« 2008-01 | Page d'accueil | 2008-03 »
21 février 2008
Actualité (suite)
A Neuilly, où le vaudeville politique atteint son paroxysme, c’est un sondage financé par des habitants (et patrons du CAC 40, de surcroît) qui a précipité la chute du « petit marquis » (affectueux surnom de David Martinon). En effet, ce dernier était donné perdant avec seulement 40 % des voix.
Autre exemple de mélange des genres : l’entreprise Bouygues va gérer une prison. Les prisonniers seront-ils obligé de regarder TF1 24 heures sur 24 ? On va avoir des soucis avec Human Rights Watch et Amnesty International pour « traitement inhumain ».
La « réforme » du droit des affaires est en marche. Désormais, le délai de prescription des faits « d’abus de bien sociaux » débutera non plus à partir de la découverte des faits supposés, mais à partir du moment où ils ont été commis. Comme en général, ces faits ne sont découverts que quelques années après leur survenance, l’expression « pas vu, pas pris » a un bel avenir !
Après avoir approuvé la proposition de Nicolas Sarkozy concernant le « travail de mémoire sur la Shoah », Ségolène Royal et François Hollande ont fait marche arrière, devant les remous provoqués par cette annonce inattendue. On se demande pourquoi ils ne sont plus ensemble, ces deux-là, ils étaient faits pour s’entendre !
En Grande-Bretagne, la banque Northern Rock a été provisoirement nationalisée. Incroyable, au pays du libéralisme triomphant, on a recours aux bonnes vieilles solutions du « programme commun » conduit par François Mitterrand et George Marchais ! Peut-être que libéralisme n’est pas si triomphant que ça, finalement !
Si les français votaient aux Etats-Unis, c’est Barrack Obama qui serait élu, c’est sûr. Pour ma part je me méfie un peu de lui. En effet, il a un peu trop tendance à se présenter comme l’homme du changement, sans trop dire en quoi ça consiste. On nous a déjà fait le coup de la « rupture » ! De plus, il trouve des qualités à Nicolas Sarkozy, ce qui est un autre signal d’alerte ! Enfin, il s’est fendu d’un éloge à …Ronald Reagan. Pour un démocrate, saluer le plus réactionnaire et le plus libéral des présidents américains, c’est un peu douteux.
Walter Veltroni, maire de Rome et figure du renouveau de la gauche en Italie, assure qu’il « sera, comme Nicolas Sarkozy, un homme nouveau qui changera la donne dans la politique ». Sans commentaire. Avec une gauche pareille, y-t-il encore besoin de droite ?
Les autorités européennes et américaines de la concurrence ont donné leur feu vert à l'acquisition du groupe britannique Reuters par son concurrent canadien Thomson, qui va donner le jour au numéro un mondial de l'information financière. Thomson-Reuters détiendra environ un tiers du marché mondial de l'information financière, au coude-à-coude avec Bloomberg, pour un chiffre d'affaires d'environ 11 milliards de dollars. Le secteur de l'information économique est actuellement en pleine concentration, alors que les transactions ont explosé ces dernières années sur les marchés financiers. Le magnat des médias Rupert Murdoch s'est ainsi emparé pour cinq milliards de dollars du groupe américain Dow Jones, propriétaire du Wall Street Journal. Le pluralisme et la transparence de l’information financière sont en bonne voie!!
PP
07:47 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Obama, Royal, Finance
20 février 2008
Actualité
Vous l’aurez constaté, la mise à jour de ce blog est assez aléatoire ces temps-ci…
En ce moment, je suis pas mal occupé avec la campagne des municipales.
J’ai laissé un peu de côté les questions économiques et politiques nationales pour me concentrer sur les finances locales, le plan local d’urbanisme, les problématiques d’assainissement, de logement… Quoiqu’il en soit, c’est vraiment une expérience passionnante et enrichissante…
Pour autant, je ne suis pas devenu complètement hermétique à l’actualité. Je vous livre, un peu en vrac, les points qui ont retenu mon attention ces derniers jours :
Ségolène Royal, François Bayrou et Dominique de Villepin ont signé (aves d’autres) l’appel à la « vigilance républicaine » (face aux dérives sarkoziennes) lancée par le magazine Marianne. Je ne serais pas surpris si ces trois-là nous lançait d’ici quelque temps une sorte de «grosse koalition » à l’allemande.
Les revendications sur les salaires se multiplient : dans la grande distribution, ça n’a rien de surprenant. En revanche, ce qui est plus étonnant, c’est que l’on assiste à des mouvements dans des entreprises comme L’Oréal et même je crois chez un grand assureur (Axa ?).
En 2008, les entreprises du CAC 40 vont verser plus de 30 milliards d’€ à leurs actionnaires, soit plus du tiers de leurs bénéfices… Même si l’on nous répète que ces entreprises font « une grande partie de leur bénéfice à l’étranger », elles doivent bien disposer d’une marge de manœuvre pour augmenter leurs salariés en France. D’autant plus que l’argument ne tient pas pour la grande distribution, qui réalise une part importante de ses bénéfices en France…
Que propose les « grands » patrons : généraliser la rémunération variable (intéressement, …). Sous prétexte qu’eux y seraient soumis, il faudrait que l’ensemble des salariés fasse de même. Sauf que…les situations ne sont pas tout à fait les mêmes. En effet, les patrons ont une part de fixe qui s’élève à plusieurs centaines de milliers d’euros, ce qui permet de faire face au quotidien ! Pour pouvoir faire des projets, se projeter dans l’avenir, un salarié a besoin de pouvoir compter sur une rémunération stable et récurrent et non pas sur d’hypothétiques « bonus ».
Alors qu’il a promis des millions d’euros pour le site ArcelorMittal de Gandrange, Nicolas Sarkozy a répondu aux salariés de l’usine Kléber de Toul (eux aussi menacés de licenciement) que « ce n’est pas à l’Etat de se substituer à la direction de l’entreprise ». C’est beau une politique industrielle en marche !!
En ce moment, tout le monde tire sur Daniel Bouton, le PDG de la Société Générale. Il est vrai que c’est assez croustillant de voir celui qui a pondu des rapports sur la « gouvernance d’entreprises » englué à ce point dans une affaire où les procédures internes de contrôle ont fait preuve d’une inefficacité manifeste (à moins que ce ne soit une volonté délibérée de spéculer)… Il est un autre patron qui sévit depuis des années et dont on ne vante pas assez les mérites : Serge Tchuruk. Entre 2000 et 2007, la valeur de l’action Alcatel a été divisée par 21 et en 2007, cette entreprise a perdu 3,7 milliards d’€.
Christine Lagarde a reconnu ces jours-ci que « l’Europe sera aussi touchée par la crise. » Quelle clairvoyance ! Bientôt, elle va reconnaître qu’il y a eu un choc pétrolier en 1973 !
PP
13:35 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pouvoir d'achat, salaires, crise
10 février 2008
Le prof, l'enfant et le gendarme...
Je n'ai pas pour habitude de réagir aux faits divers, mais l'histoire de cet enseignant poursuivi pour avoir donné une gifle à un enfant de 11 ans qui l'avait traité de "connard" me révolte.
En fait ce qui me choque le plus, c'est que le père de cet enfant est ...gendarme, donc censé faire respecter l'autorité.
Enfin bref, si vous souhaitez signer la pétition de soutien à ce prof, cliquez ici.
PP
00:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 février 2008
Qu’est-ce que l’équité ?
Texte repris de l'excellent site l'Observatoire des Inégalités.
On utilise souvent ce concept à la place de celui d’égalité. Pourtant ce n’est pas exactement la même chose.
Mais qu’est-ce que c’est que l’équité au juste ? On utilise souvent ce concept (ou celui d’égalité des chances, ce qui revient à peu près au même) à la place de celui d’égalité. Pourtant ce n’est pas exactement la même chose.
L’équité, c’est l’idée de l’égalité "juste". L’égalité tout court pose en effet un problème dans une société qui n’est pas une société d’abondance. L’idée que le mérite individuel, l’effort ou le travail doivent être récompensés est largement acceptée. Personne ne revendique les mêmes salaires pour tous.
Bref : ce qui est juste, c’est que tout le monde ait les mêmes "chances" dans la vie, pas que tout le monde arrive au même résultat.
Comme monsieur Jourdain fait de la prose sans le savoir, nous acceptons l’idée d’équité sans trop nous poser de questions. Pourtant, en pratique, cette équité n’est vraiment pas facile à atteindre :
* Il faut que chacun soit placé sur la même ligne de départ. Si certains partent avec de l’avance, le jeu n’est pas équitable.
* Pendant "l’effort", il faut aussi que chacun dispose des mêmes atouts. La compétition ne doit pas être biaisée.
* On peut accepter le principe de l’équité, mais alors nous ne sommes pas avancés pour ce qui est de l’ampleur des inégalités "justes". Combien d’années de Smic un PDG peut-il gagner avant que cela devienne "injuste", dix ans, un siècle, un millénaire ? Est-il "équitable" qu’une personne qui aide des personnes âgées toute la journée touche dix fois moins qu’un cadre d’entreprise ?
* L’effort individuel est rarement mesurable : la plupart des rétributions récompensent des efforts réalisés par une communauté (une équipe de travail, un groupe, etc.).
L’équité, comme le dit le sociologue François Dubet est une « fiction nécessaire ». Expliquons-nous : on en a besoin certes, car l’effort, le mérite, le travail, sont de meilleurs critères que le milieu de naissance ou la caste.
Mais il s’agit bien d’une fiction : en pratique, les inégalités résultent d’un compromis, d’une lutte de pouvoir entre les membres d’une même société. La mise en avant à outrance de la notion d’« équité » sert parfois à masquer une plus grande tolérance aux inégalités tout court...
PP
18:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inégalités
05 février 2008
Attali, Balkany, Perrier et les paresseux...
Désolé pour la mise à jour un peu paresseuse de ce blog depuis quelques jours, mais je me suis engagé dans la campagne des municipales. C’est une expérience enrichissante, mais très prenante…
Jusqu’à présent, en politique j’étais croyant mais pas pratiquant. A l’occasion des élections municipales, j’ai décidé de franchir le pas et de faire partie d’une liste.
J’avoue que l’idée d’avoir mon nom inscrit sur un bulletin électoral ne me laisse pas indifférent. Sans tomber dans un lyrisme excessif, ce n’est pas tous les jours que l’on peut se confronter au suffrage universel !!
Bon, bref… Revenons à nos moutons.
Quelques commentaires sur l’actualité de ces derniers jours…
Le Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française (dite commission « Attali ») préconise de « Lever les barrières dans la distribution ». En gros, cela signifie plus de concurrence entre les grandes surfaces. Effectivement, cela ne serait pas mal d’arriver à réduire les marges, les « rentes » des grands distributeurs. Sauf que…il y a de fortes chances pour que cette bataille fasse des « dégâts collatéraux » chez les salariés. Il est fort probable que les grands distributeurs se livrent une guerre sans merci où la variable d’ajustement sera la masse salariale et les conditions de travail.
Le même jour, je lisais l’interview d’une caissière qui gagne 980 € par mois….
Isabelle Balkany, épouse du regrettable Patrick Balkany (grand copain de notre Président), a été promue « Chevalier de la Légion d’Honneur ». Il s’agit de la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense les mérites éminents, militaires ou civils rendus à la Nation. J’aimerais bien savoir à quel titre Mme Balkany a reçu cette distinction ? Il est vrai qu’il faut avoir du mérite pour se coltiner Patrick Balkany, mais quand même ! Nicolas Sarkozy avait dit qu’il voulait faire table rase des pratiques de copinages qui président à l’attribution des décorations. Dans ce domaine aussi, la « rupture » est en marche
Dans la presse locale, j’ai lu l’interview du directeur de l’usine Perrier à Vergèze. Il se plaint que les syndicats fassent obstruction au plan de restructuration (qui prévoit, je crois, 200 licenciements). Selon lui, le site est pour la première fois à l’équilibre depuis 1993, date du rachat par Nestlé. J’ai du mal à croire qu’un groupe comme Nestlé ait pu tolérer pendant 15 ans une usine déficitaire ! J’ai tendance à me méfier de ces affirmations invérifiables. En effet, dans un grand groupe, il est facile d’imputer des charges diverses à une usine pour la rendre déficitaire. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage !
Ainsi, en ce qui concerne la productivité, le directeur nous indique qu’elle est de 750 000 bouteilles par an et par personne contre 1.2 million chez San Pellegrino. Les italiens seraient donc presque 2 fois plus productifs que les français ? Il ne faut pas oublier que les bouteilles ne sont par remplies manuellement avec un bidon et un entonnoir! Tout est automatisé, avec des chaînes d’embouteillage de plusieurs dizaines de mètres de long. Là aussi, il faut se méfier des chiffres qu’on nous lance en pleine figure… Chez Perrier, il y a plusieurs produits (Perrier, Eau de Perrier, Perrier fluo…) alors que chez San Pellegrino, il y a LA San Pellegrino. Tout industriel sait que l’on est plus productif lorsque l’on fabrique un seul produit, plutôt que d’avoir à gérer une multitude de références. De plus, les organisations sont-elles identiques entre les deux marques (services administratifs, marketing…) ?
Pour terminer, je vous conseille vivement de lire l’ouvrage de Guillaume Duval (Rédac’chef d’Alternatives Economiques) : « Sommes-nous des paresseux ?» aux Editions du Seuil. Je viens à peine de débuter la lecture, mais en quelques pages il a déjà démonté de belle manière le slogan publicitaire de Sarkozy « Travailler plus pour gagner plus ». Un ouvrage prometteur, donc…
PP
23:55 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


