04 juin 2008
Sarkozy un an après...
Sarkozy un an après : quand communication…
…rime avec désillusion et mobilisation
Par Claude NAYRAL (Secrétaire de la Section Socialiste de Capestang)
Un an après l’élection présidentielle, l’illusion de la « rupture » s’est dissipée. La crise économique et la crise sociale s’approfondissent. Le « grand communicateur » d’hier est perçu aujourd’hui comme un histrion.
La présidence bling-bling et les couacs gouvernementaux ne doivent pas faire oublier l’essentiel d’un programme qui est mis en œuvre sans aucunes concessions : nouvelles réductions des droits sociaux (franchises médicales, retraites…), traque des sans-papiers, stigmatisation des chômeurs, nouveau code du travail (remise en cause des 35 heures), banalisation de la culture des OGM après le Grenelle de l’environnement, alignement international de la France sur les Etats-Unis… sans oublier les attaques contre tous les services publics : justice, hôpitaux et bien sûr mesures régressives tous azimuts pour l’Education.
Détournement du sens des mots ? Détournements du sens de l’histoire ?
L’organisation de la « communication gouvernementale » est au point.
Sauf que… la suppression « raisonnable » d’emplois pour améliorer la qualité des services publics, ça ne soulève pas un grand enthousiasme !
Sauf que… « caisses vides » a du mal à être compris après les dons importants à ceux qui n’en n’ont pas particulièrement besoin (bouclier fiscal, exonérations diverses…).
Sauf que… les mesures relatives aux « heures supplémentaires » sont, d’un point de vue macro-économique, inefficaces : selon une étude de la commission des finances de l’Assemblée, elles coûtent plus cher à l’Etat que le surplus de pouvoir d’achat distribué !
Sauf que… « déficits » n’empêchent pas nombres d’Etats (Royaume-Uni, Etats-Unis) de continuer à avoir une croissance positive de leur PIB.
Sauf que… « rénovation de la fonction publique » ça ne passe vraiment pas quand il s’agit de la détruire en privilégiant les « partenariats public-privé », les contrats précaires ou encore la mobilité forcée des personnels.
Sauf que… « concertation » n’a plus de sens quand – que ce soit pour la retraite, pour les nouveaux cadres d’emploi dans la fonction publique – les conclusions sont tirées d’avance.
Le président de la République, comme son gouvernement, avait fait le choix de dire crûment les choses pendant les premiers mois de son mandat. Mais depuis janvier 2008 les choses ont changé. L’opinion pense que les arguments utilisés ne correspondent pas à la réalité du vécu et, avec juste raison, que la direction prise ne paraît pas être la bonne. Heureusement face à ces attaques la riposte s’organise :
- des caissières de supermarché se mettent en grève faute de gagner de quoi vivre en travaillant,
- des métallurgistes font de même et refusent la destruction de leur outil de travail,
- des enseignants, des élèves et leurs parents se mobilisent pour défendre le droit à l’éducation,
- des pêcheurs, des agriculteurs et des routiers maintiennent la pression sur le gouvernement face à la hausse du prix des carburants…
Malgré ce front syndical, le gouvernement continue de « réformer », de « moderniser », d’« encourager »… mais derrière le paravent des mots détournés la réalité apparaît bien nue.
Quelle logique à casser les services publics alors que la libéralisation de la société est totale avec « subprime », avec spéculation sur les denrées alimentaires ou sur l’énergie, avec destructions environnementales ?
Ce gouvernement est bien à contre courant des besoins de notre pays, de notre planète ! Sa volonté d’appliquer la « rupture » l’empêche d’entendre les voix qui montent de tous les bords.
Les seules vraies économies passent par des dépenses socialisées, que ce soit en matière d’éducation, de santé, de retraite, de transport…
Les mobilisations multiples et unitaires de ce premier semestre 2008 marquent un tournant important dans la situation de notre pays. Liées à la baisse générale de popularité de nos gouvernants, au mécontentement grandissant, elles redonnent cohésion au mouvement social et font la démonstration que l’histoire n’est pas vraiment écrite.
Pour autant ces mobilisations ne constituent pas une fin en soi, seule une réponse politique apportera tout espoir de changement. Cette tâche incombe aux partis politiques de gauche et plus particulièrement au Parti Socialiste. Ce dernier devra proposer en temps voulu un projet d’avenir alternatif à celui conduit aujourd’hui par l’UMP.
Alors et seulement alors, la gauche dans son ensemble utilisera à son tour la « communication » comme un outil de « conviction » de l’opinion en guise d’une « amélioration » de la société.
09:35 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, emploi, chômage, inégalités, Services publics
07 avril 2008
Réforme et RSA
Nicolas Sarkozy a affirmé que « ce n'est pas les économies qui font la réforme mais la réforme qui permettra des économies. C'est la différence entre rigueur et réforme. »…avant de confirmer le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite !
Peut-on envisager mesure d’économie plus arbitraire ? Tout le monde convient que l’Etat a besoin de réforme, mais d’une réforme s’appuyant sur une analyse des besoins de services publics. Tailler à la hache dans les effectifs, c’est courir le risque de voir coexister une pénurie de moyens dans certains secteurs et des sureffectifs persistants dans d’autres…avec au final, une dégradation de la qualité globale du service public.
La question soulevée par le Revenu de Solidarité Active défendu par Martin Hirsch n’est pas tant celle de son coût (5 à 7 fois moins que le paquet fiscal), mais plutôt celle de la « philosophie » qui le sous-tend. Il s’appuie, selon moi, sur le principe que la reprise de l’emploi n’est désormais envisageable que par des « petits boulots », d’une durée inférieure à un mi-temps. Partant de là, il est normal que la collectivité « subventionne » ceux qui reprennent l’emploi pour leur permettre d’atteindre le seuil de pauvreté. Cela ne risque-t-il pas de favoriser encore plus le développement de ces petits boulots ? Une lutte efficace contre la pauvreté passe par l’éducation et des politiques en faveur d’emplois de « bonne qualité » (et temps plein).
PP
17:03 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, emploi, chômage, inégalités, Services publics


