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01 avril 2008

Les marchés sont efficients

J'ai longuement réfléchi et j'en suis arrivé à la conclusion que les marchés étaient efficients.
Je pense qu'il faut laisser leur main invisible régler tous nos problèmes.
Oui, la poursuite par chacun de son intérêt individuel aboutira à l'intérêt général.
Il faut mettre un terme à l'égalitarisme et à l'assistanat généralisé, il faut encourager l'initiative individuelle.
Les Français doivent avancer, s'adapter et surtout se réconcilier avec l'économie de marché.

POISSON D'AVRIL !!!!!

Plus sérieusement, il est désormais possible de signer la pétition "Spéculation et crises : ça suffit " sur le site www.stop-finance.org/.
(voir la note du 28 mars 2008)

PP

Dépenses, Social et Modernité

Rachida Dati mène-t-elle la grande vie au ministère de la Justice? Entre réceptions, restaurants et voyages, le site internet Mediapart affirme que les dépenses de la garde des Sceaux « ont grimpé de manière vertigineuse ». En décembre 2007, les frais de représentation auraient atteints 270 000 euros, soit un dépassement de 30% du budget initialement alloué. Le site internet croit également savoir que le contrôleur financier du ministère a « rappelé à l'ordre » la ministre sur ses dépenses.
A la Chancellerie, on reconnaît qu'il y a effectivement eu « une rallonge de 100.000 euros à l'automne 2007 ». Mais selon le porte-parole du ministère, Guillaume Didier, cette somme se justifie « par l'organisation de réceptions telles que celle tenue à l'occasion de la fête nationale, le 13 juillet ». Il a également contesté que le contrôleur financier du ministère ait « rappelé à l'ordre » la ministre. « Toutes les dépenses ont été payées, c'est-à-dire validées, par le contrôleur financier. »
Elle aurait pu au moins inviter les élus locaux des villes dans lesquelles elle a fermé des tribunaux. Accompagnée de petits fours, la pilule aurait été peut-être moins amère !

Patrick Devedjian, le clown triste de l’UMP, a émis des doutes sur le RSA (Revenu de Solidarité Active). C’était Samedi sur Europe 1. Selon lui, « ça coûte cher, 2 ou 3 milliards d’Euros ». Bizarrement, il n’a pas eu les mêmes scrupules sur l’emploi des deniers publics lorsqu’il s’est agi de financer les 15 milliards d’Euros du paquet fiscal !
Selon lui, il faut voir « si c'est un empilement supplémentaire, un dispositif social supplémentaire » ou « si c'est efficace par rapport aux dispositifs existants ». On peut noter l’opposition habile entre « social » et « efficace ».
Pour ma part, je ne suis pas un chaud partisan du RSA. En effet, selon moi, cela revient à faire prendre en charge par la collectivité les conséquences de la faiblesse des salaires et du temps partiel subi. Le RSA est un aveu d’impuissance : on ne peut rien changer, donc on accompagne, on « fait passer la pilule ». La vraie réduction de la pauvreté passe par la réduction des petits boulots, malheureusement, je doute que Mr Devedjian ait la volonté de s’engager sur cette voie !

Ce dimanche, j’ai regardé l’émission « Ripostes » sur France 5. Le sujet portait sur les « réformes ». Nous avons eu droit à un festival de Sophie de Menthon (rien que le nom m’amuse), chef d’entreprise libérale embagousée et emperlousée qui nous a fait, sans surprise, l’apologie de « l’initiative individuelle », de « l’entreprenariat » avec lequel il est impératif de « réconcilier les français ». Bref, elle ferait passer Jacques Marseille pour un fin dialecticien !
Il faudrait dire à cette dame que la modernité, ce n’est pas s’adapter à ce que l’on nous présente comme une fatalité. La vraie modernité, c’est chercher à faire changer la société.
Comme l’a rappelé Jacques Généreux (un vrai économiste de gauche), le progrès, c’est l’Etat. En effet, toute l’histoire du progrès humain, c’est de mutualiser les compétences et les moyens au sein de l’Etat pour produire des « biens publics » : sécurité, santé, éducation… que la seule juxtaposition des intérêts individuels n’aurait pu produire. Au sein même du monde économique, le progrès s’est traduit par le passage d’une économie d’artisanat à une économie industrielle, c’est-à-dire une mise en commun des capacités de travail.
Ce que Sophie de Menthon et ses petits camarades nous proposent, c’est tout simplement de revenir au XIX ème siècle… Quelle modernité !

PP