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31 décembre 2007

78 %

78 %...
C’est la probabilité qu’un fils de cadre occupe une position sociale supérieure à un fils d’ouvrier.

Bon réveillon !!

PP

29 décembre 2007

Bientôt la Révolution ?

En avril, une équipe du ministère de la défense britannique chargée de penser des stratégies pour un futur proche met en avant l'hypothèse probable que "les classes moyennes pourraient devenir une classe révolutionnaire relayant le rôle du prolétariat selon Marx".
Cette étude est citée par Anthony Haden-Guest, journaliste au Financial Times, dans un article publié dans la revue Radar, dans lequel il explique comment les ultrariches – à la tête desquels figurent le Russe Roman Abramovich et l'Indien Lakshmi Mittal – ont pris en otage ("hijacked") l'économie britannique, squattant des quartiers entiers de la capitale, creusant le fossé avec une population où la criminalité serait en hausse…
Des immeubles aux murs et aux vitres pare-balles sont déjà commercialisés à Londres. Et le trimestriel Spear's Wealth Management Survey donne des conseils pour éviter d'être kidnappé. En attendant le grand soir, le magasin Harrod's, propriété faut-il le rappeler de Mohamed Al Fayed (père du Dodi tué au pont de l'Alma avec la princesse Diana) – 7e sur la Rich List britannique avec 5,5 milliards de livres sterling – exposait en septembre dernier une paire de sandales du bottier vénitien Caovilla, serties de pierres précieuses, surveillée en vitrine par un système antivol de choc : un cobra. Valeur : 125 000 livres sterling.

PP

28 décembre 2007

Cadeau de Noël

François Fillon a envoyé une lettre, pas au Père-Noël, mais aux syndicat et au patronat. Il leur demande s'ils sont d'accord pour permettre aux entreprises de remonter au-delà de 35 heures le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. En d'autres termes, il ne s'agit rien moins que de se prononcer sur l'abandon de la notion de durée légale du travail !!
En effet, c'est la durée légale hebdomadaire du travail qui permet, aujourd'hui, de définir la notion d'heure supplémentaire.
Désormais, la durée hebdomadaire du travail pourrait être décidée par des négociations "entreprise par entreprise". C'est le rêve du Medef depuis longtemps. Le récent cas de l'usine Continental de Sarreguemines nous donne la teneur de ces négociations : "Vous acceptez ou on délocalise".
Cela signifierait en outre que la durée maximale du travail serait régie par les normes européennes : 48 heures maximum...à peu près la durée légale en France en 1920.
Enfin, la possibilité de rehausser le seuil de déclenchement des heures supplémentaires va à l'encontre des mesures en faveur du pouvoir d'achat. En effet, cela revient à transformer des heures supplémentaires en heures "normales".
Comme d'habitude, en Sarkozye, il faut avancer vite pour que personne n'ait le temps de se retourner et de contempler la pagaille...

PP

Revers de la médaille...

Les uns gagnent des millions, les autres ont peine à subsister: aux yeux des Allemands les inégalités se creusent dans leur pays, et beaucoup sont décidés à ce que cela change en 2008.
Dans les dernières semaines de l'année, une série d'événements et de statistiques sont venus confirmer l'impression d'une érosion de la classe moyenne allemande au profit d'une société à deux vitesses. Elle a renforcé la détermination de beaucoup, syndicats en tête, à se battre pour une répartition plus juste.
Le patron de Porsche s'est partagé avec ses cinq collègues du comité de direction 113 millions d'euros de rémunération, conduisant plusieurs personnalités politiques dont le président de la République Horst Köhler à appeler au « sens de la mesure ». Au même moment, une étude montrait que les revenus de leur travail suffisaient de moins en moins à assurer à la majorité des Allemands un niveau de vie décent.
Plusieurs morts d'enfants maltraités ou abandonnés sont venus servir de toile de fond à la discussion sur les salaires, mettant en avant le problème de la pauvreté matérielle et morale de certaines familles, et les risques encourus par les enfants.
« Actuellement 3 millions d'enfants vivent dans la pauvreté », soit deux fois plus qu'il y a trois ans, a rappelé la veille de Noël dans un entretien à la radio le porte-parole du comité de lutte contre la pauvreté, Wolfgang Gern. C'est-à-dire que leur foyer dispose de moins de 60% du revenu moyen des foyers allemands.
Pourtant depuis 2006 la croissance économique de l'Allemagne est repartie, le chômage baisse mois après mois, le pays compte actuellement quelque 700.000 de chômeurs de moins qu'à la fin de l'année dernière.
« Le nombre de personnes ayant un emploi est à son plus haut en Allemagne », s'est félicitée la chancelière Angela Merkel dans ses interviews de fin d'année. "Cela veut dire que plus de familles profitent (de la croissance)", a-t-elle déclaré.
Mais justement, la plupart des Allemands n'ont pas l'impression d'en profiter: pour 85% d'entre eux, la répartition des richesses dans le pays n'est pas juste, selon une étude de la fondation Bertelsmann publiée en décembre.
En Allemagne se creuse un "fossé de l'égalité", titrait récemment l'influent hebdomadaire Der Spiegel. Et l'aggravation des inégalités n'est pas seulement de l'ordre du ressenti, l'écart grandit réellement entre les revenus des plus riches -- qui ont crû de 31% ces quinze dernières années -- et ceux des plus pauvres, qui ont chuté de 13% sur la même période, selon des chiffres de l'institut de recherche DIW.
Dans certains secteurs de l'économie, par exemple chez les coiffeurs, des salaires horaires inférieurs à 5 euros ne sont pas rares. Environ 1,7 million de personnes travaillent, et complètent un salaire de misère avec l'aide sociale. Et 17 ans après la Réunification, dans quasiment toutes les branches, le travail est moins payé à l'est.

Dans un pays où il n'y a pas de plancher aux rémunérations, les sociaux-démocrates du SPD ont décidé de faire de l'instauration d'un salaire minimum leur cheval de bataille l'an prochain.
Les syndicats aussi s'affichent combatifs. Après plusieurs années de retenue, et sur fond de hausses des prix, ils veulent que leurs membres profitent de la croissance.
Parmi les premiers à négocier leur convention collective, les 100.000 salariés du secteur de l'acier vont réclamer en janvier des hausses de salaires de 8% parce que "les bilans sont bons, les carnets de commandes pleins et les profits coulent à flots", selon le syndicat IG Metall.
Les employés du service public veulent aussi 8%, ceux du textile 5,5%. Les autres branches devraient aussi faire preuve d'appétit.
Ces revendications qui font grincer des dents le patronat alors que la croissance s'essouffle. Pour la fédération du patronat BDI, les revendications d'IG Metall sont "dures à avaler". Ce qui laisse présager un hiver agité en Allemagne.

Tout ce qui précède illustre parfaitement le résultat des réformes (dites Hartz IV) initiées par le chancelier Schröder. Leur objectif était d'augmenter la flexibilité du marché du travail, de réduire le coût du travail ainsi que l'indemnisation des chômeurs. L'objectif est atteint...mais à quel prix! En parallèle, les entreprises industrielles ont massivement délocalisé leur production en Europe de l'Est, ne conservant sur le territoire allemand que l'assemblage final. Cela a été très bénéfique pour ...la balance commerciale allemande. Mais « un pays ne se réduit pas à une balance commerciale », comme le dit si bien Rama Yade!
Le plus rageant, c'est que ces mesures ont été engagées par la « Gauche ». En effet, Schröder, comme Tony Blair, était un des leaders de la gauche « moderne ». Lui qui disait : « Je ne pense pas, ou plutôt je ne pense plus, qu’il soit souhaitable d’avoir une société sans inégalités. ». Ses souhaits semblent avoir été réalisés au-delà de ses espérances !
Cela confirme que plus on démantèle les « filets de protection », plus on laisse le capitalisme fonctionner librement (dérégulations, libéralisation), plus le profit est accaparé par une minorité, au détriment du reste de la population.
J'espère que ce bel exemple de réussite fera réfléchir notre gauche française, toujours en quête de « refondation » et de « modernisation ». La seule refondation possible, c'est de revenir aux valeurs fondamentales de la gauche: la solidarité et la réduction des inégalités.

PP

26 décembre 2007

Age du fer, Capitalisme et Marché

L'industrie sidérurgique chinoise, la plus importante du monde, s'inquiète beaucoup d'un éventuel rapprochement entre les deux géants miniers BHP Billiton et Rio Tinto, qui aboutirait à « un monopole encore plus fort » dans le minerai de fer.
« C'est déjà concentré à l'excès. Si BHP réussit à acheter Rio Tinto, cela aboutira à une situation monopolistique. Pour la sidérurgie mondiale, cette fusion n'est pas une bonne chose », dixit un responsable de la fédération chinoise du fer et de l'acier.
La moitié du fer extrait par BHP va aux entreprises sidérurgiques chinoises. BHP, Rio et le brésilien CVRD contrôlent environ 70% du minerai de fer que la Chine achète.
L'entité issue d'une fusion entre BHP et Rio contrôlerait 60% du minerai de fer importé par le Japon et des analystes nippons estiment que cela pèserait sur les profits des sidérurgistes de l'archipel.
Pour l’anecdote, Rio Tinto a finalisé le rachat du canadien Alcan il y a quelques mois à peine. Alcan avait lui-même racheté le français Péchiney il y a quelques années.

Cette histoire est à méditer par tous ceux qui font rimer « capitalisme » avec « économie de marché », voire « marché » avec « démocratie » pour les plus audacieux !
En effet, on voit bien ici que le capitalisme (la propriété privée des moyens de production) peut conduire à une économie centralisée (j’allais dire « planifiée »). En effet, lorsqu’un seul acteur détient 60 à 70 % d’un marché, on ne peut plus parler d’économie de marché. On est dans le cadre d’une économie quasiment planifiée, dans la mesure où c’est le fournisseur unique qui va déterminer les quantités… et les prix.
Le marché n’est donc pas indissociable du capitalisme. On peut très bien envisager le capitalisme dans un univers centralisé, planifié par quelques grandes entreprises. Le contrôle du marché pourrait même être le but ultime d’un capitalisme libre de tout contrôle. En effet, quoi de mieux qu’un monopole pour maximiser la rente ?
Paradoxalement, ce sont les pouvoirs publics qui doivent être garants du marché, en empêchant la constitution de monopoles privés. Si des monopoles doivent exister, ils doivent être publics. En effet, dans ce cas la rente de monopole revient à la collectivité et n’est pas accaparée par des intérêts privés. Mais dans ce cas, quelle institution a la légitimité et le pouvoir nécessaires pour contrecarre le projet de BHP Billiton ?

PP

25 décembre 2007

Joyeux Noël

Je ne vais pas me lancer dans une tirade dégoulinante de bons sentiments…Mais il est bon de rappeler qu’il y a 850 millions d’être humains qui souffrent de la faim à cause des guerres, épidémies et autres catastrophes naturelles…
5 millions d’enfants meurent chaque année de malnutrition avant d’atteindre l’âge de 5 ans.



Si vous souhaitez faire un don :
http://www.actioncontrelafaim.org/
http://www.msf.fr/

Joyeux Noël à tous…

PP

23 décembre 2007

Monopoly...

La crise financière qui se déroule depuis l’été donnera peut-être le coup d’envoi d’une recomposition majeure du capitalisme mondial.
En effet, on assiste à la montée en puissance des fonds « souverains », c’est-à-dire de fonds d’investissement contrôlés par les Etats.
Ainsi le fonds d’investissement de Singapour (GIC) a pris une part non négligeable du capital de la première banque suisse, UBS. Abou Dhabi a mis un pied dans Citigroup, première banque américaine, via la structure ADIA (Abou Dhabi Investment Authority).
La banque d'investissement américaine Merrill Lynch négocie avec Temasek, société publique de Singapour,l'injection de plusieurs milliards de dollars dans ses comptes, selon l'édition électronique du Wall Street Journal.
Un fonds du Qatar a mis 20 milliards de dollars sur la table pour racheter la chaîne d’hypermarchés Sainsbury, avant de jeter l’éponge en raison du durcissement des ocnditions de crédit.
La Chine a créé en septembre 2007 un fonds d’investissement doté de 300 milliards de dollars. De quoi racheter largement Microsoft ou EDF, ou la Société générale, BNP Paribas, le Crédit Agricole et AXA réunis ! Ce fond a d’ailleurs injecté 5 milliards de dollars dans la banque américaine Morgan Stanley.
La Russie dispose elle aussi d’un fonds, doté de 110 milliards de dollars.

Même s’ils sont relativement petits par rapport aux fonds de pension, les fonds souverains disposent de plus de 2500 milliards de dollars.
Pour les pays du Golfe et la Russie, ces ressources proviennent du pétrole. Pour les pays d’Asie, elles résultent des excédents commerciaux accumulés par ces pays.
Jusqu’à présent, ces fonds étaient investis dans des placements de « pères de famille », comme les bons du Trésor américain. Désormais, ces fonds se verraient bien investir dans des grosses sociétés mondialisées aux rendements plus intéressants.
Evidement, cela suscite des interrogations dans les pays occidentaux, qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de ces investisseurs d’un genre nouveau. Ainsi l’Allemagne a annoncé une loi visant à contrôler scrupuleusement les « investisseurs étrangers ». Aux Etats-Unis, même les plus libéraux sont près à réguler ce type d’investissements…

Et ce n’est pas tout…Le danger pourrait bientôt venir des multinationales russes, chinoise, indiennes…On connaît Mittal. On va bientôt découvrir Gazprom (première capitalisation boursière européenne, sixième mondiale), Huawei, Tata, Lenovo, Ranbaxy, Infosys, Mahindra, Severstal…
En 2003, les acquisitions de firmes de pays émergents dans les économies occidentales totalisaient 13 milliards de dollars. En 2007, ce chiffre dépassera 130 milliards…

Comment les Etats pourront-ils gérer ces mutations profondes qui n’en sont qu’à leur début ?
N’y a-t-il pas des risques de tensions entre les nouvelles puissances économiques et les « vieux » Etats industrialisés, sur fonds de montée du protectionnisme ?

PP

21 décembre 2007

Actualité

Quelques réactions à des sujets d’actualité…

Le divorce par consentement mutuel pourrait se faire devant notaire, c’est tout du moins une piste de travail évoquée par le gouvernement. Il était vraiment urgent de donner une nouvelle rente de situation à une profession déjà largement privilégiée !
Extrait de l’enquête de l’Express sur les revenus des professions libérales :
« Le secteur juridique confirme la tendance… et le grand écart. Quand un notaire émarge à plus de 20 000 € par mois, une avocate ou une commissaire aux comptes à temps plein (deux professions féminines à plus de 80%) tablent sur un revenu quatre fois inférieur.»
Mais ce qui est encore plus grave, c’est ce début de privatisation de la justice. En effet, ce qui contribue à l’indépendance et l’impartialité de la justice, c’est que l’on ne paye pas le juge, contrairement à ce qui se passera pour un notaire. Les divorcés seront des « clients » du notaire…Cela change tout.
De plus, il semblerait que le Medef veuille étendre cette procédure à la rupture du contrat de travail, avec sa notion de « séparation à l’amiable ». Le notaire remplacerait les prud’hommes…

Les villes de Lyon et de Bordeaux ont renégocié les contrats qui les lient avec les sociétés concessionnaires des services de l’eau (Veolia pour Lyon et Lyonnaise des eaux pour Bordeaux). Lyon a fait baisser de 16 % le prix de son eau.
Selon une enquête d’UFC-Que choisir, les marges de ses sociétés atteignaient 33,8% à Bordeaux et 47,8% à Lyon. A Paris, Bertrand Delanoë s’est engagé (s’il est réélu) à retirer la gestion de l’eau à Suez et Veolia pour créer un « service public de l’eau ». Le taux de marge est de près de 38 %. Que dire alors de Marseille où le taux de marge est de 56 % ?
C’est beau la « délégation de service public » !

Christine Large s’est félicitée du bon démarrage des heures supplémentaires défiscalisées… 20 millions d’heures auraient été déclarée en octobre 2007. Coût de l’opération pour les caisses de l’Etat : 75 millions d’€… Au fait, Mme Lagarde a été dans l’impossibilité de préciser si ce nombre d’heures était supérieur à celui d’octobre 2006. Mais ça marche…puisqu’on nous le dit !

Enfin, je ne résiste pas à l’envie d’évoquer le voyage de Nicolas Sarkozy au Saint-Siège. Dans ses bagages, il avait emmené…non, pas Carla Bruni, mais Jean-Marie Bigard. Je me pose une question : qui a payé le voyage de ce haut représentant de la culture française ? Je n’ai aucune envie de sponsoriser (avec mes impôts) l’homme du « lâcher de salopes » pour qu’il aille « baiser l’anneau du Pape » (tiens, ça pourrait lui faire un bon début de sketch !).

PP

20 décembre 2007

Temps de travail

Depuis quelques mois, on nous serine que nous ne travaillons pas assez et que c’est la cause de tous nos maux. On veut même nous faire travailler le dimanche. Il paraît que l’ouverture des magasins le dimanche pourrait redynamiser l’économie. Je voudrais bien savoir sur quelles études s’appuient ceux qui prétendent cela. En effet, si j’ai 100 € à dépenser, que je les dépense le vendredi, le samedi ou le dimanche ne changera rien à ma dépense finale.

Mais au fait est-ce bien vrai que nous travaillons moins que les autres ? La Commission Européenne vient de publier un rapport intitulé «L'emploi en Europe».
Dans ce volumineux rapport (disponible sur le site internet de la Commission Européenne), on peut trouver des informations intéressantes (Chapitre 3). Notamment la durée moyenne hebdomadaire du travail pour les salariés à temps plein.
En France, entre 2002 et 2006, la durée moyenne hebdomadaire des salariés à temps plein est passé de 38,9 heures à 41 heures ( pour 41.1 heures en Italie, 41.7 heures en Allemagne et 42.2 en Espagne)
Le rapport souligne d’ailleurs cette évolution :
« Moreover, the average full-time weekly hours of work have increased in Germany, Italy and Spain, albeit marginally, and more substantially in France since 2002. »

Et si on regarde la moyenne des durées hebdomadaires en tenant compte de l’emploi à temps partiel, on obtient le résultat suivant (en 2006) :
* Allemagne : 35.6 heures
* Royaume Uni : 36.9 heures
* France : 38.1 heures
Etonnant, non ?

Le problème n’est donc pas la durée individuelle du travail. Le vrai problème, c’est que nous ne sommes pas assez nombreux à travailler. Augmenter la durée individuelle du travail de ceux qui ont déjà un emploi ne pourra donc pas régler les problèmes de l’économie française. La mesure du « travailler plus » doit être le nombre total d’heures travaillées et non le nombre d’heure par personne.
Malheureusement Nicolas Sarkozy, aveuglé par ses croyances libérales et individualistes, ne peut concevoir des solutions globales.

Il faut créer les conditions, par la politique industrielle, d’une relance de l’investissement, de la recherche… Il faut aussi étudier la question du partage des gains de productivité. En effet, seuls les gains de productivité (gagner plus en travaillant un peu moins) peuvent améliorer significativement le pouvoir d’achat. Affirmer que c’est uniquement en travaillant plus que l’on peut gagner plus revient à dire que les gains de productivité n’existent plus. Dans une économie fondée sur les services, ils sont plus faibles que dans l’industrie mais ils existent toujours. Cela milite aussi pour une ré-industrialisation de l’économie.

PP

19 décembre 2007

La rénovation du dialogue social est en marche…

A l’usine Continental de Sarreguemines, le personnel a voté à une large majorité le retour aux 40 heures. C’est la négociation « entreprise par entreprise » telle que la souhaitent le Medef et le gouvernement. Sauf que…tous les salariés interrogés ont rappelé l’argument choc de la direction : « Soit vous acceptez, soit on ferme dans deux ans ». C’est donc ça le « gagnant – gagnant ».
C’est plutôt du « Face je gagne, Pile tu perds ».

Oui, mais, nous dit-on, il va y avoir des augmentations de salaire d’environ 6%... D’accord, encore heureux ! En effet, passer de 37,5 h à 40 heures, comme c’est le cas, ça revient à augmenter la durée du travail de 6,6%. Donc, on nous présente comme une concession de l’entreprise ce qui n’est que le paiement normal des heures travaillées. Génial ! Fabuleux ! Ce sont de vrais philanthropes chez Continental !

Si l’entreprise est prête a augmenter sa masse salariale de 6%, cela signifie que la productivité des salariés de l’usine n’est pas si mauvaise que ça !

Mais au fait…
Supposons que l’usine compte 1000 personnes payées 10 € de l’heure.
Sur une semaine, ça fait 37,5 x 1000 = 37 500 heures soit 375 000 €.

Après le passage à 40 heures, on aura 40 x 1000 = 40 000 heures soit 400 000 € (puisque le salaire est maintenu).

Supposons maintenant que l’entreprise ne soit pas passée aux 40 heures mais ait embauché 66 (soit 6,6%) personnes à 10 € de l’heure.
Sur une semaine ça aurait fait 37,5 x 1066 = 39 975 heures soit 399 750 €.

Pour une même masse salariale, on aurait donc une même force de travail, mais 66 personnes de plus auraient un emploi… Pour la cohésion sociale, qu’est-ce qui est préférable ? 1000 personnes qui gagnent plus ou 66 chômeurs de moins ? 66 chômeurs de moins, ça fait 66 cotisants de plus pour les organismes sociaux, 66 consommateurs de plus…

Qu'en pense le "Président du pouvoir d'achat" ?
PP

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