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12.10.2007
Des propositions à considérer...avec précaution
La Commission Attali pour la libération de la croissance rendra ce lundi un rapport d’étape axé principalement sur le pouvoir d’achat. Avant de revenir sur quelques uns des points qui seront évoqués dans ce rapport, il me semble opportun de faire une remarque d’ordre général sur cette Commission.
L’objectif de Jacques Attali est de porter la croissance à 5% par an, c’est-à-dire au niveau de la moyenne mondiale. Or, la moyenne mondiale est tirée vers le haut par des pays comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, voire l’Argentine dont la croissance avoisine les 10 % par an. La moyenne mondiale n’est donc pas significative (car résultant de fortes disparités) et ne peut donc pas servir d’objectif. Il est normal que la croissance ralentisse dans les pays développés, notamment du fait de la part prépondérante des services, secteur dans lequel les gains de productivité sont plus faibles que dans l’industrie. Plutôt que de « libérer » la croissance, il serait à mon avis préférable de la « canaliser » vers une répartition moins inégalitaire des richesses produites et vers une plus grande prise en compte de l’impact sur l’environnement. Or, la Commission préconise l’abandon du principe de précaution...
Autre mesure phare : une plus grande concurrence dans le secteur de la distribution (abrogation des lois Royer, Galland, Raffarin et autorisation de la vente à perte) pour augmenter le pouvoir d’achat. A quoi cela va-t-il aboutir ? Une hausse des importations en provenance des pays à bas coûts (Chine notamment) et une pression accentuée sur les PME.
Une croissance pérenne ne peut que résulter d’une amélioration de l’offre française, fondée sur la compétitivité « hors coût » (innovations…).
Dans ses préconisations sur la libéralisation, il semble que la Commission ait abandonné toute remise en cause des professions réglementées : experts-comptables, notaires, huissiers…Nicolas Sarkozy (qui a promis à Jacques Attali : « tout ce que vous proposerez, je le ferai ») n’avait peut-être pas envie de se mettre à dos un public majoritairement acquis à sa cause !?
Quant aux dix villes « modèles », on peut s’interroger sur leur contribution à la croissance, ainsi que sur leur coût, leur financement, leur délai de réalisation…
Bref, au risque de passer pour un réactionnaire conservateur (j’ai l’habitude et j’assume !), je suis sceptique !
PP
22:27 Publié dans Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : croissance, Attali, Sarkozy, pouvoir d'achat, concurrence


