politiques économiques et fiscales inefficaces et injustes des gouvernements Raffarin, Villepin et Fillon !
On pourrait aussi faire remarquer à François Fillon (sans doute le Premier Ministre le plus bêtement dogmatique que nous ayons eu) que la période de mise en place des 35 heures (1988-2002) a été l’occasion d’une embellie au niveau du déficit, et n’a pas empêché la France d’avoir une croissance aussi élevé que le reste de l’Europe…ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, malgré la « remise en cause de ce carcan » et la « réhabilitation de la valeur travail ».
En matière de dette publique, la France n’est plus « dans les clous » du pacte de stabilité depuis 2003.
Là encore, il n’y a que pendant la période 1998-2002 que la dette publique a (légèrement) baissé…
PP
15:20 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fillon, Sarkozy, croissance, dette, déficit
09 janvier 2008
SarkoShow
Il est loin le temps où Nicolas Sarkozy disait qu’il voulait 3% de croissance et qu’il irait chercher cette croissance « avec les dents »… C’était le 14 octobre 2007 mais en Sarkozye, royaume de l’instant présent, c’est une éternité. Lors de sa dernière conférence de presse, il a annoncé qu’ « il faut changer notre instrument de mesure de la croissance ». Il s’est aperçu qu’il ne suffit pas d’avoir les dents longues et la langue bien pendue pour susciter la croissance. Pour guérir de la fièvre, rien de tel que de casser le thermomètre !
Il va nous expliquer qu’il faut aller « au-delà » de la seule croissance des richesses. Pour cela, il a confié une mission de réflexion (une de plus) à deux économistes de renommée mondiale pour leurs travaux sur les inégalités : Amyarta Sen et Joseph Stiglitz. Et si ces économistes proposaient d’inclure plusieurs indicateurs complémentaires : la hausse du travail précaire (2/3 des créations d’emplois) et des inégalités, la baisse du taux de scolarisation des enfants (le taux de scolarisation à 18 ans a chuté de 85% à 79,5% en dix ans), l’influence grandissante du milieu social sur la réussite scolaire…En ces temps d’évaluation, pas sûr que Sarkozy ait une bonne note !
Toujours lors de sa conférence de presse, il a ajouté : « Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde, d'autant plus absurde que j'étais le seul à en parler ». Décidément le gag de l’arroseur arrosé, ça fait toujours rire.
Petite question : Qui a dit « Je veux être le Président du pouvoir d’achat » ? Un certain Nicolas Sarkozy, pendant la campagne électorale. En mai 2007…carrément la préhistoire…
PP
19:35 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, pouvoir d'achat, croissance
18 octobre 2007
Crise financière et croissance...
Il y a quelques jours, le Dow Jones a atteint son plus haut historique à 14164 points (le 09 octobre 2007). Tous les analystes nous ont alors expliqué que la crise financière de l’été n’était plus qu’un mauvais souvenir, qu’elle avait même été salutaire dans la mesure où elle avait permis de purger les excès. Il ne s’agissait que d’une « correction » et la reprise était imminente dans la mesure où les fondamentaux de l’économie étaient bons.
Or depuis son apogée du 09 octobre, le Dow Jones est retombé sous 13900 points. S’agit-il de ce que les analystes boursiers appellent une « consolidation » (léger repli avant la reprise de la hausse), ou s’agit-il d’une inversion de tendance ? Pour ma part, sans être un expert, je penche pour la deuxième hypothèse. Même si les performances des entreprises américaines sont largement déconnectées de l’économie des Etats-Unis, il n’en demeure pas moins que ce pays reste un débouché majeur pour bon nombre d’entreprises des pays émergents. Des difficultés importantes aux Etats-Unis se répercuteront sur l’ensemble de l’économie. C’est peut-être ce que les analystes ont (re)découvert.
La croissance en berne…
Ainsi, pour le Fonds Monétaire International (FMI), les turbulences sur les marchés financiers amputeront de près 0,5% la croissance mondiale.
« Les secousses financières qui se propagent depuis l'été mettent les marchés à l'épreuve », a résumé mercredi l'économiste en chef du FMI, Simon Johnson, dans une conférence de presse.
« Des foyers d'incendie ont commencé à prendre sur le marché américain des prêts hypothécaire à risque, et le feu a bondi de façon surprenante, pour gagner d'autres zones », a-t-il rappelé. Aujourd'hui « la fumée ne s'est pas encore dissipée ».
Le FMI, qui publie ses « perspectives économiques mondiales » semestrielles table désormais sur une expansion du produit intérieur brut mondial de 4,8% en 2008. En juillet, il comptait encore sur 5,2%. Les révisions les plus marquées concernent les États-Unis, où la croissance devrait s'établir à 1,9% en 2008, contre 2,8% prévu initialement.
Ce prévisions corroborent celles de Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale (Fed), exposées lors d'un discours devant le club de l'Economie de New York lundi soir. Tout en disant voir des signes d'amélioration sur les marchés financiers, M. Bernanke a estimé que la croissance devrait être « modérée » au troisième trimestre, et surtout que des incertitudes plus grandes pesaient sur l'avenir en raison de l'aggravation attendue de la crise immobilière.
En clair, M. Bernanke nous dit « nous ne sommes pas vraiment sortis de la crise, les bénéfices des entreprises au quatrième trimestre vont aussi être affectés par la crise du subprime . »
D'après Fed, la croissance a ralenti depuis août aux Etats-Unis avec une décélération de la consommation et de l'activité industrielle.
La croyance en berne…
En outre, le marché de l'immobilier a donné de nouveaux signes de faiblesse avec une chute en septembre des mises en chantier de logements, à 1,191 million contre 1,285 million attendu, soit leur plus bas niveau en 14 ans.
Or, octobre 2007 sera le mois qui verra le plus grand nombre de prêts « subprime » révisés à la hausse (ces prêts, à l’origine de la crise, comportaient deux ans de mensualités très réduites). Environ 50 milliards de dollars de prêts seront affectés. Et tous les mois d'ici à septembre 2008, plus de 30 milliards de dollars de prêts seront ainsi revus à la hausse chaque mois, contre quelques milliards de dollars par mois seulement il y a deux ans. Que va-t-il se passer ? Sans doute une nouvelle vague de défauts qui engendrera un nouvel afflux de maisons à vendre sur le marché. Or il y aurait déjà 1,7 million de foyers qui pourraient perdre leurs actifs immobiliers faute de pouvoir rembourser un « subprime » (sur un total de 3,2 de foyers qui, entre 1994 et 2005, en ont contracté un). Actuellement en baisse, les prix de l'immobilier ne pourront que déprimer davantage, d'autant qu'il y a déjà un stock total de 900.000 maisons ne trouvant pas preneur.
Bref, si, pour l'instant, les prix, dans les dix plus grandes villes américaines, ont reculé d'environ 3 % depuis leurs sommets de l'été dernier, ils pourraient, selon les experts, perdre de 15 à 20 % dans les deux ou trois ans à venir...
Dans un contexte de tensions politiques entre la Turquie et l’Irak, le marché craint également que l'envolée des cours du brut n'affecte la consommation des ménages. Or, celle-ci, comme l'emploi, est l'un des poumons de la croissance.
Pour résumer, la plupart des analystes estiment désormais que le pire de la crise financière n'est finalement pas passé. Ceux qui avaient estimé que les opérations de "transparence" effectuées par le secteur bancaire et les solides indicateurs économiques du mois de septembre seraient suffisants perdent leurs certitudes.
La « croyance dominante », celle qui au-delà de toutes les pseudo-analyses préside aux choix des investisseurs, est-elle sur le point de passer de « Haussier » à « Baissier », de « Optimiste » à « Pessimiste », de « Glop » à « Pas Glop » (pour les nostalgiques de Pifou, petit personnage de BD que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître) ?
Les salariés ne seront plus les seuls à déprimer !
PP
07:15 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Crise financière, Subprime, FMI, Croissance
12 octobre 2007
Des propositions à considérer...avec précaution
La Commission Attali pour la libération de la croissance rendra ce lundi un rapport d’étape axé principalement sur le pouvoir d’achat. Avant de revenir sur quelques uns des points qui seront évoqués dans ce rapport, il me semble opportun de faire une remarque d’ordre général sur cette Commission.
L’objectif de Jacques Attali est de porter la croissance à 5% par an, c’est-à-dire au niveau de la moyenne mondiale. Or, la moyenne mondiale est tirée vers le haut par des pays comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, voire l’Argentine dont la croissance avoisine les 10 % par an. La moyenne mondiale n’est donc pas significative (car résultant de fortes disparités) et ne peut donc pas servir d’objectif. Il est normal que la croissance ralentisse dans les pays développés, notamment du fait de la part prépondérante des services, secteur dans lequel les gains de productivité sont plus faibles que dans l’industrie. Plutôt que de « libérer » la croissance, il serait à mon avis préférable de la « canaliser » vers une répartition moins inégalitaire des richesses produites et vers une plus grande prise en compte de l’impact sur l’environnement. Or, la Commission préconise l’abandon du principe de précaution...
Autre mesure phare : une plus grande concurrence dans le secteur de la distribution (abrogation des lois Royer, Galland, Raffarin et autorisation de la vente à perte) pour augmenter le pouvoir d’achat. A quoi cela va-t-il aboutir ? Une hausse des importations en provenance des pays à bas coûts (Chine notamment) et une pression accentuée sur les PME.
Une croissance pérenne ne peut que résulter d’une amélioration de l’offre française, fondée sur la compétitivité « hors coût » (innovations…).
Dans ses préconisations sur la libéralisation, il semble que la Commission ait abandonné toute remise en cause des professions réglementées : experts-comptables, notaires, huissiers…Nicolas Sarkozy (qui a promis à Jacques Attali : « tout ce que vous proposerez, je le ferai ») n’avait peut-être pas envie de se mettre à dos un public majoritairement acquis à sa cause !?
Quant aux dix villes « modèles », on peut s’interroger sur leur contribution à la croissance, ainsi que sur leur coût, leur financement, leur délai de réalisation…
Bref, au risque de passer pour un réactionnaire conservateur (j’ai l’habitude et j’assume !), je suis sceptique !
PP
22:27 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : croissance, Attali, Sarkozy, pouvoir d'achat, concurrence
18 septembre 2007
Petites et grosses commissions
Clémenceau disait : « Si vous voulez enterrer un dossier, créez une commission ». Il semblerait donc que Nicolas Sarkozy veuille enterrer pas mal de dossiers ! En effet, en quelque mois, il a créé pas moins de 8 missions et commissions. La dernière en date est la commission Attali sur la croissance. Lionel Stoléru doit réfléchir sur les PME, Edouard Balladur sur les institutions, Hubert Védrine sur la mondialisation, Michel Rocard sur le métier d’enseignant…On peut aussi citer la commission sur la sécurité, la défense, la maladie d’Alzheimer…
La gaîté, moteur de croissance…
Jacques Attali nous a gratifié d’un démarrage en fanfare ! Selon lui, un des points faibles de la société française est qu’elle n’est pas « gaie ». Pour être gai, il faut avoir confiance en l’avenir. Or depuis trois décennies, quel projet de société nos dirigeants ont-ils formulé ? Aucun ! Si ce n’est l’acceptation résignée du libéralisme et de ses conséquences sociales. On ne cesse de glorifier l’individualisme, le « cas par cas », la flexibilité, la concurrence…Le risque devient une valeur et la protection un handicap, même pour certains socialistes autoproclamés « modernes » (L’ex-chancelier allemand Schroeder ne disait-il pas qu’un haut niveau de protection sociale était incompatible avec le plein emploi). Ce n’est pas le programme social de Nicolas Sarkozy, tel qu’il a été annoncé aujourd’hui, qui va changer les choses, bien au contraire (notamment l’accent mis sur l’assurance individuelle pour les maladies de longue durée et la vieillesse).
Pour que la société française retrouve sa gaîté, il faudrait réaffirmer les valeurs de solidarité et de cohésion sociale, engager la lutte contre la précarité et les inégalités. Je pense qu’une société égalitaire est plus efficace qu’une société inégalitaire. Bien entendu, il ne s’agit pas de tendre vers une société « communiste » où tout le monde gagnerait le même salaire. Il s’agit limiter les inégalités et de renforcer la solidarité. Cela passe par une réflexion sur la fiscalité, qui est selon moi la traduction chiffrée, monétaire, des valeurs d’une société. L’impôt donne les moyens de financer les politiques publiques : éducation, recherche, santé, protection sociale…Il doit également servir à réduire les inégalités. Les pays scandinaves, très égalitaires, sont souvent cités en exemple… malgré le poids important de la fiscalité.
Attention aux rabat-joies…
On oppose souvent l’immobilisme de la société française au dynamisme et à l’optimisme des sociétés anglo-saxonnes. La crise financière en cours a quelque peu douché ce bel optimisme. Les épargnants qui font la queue devant les guichets de la banque anglaise Northern Rock ont sans doute un peu perdu de leur « gaîté ». Je me demande si le dynamisme tant vanté est si bien ancré. Effectivement, pour les « gagnants » qui bénéficient de la mondialisation (en gros 25% de la population), la situation est bonne (voire très bonne pour les 1 % les plus riches et encore meilleure pour les 0,1% les mieux lotis). En revanche, pour la majorité, ce dynamisme s’apparente plus à l’énergie du désespoir : quand on vous jette à la mer sans gilet de sauvetage, vous n’avez d’autre solution que de vous agiter pour tenter de surnager. Ainsi, aux Etats-Unis, près de 50 millions de personnes n’ont pas de « gilet de sauvetage » (protection sociale).
En Grande Bretagne, des voix s’élèvent pour tempérer l’enthousiasme sur la réussite économique. « Dans 25% des sociétés, les travailleurs temporaires n’ont pas droit aux paiements en cas de maladie, et dans 14% des cas ils n’ont pas de congés payés », s’alarme le Trade Union Congress. « Le travail occasionnel a remplacé le travail traditionnel, de qualité et payé raisonnablement. Combien de travailleurs vulnérables y a-t-il dans le plein-emploi tant affiché ? » s’inquiète le syndicat Unite.
Quoiqu’il en soit, j’attends avec impatience les propositions de Jacques Attali pour mettre un peu de gaîté dans ce monde de brutes !
PP
23:23 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Attali, Fiscalité, Croissance, Finance
30 août 2007
Rions un peu...
Les observateurs de la vie politique ne manquent pas de s’interroger sur l’inexistence de nos ministres, à commencer par le premier d’entre eux.
Il faut dire que, dès qu’ils ouvrent la bouche, c’est pour dire des c….. des choses qu’ils regrettent par la suite.
Voici un petit florilège (non exhaustif) des interventions remarquables de ceux qui sont censés nous gouverner.
A tout seigneur (enfin presque), tout honneur …François Fillon, lors de sa récente intervention sur TF1, a affirmé que l’Espagne regrettait d’avoir régularisé un grand nombre de sans-papiers. Le premier ministre espagnol José-Luis Zapatero l’a sommé de rectifier ses propos, en affirmant que l’Espagne ne regrettait rien… Ambiance.
Bernard Kouchner, après son voyage en Irak, s’est exprimé dans la presse en faveur du remplacement du premier ministre irakien Al-Maliki. Il a dû s’excuser le lendemain, tout en prétextant que l’on avait mal interprété ses propos. Heureusement que depuis l’affaire libyenne, il commence à avoir l’habitude des explications emberlificotées.
Christine Lagarde a affirmé que la crise financière n’impacterait pas les prévisions de croissance de 2,5%. Quelques jours plus tard, elle a affirmé avec la même certitude qu’elle ne …savait pas si la croissance atteindrait les 2,5 %.
Le député UMP Gilles Carrez a, quant à lui, une méthode infaillible pour atteindre l’objectif fixé. Il l’a dit dans La Tribune du 24/08 : « Il nous faut croiser les doigts pour que la France enregistre l’an prochain 2,5% de croissance. ». On pouvait s’attendre, de la part du rapporteur du Budget à l’Assemblée, à des propositions de subtils ajustements macroéconomiques…Tout ça, c’est bon pour les archaïques, les intellectuels. L’UMP préconise des moyens beaucoup plus « modernes ». Croiser les doigts, fermer les yeux, serrer les fesses, toucher une patte de lapin… les moyens de relancer la croissance ne manquent pas ! Il faudra en parler à Jacques Attali, cela lui donnera sans doute des idées pour sa commission chargée d’identifier les freins à la croissance.
Quant au député Hervé Mariton (UMP bien sûr), toujours dans La Tribune du 24/08, il se veut rassurant à propos du Budget 2008: « Il n’y a pas le feu, mais les marges sont consommées ». En cent jours ! Bravo Mr le Président. Bien entendu, le bricolage en catastrophe de « l’impôt plancher » n’a rien à voir avec ce dramatique constat !
PP
09:00 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Fillon, Kouchner, Largarde, Croissance, Impôts


