10.03.2008
Trois questions à Christophe Berny, co-fondateur d'Ordissimo
Objectivement, tout ce que permettent les ordinateurs classiques. Internet, photos, textes, calculs, jeux, divx, mp3... ce que vous voulez en toute simplicité.
A qui s'adressent ces machines ?
A tous les débutants et tous ceux qui n'ont pas envie de s'embêter. Essentiellement les mères au foyer, les professions libérales et les plus de 50 ans qui ont veulent un outil informatique mais pas les problèmes qui vont la plupart du temps avec. Quand on achète une voiture, on n'a pas forcément envie de bidouiller son moteur. C'est la même chose avec les ordinateurs.
Comment se portent les ventes ?
L'année dernière, nous avons vendu 6 000 machines. Nos objectifs sont très largement supérieurs pour cette année.
17:00 Publié dans Interview , Temps fort | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, nouvelles technologies, ordissimo, Christophe Berny
26.02.2008
Christine du Fretay : «Il faut sensibiliser les enfants aux dangers potentiels d'internet»
Quel est le but de votre association ?
J'ai fondé cette association il y a deux ans et demi. L'objectif est de sécuriser au maximum l'accès à internet pour les enfants et les adolescents. Ou, plus précisément, d'éduquer les parents aux risques potentiels que présente internet pour leurs enfants et de les aider à éviter ces dangers. Nous disposons d'un site internet d'information, d'un blog, nous avons réalisé l'an dernier des spots pour la télévision avec Jean Reno et aujourd'hui nous sortons un DVD. Il faut savoir qu'une majorité de parents connaît mal internet. Les enfants de 8 et 10 ans sont quant à eux nés avec et se débrouillent très bien, très tôt.
A quel âge les enfants commencent à naviguer sur le web ?
A coup sûr à partir de 8 ans. Mais certains commencent bien plus tôt, avant de savoir lire, simplement en reproduisant les gestes des parents. Aux Etats-Unis, les enfants naviguent dès 3 ou 4 ans.
Quels usages sont les plus fréquents ?
La recherche d'information, les jeux vidéo en réseau, la conversation à travers les messageries instantanées et les tchats, les blogs et les réseaux sociaux, comme Facebook.
Point par point, où sont les dangers ?
La recherche d'information peut mener sur des sites clairement déconseillés aux enfants. Des sites à caractère choquant, violent, pornographique, voire pédo-pornographique. Accéder à ces informations peut se faire de manière intentionnelle ou non. D'autant que de tels sites prennent souvent des noms enfantins ou anodins."Poulet frites" ou "France 2", par exemple, ont conduit un temps sur des sites pornos. D'autres sites incitant à la haine raciale ou prônant l'anorexie sont également dangereux pour les jeunes.
Pour ce qui est des conversations, le risque est de faire des mauvaises rencontres et d'entrer en contact avec des adultes ou des adolescents qui se font passer pour des enfants. Certains n'hésitent pas à demander aux plus jeunes à se déshabiller ou à se masturber devant la webcam. Nous avons eu connaissance d'histoires terribles. Il y a aussi le cas où la petite copine se déshabille devant sa caméra et le petit copain fait circuler la vidéo à toute la classe. Les tchats, qui sont des espaces de discussion ouverts, à la différence des messageries instantanées comme MSN, sont vraiment à déconseiller.
Les jeux pratiqués à dose raisonnable permettent d'éveiller les enfants. Mais ils peuvent aussi se révéler dangereux quant ils deviennent addictifs. Certains jeunes sont capables de jouer en réseau des heures et des heures d'affilée, au détriment de tout le reste. Les garçons sont les plus touchés par ce phénomène.
Les blogs et les réseaux sociaux présentent pour leur part un risque à partir du moment où l'enfant dévoile trop d'informations personnelles, tient des propos diffamatoires ou publie des photos sans l'accord de personne.
Comment protéger les enfants de ces pièges ?
Par le dialogue et la sensibilisation à tous ces dangers potentiels. C'est vraiment le plus important car on ne peut pas, et ce n'est d'ailleurs pas souhaitable, être derrière les enfants en permanence. Ensuite, il est recommandé d'installer sur l'ordinateur un logiciel de contrôle parental. Cela permet de filtrer le contenu d'internet, de limiter l'accès aux services de messagerie ou de définir des plages horaires de connexion.
# Retrouvez tous les conseils pour installer un logiciel de contrôle parental sur www.e-enfance.org/
15:25 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, nouvelles technologies, e-enfance, l'internet sans danger
09.09.2007
3 questions à Laurent Catach, directeur des éditions électroniques Le Robert
Depuis quand existe-t-il une version électronique du Petit Robert ?
Depuis 1996. Il y a eu une seconde version en 2001, une troisième en 2007 et une quatrième en 2008. Il y aura désormais une nouvelle édition sur CD-Rom chaque année, synchronisée avec l'édition papier du dictionnaire.
Que représentent les ventes de la version CD ?
C'est de l'ordre de un à dix. Mais c'est réducteur. Le CD-Rom est le produit grand public de la version électronique du dictionnaire. Nous avons également une version internet depuis 2003. Elle est pour l'heure réservée aux bibliothèques, aux universités etc. mais elle sera ouverte à tous un jour où l'autre, cela paraît évident.
L'avenir, c'est la version électronique ?
Je pense que cela va forcément se développer. De ne serait-ce que parce que les enfants vont de plus en plus utiliser les ordinateurs. Une fois adulte, cela leur paraîtra évident. C'est tout l'univers de travail qui est en train de changer.
13:40 Publié dans Interview , Temps fort | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologies, laurent catach
23.06.2007
Roland Coutas, PDG de Telemarket : «La demande est énorme»
Votre supermarché en ligne livre vraiment partout en France?
Absolument partout où va La Poste. Vous pouvez commander jusqu'à 15h et vous êtes livré, dans un total respect de la chaîne du froid, le lendemain entre 8h et 13h ou 8 h et 10h, en fonction des endroits. Le samedi matin inclus. Nous travaillons actuellement à resserrer les horaires. Le panier minimum doit être de 80€.
Le marché vous semble mûr pour ce type de service?
Oui, tout à fait mûr. C'est une nouvelle façon de faire ses courses. Les gens en ont ras-le-bol aujourd'hui de faire la queue dans les supermarchés. Il y a donc une énorme demande pour se faire livrer à domicile. On gagne tellement de temps. Et puis à quoi ça sert de pousser un chariot?
Telemarket compte combien de références?
Nous avons 10 000 références. Tous les produits dont les gens ont besoin au quotidien. Des produits frais, du fromage à la coupe, des fruits et légumes de grande qualité... tout ce qui est alimentaire plus tout ce qui est hygiène beauté. Le choix est très large. Et cela va du hard discount à l'épicerie fine. Vous retrouvez bien évidemment toutes les marques nationales.
Question prix, c'est moins cher que dans un supermarché traditionnel?
Non, ce serait vous mentir de dire le contraire. On se situe dans la moyenne. Mais avec un avantage: nos prix sont les mêmes où que vous soyez et ne varient pas en fonction des saisons.
10:59 Publié dans Internet , Interview | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologies, roland coutas, telemarket
09.06.2007
«On peut tout faire avec des logiciels libres»
Montpellier accueille, le 14, 15 et 16 juin, les 6e journées du logiciel libre. L'occasion pour les entreprises, les collectivités, et le grand public de comprendre tout l'intérêt de ces programmes qui n'ont aujourd'hui rien à envier à ceux édités et commercialisés par la voie traditionnelle. Entretien avec Pascal Kuczynski, porte parole de l'Association pour le logiciel libre, organisatrice de la manifestation.
Le logiciel libre, qu'est-ce que c'est au juste?
Pour faire simple: téléchargez-le et utilisez-le, en toute légalité. Un logiciel libre n'est pas forcément gratuit, même si la plupart le sont. La gratuité est une notion secondaire. La vrai différence avec les logiciels propriétaires, les sharewares ou les freewares, se situe au niveau de la licence. Avec le libre, l'utilisateur a la possibilité de rentrer dans le programme pour voir comment il fonctionne de l'intérieur. Il peut donc le modifier pour l'adapter à ses besoins. Cette possibilité n'intéresse pas toujours l'utilisateur final mais c'est ce qui rendre le logiciel libre si dynamique et innovant.
Qui s'attelle au développement des logiciels libres?
Une communauté de programmeurs issue du monde entier. Au départ de tout logiciel libre, il y a quelqu'un qui est confronté à une problématique, qui cherche à la résoudre, qui trouve une solution et qui la met à disposition de tous. D'autres s'emparent alors de cette solution et l'améliorent. Et ainsi de suite. Au final, on se retrouve avec de véritables alternatives. Des suites comme Open Office capables de rivaliser avec les produits de Microsoft. D'un point de vue citoyen, cela me semble très important. On ne peut accepter d'être captif d'un seul et unique système d'exploitation (Windows pour ne pas le citer, ndlr) qui équiperait les ordinateurs du monde entier. On ne peut pas accepter qu'il n'existe qu'un seul logiciel de retouche d'images (Adobe Photoshop, toujours pour ne rien citer, ndlr). De la même manière que l'on ne peut pas imaginer qu'il y ait une seule marque de voiture ou de téléviseur.
Quel est le modèle économique du libre?
Il est basé essentiellement sur le service, la formation, l'installation. Pas sur la vente de boîtes en carton sur des étagères. C'est un modèle qui existe maintenant depuis des années.
Peut-on faire fonctionner parfaitement un ordinateur uniquement avec du logiciel libre?
Oui. Pour ma part, cela fait déjà cinq ans que je n'utilise que du logiciel libre, que ce soit dans le cadre d'une utilisation personnelle ou professionnelle. Aujourd'hui, il existe des logiciels libres dans tous les domaines, du système d'exploitation, au navigateur internet en passant les lecteurs multimédia et les suites bureautiques. Des associations développent également des logiciels destinés aux collectivités.
Pourquoi tout le monde ne s'y met pas alors?
La résistance au changement est quelque chose qu'il ne faut pas négliger. Quand cela fait des années que l'on utilise tels et tels programmes, ce n'est pas facile de changer ses habitudes. D'autant que les éditeurs de logiciels propriétaires font tout pour nous emprisonner. N'est-il pas étrange que le piratage soit si répandu ? Pirater, c'est en quelque sorte jouer leur jeu, devenir prisonnier sans s'en apercevoir.
Tout le programme des 6e journées du logiciel libre sur http://www.all.asso.fr/
Plus d'informations sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre
08:00 Publié dans Interview , Temps fort | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologies, logiciel libre
19.05.2007
Tristan du Laz, directeur de Canal Play: «Plus de 3000 vidéos sont disponibles»
A qui s'adresse CanalPlay?
Notre principal public aujourd'hui, ce sont les jeunes adultes. Mais ce public s'élargit de jour en jour. Le service est accessible depuis un PC ou via la télévision par ADSL. L'objectif est de de disposer d'une offre légale la plus attrayante possible, pour proposer une véritable alternative et, entre autre, contrer le piratage.
Combien de programmes sont accessibles à l'heure actuelle sur votre plateforme ?
Nous sommes à près de 3000 vidéos disponibles, à la vente ou à la location, avec une qualité d'image équivalente à celle du DVD. Environ 1500 films, une dizaine de séries TV parmi les plus emblématiques et des épisodes de séries d'animation, dont une bonne part de mangas. Nous avons également un offre charme, qui représente de 20 à 25 % de nos ventes.
La haute définition est de la partie ?
Notre offre HD est encore embryonnaire. Nous disposons à l'heure actuelle d'une dizaine de programmes. Nous en aurons une vingtaine d'ici cet été. Mais la haute définition pause encore quelques problèmes techniques, ce sont des fichiers très lourds.
Comment expliquez-vous l'engouement des Français pour la VOD ?
Je pense que c'est notamment dû au fait que la France est en pointe en matière de haut débit, ce qui favorise le développement de ce type de services. La multiplication des offres de télévision par ADSL est également un facteur important. Dans ces offres, la VOD est un "must have". Il faut savoir toutefois que le marché de la vidéo à la demande est encore très petit, puisqu'il est évalué à 15 ou 16 millions d'euros, contre 1,7 milliards pour le DVD. Ce qui n'empêche pas qu'à terme, on peut très bien imaginer une dématérialisation totale de la vidéo.
07:55 Publié dans Interview , Temps fort | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tristan du Laz, midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologies, canalplay
06.05.2007
Alban Peltier, fondateur de Looneo: «L’idée est partie d’une expérience personnelle»
Qu’est-ce qui vous a poussé à créer Looneo.fr?
L’idée est partie d’une expérience personnelle. Je voulais acheter un appareil photo et je me suis trouvé devant des dizaines et des dizaines de produits. J’ai donc cherché des renseignements sur internet et au final, j’ai mis entre huit et dix soirées pour trouver exactement l’appareil qui correspondait à mes besoins. La masse d’informations qui est à notre disposition est énorme mais aucun site n’en fait réellement la synthèse. Une étude que nous avons réalisé en 2006, avant de nous lancer, montre qu’un internaute sur deux est en difficulté au moment de choisir. Cela ne concerne d’ailleurs pas uniquement les produits high-tech, c’est pareil pour l’automobile par exemple.
De quelle manière sont rétribués les experts?
La rémunération est basée sur la qualité des critiques, plus ou moins appréciées par les internautes. On travaille sur des cycles de trente jours, pendant lesquels les masters Looneo accumulent des euros. Au bout de 50€, ils peuvent demander à être payés. Il faut considérer cela comme un complément, qui permet d’intéresser les passionnés et leur permet, entre autre, de renouveler leur matériel.
Comment sélectionnez-vous les produits que vous référencez?
Nous avons aujourd’hui 1800 produits référencés. Il en arrive en permanence de nouveaux. Nous n’avons pas forcément absolument tout ce qui existe mais nous avons tous les catalogues de toutes les grandes marques. Notre approche est qualitative et il faut que les produits soient disponibles chez au moins un de nos partenaires (Pixmania, la Fnac etc., ndlr).
Quel est le modèle économique de Looneo?
Nous avons trois sources de revenus: les commissions sur les produits vendus, la publicité, et la vente des critiques de nos experts aux sites de commerces en ligne qui désirent intégrer ce type de contenu. Nous fonctionnons avec un système de droit d’auteur parfaitement cadré.
10:00 Publié dans Interview , Temps fort | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologies, alban peltier, looneo
28.04.2007
Marc Mayor: «Il y a 160 millions de personnes aujourd’hui sur MySpace à travers le monde»

Comment expliquez-vous le succès foudroyant que rencontre votre site communautaire depuis sa mise en service en France (groupes et artistes référencés, et 1,75 million de visiteurs en février)?
C’est en réalité un phénomène mondial: il y a 160 millions de personnes qui sont aujourd’hui sur MySpace à travers le monde et c’est le site n°1 toutes catégories confondues aux Etats-Unis... Cela s’explique pour moi par deux faits. D’abord, nos fondateurs, Tom Anderson et Chris Dewolfe, ont compris que les internautes voulaient avoir un endroit sur le web où pouvoir tout faire. Un seul lieu où l’on pourrait mettre ses vidéos, écouter de la musique, écrire son journal, faire des forums, etc. Ensuite, le succès tient à l’esprit : celui de l’ouverture, de la découverte, de l’échange, de l’acceptation de l’autre, de l’innovation... Bref, un esprit très positif.
Il est intéressant de noter que ce "nouveau média" touche d’abord les jeunes...
C’est juste de dire que c’est un nouveau média. MySpace amène la culture sur internet et c’est une première. On avait jusque-là des sites d’informations, du commerce en ligne, de la banque en ligne... Mais la véritable culture, la création, de la musique à la mode, n’avait pas profité en plein d’Internet. Pour ce qui est des jeunes, disons que les premiers utilisateurs sont les gens créatifs attirés par la nouveauté, l’innovation. Les jeunes, évidemment, mais pas seulement, en France, on fait ainsi beaucoup de choses avec quelqu’un qui s’appelle Jean-Charles de Castelbajac et il doit avoir plus de cinquante ans!
On prétend que c’est grâce à MySpace que le groupe Artic Monkeys s’est fait connaître. En quoi, votre portail peut-il aider à l’émergence de nouveaux talents?
Une précision, d’abord: MySpace ne provoque pas cette émergence, ce sont les artistes qui ont le talent. On ne fait que leur mettre un réseau à disposition et on ouvre le spectre grâce auquel il n’est plus besoin d’être dans le top 40 pour avoir une existence médiatique. C’est la communauté qui décèle les talents. Si l’on constate qu’un groupe comptabilise 20 000 écoutes de ses morceaux sur sa page, c’est qu’il se passe quelque chose. Ça attire d’autres personnes de la communauté, mais aussi des gens de la télé, des maisons de disques, etc. Du coup, cela aide les labels : ainsi, ils peuvent avant de lancer un artiste, voir s’il possède un public potentiel.
Peut-on alors dire que MySpace bouleverse la donne médiatico-économique ou qu’il l’affine?
Bonne question, mais je n’ai pas la réponse! C’est clair que les choses évoluent, mais l’évolution est globale : la vente de musique en ligne y contribue, la "démocratisation" des contenus par tout-un-chacun également. Il y aura une transformation, mais jusqu’où ira-t-elle? C’est trop tôt pour le dire.
Chaque avancée technologique sur le Net est toujours présentée comme une "liberté" nouvelle. Or, MySpace a été racheté au prix fort par Ruppert Murdoch (580 millions de dollars US). Quid de la liberté?
Ça ne change absolument rien. Chris et Tom sont encore à la tête de l’entreprise. Ils sont très à cheval sur leur liberté et, je dirais, sur la nôtre également en tant qu’utilisateurs de MySpace. Ce rachat n’a donc pas beaucoup d’incidence. Après, c’est vrai que notre direction financière est différente, mais je ne suis pas sûr que cela intéresse énormément vos lecteurs.
Chaque personne sur MySpace est un profil, donc une cible commerciale extrêmement intéressante. Comment cela passe-t-il ? MySpace va-t-il finir en coupe réglée par la pub?
On n’est pas hypocrite, c’est la pub qui nous fait vivre. Mais on veut préserver l’éthique et l’esprit de MySpace qui sont ceux d’un club fraternel. Donc, d’abord, on ne met pas de la pub partout. Ensuite, on ne fait pas dans la pub "push" : pas d’écrans pleins, ni de pop-up, interdits chez nous. On incite plus les annonceurs à faire la même chose que la communauté MySpace: faire envie et susciter le désir chez les gens à aller vers leurs pubs. Il y a donc des profils dédiés aux marques, des "communautés dédiées", où certains équipementiers sportifs se sont associés les services de stars du ballon par exemple. Les annonceurs doivent donc eux aussi s’adapter à ce nouveau média, agir plus subtilement que le gros coup sur la tête!
Aucun risque que votre gigantesque fichier tombe dans les mains de l’un ou de l’autre?
Non. Un annonceur peut bien sûr cibler sa clientèle, mais on le fait pour lui. Disons qu’il dise, je veux que ça apparaisse chez les plus de 35 ans, ok, mais on ne lui livre pas les clés du bâtiment. Et puis, cela s’arrête à des critères généraux.
MySpace France est-il aujourd’hui rentable?
Euh, peut-être pas encore... Après notre démarrage en bêta en août, on s’est totalement lancé en début d’année, on a une régie publicitaire qui est en ce moment à pied d’œuvre... Bon, c’est clair que c’est un business qui a vocation à être très rentable!
Pour finir, voici une citation de Ruppert Murdoch: «Grâce à la technologie, le pouvoir est transféré de l’élite des médias, au grand public»...
J’adhère totalement à cette formule. D’ailleurs, s’il pouvait en être de même en politique, ça ne saurait pas forcément mauvais! Car je fais plus confiance aux gens qu’aux experts. MySpace est l’illustration que la population est précurseur: pour ne parler que de musique, ce sont les groupes défendus par les internautes sur MySpace, explosent aujourd’hui et seront les grands de demain.
Une deuxième citation: «Pour retrouver quelque chose de comparable, il faut retourner 500 ans en arrière avec la naissance de la presse écrite et des médias de masse.»
Houla! Je pense, encore une fois, que c’est trop tôt pour le dire. Deux ou trois ans après que Gutemberg a inventé ce que l’on sait, je ne suis pas sûr qu’on avait déjà conscience de que cela allait devenir!
Recueilli par Jérémy BERNÈDE
Photo: David CRESPIN
11:20 Publié dans Interview , Temps fort | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologies, Marc Mayor, MySpace
21.04.2007
Régis Martin, directeur du développement à TDF: «Sur un terminal récent, c'est spectaculaire»
Quel rôle joue TDF (Télédiffusion de France) dans le lancement de la télévision sur mobile?
En matière de télévision mobile personnelle, on s'aperçoit que les réseaux de diffusion analogues à ceux de la TNT sont bien plus adaptés que ceux de la téléphonie mobile, dès lors que l'on veut envoyer le même programme à plusieurs utilisateurs en même temps. TDF, comme d'autres sociétés, intervient dans le déploiement de ce réseau de type DVB-H, notamment en posant des émetteurs. Nous menons actuellement une expérimentation en région parisienne.
Quelle est la qualité du son et de l'image?
Les gens ne le croient que quand ils l'ont vu. Mais je vous assure que sur un terminal récent, le son est l'image sont vraiment excellents. C'est spectaculaire, on peut même lire les sous-titres.
Quels pays disposent déjà de cette technologie?
L'Italie. Le service a démarré en juin 2006, à l'occasion de la coupe du monde de football. La Corée et le Japon y ont également accès, avec une technologie un peu différente. Aux Etats-Unis, c'est imminent.
Que manque-t-il pour que ce soit opérationnel en France?
La loi sur la télévision du futur, qui définit le cadre juridique, a été promulguée le 5 mars. Il faut maintenant que le CSA lance le processus de sélection des chaînes, il y en aura vraisemblablement entre quinze et vingt dans un premiers temps, et que nous déployions le réseau. Tout devrait être prêt fin 2007, début 2008. La couverture sera progressive, en commençant par les grande villes. On devrait arriver rapidement à 70%, 80% du territoire.
On parlait d'un démarrage pour la coupe du monde rugby en septembre?
Il en a été question mais cela paraît un petit peu juste désormais.
A quels tarifs doit-on s'attendre?
Ce n'est pas encore définit mais la télévision sur mobile ne devrait pas être gratuite comme la TNT. L'accès au service devrait être payant mais illimité, puisque le coût est totalement indépendant de la durée d'audience. Quoi qu'il en soit, ce sera incontestablement un grande avancée.
19:00 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, high-tech, nouvelles technologie, régis martin, tdf, télévision mobile
10.04.2007
Frédéric Thuillier: «La Wikipedia francophone compte aujourd’hui plus de 460 000 articles»
Qui ne connaît pas aujourd’hui Wikipédia? Six ans après son lancement, la gigantesque encyclopédie en ligne, disponible en plus de 240 langues, est entré dans le top dix des sites les plus consultés au monde. Plusieurs centaines de millions d’internautes se connectent chaque mois à cette formidable base de données, entièrement gratuite et enrichie par les utilisateurs eux-mêmes. Comment pareil projet fonctionne-t-il? Qui est chargé contrôler les informations mises en ligne? Les réponses du Montpelliérain Frédéric Thuillier, 33 ans, ancien président de Wikimedia France et administrateur la Wikipedia francophone.

Quel est votre statut au sein de Wikipedia?
Je suis administrateur. Nous sommes une centaine en France dans ce cas. Ce statut, qui est octroyé par la communauté après un vote, me donne la possibilité de protéger ou de supprimer des pages et de bloquer un utilisateur en lui interdisant l’écriture sur l’ensemble du site. Je consacre aujourd’hui, de manière bénévole, une demi journée par semaine à Wikipedia, pour consulter les nouvelles pages et écrire des articles.
Qui dirige le projet?
Au quotidien Wikipédia est directement gérée par la communauté des contributeurs. Au niveau de l'infrastructure technique, de la coordination des projets et surtout du financement une fondation a été créée : la Wikimedia Foundation. Cette organisation, présidée par une Française, Florence Devouard, chapeaute également d’autres projets en ligne, comme Wiktionary, Wikibook ou Wikisource. Il y a ensuite des associations nationales qui assurent la promotion du site et provoquent des rencontres entre entre utilisateurs.
Comment fonctionne l’encyclopédie en elle-même?
Chaque internaute peut apporter se contribution, c’est le principe de base. Chacun peut écrire, enrichir ou corriger un article depuis un ordinateur.
Qui fait la police, comment empêcher les dérapages?
Les wikipediens, qui sont aux alentours de 20 000 sur la version francophone en ce moment, se réfèrent à une charte et aux grands principes encyclopédiques, notamment la neutralité des points de vue. Au quotidien, lorsqu’il y a un article qui pose problème, une page de discussion est ouverte pour permettre de trouver un accord. Lorsque c’est impossible, l’article est en général mauvais et difficile à lire. Il y a une confrontation d’idées qui le rendent incohérent. C’est un échec pour tout le monde. Les contributeurs ont donc tout intérêt à se mettre d’accord, soit avec des formulations concsnsuelles, soit avec une successions de formulations qui balayent les différents points de vue.
C’est valable lorsque les internautes sont bien intentionnés...
Certes, mais ajouter de fausses informations n’est pas intéressant. C’est tellement facile que ce n’est même pas rigolo! Ensuite, lorsqu’il s’agit d’articles présentant des enjeux, comme ceux consacrés à Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, il faut savoir qu’il sont extrêmement surveillés par la communauté. Chaque modification est regardée par des dizaines de contributeurs actifis. Sans compter l’ensemble des anonymes qui passent sur le site et peuvent signaler toute information douteuse. C’est une autorégulation qui fonctionne bien, ce qui n’était pas gagné d’avance.
Où sont stockés toutes ces informations?
La majorité des articles est hébergée en Floride, sur les serveurs de la fondation. Ça coûte évidemment très cher.
D’où provient l’argent pour entretenir et fair évoluer tout ce matériel?
L’accès à Wikipedia est entièrement gratuit et l’encyclopédie fonctionne sans publicité, pour une question d’indépendance. L’argent provient donc uniquement de dons, essentiellement de particuliers. Lorsque des campagnes sont organisées, certaines grandes entreprises participent par le biais de mécénat.
Pensez-vous que l’encyclopédie va continuer de s’enrichir?
La Wikipedia francophone compte aujourd’hui plus de 460 000 articles. Il y a eu une période un peu folle où on doublait tous les trois mois. Cette frénésie est passée mais le potentiel est encore énorme. A la fois parce que le nombre d’internautes ne cesse d’augmenter et parce qu’internet va progressivement se généraliser dans d’autres pays francophones. A commencer par le Maghreb et l’Afrique noire.
Photo: Arnaud MONNIER
10:05 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : midi libre, connexion, nouvelles technologies, wikipedia, Frédéric Thuillier
Bienvenue sur la version électronique de Connexion, la rubrique hebdomadaire que j'anime dans Midi Shopping (le samedi, avec Midi Libre). Vous trouverez ici, décryptée, l'essentiel de l'actualité des nouvelles technologies. Histoire de ne pas trop paraître largué(e) lorsque votre petit fils vous parle de MySpace, Google et Messenger! Et si vous avez des questions dans le domaine de l'internet, de l'informatique ou de l'électronique grand public, n'hésitez pas, je pourrais peut-être vous aider. Bonne lecture. 