« Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante... | Page d'accueil | Dynasties »
13.11.2007
Petites leçons d’économie à la portée de tous
Ah ! Que Jean-Marc Sylvestre aime les jours de grève dans le service public ! Cela lui donne l’occasion d’entonner une fois de plus sa sempiternelle litanie sur « les archaïsmes des syndicats », « la prise d’otage des usagers », « les privilégiés arc-boutés sur leurs avantages acquis », « les blocages de la société française »… Son gazouillis matinal sur France-Inter est un vrai bonheur…pour les amateurs de second degré.
Mais ce VRP multicarte (il sévit, pardon…il officie également sur TF1 et LCI) de la mondialisation heureuse et du libéralisme rédempteur ne dit pas que des conneries…il en écrit aussi ! (Merci à Pierre Desproges pour l’inspiration)
Il a en effet récemment commis un ouvrage intitulé « Petites leçons d’économie à la portée de tous ». Après Evelyne Dhéliat qui veut nous aider à sauver la planète (elle a écrit un livre sur le sujet), voici donc un autre employé de TF1 qui nous propose « une lecture simplifiée de l’économie ».
Dans une récente interview, Simplet nous apprend donc qu’ « il n’y pas de meilleur système que l’économie de marché pour créer des richesses. L’optimisation des intérêts individuels contribue à l’intérêt collectif, à condition qu’il y ait des règles du jeu stables et que les acteurs de l’économie respectent un code de moralité et d’éthique. Ce qu’il ne font pas aujourd’hui, malheureusement.»
Effectivement si tous les méchants étaient gentils, le monde irait beaucoup mieux ! Qui a dit que l’angélisme était un travers des utopistes gauchistes ? Quant à ce vibrant hommage à la « main invisible du marché » qui est censé œuvrer, malgré nous, à notre bonheur…il est tout simplement désarmant de naïveté…ou de duplicité. En effet, je ne peux pas penser que Jean-Marc Sylvestre est obtus au point de croire à ses propos. Mais il est plus facile de faire passer la pilule du libéralisme si l’on arrive à convaincre que les lois du marché sont incontournables et intangibles.
Quant aux « codes de moralité et d’éthique », je pense qu’il est aussi vain de prétendre réguler l’économie avec de tels instruments que de tenter de guérir un cancer généralisé en phase terminale avec des tisanes ! En effet, faire reposer la régulation du système sur la bonne volonté des acteurs me paraît utopique, surtout lorsque ces mêmes acteurs sont soumis à de puissantes incitations à privilégier leur intérêt personnel au détriment de l’intérêt collectif.
PP
22:17 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, finance, régulation


