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31 juillet 2007

L'indépendance de la presse ? Du pipeau !

Qui a dit : « C’est quoi l’indépendance en matière de presse ? Du pipeau. Avant de savoir s’ils sont indépendants, les journalistes feraient mieux de savoir si leur journal est pérenne. »
Réponse : Arnaud Lagardère (propos cités par Thierry Gadault, dans « Arnaud Lagardère, l’insolent », Maren Sell éditeurs, Paris, 2006, p. 204 )

Qui a dit : « Un journal permet de faire passer un certain nombre d’idées saines. C’est les idées qui font que ça marche. Par exemple, les idées de gauches sont des idées pas saines. Aujourd’hui, nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent. »
Réponse : Serge Dassault (interview du 10/12/2004 sur France Inter)

Ces propos sont d’autant plus graves qu’ils émanent des dirigeants des deux plus importants groupes de presse français : Hachette et Soc Presse. Ils ont également des intérêts dans l’industrie et l’armement, mais cela, bien entendu, n’interfère absolument pas avec leur activité dans la presse.
Quoiqu’il en soit, à eux deux, ils possèdent (en totalité, ou partiellement) les titres suivants : Le Figaro, Le Journal du Dimanche, Le Parisien, La Provence, Nice-Matin, Corse-Matin, Le Républicain, La République du Centre… ainsi que bon nombre de magazines (Elle, Paris-Match, Marie-Claire, Valeurs Actuelles…). Lorsque l’on voit l’attention qu’ils portent tous deux à l’objectivité et à la déontologie, on peut être inquiet quant à la qualité de l’information.

L’ensemble des titres de la presse quotidienne ou magazine est détenue par une dizaine de groupes. Ce secteur succombe lui aussi aux joies des fusions et des restructurations. Les journalistes sont de plus en plus soumis à des contraintes qu’elles soient d’ordre éditorial ou de rentabilité. Ils doivent désormais en faire toujours plus : maîtrise de logiciels de mise en page, alimentation du site web du journal…Dans ces conditions, la vérification des informations, le recoupement des sources passent par pertes et profits. Un peu de copier /coller à partir d’un dossier de l’AFP et l’affaire est dans le sac. Au final, c’est le pluralisme de l’information qui fait les frais de ces pratiques.

Pourtant, d’après Nicolas Sarkozy « Dire qu'il y a une concentration entre quelques groupes de presse, c'est tout simplement le contraire de la vérité » (propos tenus sur France Inter le 18 avril 2007). Autant dire que les choses ne vont pas vraiment changer pendant les cinq prochaines années !

PP

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