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05 février 2008

Attali, Balkany, Perrier et les paresseux...

Désolé pour la mise à jour un peu paresseuse de ce blog depuis quelques jours, mais je me suis engagé dans la campagne des municipales. C’est une expérience enrichissante, mais très prenante…
Jusqu’à présent, en politique j’étais croyant mais pas pratiquant. A l’occasion des élections municipales, j’ai décidé de franchir le pas et de faire partie d’une liste.

J’avoue que l’idée d’avoir mon nom inscrit sur un bulletin électoral ne me laisse pas indifférent. Sans tomber dans un lyrisme excessif, ce n’est pas tous les jours que l’on peut se confronter au suffrage universel !!

Bon, bref… Revenons à nos moutons.

Quelques commentaires sur l’actualité de ces derniers jours…

Le Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française (dite commission « Attali ») préconise de « Lever les barrières dans la distribution ». En gros, cela signifie plus de concurrence entre les grandes surfaces. Effectivement, cela ne serait pas mal d’arriver à réduire les marges, les « rentes » des grands distributeurs. Sauf que…il y a de fortes chances pour que cette bataille fasse des « dégâts collatéraux » chez les salariés. Il est fort probable que les grands distributeurs se livrent une guerre sans merci où la variable d’ajustement sera la masse salariale et les conditions de travail.
Le même jour, je lisais l’interview d’une caissière qui gagne 980 € par mois….

Isabelle Balkany, épouse du regrettable Patrick Balkany (grand copain de notre Président), a été promue « Chevalier de la Légion d’Honneur ». Il s’agit de la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense les mérites éminents, militaires ou civils rendus à la Nation. J’aimerais bien savoir à quel titre Mme Balkany a reçu cette distinction ? Il est vrai qu’il faut avoir du mérite pour se coltiner Patrick Balkany, mais quand même ! Nicolas Sarkozy avait dit qu’il voulait faire table rase des pratiques de copinages qui président à l’attribution des décorations. Dans ce domaine aussi, la « rupture » est en marche

Dans la presse locale, j’ai lu l’interview du directeur de l’usine Perrier à Vergèze. Il se plaint que les syndicats fassent obstruction au plan de restructuration (qui prévoit, je crois, 200 licenciements). Selon lui, le site est pour la première fois à l’équilibre depuis 1993, date du rachat par Nestlé. J’ai du mal à croire qu’un groupe comme Nestlé ait pu tolérer pendant 15 ans une usine déficitaire ! J’ai tendance à me méfier de ces affirmations invérifiables. En effet, dans un grand groupe, il est facile d’imputer des charges diverses à une usine pour la rendre déficitaire. Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage !
Ainsi, en ce qui concerne la productivité, le directeur nous indique qu’elle est de 750 000 bouteilles par an et par personne contre 1.2 million chez San Pellegrino. Les italiens seraient donc presque 2 fois plus productifs que les français ? Il ne faut pas oublier que les bouteilles ne sont par remplies manuellement avec un bidon et un entonnoir! Tout est automatisé, avec des chaînes d’embouteillage de plusieurs dizaines de mètres de long. Là aussi, il faut se méfier des chiffres qu’on nous lance en pleine figure… Chez Perrier, il y a plusieurs produits (Perrier, Eau de Perrier, Perrier fluo…) alors que chez San Pellegrino, il y a LA San Pellegrino. Tout industriel sait que l’on est plus productif lorsque l’on fabrique un seul produit, plutôt que d’avoir à gérer une multitude de références. De plus, les organisations sont-elles identiques entre les deux marques (services administratifs, marketing…) ?

Pour terminer, je vous conseille vivement de lire l’ouvrage de Guillaume Duval (Rédac’chef d’Alternatives Economiques) : « Sommes-nous des paresseux ?» aux Editions du Seuil. Je viens à peine de débuter la lecture, mais en quelques pages il a déjà démonté de belle manière le slogan publicitaire de Sarkozy « Travailler plus pour gagner plus ». Un ouvrage prometteur, donc…

PP

Commentaires

La politique c'est comme les médicaments. Gare aux effets secondaires.

Ecrit par : DELAVANT | 06 février 2008

Justr un petit mot pour vous remercier de l'intérêt porté à mon bouquin.

Ecrit par : Guillaume Duval | 10 février 2008