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31.01.2008
Le mur du çon...
Paru dans Le Canard Enchaîne du 23 janvier 2008...
Le mur du çon...
Franchi à la vitesse d'un charter de sans-papier en train de décoller, par Brice Hortefeux. Dans Le Figaro du 19 janvier, le ministre de l'immigration annonce, tout fier:
"Le nombre de clandestins a diminué de 6%."
Trop fort ! Et quelle formidable équation pour les écoliers : sachant que le nombre de clandestins est totalement inconnu, veuillez le diviser par 6 et le multiplier par 100 et envoyer le résultat au ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale, etc. Et ceux qui n'y arrivent pas sont des cancres et sûrement eux-mêmes des sans-papiers!
PP
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29.01.2008
La Fed en a-t-elle assez « sous le pied » ?
La banque centrale américaine (la « Fed ») entame aujourd’hui une réunion de deux jours, suivie de près par les marchés qui espèrent fermement un nouvel assouplissement résolu de la politique monétaire. Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se réunit mardi et mercredi pour réexaminer le niveau de son taux directeur, qui est pour le moment fixé à 3,50%.
La semaine dernière, la banque centrale américaine avait déjà baissé son principal taux directeur (celui des « Fed Funds ») de 0.75%, le portant donc à 3.5%.
Cette baisse a pour but de rendre moins chères les liquidités et donc de remettre du carburant dans l’économie pour contrecarrer les effets de la crise financière.
Selon Ben Bernanke, le directeur de la Fed, les pertes liées à la crise financière seraient comprises entre « 100 et 500 milliards de dollars ». On peut admirer la précision…
Ce qui est inquiétant, c’est que, lors des précédentes crises (récession en 1992, bulle internet en 2001) la Fed a été contrainte de baisser ses taux de plus de 5%. Or cette fois-ci, le niveau initial des taux était de 5.5% (voir graphique)
La Fed en a-t-elle assez « sous le pied » ?
PP
15:35 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Crise, Etats-Unis
26.01.2008
Généralités...
La Société Générale était considérée, jusqu’à aujourd’hui, comme une des banques les plus performantes et les plus innovantes du monde (notamment sur les produits dérivés).
Que penser alors de l’histoire de ce trader qui a lui fait perdre 5 milliards d’Euros ?
S’agit-il d’agissements frauduleux d’un individu isolé ou du résultat d’une stratégie d’investissements spéculatifs qui aurait mal tourné ? Dans l’un ou l’autre cas, les questions soulevées sont très graves.
Si nous supposons que la perte colossale est le fruit d’un trader isolé, cela signifie que les systèmes de contrôles internes de la Société Générale sont très largement déficients. Il n’y a pas de raisons pour que ceux des autres banques soient foncièrement meilleurs. C’est d’ailleurs un des problèmes des grandes structures, qu’elles soient publiques ou privées : plus la structure est compliquée, plus cela de latitude à ceux qui veulent profiter des failles su système à des fins personnels. La taille d’une entreprise permet de générer des économies d’échelle, mais elle engendre une plus grande complexité. Plus une structure est complexe, plus elle est difficile à piloter et à contrôler.
Pour ma part, j’ai du mal à croire à un acte isolé. En effet, ce trader (qui apparemment n’était pas un foudre de guerre !) aurait pris des positions sur les produits dérivés à hauteur de…50 milliards d’euros. Sur ce type de marché, il faut fournir une garantie en « cash » d’au moins 1% de la position prise. Ce qui veut dire que le trader aurait dû « sortir » environ 500 millions d’Euros… Je pense qu’il n’est, dans cette affaire, qu’un bouc-émissaire. Ce qui est en cause, c’est la déréglementation et la libéralisation des marchés financiers.
Autrefois, les banques étaient spécialisées sur un métier de base et il était beaucoup plus facile de surveiller l'activité des employés. Le problème, c'est que les banques sont devenues des supermarchés: elles veulent faire tous les métiers à la fois, banque de détail, banque d'affaires, courtage, et les dirigeants ne comprennent pas ce qui se passe dans leurs salles de marché.
Pour arriver à contrôler efficacement les transactions, il faudrait des investissements gigantesques dont les banques n'ont pas les moyens…et surtout pas la volonté.
La finance n’est pas une activité néfaste en soit. En effet, son rôle originel est de recycler l’épargne des uns pour la prêter aux autres afin de la transformer en investissement. La finance a également pour vocation initiale de gérer les risques. Elle devrait donc contribuer à la croissance économique. Sauf que…elle a pris une importance démesurée par rapport à l’économie réelle et elle s’est mise à « tourner sur elle-même », engendrant bulles et krach successifs.
Malgré la sophistication des technologies et des produits financiers, les marchés financiers restent le lieu de l’expression brutale des passions humaines les plus basiques : la peur, la cupidité, l’euphorie, l’envie, la panique… Même si la technologie a évolué, derrière les écrans des ordinateurs il y a des hommes dont la capacité d’assimilation de l’information n’a pas fondamentalement changé depuis des siècles… Par exemple, une des premières bulles spéculatives connues concernait les …bulbes de tulipes aux Pays-Bas au 15ème siècle… Mais lorsque la bulle a éclaté, l’impact s’est surtout fait sentir…aux Pays-bas. Aujourd’hui lorsqu’une bulle éclate, cela rejaillit sur l’ensemble de l’économie mondiale…
PP
14:32 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Mondialisation, Libéralisation, Capitalisme
24.01.2008
Un pays d'entrepreneurs ?
Quelques remarques (sur d’autres sujets que la crise financière…)
En 2007, il y a eu 321 478 créations d’entreprises en France. Ce chiffre est en hausse de plus de 12% par rapport à 2006. Cela pourrait être une bonne nouvelle dans un contexte de morosité économique. Mais à y regarder de plus près, il est permis de s’interroger…
En effet, en 2006, plus de 83 % des entreprises créées ne comportaient aucun salarié. Les données ne sont pas disponibles pour 2007, mais cela n’a pas dû beaucoup évoluer… Je ne pourrais pas être plus clair que le commentaire de l’INSEE : « En 2006, 83 % des entreprises créées n'emploient aucun salarié. La création d'entreprise sans salarié est peut-être un moyen de générer son propre emploi. »
Tout est dit, la grande majorité des créations d’entreprises ne résultent vraisemblablement pas du dynamisme économique, mais sont plutôt des solutions de dernier recours pour des chômeurs. Moins de la moitié d’entre eux sont indemnisés par les ASSEDIC…Dans un contexte de chômage de masse, il n’y a souvent pas d’autre choix que de tenter sa chance en tant qu’indépendant, avec à la clé des conditions de vie et de travail souvent difficiles.
Il sera intéressant de suivre l’évolution du nombre de défaillance de ces nouvelles « entreprises » durant l’année à venir…
François Fillon nous annonce que l’économie française est « mieux armée » que les autres pour faire face à la crise. En effet, selon lui les français sont « moins endettés que les autres » et il n’y a « pas de crise du logement en France ». Jusqu’à présent le fait que les français soient moins endettés que les autres était plutôt vu comme un handicap par les « modernisateurs » ! C’est d’ailleurs pour cela que ce gouvernement (ou le précédent) a introduit la notion de crédit hypothécaire rechargeable (sur le modèle anglo-saxon) afin de doper la croissance.
Pas de « crise du logement » ? Alors que les prix et les loyers ont explosé ?
L'indice PMI, qui mesure la vigueur de l'activité des secteurs manufacturier et des services dans la zone euro, est tombé à son plus bas niveau depuis 31 mois… Il y a vraiment intérêt à ce que la France soit bien « armée »… Il ne faut pas se leurrer, la France sera aussi impactée que les autres…
PP
07:55 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chômage, Europe
23.01.2008
Et maintenant ?
Alors que les marchés financiers font une nouvelle fois la preuve éclatante de leur inefficacité, aucune voix ne s’élève pour réclamer leur stricte régulation. Tout au plus entend-on les sempiternelles pleurnicheries au sujet du « manque de transparence et de la mauvaise gouvernance ».
Pourtant les Etats sont (temporairement) en position de force. En effet, c’est vers eux que l’on se tourne pour prendre en charge la casse (voir le plan de relance aux Etats-Unis). En plus, les « marchés » ont le toupet d’affirmer que les mesures annoncées pour remédier aux conséquences de leur rapacité et de leur myopie sont insuffisantes et de trop faible ampleur !
Va-t-on une fois de plus se contenter de corriger les symptômes sans s’attaquer aux racines du mal ?
Va-t-on laisser la prochaine bulle se former ?
Va-t-on continuer à confier le pilotage de l’économie mondiale à cette entité décérébrée que l’on nomme « marchés financiers » ?
PP
08:01 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Mondialisation, Libéralisation, Capitalisme
22.01.2008
La Chine s'y met aussi...
Bank of China devrait annoncer de lourdes dépréciations sur ses investissements dans le subprime aux États-Unis, susceptibles de porter l'établissement dans le rouge en 2007, selon le quotidien South China Morning Post.
Citant des sources bancaires chinoises, le quotidien ajoute que la banque doit annoncer ces dépréciations, constituées sur le quatrième trimestre 2007, à l'occasion de la publication de ses résultats annuels en avril.
Un porte-parole de la Bank of China à Pékin a dit que la banque avait ramené la valorisation son portefeuille de valeurs mobilières liées au crédit immobilier à risque (subprime) de 9,65 milliards en août à 7,95 milliards de dollars en septembre.
Le China Business News, un journal semi-officiel, écrit pour sa part lundi qu'un groupe de travail constitué de responsables de plusieurs organismes gouvernementaux a récemment effectué une évaluation des retombées potentielles de la crise du subprime sur les banques chinoises. « Les conclusions qu'ils ont tirées ne sont pas très positives », écrit le journal, sans donner de sources.
De plus en plus de responsables chinois expriment ouvertement leurs craintes face aux retombées de la crise du subprime alors qu'il était de mise auparavant de dire que le pays était largement immunisé.
Zhang Tao, un haut fonctionnaire de la Banque populaire de Chine, a par ailleurs déclaré dimanche qu'une baisse de la consommation aux États-Unis imputable à l'assèchement du crédit résultant de la crise du subprime affecterait fortement les exportations.
Ceux qui nous répètent que la Chine prendra le relai de la croissance mondiale en cas de défaillance des Etats-Unis vont peut-être enfin réviser leur jugement…
En effet, les Etats-Unis constituent encore et toujours la première économie mondiale. Si elle entre en récession, comme c’est de plus en plus probable, les retombées se feront sentit sur l’ensemble de l’économie mondiale.
De plus, les rumeurs sur l’exposition des banques chinoises à la crise du subprime vont sans doute engendrer beaucoup de remous sur les bourses asiatiques, intrinsèquement plus volatiles que les bourses européennes (mardi, la dégringolade a dépassé 5% à Tokyo, 7% à Shanghaï et 8% par moments à Hong Kong). D’autant plus que ces bourses, notamment les bourses chinoises sont vraisemblablement dans une bulle spéculative. Par exemple, PetroChina, première capitalisation boursière mondiale avait vu son cours augmenté de…163 % le jour de son introduction…
Et la France ? Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde nous répètent que grâce au paquet fiscal, l’économie française résiste mieux que les autres. C’est un peu comme le nuage radioactif de Tchernobyl qui s’était arrêté à nos frontières… La crise des subprime met en jeu la santé financière des plus grandes banques mondiales. On peut penser que les banques françaises ne feront pas exception. Le comportement moutonnier des investisseurs est sans surprise… Alors que le raz de marée de la crise financière s’approche, Christine et Nicolas espèrent l’arrêter avec leur pelle et leur seau (le paquet fiscal représente moins de 1% du PIB, distribué en majeure partie à ceux qui n’en avait pas besoin) !!
C’est tout de même paradoxal…Ce sont les mêmes qui nous serinent que l’on est « dans une économie mondialisée, que l’on ne peut pas faire différemment des autres » lorsqu’il s’agit de justifier la flexibilité ou la baisse des impôts… Dès que ça va mal, il semblerait que nous soyons aussi isolés que l’Albanie communiste !!
PP
12:12 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Crise, Libéralisation, Immobilier, Etats-Unis, Chine
21.01.2008
Flexibilité, Précarité...
La semaine dernière, j’écoutais une émission sur France Inter qui faisait un tour d’Europe des « réformes » du marché du travail. Notamment en Allemagne, en Italie et en Grande-Bretagne…
Dans tous ces pays, les réformes ont consisté à introduire plus de flexibilité. Et partout cela s’est accompagné d’une montée de la précarité. Bien sûr, on peut toujours taxer les journalistes de France Inter d’être d’incorrigibles gauchistes…
En Italie, par exemple, un contrat baptisé « contrat d’objectif » permet d’embaucher un salarié pour réaliser une tâche précise (un nombre de pièces à produire par exemple). Une fois que la tâche est accomplie, hop, dehors.
En Allemagne, du fait du durcissement de l’indemnisation du chômage, les « mini jobs » de 15 heures par semaine se sont largement développés.... Jusqu’à présent, en Allemagne, il n’y avait pas de salaire minimal, si bien que l’on pouvait voir des salaires de l’ordre de 4€ de l’heure dans certains activités (en France, le SMIC est à environ 8,5 € brut / heure)…
En Grande Bretagne, le travail à temps partiel est quasiment devenu la norme…
Là où ça semble à peu près tenir la route, c’est dans les pays scandinaves. Mais, dans ces pays, la partie « sécurité » de la flexsécurité n’est pas un vain mot. Un salarié touche environ 90 % de son dernier salaire (mais le montant maximal est plafonné à un niveau raisonnable pour ne pas favoriser les hauts revenus, contrairement à la France) et peut prétendre à 6 mois de formation pris en charge par l’équivalent des ASSEDIC. Il n’y a pas de secret, il faut y mettre les moyens…
L’émission Capital proposait dimanche un reportage sur les grandes surfaces en Allemagne. Il semblerait que les prix soient plus bas en Allemagne qu’en France, du fait notamment du développement du « hard-discount » (Aldi…). Cela militerait en faveur de la « libération » de la concurrence en France. Sauf que…les grandes surfaces allemandes, notamment les hard-discounter, ont tendance à considérer le personnel comme la variable d’ajustement pour maintenir leur marge : effectifs réduits, intérim, conditions salariales…
Tirer systématiquement les prix vers le bas n’est peut-être pas la solution miracle…
Il faudrait en parler à Roselyne Bachelot, qui veut autoriser la vente libre d’un plus grand nombre de médicaments (non remboursés, bien sûr) afin que la concurrence fasse baisser les prix. Après la « Halle aux chaussures » et la « Halle aux vêtements », la « Halle aux médicaments » ?!
PP
17:55 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pouvoir d'achat, salaires, flexisécurité
17.01.2008
Politique et Livret A
En décembre 2007, le journal Le Figaro annonçait :
« Le nouveau taux sera annoncé mi-janvier par le gouvernement, qui se contentera d’appliquer les règles établies en 2004. Pour mettre fin au psychodrame politique qui se jouait régulièrement lors de la remise à jour du taux de ce livret particulièrement populaire, un système de calcul automatique a été instauré. Il est réalisé deux fois par an et prend en compte la moyenne de l’inflation hors tabac sur douze mois et de l’Euribor à trois mois, majorée de 0,25 point. »
Aujourd’hui, on apprend que, finalement, le taux d’intérêt du Livret A sera fixé à 3,5% et non 4% comme le préconisait le « système de calcul automatique ».
Ce revirement est un nouveau désaveu pour tous ceux qui pensent que l’on peut remplacer la politique par la technique. Effectivement, le débat politique est plus exigeant, plus difficile que de se laisser bercer par les illusions d’un pilotage automatique géré par des techniciens.
A un niveau plus global, c’est ce principe qui a conduit à l’indépendance de la Banque Centrale Européenne. En effet, pour éviter toute dérive, il fallait retirer la gestion de la politique monétaire aux Etats pour la confier à des techniciens. Pourtant, les choix de politique monétaire (arbitrage croissance / inflation) ont des répercussions sur les conditions de vie de tous. Ce sont donc des choix éminemment politiques, qui doivent être débattus par les représentants du peuple et pas seulement fixés par des techniciens qui ne rendent de comptes à personne.
Tony Blair, la nouvelle idole de l’UMP, est un des premiers à avoir popularisé l’idée d’un « gouvernement des meilleurs », lui qui disait qu’il n’y a « pas de politique économique de droite ou de gauche, mais une politique efficace ». Efficace pour qui ? La réponse à cette question est, elle, de droite ou de gauche. Petit indice … Sous les gouvernements Blair de 1998 à 2004, le patrimoine des 1% les plus fortunés a doublé.
PP
08:10 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2008
Crises...
Le 30 août j’écrivais sur ce blog :
« Les similitudes sont les plus marquées en période de baisse, preuve que le monde de la finance cède à la panique au même moment sur l’ensemble du globe. Tout le monde se précipite pour vendre au même instant. Chacun espère sauver sa peau et précipite ainsi la chute du système.
Je pense que la crise financière actuelle, que certains voyaient déjà comme un soubresaut passager et salutaire, va encore nous donner à voir de belles dégringolades, vertigineuses et simultanées ! Rendez-vous dans quelques semaines ! »
Hier, les principales bourses mondiales ont décroché de plus de 2%. Depuis le 1er janvier les indices Dow Jones (New York) et le CAC 40 (Paris) ont perdu près de 6%, alors que le Nikkei (Tokyo) s’est effondré de plus de 12%...
La crise financière pèse évidemment sur l’économie mondiale, mais aussi sur les nerfs de Jean-Marc Sylvestre, le chroniqueur économique ultra-libéral qui sévit tous les matins sur Franc Inter. Après la crise financière, la crise de nerfs !
Autant je suis inquiet pour l’économie mondiale, autant la déprime de Mr Sylvestre a tendance à me réjouir ! On se console comme on peut !
Ce matin, il oscillait entre déprime et colère…En effet, après l’annonce des nouvelles dépréciations colossales enregistrées par Citigroup et Merril Lynch, ces banques ont dû faire appel à des fonds dits « souverains » (fonds qui investissent les liquidités des banques centrales des pays tels que la Chine, les pays du Golfe, la Russie…) pour renflouer leurs fonds propres. Devant cette « menace », les Etats occidentaux, Etats-Unis et Royaume Uni en tête, envisagent d’apporter leur garantie aux banques, afin d’éviter la faillite.
« Ce n’est pas autre chose qu’une nationalisation » a conclu Jean-Marc Sylvestre.
Une nationalisation dans les pays du libéralisme roi, quelle hérésie.
Et pour Jean-Marc Sylvestre, qui dit « nationalisation » dit « collectivisme », voire retour du « goulag ». Cours ! Jean-Marc ! Cours ! Il est encore temps de fuir, loin, très loin !
Le capitalisme financier est-il en train de s’autodétruire, victime de ses excès ?
PP
08:05 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Bourse, Indices
15.01.2008
Flexsécurité à la française
« Un progrès sensible dans notre pays »
François Fillon a jugé dimanche soir que le projet d'accord des partenaires sociaux sur la réforme du marché du travail représentait un « vrai pas vers la flexsécurité à la française ».
Quand un ajoute le qualificatif « à la française » à un concept, c’est en général mauvais signe. Cela signifie en général que l’on veut faire passer une pilule amère !
« S'il est mis en œuvre, le projet d'accord sur le contrat de travail et la sécurisation des parcours professionnels fera baisser rapidement le chômage », estime la présidente du Medef, Laurence Parisot.
En gros l’accord comporte un volet « flexibilité » (rupture du contrat par « consentement mutuel », période d’essai allongée et « contrat de projet ») et un volet sécurité (doublement de l’indemnité de licenciement, transfert des droits à la formation et la complémentaire santé).
Selon le Medef, une plus grande flexibilité du marché du travail fera baisser le chômage….
Mais la flexibilité existe : entre 2003 et 2005, les deux tiers des 300 000 emplois créés sont dus aux emplois temporaires. Les deux tiers des licenciements sont des licenciements pour cause individuelle, souvent accompagnés de transactions. En fait le Medef, aidé en cela par le gouvernement, veut tout simplement légaliser ces pratiques douteuses…
Avec les résultats que l’on sait sur le chômage… Ce qui fait vraiment défaut à l’économie française, c’est une spécialisation vers des secteurs porteurs, de l’investissement. Faire porter systématiquement aux seuls salariés le poids des efforts d’ajustement est une démarche à courte vue. Cela permet facilement et rapidement aux patrons de se dédouaner de leur manque de vision. Mais les gouvernements successifs ont leur part de responsabilité dans ce processus. En effet, par des politiques de l’emploi fondées presque exclusivement sur des baisses de charges sur les bas salaires, ils ont contribué à tirer vers le bas les rémunérations et les qualifications…Ainsi qu’à la « dualiser » le marché du travail.
Un marché du travail dual…
Selon l’INSEE, le taux de chômage des cadres et des professions intermédiaires était d’environ ... 5% en 2005, c’est-à-dire presque le plein emploi. Leur marché du travail étant déjà fluide, les impacts seront donc limités pour les salariés les plus qualifiés. En revanche, un plus grande flexibilité revient à faire porter aux salariés les moins qualifiés les efforts d’ajustement. On risque de se retrouver en ce qui les concerne dans une situation à l’Américaine, où le taux de chômage est faible, mais où le salaire des moins qualifiés l’est également. Est-ce vraiment meilleur pour la cohésion sociale ?
Chômage et exclusion…
En ce qui concerne le chômage, il est bon d’avoir en tête que 40% de chômeurs sont des chômeurs de longue durée (depuis plus d’un an) et qu’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé. Or, le chômage de longue durée est un point d’entrée vers le déclassement, puis vers l’exclusion. La concurrence engendrée par une flexibilité légalisée risque de dégrader encore la perspective d’un retour à l’emploi de cette catégorie de chômeurs. L’amélioration de leur situation ne peut passer que par un effort de formation massif, mais aussi d’accompagnement vers l’emploi. C’est la responsabilité de la puissance publique. Le Danemark, souvent pris en exemple, dépense proportionnellement environ 3 fois plus que la France pour le traitement actif (formation) et passif (indemnisation) du chômage.
PP
17:03 Publié dans Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chômage, inégalités


