27 septembre 2007
Petit arrangement entre amis
Dans le dossier de la fusion GDF / Suez, on a beaucoup parlé du revirement de Nicolas Sarkozy. En effet, il avait juré ses grand dieux, devant l’Assemblé Nationale, que jamais l’Etat ne descendrait en dessous de 70 % dans le capital de GDF. Au nom du « pragmatisme » et de la création d’un « champion de l’énergie », il est revenu sur sa parole. Soit.
Mais ce que l’on sait moins c’est que la fusion GDF / Suez a donné lieu à un petit arrangement entre amis.En effet, pour réaliser une fusion d’égal à égal entre les deux groupes, il était nécessaire que Suez cède sa filiale Environnement. Le PDG de Suez, Gérard Mestrallet, s’est ainsi engagé à céder 66% de cette filiale. Mais cette cession n’est qu’apparente…En effet grâce à un pacte d’actionnaires signé pour trois ans, et accompagné d’un droit de préemption, les actionnaires majoritaires de Suez garderont le contrôle de la filiale Environnement.
Mais au fait, qui est l’actionnaire principal de Suez ? Il s’agit du multimilliardaire belge Albert Frère, associé à la plus grosse fortune canadienne, Paul Desmarais.
Ils ont réussi à mettre la main sur GDF, tout en conservant le contrôle de leur filiale Environnement. Pas mal !
Albert Frère (81 ans), après avoir réussi dans le commerce de l’acier, est devenu un des rois de la finance mondiale (c’est un peu le Warren Buffet européen). Il est désormais à la tête d'un trésor de guerre que son entourage évalue à «environ 18 milliards d'euros» à travers des positions de premier plan dans Bertelsmann, Suez, Eiffage et Lafarge, mais aussi Total ou Imérys (valorisation des minéraux), entre autres (beaucoup d’autres).
Paul Desmarais est, quant à lui, un canadien francophone qui a bien mené sa barque en bâtissant un empire dans le transport, puis les médias. Alors qu'il recherchait des entreprises en Europe pour étendre l'influence de son groupe, il a rencontré le financier belge Albert Frère au conseil d'administration de Paribas. Les deux hommes se sont découverts un alter ego appliquant les mêmes techniques financières : OPA amicale d'entreprises saines qui vivent des difficultés financières importantes, mais temporaires.
Selon le Figaro, il serait un proche du Président de la République. Paul Desmarais était ainsi de la fête tenue au Fouquet's pour célébrer l’élection du nouveau président français le 6 mai 2007. En 2004, Nicolas Sarkozy a séjourné dans son domaine sur le fleuve Saint-Laurent. « Quand tu entres dans la propriété, on t'ouvre un premier portail. Ensuite, tu dois faire des kilomètres et des kilomètres avant d'arriver au château. », racontait Nicolas Sarkozy à propos du fief de son ami Desmarais.
Le château est-il chauffé au gaz ?
PP
10:03 Publié dans Economie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, GDF, Suez, Finance
13 mars 2007
GDF : bénéfice record en 2006
Le bénéfice de Gaz de France est d'environ 2,5 milliards d’Euros pour 2006.
Je me souviens du larmoyant Jean-François Cirelli (PDG de GDF après avoir été responsable des affaires économiques au cabinet de Jean-Pierre Raffarin) qui réclamait il y a environ un an une augmentation du tarif du gaz au prétexte que GDF vendait à perte en France (cela n’avait bien entendu rien à voir avec la nécessité de présenter les comptes les plus avantageux dans le cadre de la négociation avec Suez).
La direction de GDF va probablement nous refaire le coup de Total : « nous ne réalisons que 5% de nos profits en France ». Quelle générosité de la part de ces entreprises que de bien vouloir continuer à vendre à des ingrats tels que nous !
Ce matin, j’entendais le spot publicitaire de GDF qui propose son offre en matière d’électricité. Son argument phare est l’unicité de la facture gaz / électricité. C’est bizarre, ça me rappelle quelque chose… Il y a quelques années, il y avait une entreprise publique (quelle horreur !), qui nous proposait le même service : elle s’appelait EDF / GDF. C’était avant l’époque bénie de la concurrence sur le marché de l’énergie ! Nous n’étions que des sauvages persuadés que ce qui importait, c’était d’avoir de l’énergie pas chère et avec une sécurisation d’approvisionnement. Aujourd’hui, nous savons que ce qui compte, c’est d’avoir le choix, de pouvoir comparer, d’exercer notre pouvoir de consommateur, de contribuer à la sauvegarde de « champions nationaux dans la compétition mondiale »…
PP
22:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : GDF, énergie



