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06 mai 2008
Marché du travail
De retour après une semaine de vacances, il faut se rendre à l’évidence : la situation économique du pays ne s’est pas améliorée !! Pas étonnant que le moral des français soit au plus bas depuis 1995, d’après les derniers chiffres publiés par l’Insee.
En parcourant rapidement la presse ces derniers jours, j’ai été frappé par la multiplication des annonces de suppressions d’emplois, principalement dans l’industrie. Deux « fleurons » de l’industrie française sont notamment en difficulté : DMC (textile) a annoncé la suppression de 1100 emplois et Duralex (qui fabriquait les fameux verres incassables) va sans doute cesser son activité… On peut aussi citer les grèves chez l’Oréal, Coca Cola…
Bref, dans ces conditions, il est logique que l’industrie française ait détruit 42 000 emplois en 2007, ce qui porte le total de la réduction des effectifs industriels à 435 000 depuis 2001.Ce qui relativise l’enthousiasme de Christine Lagarde qui s’extasiait sur les « 300 000 créations d’emplois » de l’économie française en 2007. En effet, les emplois créés sont majoritairement des emplois de services, souvent de mauvaise qualité (temps partiel, durée déterminée…).
Il n'est donc pas surprenant que le chômage ne baisse plus depuis le début de l’année. En mars, le nombre de demandeurs a augmenté de 8200 (+0,4 %). Cette hausse est due, entre autre, à des fins de CDD, ce qui prouve bien la faible qualité des emplois créés.
Une autre raison majeure de la remontée du chômage est la décrue de l’emploi intérimaire. Au fait n’y aurait-il pas un lien avec le développement des heures supplémentaires détaxées ? Sans être un économiste de premier plan, il peut paraître logique que, dans un contexte de faible croissance, le recours aux heures supplémentaire est un substitut à l’embauche ou à l’intérim !
D’autant plus qu’il semblerait que ces fameuses heures supplémentaires coûtent plus cher aux contribuables qu’elle n’apporte aux salariés. En effet, l’Etat doit compenser le manque à gagner des organismes de Sécurité Sociale, « s’asseoir » sur l’impôt sur le revenu et l’arrêt des embauches induit une hausse des allocations chômages (pour en savoir plus...)
Pas étonnant que, dans un marché du travail dégradé, les entreprises cherchent à profiter de la situation pour faire valoir leurs exigences. Ainsi, chez Peugeot Motocycles, les salariés ont été contraints de renoncer à 11 jours de RTT en échange du maintien de la production sur les sites de Mandeure (j’ai grandi dans cette ville du Doubs !) et de Dannemarie. La CGC reconnaît avoir « le couteau sous la gorge », mais le « deal » devrait permettre de maintenir les 1050 emplois français. C’est donc ça le fameux dialogue social moderne que réclame le Medef !?
En Allemagne, Siemens avait imposé à ses salariés le passage de 35 à 40 heures sans hausse de salaire…mais au bout de deux ans, cela n’avait pas empêché la suppression de milliers d’emplois.
Autre exemple emblématique de la remise en cause de la RTT : en 2004, l’usine Bosch de Vénissieux avait obtenu de ses salariés la suppression de 6 jours de RTT sur 20.
Dans le journal télévisé de 20 heures du 30 avril 2008 sur France 2, Françoise Laborde a présenté un reportage sur cette usine en déclarant : « Les salariés de Bosch Vénissieux sont plutôt satisfaits du retour aux 39 heures ». Dans le reportage, deux salariés se sont exprimés. La première était plutôt résignée : « Faut faire avec ». Le second, quant à lui, était carrément amer : « Ils ont joué, ils ont gagné ! »…en parlant de la direction.
C’est sans doute la fameuse « pudeur des ouvriers » (comme dirait Nicolas Sarkozy inspiré par Henri Guaino) qui les conduit à modérer leur enthousiasme !
PP
08:50 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chômage, heures supp


