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25.05.2008

Extraits de "Hervé Guibert le jeune homme et la mort"

"Hervé écrit aussi son journal intime. Il l'évoque parfois comme une référence,
une habitude : tout écrire pour ensuite peut-être tout recomposer...
Entre les contes fantastiques et les comptes rendus du journal intime, Hervé
est-il déjà écrivain ? Car les mots sont pour lui une thérapie et plaisir".

" L'univers d'Hervé se situe bien entre le désir et la mort. On fait rarement
l'amour et on ne tue pas, mais on y pense. La mort est à l'oeuvre, le désir est
insatisfait, c'est là le matériau de l'écriture. Ces contes sont les échos
proches et lointains de la vraie vie d'Hervé."

"Hervé travaille dans l'urgence et on a maintenant l'impression qu'il veut une
dernière fois faire le tour des images, des rêves et des folies des
photographes, comme un dernier tour de piste avant de reprendre son corps à
corps avec les mots, avec la littérature."

"En janvier 1988, Hervé annonce à ses amis les plus proches qu'il est bien
malade du sida. Le soir même, il est de retour à Rome où ceux-ci tentent de le
joindre par tous les moyens, craignant qu'il mette fin à ses jours. On sait
qu'Hervé a toujours été obsédé par la mort, la maladie et la souffrance."

"La logique de l'aveu est pour lui terrifiante. C'est se classer d'emblée dans
le camp des morts en sursis, c'est faire un premier pas irréversible vers la
mort. Se classer dans la catégorie des malades du sida, c'est se donner la mort
à l'instant où on le proclame aux autres."

"Hervé est confronté au raccourci vertigineux de sa vie. Il va falloir écrire
vite, lutter contre la fatigue, tenter d'obtenir un sursis pour le corps et
l'écriture. Simplement, avec l'aveu public, le compte à rebours donne
l'impression de s'accélérer. Il faut réagir très vite ! Le sida devient alors
"le travail" d'Hervé."

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