03 avril 2008

Crise? Quelle crise?

Si certains d’entre vous sont inquiets à l’évocation d’un « plan de rigueur », sachez que pour d’autres la « rigueur » n’est pas à l’ordre du jour.Qui sont ces heureux élus ? Les actionnaires des entreprises du CAC 40.
En 2007, sur les 100 milliards d’€ de bénéfices réalisés par ces 40 entreprises, environ 57 milliards ont été « rendus » aux actionnaires que ce soit sous forme de dividendes (pour environ 38 milliards) ou de rachat d’actions (pour environ 19 milliards).
Alors que les dividendes n’ont progressé « que » de 21%, le montant des rachats d’actions a été multiplié par près de 2,5 entre 2006 et 2007.
Arcelor Mittal, BNP Paribas, Axa, Sanofi Aventis, Total, Société Générale, Accor et Suez ont réalisé près des trois quarts du montant total des rachats d’action.
Par exemple, Accor a racheté en 2007 pour 8.5% de son capital soit 1,24 milliards d’€.

Quelques chiffres (Dividendes + Rachats d’action)
* Total : 6 milliards d’€
* BNP Paribas : 5 milliards d’€
* Axa : 4,3 milliards d’€
* Sanofi Aventis : 4 milliards d’€
* Mittal Arcelor : 3,8 milliards d’€

Le rachat d’action consiste, pour une entreprise cotée, à racheter ses propres actions. Les conséquences sont, en règle générale, une hausse du cours (moins d’actions sont en circulation) et une hausse des dividendes par action (les dividendes sont à partager entre un nombre plus restreint d’actionnaires).
C’est aussi un aveu d’impuissance, puisque cela signifie que l’entreprise n’a rien de mieux à faire avec son argent (investir, par exemple !). Ainsi en 1975, l’investissement net (une fois décompté le renouvellement de l’existant) représentait en moyenne 6,5% de la valeur ajoutée, alors qu’en 2005 ce chiffre est tombé à 4,3%.
Cette tendance est-elle tenable à long terme ? La survie du capitalisme est fondée sur l’investissement qui permet de développer la production et donc les profits futurs. L’approche actuelle se résume à une recherche effrénée du profit à court-terme, sans autre but que ce profit lui-même.

PP

01 avril 2008

Les marchés sont efficients

J'ai longuement réfléchi et j'en suis arrivé à la conclusion que les marchés étaient efficients.
Je pense qu'il faut laisser leur main invisible régler tous nos problèmes.
Oui, la poursuite par chacun de son intérêt individuel aboutira à l'intérêt général.
Il faut mettre un terme à l'égalitarisme et à l'assistanat généralisé, il faut encourager l'initiative individuelle.
Les Français doivent avancer, s'adapter et surtout se réconcilier avec l'économie de marché.

POISSON D'AVRIL !!!!!

Plus sérieusement, il est désormais possible de signer la pétition "Spéculation et crises : ça suffit " sur le site www.stop-finance.org/.
(voir la note du 28 mars 2008)

PP

Dépenses, Social et Modernité

Rachida Dati mène-t-elle la grande vie au ministère de la Justice? Entre réceptions, restaurants et voyages, le site internet Mediapart affirme que les dépenses de la garde des Sceaux « ont grimpé de manière vertigineuse ». En décembre 2007, les frais de représentation auraient atteints 270 000 euros, soit un dépassement de 30% du budget initialement alloué. Le site internet croit également savoir que le contrôleur financier du ministère a « rappelé à l'ordre » la ministre sur ses dépenses.
A la Chancellerie, on reconnaît qu'il y a effectivement eu « une rallonge de 100.000 euros à l'automne 2007 ». Mais selon le porte-parole du ministère, Guillaume Didier, cette somme se justifie « par l'organisation de réceptions telles que celle tenue à l'occasion de la fête nationale, le 13 juillet ». Il a également contesté que le contrôleur financier du ministère ait « rappelé à l'ordre » la ministre. « Toutes les dépenses ont été payées, c'est-à-dire validées, par le contrôleur financier. »
Elle aurait pu au moins inviter les élus locaux des villes dans lesquelles elle a fermé des tribunaux. Accompagnée de petits fours, la pilule aurait été peut-être moins amère !

Patrick Devedjian, le clown triste de l’UMP, a émis des doutes sur le RSA (Revenu de Solidarité Active). C’était Samedi sur Europe 1. Selon lui, « ça coûte cher, 2 ou 3 milliards d’Euros ». Bizarrement, il n’a pas eu les mêmes scrupules sur l’emploi des deniers publics lorsqu’il s’est agi de financer les 15 milliards d’Euros du paquet fiscal !
Selon lui, il faut voir « si c'est un empilement supplémentaire, un dispositif social supplémentaire » ou « si c'est efficace par rapport aux dispositifs existants ». On peut noter l’opposition habile entre « social » et « efficace ».
Pour ma part, je ne suis pas un chaud partisan du RSA. En effet, selon moi, cela revient à faire prendre en charge par la collectivité les conséquences de la faiblesse des salaires et du temps partiel subi. Le RSA est un aveu d’impuissance : on ne peut rien changer, donc on accompagne, on « fait passer la pilule ». La vraie réduction de la pauvreté passe par la réduction des petits boulots, malheureusement, je doute que Mr Devedjian ait la volonté de s’engager sur cette voie !

Ce dimanche, j’ai regardé l’émission « Ripostes » sur France 5. Le sujet portait sur les « réformes ». Nous avons eu droit à un festival de Sophie de Menthon (rien que le nom m’amuse), chef d’entreprise libérale embagousée et emperlousée qui nous a fait, sans surprise, l’apologie de « l’initiative individuelle », de « l’entreprenariat » avec lequel il est impératif de « réconcilier les français ». Bref, elle ferait passer Jacques Marseille pour un fin dialecticien !
Il faudrait dire à cette dame que la modernité, ce n’est pas s’adapter à ce que l’on nous présente comme une fatalité. La vraie modernité, c’est chercher à faire changer la société.
Comme l’a rappelé Jacques Généreux (un vrai économiste de gauche), le progrès, c’est l’Etat. En effet, toute l’histoire du progrès humain, c’est de mutualiser les compétences et les moyens au sein de l’Etat pour produire des « biens publics » : sécurité, santé, éducation… que la seule juxtaposition des intérêts individuels n’aurait pu produire. Au sein même du monde économique, le progrès s’est traduit par le passage d’une économie d’artisanat à une économie industrielle, c’est-à-dire une mise en commun des capacités de travail.
Ce que Sophie de Menthon et ses petits camarades nous proposent, c’est tout simplement de revenir au XIX ème siècle… Quelle modernité !

PP

31 mars 2008

Figaro ci, Figaro là

Voici ce que Le Figaro titrait sur son site Internet le 28 mars, se fondant sur un sondage Opinion Way :



En réalité, le sondage d’OpinionWay montre que 49 % des Français estiment que Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière différente. Une minorité donc. Parmi cette minorité, 58 % trouvent qu’il a changé plutôt en bien. Or, 58 % de 49 % font 28 % seulement de la totalité des Français.
Comme la ficelle devenait un peu trop grossière, Le Figaro a fait machine arrière et titre désormais :



Au-delà de ces manipulations mesquines, qui peut croire qu’un changement aussi soudain peut être sincère ? Il y a un mois à peine, on était en pleine « bling-bling attitude », toutes Ray-Ban et Rolex dehors, et aujourd’hui on voudrait nous faire croire qu’il a eu la révélation.
Il ne suffit pas de marcher dans la neige sur le plateau des Glières et d’arborer une mine austère pour avoir la dimension d’une chef d’Etat. Même grossièrement rapiécé et retaillé, le costume de Président de la République sera toujours trop grand pour Nicolas Sarkozy !

PP

Modernisation du marché du travail

Xavier Bertrand, notre onctueux Ministre du Travail, nous promet une modernisation « équilibrée » du marché du travail, avec notamment des indemnités de départ plus élevées et un droit à une mutuelle en cas de licenciement. Mais il ne faut oublier la rupture par « consentement mutuel » du contrat de travail qui constitue un premier pas vers l’alignement du droit du travail sur le droit commercial. On peut citer aussi le CDD de trois ans, rebaptisé « contrat de projet ». Autant de mesures qui tendent à précariser davantage les salariés.

Il semblerait que le plateau de la balance penche plutôt du côté « flexibilité » que du côté « sécurité ». N’oublions pas que les pays Scandinaves, dont on prétend transposer le modèle de « flexisécurité », dépensent trois fois plus que la France pour l’accompagnement des chômeurs.

PP

29 mars 2008

Régulation

L'administration Bush propose de réformer en profondeur le mode de régulation de l'industrie financière américaine en donnant des pouvoirs accrus à la Réserve fédérale.
Selon un document de 26 pages que s'est procuré vendredi l'Associated Press, ce plan propose de faire de la Fed le premier régulateur de la stabilité du marché en étendant considérablement ses compétences. La banque centrale américaine pourrait désormais examiner non plus seulement les banques commerciales, mais tous les segments de l'industrie des services financiers.

Le plan, qui doit être officiellement dévoilé lundi lors d'un discours du Secrétaire au Trésor Henry Paulson, propose également de consolider l'actuel système de régulation bancaire.
La Fed deviendrait le "régulateur de la stabilité du marché" et disposerait de nouveaux pouvoirs pour rassembler des informations sur une vaste chaîne d'institutions afin que la banque centrale puisse mieux détecter d'éventuels menaces pour l'économie américaine.
Un organisme de régulation serait également chargé de surveiller les institutions financières fonctionnant à l'aide de garanties du gouvernement, tels que les assurances de dépôt pour les banques. Un autre régulateur serait chargé des questions de protection du consommateur.

Le plan prévoit enfin la fermeture de l'Office de supervision économique, chargé de contrôler les institutions économiques, et le transfert de ses fonctions à l'Office du contrôleur de la monnaie, qui régule les banques. La distinction entre les banques et les institutions économiques disparaîtrait également.

Ce plan ne devrait pas manquer d'être décortiqué par le Congrès et le monde de la finance, qui ont par le passé résisté aux précédents plans de réforme des mécanismes de régulation.
Le monde de la finance serait-il arc-bouté sur ses avantages acquis ? Moi qui croyais que le corporatisme était réservé aux syndicalistes obtus !

PP

28 mars 2008

Spéculation et crise ça suffit

« Spéculation et crise ça suffit », tel est le titre d’une pétition initiée par un groupe d’économistes européens, parmi lesquels Frédéric Lordon (dont vous pouvez retrouver les références de quelques ouvrages dans la liste se trouvant à droite de l’écran).

L’objectif de cette pétition est l’abrogation de l’article 56 du Traité européen. Cet article dit la chose suivante :
« Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites. »
Plus largement, il s’agit de faire de la reprise en main de la sphère financière une priorité politique. En effet, la crise actuelle démontre une nouvelle fois l’incapacité de ce système à s’autoréguler autrement que par des cycles bulles / krach délétères pour l’économie réelle.

Il s’agit d’aller au-delà des habituelles déclarations de circonstance sur l’éthique, la morale et la transparence. Ainsi, après leur entrevue, Mrs Sarkozy et Brown ont réclamé davantage de transparence des marchés financiers et dans ce cadre ont appelé les banques à révéler « rapidement et totalement l'ampleur de leurs pertes et notamment de trouver les moyens d'obtenir une plus grande certitude sur la valorisation des actifs complexes ».
C’est comme si c’était fait !
On peut citer aussi les longues tirades de Mme Parisot qui, la main sur le cœur et la larme à l’œil, n’a pas de mots assez durs pour fustiger ceux qui manquent d’éthique et de morale.

Tant que l’on ne remet pas en cause les structures, l’éthique, la morale et la transparence auront à peu près autant d’effets que l’aromathérapie pour soigner un cancer généralisé en phase terminale.
Il faut faire preuve d’une naïveté sans borne (ou d’une hypocrisie sans limite) pour croire qu’une régulation reposant sur la bonne volonté des acteurs puisse être suffisante, alors même que ces acteurs sont soumis à de colossales incitations à prendre des risques.
En effet, la concurrence que se livrent les opérateurs (banques, fonds d’investissement…) pour capter les liquidités se traduit par une course effrénée au rendement. Le système des « bonus » (primes faramineuses indexées sur les résultats) pour les gestionnaires les incitent à prendre également un maximum de risques (voir note du 26 mars sur ce blog) sans avoir à en assumer les conséquences.

Comme le souligne Patrick Artus (directeur des études de la Caisse des Dépôts, a priori peu enclin aux sympathies bolchéviques) dans son ouvrage « Le capitalisme est en train de s’autodétruire », les acteurs financiers sont soumis au « court-termisme » et au « mimétisme rationnel » qui fait que tout le monde fait les mêmes choix d’investissement au même moment, de peur faire moins bien que la moyenne. Selon lui, ces comportements découragent les investissements sur le long terme, nécessaire à la croissance voire à la survie du capitalisme.

Tout ce monde vit dans la certitude que, en cas de pépin, les banques centrales et les Etats viendront à leur secours. Se sachant « assurés », ils prennent leurs risques sans souci du lendemain : c’est l’aléa moral. Quand tout va bien, ils n’ont pas mots assez durs pour critiquer l’Etat (« obèse », « dépensier », « inefficace »…), mais dès que ça sent le roussi, ils vont, comme un seul homme, pleurnicher pour qu’on les aide. Quand ça va mieux, ils repartent comme si de rien n’était !

Si vous en avez assez de tout ça, je vous invite à signer la pétition « Spéculation et crise ça suffit » sur le site www.stop-finance.org (le site n’était pas accessible aujourd’hui, soyez persévérant !). Tout ne changera pas du jour au lendemain, mais il faut inlassablement accumuler les grains de sables pour espérer faire avancer ce chantier vital pour l’avenir.

PP

27 mars 2008

Re-présidentialisation

Nicolas Sarkozy (ou peut-être son entourage) a compris qu’il ne « faisait » pas Président. Il a cru pouvoir imposer son style, mais il s’est finalement rendu compte que son comportement s’apparentait plus à Britney Spears qu’au Général de Gaulle. Il veut maintenant « re-présidentialiser » son image.

« Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va », disait le philosophe. A quoi bon s’agiter si l’on n’a pas de projet de société ? La politique de civilisation a fait « Pschitt », tout comme le Grenelle de l’Environnement.


Du candidat du pouvoir d’achat au président des caisses vides…D’Eurodisney au plateau des Glières…Que de chemin parcouru…pour revenir au point de départ.

Tout ça pour ça !

PP

26 mars 2008

Face, je gagne. Pile, tu perds...

L'actuelle crise financière puise en grande partie son origine dans le système "déraisonnable" des primes aux banquiers qui les pousse à prendre trop de risques, estime le prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz dans une interview publiée lundi dans le quotidien britannique The Independent.

"Le système des indemnités a très certainement contribué d'une manière importante à la crise. Il a été conçu pour encourager la prise de risques mais il a encouragé la prise de risques excessifs. En fait, il les paie à faire des paris", a déclaré l'économiste.

"Quand les choses tournent bien, ils s'en tirent avec des primes énormes. Quand les choses tournent mal, comme maintenant, ils ne partagent pas les pertes. Même s'ils perdent leur emploi, ils s'en sortent avec d'importantes sommes d'argent", a-t-il ajouté au quotidien.

Selon l'Independent, les bonus accordés cette année aux banquiers de la City dépasseront les six milliards de livres (7,7 milliards d'euros) en dépit de dépréciations d'actifs bancaires qui s'élèvent jusqu'à présent à plus de 60 milliards de livres (77 milliards d'euros) en raison de la crise du crédit.

"La solution n'est pas tant de plafonner les primes mais de faire en sorte que les pertes soient partagées, tout comme les bénéfices, par exemple bloquer les primes pendant dix ans: s'il y a des pertes la deuxième, la troisième ou la quatrième année, les primes seraient réduites de manière appropriée", a poursuivi l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale.

Le Prix Nobel 2001 a par ailleurs stigmatisé les autorités de régulation financières qui "n'ont pas fait ce qu'elles auraient dû faire". "Les réglementations elles-mêmes n'ont pas suivi les innovations intervenues sur les marchés financiers", a-t-il estimé.

Les marchés financiers ont été "mauvais dans l'évaluation des risques". "Ils n'ont pas compris la nature du risque systémique (et) sous-estimé les corrélations", a jugé M. Stiglitz.

La politique monétaire ne pourra pas à elle seule dénouer la crise, croit M. Stiglitz, qui ajoute: "Il nous faut une plus importante dose de politique budgétaire afin d'empêcher l'économie de dégringoler."

25 mars 2008

Le blé a les dents acérées

Précision à destination des moins de 20 ans et des fans de Didier Barbelivien : le titre de cette note est une référence à la chanson "Argent trop cher" de Téléphone.

Il n’y a pas que le baril de pétrole qui augmente...

Depuis octobre 2006, le prix du blé a presque doublé sur le marché de référence de Chicago, avec les répercussions que l’on sait sur le prix de certaines denrées alimentaires (pain, pâtes…).
Les raisons invoquées ? Le climat et les chinois (quand quelques chose ne va pas, c’est toujours un peu de leur faute).

Le climat parce que la sécheresse induit de mauvaises récoltes, donc une baisse de l’offre, donc une hausse des prix (un raisonnement que ne renierait pas Jean-Marc Sylvestre !)
Les chinois, parce que leur habitudes alimentaires changent. Alignant leur mode de vie sur celui des occidentaux, ils ont tendance à remplacer le riz par le blé. La demande augmente, donc les prix augmentent (Jean-Marc Sylvestre, sors de ce corps !).
Donc tout est simple…

Sauf que…on oublie un facteur au moins aussi important que les deux autres : les biocarburants, ou plutôt les agro-carburants. Le gouvernement français veut qu’au moins 7% des carburants soient des agro-carburants (diester, éthanol). Pour cela, il a accordé plus de 1 milliard d’Euros d’aides aux agriculteurs pour les inciter à produire des agro-carburants. La plupart des gouvernements européens font de même et les Etats-Unis ne s'en privent pas non plus.

Alors qu’on mange de plus en plus de céréales, on en réserve une part croissante pour …nos voitures ! L’impact ne se retrouve pas seulement sur le prix du pain, mais aussi sur celui des produits laitiers, car les éleveurs abandonnent la production laitière et se convertissent aux agro-carburants.

Pour produire l’équivalent d’un « plein » d’un 4x4, il faut une quantité de céréales qui suffirait à nourrir un être humain pendant un an… La compétition pour les céréales entre les 800 millions d'automobilistes qui veulent maintenir leur mobilité et les 2 milliards d'humains les plus pauvres qui cherchent simplement à survivre est en train d'atteindre un point critique. La hausse des prix alimentaires pourrait conduire à des émeutes urbaines de la faim dans de nombreux pays à bas revenus comme l'Indonésie, l'Egypte, l'Algérie, le Nigeria ou le Mexique…

De plus, les agro-carburants ne pas si « bio » que ça, si on prend en compte les quantités d’eau, de pesticides et d’engrais nécessaires à leur production…

A défaut de remplir nos assiettes, les grands céréaliers se remplissent les poches, c’est déjà ça.

PP