<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="/atom.xsl" ?> <feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr"> <title>Bourlinguer</title> <link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://bourlinguer.midiblogs.com/atom.xml"/> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bourlinguer.midiblogs.com/" /> <subtitle>L’auteur a 21 ans quand il part à la découverte de l’Afrique. Voir photos ci-contre et lire &quot;Souvenirs de Guinée et d'autres voyages&quot; publié par EDILIVRE</subtitle> <updated>2008-07-24T09:47:22+02:00</updated> <rights>All Rights Reserved blogSpirit</rights> <generator uri="http://www.midiblogs.com/" version="5.0">midiblogs.com</generator> <id>http://bourlinguer.midiblogs.com/</id>  <entry> <author> <name>Bourlinguer</name> <uri>http://bourlinguer.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Sisi, mon fils idolâtré</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bourlinguer.midiblogs.com/archive/2007/09/28/sisi-mon-fils-idolâtré.html" />  <id>tag:bourlinguer.midiblogs.com,2007-09-28:67050</id> <updated>2008-06-07T10:17:58+02:00</updated> <published>2008-06-07T10:17:58+02:00</published>   <category term="Littérature étrangère" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary> (...) Cecilio Rubes se racla la gorge. Dans sa poitrine grandissait un...</summary> <content type="html" xml:base="http://bourlinguer.midiblogs.com/"> (...) Cecilio Rubes se racla la gorge. Dans sa poitrine grandissait un sentiment fier et orgueilleux de responsabilité. Il se racla la gorge de nouveau.&lt;br /&gt;
	- Bien, dit-il enfin. Je crois que les choses ont un peu changé depuis hier, chérie. Bon... Enfin, aujourd’hui il y a dans la mai-son quelque chose qui n’y était pas il y a deux jours et qui, tout d’un coup, est ici entre nous et... &lt;br /&gt;
	- Tu te réfères à l’enfant, Cecil?&lt;br /&gt;
	Rubes fronça les sourcils en disant:&lt;br /&gt;
	- Bon, oui. Je me réfère à Cecilio Alejandro Nicolás, c’est ça, chérie. Lui, maintenant... Bon, Cecilio Alejandro est maintenant ce qu’il y a de plus important. Bien; c’est ça... Le plus important. Je crois qu’avec ça tout est dit. Bon... Naturellement tu feras savoir à Mercedes et à Cristina que dans cette maison c’est amintenant le soin de Cecicilio Alejandro Nicolás qui prévaut...&lt;br /&gt;
	Adela fit une grimace:&lt;br /&gt;
	- Mon Dieu, Cecil, n’appelle pas de cette façon si guindée cette créature! On dirait que notre fils est déjà un voyageur de commerce moustachu!&lt;br /&gt;
	Cecilio Rubes caressa la main pâle de sa femme. La main d’Adela était un membre bien formé et soigné, mais cruellement indolent et inexpressif. Il dit:&lt;br /&gt;
	- Bien, chérie, maintenant c’est ce qui compte le moins. Ca n’a pas d’importance que ce soit Cecilio ou Cecilio Alejandro Ni-colás. Cela peut avoir de l’importance pour un père présomptueux, mais pas pour moi. Bon. Ce que je dis c’est que les domestiques doivent être informés que l’enfant dans cette maison est maintenant prioritaire. Bien. J’ai aussi pensé... Enfin... j’ai pensé à la nécessité de prendre une nourrice pour que mon fils soit toujours servi comme il se doit...&lt;br /&gt;
	Le ronron du berceau entamait les nerfs d’Adela. Bien qu’elle assurât ne se souvenir de rien, ses nerfs étaient écorchés à vif depuis l’évènement. La manière personnelle d’aborder les sujets qu’avait son mari l’irritait. Fraîchement mariés, Cecilio Rubes parlait déjà de “ma maison” et de “ma situation”. Adela avait toujours cru que se marier c’était “partager” et l’autonomie qui découlait des déclarations de son conjoint l’exaspéraient. Avec le temps elle s’habitua à cela à peine attachait-elle de l’importance que Cecilio dise: “Je vais vendre ce tapis et le remplacer...” Ou bien: “Ma salle à manger ne me plait pas; ces meubles sont grands et présomptueux”. L’évènement avait aiguisé sa sensibilité. L’évènement et le fait que son père - le fonctionnaire Martínez - ne put lire la flatteuse annonce des “Échos de société”.  (...)&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Miguel Délibes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Traduit par José Maria Fernandez&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sisí, mon fils idolâtré, nous raconte la vie de Cecilio Rubes, un fabricant de baignoires quadragénaire, superficiel et égoïste. Il n’a pas d’amis, n’aime pas réellement sa femme et ne se rappelle de Dieu que dans les pires moments. Au moment d’éduquer son fils, il ne sera guidé que par le désir qu’il “soit heureux”. Peu lui importe qu’il fréquente les bas fonds ni qu’il délaisse ses études. Et la discipline avec laquelle les Sendín - prototype de la classe moyenne conservatrice et contrepoint de la propre famille de Cecilio - éduquent leurs fils, lui parait comique et superflue. Mais sa négligeance recevra son châtiment en révélant l’immense absurdité de sa vie. Authentique satire morale, le roman réunit toutes les qualités narratives de Delibes: sa justesse dans le traitement des personnages; son langage riche et précis; sa maîtrise pour recréer des situations et des évènements de la vie espagnole; l’ampleur de ses registre et leur intensité. Considéré comme un des meilleurs romans de Miguel Delibes, &lt;em&gt;Mi idolatrado hijo Sisí &lt;/em&gt;a été porté au cinéma sous le titre : &lt;em&gt;Retrato de familia&lt;/em&gt;, portrait de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Miguel Delibes est né à Valladolid en 1920. Il a obtenu le prix Nadal en 1947 avec &lt;em&gt;La sombra del cíprés es alargada&lt;/em&gt;. On peut se procurer l'essentiel de son oeuvre publiée en France aux Editions VERDIER </content> </entry>  <entry> <author> <name>Bourlinguer</name> <uri>http://bourlinguer.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Sisí, mon fils idolâtré</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bourlinguer.midiblogs.com/archive/2007/12/14/sis-mon-fils-idolatre.html" />  <id>tag:bourlinguer.midiblogs.com,2007-12-14:78071</id> <updated>2008-06-02T10:02:42+02:00</updated> <published>2008-06-02T10:02:42+02:00</published>   <category term="Littérature étrangère" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary> (...) - C’est vrai, Cecil? Voyons... montre-moi. 
En lisant l’annonce,...</summary> <content type="html" xml:base="http://bourlinguer.midiblogs.com/"> (...) - C’est vrai, Cecil? Voyons... montre-moi.&lt;br /&gt;
En lisant l’annonce, l’énervement d’Adela augmentait. Cecilio Rubes, pendant ce temps, regarda le petit Rubes dans le berceau tout proche:&lt;br /&gt;
- Il est vraiment magnifique notre petit, Adela. Bon, je ne crois pas qu’il soit né un petit aussi beau dans la ville depuis longtemps.&lt;br /&gt;
- C’est toi qui as fait mettre cette annonce? demanda Adela.&lt;br /&gt;
- Bien. Il met sa petite main près de la bouche comme son père et il plisse sa petite bouche comme toi. N’est-ce pas curieux, chérie, que dès la naissance ils portent déjà l’empreinte de quel-qu’un?&lt;br /&gt;
- Cette annonce est bien affectueuse. Dis-moi, Cecil, c’est toi qui l’as fait mettre?&lt;br /&gt;
- Ah, il va pleurer, Adela! Le petitou va pleurer! Pour l’amour de Dieu, fais-lui des caresses et ne laisse pas pleurer cette créature. Tu sais, il semble impossible que cette petite chose puisse être un jour quelque chose comme toi et comme moi, une personne importante?&lt;br /&gt;
Cecilio Rubes balançait rythmiquement le vaporeux berceau de dentelles et mousselines. Adela relut: “Née Adela Martínez”. Elle pensa: “Il reste encore quelque chose de papa”. Ses yeux étaient cloués sur un nom: “Martínez”. “Bien, se dit-elle, s’il le lisait, il serait fier.” Elle remarqua que la gorge lui grattait. Elle se dit: “Je suis bête. Je ne vais quand même pas pleurer?” Ensuite elle pensa: “Je dois me renseigner sur les départs des bateaux pour la Havane”. Elle répéta:&lt;br /&gt;
- Qui a mis cette annonce, Cecilio?&lt;br /&gt;
Cecilio tourna son regard vers elle. Elle était belle Adela, un peu pâle. Rubes se dit que cette couleur lui seyait bien et reconnut que dernièrement la craquante vitalité d’Adela, la possibilité qu’elle puisse acquérir les couleurs rustiques et avantageuses des femmes de la campagne, le préoccupait. Ses modestes origines pouvaient lui monter au visage à n’importe quel moment et ce se-rait la fin de son prestige et de son honorabilité.&lt;br /&gt;
- Ca va bien, chérie? Ah! l’annonce. Bien, tu sais que ton mari a des amis partout. Il faut reconnaître qu’on n’est pas n’importe qui dans la cité et... Bon. Tu te sens bien chérie?&lt;br /&gt;
- Ah, je me sens très bien, Cecil...! Je ne me souviens plus de rien. (...)&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Miguel Delibes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sisí, mon fils idolâtré, nous raconte la vie de Cecilio Rubes, un fabricant de baignoires quadragénaire, superficiel et égoïste. Il n’a pas d’amis, n’aime pas réellement sa femme et ne se rappelle de Dieu que dans les pires moments. Au moment d’éduquer son fils, il ne sera guidé que par le désir qu’il “soit heureux”. Peu lui importe qu’il fréquente les bas fonds ni qu’il délaisse ses études. Et la dis-cipline avec laquelle les Sendín - prototype de la classe moyenne conservatrice et contrepoint de la propre famille de Cecilio - éduquent leurs fils, lui parait comique et superflue. Mais sa négligeance recevra son châtiment en révélant l’immense absurdité de sa vie. Authentique satire morale, le roman réunit toutes les qualités narratives de Delibes: sa justesse dans le traitement des personnages; son langage riche et précis; sa maîtrise pour recréer des situations et des évènements de la vie espagnole; l’ampleur de ses registre et leur intensité. Considéré comme un des meilleurs romans de Miguel Delibes, Mi idolatrado hijo Sisí a été porté au cinéma sous le titre : Retrato de familia, portrait de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Miguel Delibes est né à Valladolid en 1920. Il a obtenu le prix Nadal en 1947 avec &lt;em&gt;La sombra del cíprés es alargada&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
En France, son principal éditeur est VERDIER </content> </entry>  <entry> <author> <name>Bourlinguer</name> <uri>http://bourlinguer.midiblogs.com/about.html</uri> </author> <title>Sisi, mon fils idolâtré</title> <link rel="alternate" type="text/html" href="http://bourlinguer.midiblogs.com/archive/2007/10/06/sisi-mon-fils-idolâtré.html" />  <id>tag:bourlinguer.midiblogs.com,2007-10-04:67923</id> <updated>2008-06-09T09:17:51+02:00</updated> <published>2008-05-31T09:40:00+02:00</published>   <category term="Littérature étrangère" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />    <summary> (..)           - Ton fils, ton fils. As-tu pensé, Cecilio, à la difficulté...</summary> <content type="html" xml:base="http://bourlinguer.midiblogs.com/"> (..)           - Ton fils, ton fils. As-tu pensé, Cecilio, à la difficulté d’avoir “ton fils” sans mon aide?&lt;br /&gt;
	Cecilio Rubes cessa de balancer le berceau.&lt;br /&gt;
	- Bien, petite. Es-tu bête? Tu comprendras. Bon... Je confesse que j’ai une manière de m’exprimer un peu vague. C’est tout. Bien... “Notre fils” doit avoir quelqu’un qui s’occupe de ses soins, c’est cela que je veux dire...&lt;br /&gt;
	Subitement un besoin véhément d’avoir une nurse se réveil-la chez Adela. Son imagination parcourait de manière débridée toutes les possibilités d’habillement: un flamboyant col amidonné, une coiffe de dentelle et un énorme, fantastique ruban derrière. La nurse du fils des Rubes serait l’admiration de la ville.&lt;br /&gt;
	Cecilio Rubes se dressa, étira sa veste et dit:&lt;br /&gt;
	- Chérie, je m’en vais, il se fait tard.&lt;br /&gt;
	Il lui donna une petite tape affectueuse. Adela dit:&lt;br /&gt;
	- N’oublie pas la nurse, Cecil. Il est certain que notre fils a besoin d’une nurse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
	Cecilio Rubes n’était pas sorti dans la rue depuis la nais-sance de son fils. L’évènement paraissait avoir transformé la structure de la ville et même le printemps paraissait, maintenant, plus chaud et lumineux. Il lui semblait que tout le monde le regardait en le croisant et se donnait des coups de coude et commentait l’importance que l’apparition d’un nouveau Rubes apportait à la cité. Cecilio Rubes avançait imbu de lui-même, frappant la chaus-sée, à chaque pas, rythmiquement, avec l’embout de sa canne. “Bien, pensa-t-il. Je ne veux pas imaginer ce que sera mon entrée dans l’Établissement.” Il souriait vaguement. Il rencontra l’épicier du coin:&lt;br /&gt;
	- Félicitations, monsieur Rubes. (...)&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Miguel Delibes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sisí, mon fils idolâtré, nous raconte la vie de Cecilio Rubes, un fabricant de baignoires quadragénaire, superficiel et égoïste. Il n’a pas d’amis, n’aime pas réellement sa femme et ne se rappelle de Dieu que dans les pires moments. Au moment d’éduquer son fils, il ne sera guidé que par le désir qu’il “soit heureux”. Peu lui importe qu’il fréquente les bas fonds ni qu’il délaisse ses études. Et la dis-cipline avec laquelle les Sendín - prototype de la classe moyenne conservatrice et contrepoint de la propre famille de Cecilio - éduquent leurs fils, lui parait comique et superflue. Mais sa négligeance recevra son châtiment en révélant l’immense absurdité de sa vie. Authentique satire morale, le roman réunit toutes les qualités narratives de Delibes: sa justesse dans le traitement des personnages; son langage riche et précis; sa maîtrise pour recréer des situations et des évènements de la vie espagnole; l’ampleur de ses registre et leur intensité. Considéré comme un des meilleurs romans de Miguel Delibes, Mi idolatrado hijo Sisí a été porté au cinéma sous le titre : Retrato de familia, portrait de famille.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Miguel Delibes est né à Valladolid en 1920. Il a obtenu le prix Nadal en 1947 avec &lt;em&gt;La sombra del cíprés es alargada&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
En France, son principal éditeur est VERDIER </content> </entry>  </feed>