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20.12.2007

Temps de travail

Depuis quelques mois, on nous serine que nous ne travaillons pas assez et que c’est la cause de tous nos maux. On veut même nous faire travailler le dimanche. Il paraît que l’ouverture des magasins le dimanche pourrait redynamiser l’économie. Je voudrais bien savoir sur quelles études s’appuient ceux qui prétendent cela. En effet, si j’ai 100 € à dépenser, que je les dépense le vendredi, le samedi ou le dimanche ne changera rien à ma dépense finale.

Mais au fait est-ce bien vrai que nous travaillons moins que les autres ? La Commission Européenne vient de publier un rapport intitulé «L'emploi en Europe».
Dans ce volumineux rapport (disponible sur le site internet de la Commission Européenne), on peut trouver des informations intéressantes (Chapitre 3). Notamment la durée moyenne hebdomadaire du travail pour les salariés à temps plein.
En France, entre 2002 et 2006, la durée moyenne hebdomadaire des salariés à temps plein est passé de 38,9 heures à 41 heures ( pour 41.1 heures en Italie, 41.7 heures en Allemagne et 42.2 en Espagne)
Le rapport souligne d’ailleurs cette évolution :
« Moreover, the average full-time weekly hours of work have increased in Germany, Italy and Spain, albeit marginally, and more substantially in France since 2002. »

Et si on regarde la moyenne des durées hebdomadaires en tenant compte de l’emploi à temps partiel, on obtient le résultat suivant (en 2006) :
* Allemagne : 35.6 heures
* Royaume Uni : 36.9 heures
* France : 38.1 heures
Etonnant, non ?

Le problème n’est donc pas la durée individuelle du travail. Le vrai problème, c’est que nous ne sommes pas assez nombreux à travailler. Augmenter la durée individuelle du travail de ceux qui ont déjà un emploi ne pourra donc pas régler les problèmes de l’économie française. La mesure du « travailler plus » doit être le nombre total d’heures travaillées et non le nombre d’heure par personne.
Malheureusement Nicolas Sarkozy, aveuglé par ses croyances libérales et individualistes, ne peut concevoir des solutions globales.

Il faut créer les conditions, par la politique industrielle, d’une relance de l’investissement, de la recherche… Il faut aussi étudier la question du partage des gains de productivité. En effet, seuls les gains de productivité (gagner plus en travaillant un peu moins) peuvent améliorer significativement le pouvoir d’achat. Affirmer que c’est uniquement en travaillant plus que l’on peut gagner plus revient à dire que les gains de productivité n’existent plus. Dans une économie fondée sur les services, ils sont plus faibles que dans l’industrie mais ils existent toujours. Cela milite aussi pour une ré-industrialisation de l’économie.

PP

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