« Actualité | Page d'accueil | Etre riche »

12.12.2007

UBS, Citigroup et les autres...

UBS, la première banque helvétique a fait appel lundi à deux investisseurs internationaux pour renflouer son capital, après avoir annoncé une nouvelle dépréciation d'actifs d'environ 10 milliards de dollars (6,8 milliards d'euros) en raison de la crise du « subprime ». Après une première dépréciation de 4,2 milliards de francs suisses publiée en octobre, qui s'est traduite par une perte nette de 830 millions au troisième trimestre, UBS s'attend de nouveau à plonger dans le rouge. L'établissement helvétique table pour le quatrième trimestre sur une perte, « au lieu d'un bénéfice global comme anticipé », et juge « maintenant possible » une perte nette pour l'ensemble de l'exercice.

Quelque 13 milliards seront levés avec l'arrivée de ces deux nouveaux investisseurs. L'Agence d'investissement du gouvernement de Singapour (« Government of Singapore Investment Corporation », GIC) souscrira à hauteur de 11 milliards de francs suisses d'obligations convertibles. Un second investisseur « stratégique du Moyen-Orient », dont le nom n'a pas été révélé, prendra 2 milliards. Selon les rumeurs de marché, cet investisseur serait basé à Abou Dhabi.

« La situation sur le marché du logement et du crédit hypothécaire à risque aux Etats-Unis n'a cessé de se détériorer et nous avons actualisé nos estimations de perte compte tenu des prix actuellement observés sur le marché américain des titres hypothécaires », a affirmé le directeur général Marcel Rohner. Le groupe suisse n'a pas échappé à la perte de valeur des titres adossés aux crédits hypothécaires à risque (« subprime ») qui affecte une grande partie du secteur bancaire mondial depuis l'été. La banque d'affaires américaine Merrill Lynch avait publié fin octobre des résultats amputés par 7,9 milliards de dépréciations d'actifs sur le marché des crédits immobiliers à risque.

La première banque américaine, Citigroup, avait annoncé fin novembre une dépréciation de 3 milliards de dollars au troisième trimestre, suivi de 8 à 11 milliards supplémentaires à prévoir au quatrième trimestre. Citigroup avait également fait appel à des capitaux étrangers, en vendant une part de son capital à Abou Dhabi pour 7,5 milliards. L'investissement sera effectué par l'Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds d'investissement souverain d'Abou Dhabi, l'un des sept Etats membres des Emirats arabes unis (EAU). L'apport d'argent sera coûteux pour la banque: les titres vendus à l'émirat lui rapporteront un rendement annuel fixe de 11%, payable chaque trimestre.

Cet appel à la rescousse de l'émirat est une nouvelle preuve du poids financier croissant des EAU, qui grâce à leurs recettes pétrolières gonflées par l'envolée des cours du pétrole, multiplient les investissements dans les grandes sociétés et places boursières internationales depuis quelques mois.

Citigroup pourrait encore devoir passer pour 11 milliards de dollars de dépréciations et prévoit une nouvelle vague de suppressions d'emplois, après avoir déjà réduit depuis avril ses effectifs de 5%, soit 17.000 personnes. La banque emploie 320.000 salariés dans le monde. Plus encore que d'autres banques, Citigroup s'est brûlé les doigts sur le marché des titres adossés à des créances obligataires à risques, qui ont perdu l'essentiel de leur valeur à cause des défauts de paiements des ménages américains incapables de rembourser leurs emprunts immobiliers. Selon sa concurrente Goldman Sachs, ses malheurs ne devraient pas s'arrêter là et Citigroup pourrait devoir procéder à 15 milliards de dollars de dépréciations supplémentaires au cours des deux prochains trimestres.

La crise des « subprime » a causé des pertes de l'ordre de 80 milliards aux principales banques américaines, mais aussi aux banques européennes, et certains analystes estiment que ce n'est pas fini.

PP

Commentaires

Un bon banquier est un banquier mort!

Ecrit par : victor | 12.12.2007