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23.12.2007
Monopoly...
La crise financière qui se déroule depuis l’été donnera peut-être le coup d’envoi d’une recomposition majeure du capitalisme mondial.
En effet, on assiste à la montée en puissance des fonds « souverains », c’est-à-dire de fonds d’investissement contrôlés par les Etats.
Ainsi le fonds d’investissement de Singapour (GIC) a pris une part non négligeable du capital de la première banque suisse, UBS. Abou Dhabi a mis un pied dans Citigroup, première banque américaine, via la structure ADIA (Abou Dhabi Investment Authority).
La banque d'investissement américaine Merrill Lynch négocie avec Temasek, société publique de Singapour,l'injection de plusieurs milliards de dollars dans ses comptes, selon l'édition électronique du Wall Street Journal.
Un fonds du Qatar a mis 20 milliards de dollars sur la table pour racheter la chaîne d’hypermarchés Sainsbury, avant de jeter l’éponge en raison du durcissement des ocnditions de crédit.
La Chine a créé en septembre 2007 un fonds d’investissement doté de 300 milliards de dollars. De quoi racheter largement Microsoft ou EDF, ou la Société générale, BNP Paribas, le Crédit Agricole et AXA réunis ! Ce fond a d’ailleurs injecté 5 milliards de dollars dans la banque américaine Morgan Stanley.
La Russie dispose elle aussi d’un fonds, doté de 110 milliards de dollars.
Même s’ils sont relativement petits par rapport aux fonds de pension, les fonds souverains disposent de plus de 2500 milliards de dollars.
Pour les pays du Golfe et la Russie, ces ressources proviennent du pétrole. Pour les pays d’Asie, elles résultent des excédents commerciaux accumulés par ces pays.
Jusqu’à présent, ces fonds étaient investis dans des placements de « pères de famille », comme les bons du Trésor américain. Désormais, ces fonds se verraient bien investir dans des grosses sociétés mondialisées aux rendements plus intéressants.
Evidement, cela suscite des interrogations dans les pays occidentaux, qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de ces investisseurs d’un genre nouveau. Ainsi l’Allemagne a annoncé une loi visant à contrôler scrupuleusement les « investisseurs étrangers ». Aux Etats-Unis, même les plus libéraux sont près à réguler ce type d’investissements…
Et ce n’est pas tout…Le danger pourrait bientôt venir des multinationales russes, chinoise, indiennes…On connaît Mittal. On va bientôt découvrir Gazprom (première capitalisation boursière européenne, sixième mondiale), Huawei, Tata, Lenovo, Ranbaxy, Infosys, Mahindra, Severstal…
En 2003, les acquisitions de firmes de pays émergents dans les économies occidentales totalisaient 13 milliards de dollars. En 2007, ce chiffre dépassera 130 milliards…
Comment les Etats pourront-ils gérer ces mutations profondes qui n’en sont qu’à leur début ?
N’y a-t-il pas des risques de tensions entre les nouvelles puissances économiques et les « vieux » Etats industrialisés, sur fonds de montée du protectionnisme ?
PP
11:22 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Finance, Mondialisation, Libéralisation, Capitalisme


