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09 avril 2008
Chevaliers blancs
La semaine dernière, les bourses mondiales ont « rebondi », grâce notamment aux valeurs bancaires. Pourquoi un tel revirement par rapport à la morosité qui prévalait jusqu’alors ?
En grande partie parce qu’UBS (1ère banque Suisse) et Lehman Brothers (Etats-U7nis) ont réussi leur recapitalisation. Les investisseurs « veulent croire » (toujours la bonne vieille méthode Coué !) à la fin du tunnel sur les marchés boursiers. Toutefois, on peut penser que ce rebond n’est que le résultat de spéculations à court terme. En effet, même si la visibilité est un peu meilleure, le ménage n’a pas encore été fait dans les comptes. Ainsi UBS serait encore exposée à hauteur d’environ 80 milliards de dollars.
Pourtant, cette même UBS a été capable de lever 28 milliards de francs suisses en quelques semaines.
Mais d’où viennent donc ces 28 milliards ? Qui est prêt à injecter de telles sommes dans une banque en difficulté ? Il s’agit du fonds d’investissement GIC de Singapour et d’un investisseur du Moyen-Orient.
En l’espace de quelques semaines, près de 80 milliards de dollars ont été mobilisés en provenance de fonds souverains d’Abu Dhabi, d’Arabie Saoudite, du Koweït, de Chine et de Singapour. Plusieurs fleurons de la finance mondiale ont été « sauvés » : Citigroup, UBS, Morgan Stanley, Merrill Lynch, Bear Sterns…
Les fonds souverains sont des fonds d’investissement gérés par des Etats et destinés à faire fructifier les montants colossaux issus de la vente du pétrole (pour les pays du Moyen Orient et même pour…la Norvège) ou des réserves de change (pour les pays d’Asie).
On peut se réjouir, comme le font les marchés financiers, de cet apport d’argent frais par ceux qui sont considérés comme des « chevaliers blancs ». On peut aussi s’interroger sur les conséquences de cette vaste redistribution des cartes au sein de la finance mondiale. Ces fonds souverains (qui représentent 3000 milliards de dollars) vont-ils longtemps rester des actionnaires « passifs » ou seront-ils le bras armé de leurs Etats de tutelle pour appuyer des pressions politiques ?
Quoiqu’il en soit le versement de dividendes liés à ces prises de participation vont se traduire dans les années qui viennent par des transferts financiers importants vers le Moyen Orient et l’Asie.
PP
07:14 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Mondialisation, Libéralisation, Capitalisme


