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07 mai 2008

Ken contre Boris

La semaine dernière se sont déroulées des élections locales en Grande Bretagne. Elles constituaient un test majeur pour Gordon Brown.
La défaite est cuisante pour le Labour, qui enregistre là les pires résultats à des élections locales depuis 40 ans. Le parti de Gordon Brown est relégué en 3e position avec 24% des suffrages, derrière les libéraux démocrates avec 27% des suffrages, et, plus grave, loin derrière les conservateurs, qui obtiennent 40% des voix.
Après dix ans de « blairisme », les travaillistes ne cachent désormais plus leur inquiétude, deux ans avant les prochaines élections générales, et le gouvernement espère d’ici là une amélioration du climat économique mondial. Néanmoins, le plus gros handicap des travaillistes demeure leur Premier ministre lui-même, de plus en plus impopulaire face au jeune conservateur David Cameron.


A Londres, le combat entre « Ken le Rouge » (Ken Livingstone, maire travailliste sortant) et « Boris le bouffon » (Alexander Boris de Pfefel Johnson, dit Boris Johnson, challenger conservateur) a tourné à l’avantage du second.
Ancien journaliste, viré pour avoir falsifié une citation, Boris Johnson est un adepte de la provocation. Il a en effet estimé que l’Afrique du Sud de Nelson Mandela était « une tyrannie de la majorité noire », que la ville de Portsmouth était « pleine de drogués, d’obèses, d’incapables et de députés travaillistes ».
Enfin, il passera probablement à la postérité pour sa maxime la plus célèbre : « Si vous votez tory, votre femme aura de plus gros seins et vous augmenterez vos chances d’acquérir un jour une BMW M3. »
Au-delà de cette conception très particulière de la réussite, cette phrase traduit un mépris évident pour les électeurs, les élections et la politique en général.

Même s'il y a des gros dossiers en jeu -police, circulation, logement-, cette campagne a été totalement dominée par les personnalités remarquablement différentes et fortes des deux candidats. Ce n'est pas un choc froid d'idées, ou même une confrontation entre le parti travailliste de M. Livingstone et le parti conservateur de M. Johnson.
Le combat Ken / Boris est la négation même de la politique : il ne s’agit pas de se prononcer sur un programme, mais sur des personnes, des attitudes, des « bons » mots… Une sorte de « Star Academy » électorale…
Espérons que cela ne préfigure pas l’avenir des élections…C’est toutefois un risque non négligeable. Quand tous les candidats pensent plus ou moins la même chose sur les grands sujets, que reste-t-il pour se démarquer ? L’apparence…
PP