08.05.2008
les pesticides en France
"L'importance de l'exposition aux pesticides, notamment par voie alimentaire, est mise en évidence par deux études. La première, réalisée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et publiée fin avril, montre que 6 % des fruits et légumes testés présentaient des teneurs en pesticides dépassant la limite maximale de résidus (LMR). La seconde, présentée mercredi 7 mai par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), conclut que "les enfants franciliens sont exposés à des pesticides variés, dont certains interdits depuis plusieurs années, alors que leurs parents ne sont pas professionnellement exposés"."...
..."Le pourcentage de non-conformité a très légèrement diminué par rapport à l'année précédente, passant de 6,7 % à 6 %, mais les données de l'année 2004 indiquaient un taux de 3,9 %. Pour François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), ces chiffres "montrent l'urgence de mettre en application la mesure de réduction de l'usage des pesticides prise dans le cadre du Grenelle"...
..."Le fait le plus marquant porte sur les pesticides organophosphorés : 70 % des enfants excrétaient au moins l'un des six métabolites urinaires des organophosphorés, alors que ceux-ci étaient détectés moins fréquemment dans l'environnement intérieur.
"Cela peut signifier qu'il existe une autre source d'exposition que celles que nous avons recherchées. Cela pourrait être la voie alimentaire, indique Olivier Blanchard, responsable de l'étude. Des prélèvements alimentaires seraient donc indispensables pour passer au stade des certitudes sur la voie alimentaire d'exposition aux pesticides."
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07.05.2008
à propos du documentaire "LE MONDE SELON MONSANTO"
Pour ceux qui ont vu le documentaire (et les autres), le texte suivant est assez instructif ...
Il est accessible sur le site :
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1689
(si vous avez des explications scientifiques à demander, n'hésitez pas; je m'efforcerai d'y répondre)
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Réponses de Marie-Monique Robin au texte des chercheurs de l’AFIS
18 mars 2008
Des internautes vigilants m’ont signalé un article mis en ligne sur le site de l’Association française pour l’information scientifique (AFIS) qui « se donne pour but de promouvoir la science contre ceux qui nient ses valeurs culturelles, la détournent vers des œuvres malfaisantes ou encore usent de son nom pour couvrir des entreprises charlatanesques »… (http://www.pseudo-sciences.org/)
À dire vrai, cela ne m’a pas étonnée, car cette association est connue pour ses prises de position scientistes pures et dures et son soutien sans faille à l’establishment scientifique, dont elle estime que la parole et les travaux ne sauraient être questionnés par des citoyens aussi ignares qu’impies parce que non scientifiques. C’est précisément au nom de cette science « au-dessus de la mêlée » et qui n’a de compte à rendre à personne, qu’ont pu avoir lieu les grands scandales sanitaires des vingt dernières années : affaire du sang contaminé, crise de la vache folle, drame de l’hormone de croissance, ou désastre criminel de l’amiante.
Concernant ce dernier dossier, je voudrais rapporter une anecdote à laquelle je n’ai cessé de repenser au fur et à mesure que s’allongeait la liste des victimes de l’amiante : au milieu des années 1980, journaliste fraîche émoulue, j’ai travaillé régulièrement pour une agence de presse institutionnelle qui réalisait notamment le journal d’entreprise d’Everite, une filiale de Saint Gobain, spécialisée dans la production d’ardoises et de tôles en fibrociment. À plusieurs reprises, je me suis rendue dans ses usines, situées à Dammarie-les-Lys et à Descartes, où j’étais censée témoigner des mesures de sécurité mises en place par Saint Gobain pour protéger ses ouvriers des méfaits (mortels) de l’amiante. Je me souviens d‘une interview que j’avais réalisée d’un responsable scientifique du Comité permament amiante (CPA) qui m’avait doctement expliqué que si la concentration en fibres d’amiante par mètre cube d’air ne dépassait pas un certain seuil, alors l’exposition était sans risque. Il donnait pour preuve des études scientifiques « au-dessus de tout soupçon » que, bien sûr, je m’étais empressée de citer dans mon article… Comment imaginer les mensonges et manipulations qui allaient conduire à l’un des plus grands scandales sanitaires que la France ait jamais connus ?
On sait, aujourd’hui, que le CPA était sous la coupe de Saint Gobain qui a caché les effets hautement cancérigènes de l’amiante, connus depuis le début du XXème siècle. Pire : cette omerta criminelle a été couverte par des scientifiques recrutés par le CPA pour lui « fournir une caution scientifique incontestable », selon les termes d’un rapport rédigé par le sénat (http://www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-17.html#toc32). Après l’interdiction définitive de l’usage de l’amiante, en 1996, des ouvriers malades de Dammarie-les-Lys et de Descartes ont porté plainte contre Saint Gobain, à l’instar de milliers de victimes un peu partout en France… De cette expérience j’ai gardé une méfiance viscérale par rapport à la parole officielle des scientifiques surtout quand elle est liée aux intérêts des industriels, et un attachement indéfectible au principe de précaution, n’en déplaise à nos amis de l’AFIS…
Revenons au site de l’AFIS, justement, qui vient donc de mettre en ligne un article intitulé sobrement « Le monde selon Monsanto. Un film de Marie-Monique Robin ». L’avant-propos est signé par Michel Naud, un « ingénieur et chef d’entreprise », président de l’AFIS, qui se présente comme un « rationaliste scientifique » et un « bright »… (http://brightsfrance.free.fr/michel.naud.htm.) Je note que pour lancer leur « mise en garde » contre ce que Michel Naud appelle les « contrevérités et les approximations relayées sans esprit critique » par mon enquête sur Monsanto, les auteurs de l’AFIS n’ont rien trouvé de mieux que d’avoir recours à la calomnie et à la désinformation. Parmi les quelque deux cents reportages et documentaires que j’ai réalisés pour la télévision (voir mon CV sur le site d’ARTE), ils en ont retenu deux qui leur semblaient devoir jeter le discrédit sur mon travail. Le premier, dont je suis très fière, concerne un documentaire que j’ai réalisé en 1994 pour M6 et Planète Câble sur le trafic d’organes en Amérique du Sud. Intitulé « Voleurs d’organes » (version longue) ou « Voleurs d’yeux » (version courte), il a été diffusé dans une trentaine de pays et m’a valu cinq prix internationaux, dont le prix Albert Londres, et une… campagne de diffamation, orchestrée par l’USIA – United State Information Agency- une agence gouvernementale américaine, spécialisée dans ce qu’elle appelle la « white propaganda » (« propagande blanche », à la différence de la « black propaganda » de la CIA, dont l’USIA est proche). Il m’est impossible de relater ici tous les dessous de cette incroyable affaire et je renvoie les curieux à mon livre « Voleurs d’organes. Enquête sur un trafic » que j’ai publié aux Editions Bayard (disponible sur Amazon.fr) Je me contenterai de résumer les informations importantes que Michel Naud semble ignorer. Après la projection de mon film à la Commission permanente des droits de l’homme de l’ONU, un certain Todd Leventhal de l’USIA a commencé à propager le fait que j’étais « membre du KGB » (en 1995 !), puis que j’avais payé les témoins de mon film. Au coeur de cette campagne de diffamation se trouvait le témoignage d’une mère colombienne qui affirmait qu’on avait volé les cornées à son fils Jaison que j’ai rencontré dans un institut pour enfants aveugles de Bogota. Face à ces accusations graves, le jury du prix Albert Londres décida de suspendre mon prix, pour vérifier le sérieux de mon enquête, ce qui fit la une des journaux. Après vérification, il me rendit le prix, le 20 mars 1996, en soulignant qu’il « n’avait décelé aucune intention frauduleuse chez la réalisatrice, même si son reportage n’apporte pas les preuves irréfutables de ce qu’elle avance dans le cas précis de l’enfant Jaison Cruz Vargas ». Le jury, qui me lavait du soupçon infâmant de bidonnage, ne pouvait, cependant, pas écrire autre chose : dans l’affaire du petit Jaison (qui ne représente que cinq minutes sur un documentaire de 57 minutes), j’ai toujours su qu’il n’y aurait jamais de preuves irréfutables du crime que dénonçait sa mère, tout simplement parce que cette femme démunie d’un bidonville n’avait pas eu les moyens d’intenter un procès au moment des faits (dix ans plus tôt) et que sa parole ne faisait pas le poids face au puissant lobby des mandarins. De fait, elle subit des pressions monstrueuses, d’abord pour se rétracter, puis pour accepter que son fils soit examiné par des médecins à Paris. Le voyage fut organisé, en août 1995, par la clinique du Pr. José Barraquer, haut lieu des greffes de cornées internationales à Bogota, et le gouvernement colombien, alors dénoncé par Amnesty International pour son inertie face aux nombreuses violations de droits de l’homme commises dans le pays. Le 18 septembre 1995, Me Pernet, l’avocat de l’ambassade de Colombie, rendait public le rapport du trio de médecins censé avoir examiné Jaison. Mais comme le révèle ledit rapport, il n’y eut jamais d’ « examen », mais la seule interprétation d’un dossier médical fourni par la clinique Barraquer… En fait, l’examen était impossible, car, comme le souligneront des médecins courageux qui ont publié un contre-rapport, il avait été posé des prothèses oculaires à Jaison, peu avant son voyage à Paris, ce qui avait nécessité de « nettoyer ses cavités oculaires » rendant impossible tout examen… En attendant, j’ai attaqué en diffamation Me Pernet ainsi que José Mackenzie, un journaliste colombien, qui m’avaient accusé de « bidonnage ». Pour leur défense, ils ont produit le fameux rapport, qui ne leur fut pas d’un grand secours, puiqu’ils ont été tous les deux condamnés pour diffamation. Au même moment, le Pr. Barraquer était débouté de l’action qu’il avait intentée contre moi et mon producteur, l’agence CAPA, pour « préjudice commercial » (sic), il a poursuivi jusqu’en cassation, mais en vain… J’ajoute qu’après cette affaire qui a bouleversé ma vie, je n’ai pas pu retourner en Colombie pendant dix ans, car, comme l’a expliqué un représentant du Quai d’Orsay à Hervé Chabalier, le patron de l’agence CAPA, des « contrats » avaient été placés sur ma tête, ce qui prouve que j’avais mis le doigt sur un sujet hautement dérangeant… Enfin, je tiens à souligner, que contrairement aux affirmations de Michel Naud, le vol d’organes n’est pas une « légende urbaine ». L’arrestation récente au Népal (7 février 2008) du médecin indien Amit Kumar, accusé de diriger depuis des années un réseau de trafic de reins, et poursuivi pour « transplantation illégale de reins, escroquerie et complot criminel », est une preuve qui s’ajoute aux multiples révélations qui ont suivi la diffusion de mon documentaire. Il est sûr, en revanche, que si ce trafic honteux a pu se développer en toute impunité, c’est notamment grâce au déni têtu d’un certain nombre de médecins qui ont découragé toutes les tentatives d’enquête sérieuse…
Le deuxième documentaire que cite Michel Naud, apparemment pour me discréditer, était intitulé « La science face au paranormal » et fut diffusé, effectivement, d’abord sur Canal +, puis sur ARTE, en 2004. Il s’intéressait aux expériences menées sur les phénomènes dits de « perception extra-sensorielle » par des scientifiques de l’Université de Edimbourg (Ecosse) et des États Unis, où les parapsychologues sont regroupés au sein d’une association qui fait partie de l’American Association for the Advancement of Science, l’AAAS, laquelle coiffe toutes les disciplines scientifiques américaines et édite le célèbre magazine Science. Je rappelle, au passage, que la France est l’un des rares pays occidentaux à ne pas mener d’étude dans ce domaine, ce qui ne rend pas moins légitime d’aller voir ce qu’il se passe ailleurs… De mon enquête, j’ai conçu un beau livre, publié aux eidtions du Chêne, et ainsi présenté par le magazine Science et Vie : « Un fascinant périple qui invite à transcender la séparation opérée par la pensée occidentale entre esprit et matière »… De quoi faire monter au rideau, nos amis de l’AFIS…
Après l’introduction malhonnête de Michel Naud, le papier principal est signé par Marcel Kuntz, un « biologiste, directeur de recherche au CNRS ». En consultant le site de l’AFIS, je suis tombée sur l’une de ses contributions fort intéressantes, où il vole au secours de Monsanto, dans l’affaire du maïs MON 863 que j’ai déjà évoquée sur mon blog (rubrique « l’actualité des OGM »). http://www.pseudo-sciences.org/spip.php ?article734 J’invite le lecteur à comparer les deux versions de ce cas d’école, et je me contente de souligner les étranges oublis du scientifique : en effet, à aucun moment il ne signale qu’il a fallu une décision du tribunal de Munich, le 9 juin 2005, pour que les fameuses 1139 pages du dossier technique de Monsanto soient rendues publiques, la firme s’y opposant au nom du « secret commercial » ! De quoi avait-elle donc peur ? Et bien que l’on découvre que les anomalies observées sur les rats nourris avec son maïs transgénique étaient bien plus importantes que ce que révélait l’examen du résumé de données qu’elle avait fourni aux autorités européennes. D’ailleurs, deuxième « oubli », la Communauté européenne a finalement décidé d’enterrer subrepticement cet encombrant dossier…
J’en viens maintenant à la démonstration censée éclairer le lecteur sur les « arguments scientifiques maltraités » dans mon documentaire. Je note que loin de se baser sur les éléments présentés dans mon enquête, celle-ci distord le récit pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais dit : à savoir des généralités sur les biotechnologies. Pour les lecteurs, qui n’ont pas encore vu le film (rendez-vous mardi 11 mars sur ARTE !), je rappelle qu’il raconte le passé de chimiste de Monsanto à travers quatre produits très controversés : les PCB, l’agent orange, l’hormone de croissance laitière et le roundup, ainsi que l’histoire du premier OGM autorisé dans les champs : le soja dit « roundup ready ». Cet intérêt est d’autant plus légitime que 90 % des OGM aujourd’hui cultivés dans le monde appartiennent à Monsanto et que le soja roundup ready représente la plante transgénique la plus cultivée au monde. De plus, son autorisation de mise sur le marché en 1995 a ouvert la voie aux autres OGM cultivés.
- Concernant le L-Tryptophan : sur ce point, le verbiage scientifique utilisé par Marcel Kuntz occulte l’une des révélations clés de mon enquête, à savoir, que les auteurs de la directive sur les OGM, publiée le 29 mai 1992 par la Food and Drug Administration, mentent quand ils écrivent : « L’agence n’a jamais reçu d’information qui montre que les aliments dérivés des nouvelles méthodes diffèrent des autres aliments d’une manière significative ou uniforme, ni que, en tant que catégorie, les aliments dérivés des nouvelles techniques soient l’objet de préoccupations différentes ou plus grandes concernant leur sécurité que ceux développés par le croisement traditionnel »… Six mois plus tôt, en effet, James Maryanski, le coordinateur des biotechnologies au sein de la FDA, qui encadra la rédaction de la directive, écrivait dans un document aujourd’hui déclassifié : « Nous ne savons pas quelle est la cause de l’EMS mais nous ne pouvons pas exclure l’hypothèse qu’elle soit due à la manipulation de l’organisme ». Pour ceux qui n’ont pas vu mon film ni lu mon livre, je rappelle que l’EMS est une maladie inconnue (« syndrome éosinophilie-myalgie » « EMS » en anglais) qui frappa les consommateurs de la version transgénique du L-Tryptophan, un supplément alimentaire fabriqué par une entreprise japonaise, et causa des dizaines de morts et laissa des milliers de personnes handicapées (cf. chapitre 7 de mon livre). James Maryanski confirma les faits devant ma caméra, et contrairement à ce qu’affirme Marcel Kuntz, on ne sut jamais avec certitude quelle était l’origine de l’EMS, et encore moins en mai 1992…
- Concernant l’« argument numéro 1 » : les reproches faits par Marcel Kuntz – selon lequel j’aurais fait un « contre-sens complet » au sujet du « principe d’équivalence en substance » – sont d’une mauvaise foi absolue. Ce que démontre mon enquête, avec les témoins clés (James Maryanski de la FDA et Dan Glickman, ancien secrétaire d’État à l’Agriculture), les documents déclassifiés de la FDA, et les archives audiovisuelles (visite de George Bush, vice-président de Ronald Reagan dans les laboratoires de Monsanto, le 15 mai 1987) : 1)le « principe d’équivalence en substance » ne repose sur aucune donnée scientifique, mais sur une « décision politique » de la Maison-Blanche, destinée à favoriser, au plus vite, la mise sur le marché des OGM, en permettant que les produits issus des biotechnologies échappent aux tests sanitaires ou environnementaux ; 2)ce principe d’équivalence en substance était vivement critiqué par les propres scientifiques de la FDA qui pensaient, au contraire, que le processus de manipulation génétique pouvait entraîner des « risques spécifiques » et recommandaient donc que les OGM soient minutieusement testés avant leur mise sur le marché, mais ils n’ont pas été écoutés ; 3)effectivement, ce « principe a évolué depuis l’origine », puisque le Codex alimentarius de l’ONU recommande depuis… 2000 qu’il soit considéré comme une « étape ». Mais c’était quatre ans après la mise sur le marché du soja Roundup ready, qui recouvre aujourd’hui des millions d’hectares ! 4)les chercheurs européens ont brillé par leur silence quand ce principe a été introduit, sous la houlette de la FDA et de Monsanto, au début des années 1990, à l’OMS, la FAO et l’OCDE, alors qu’aucun OGM n’était encore cultivé (cf. chapitre 8 de mon livre).
- Concernant l’« argument N°2 » : quand M. Kuntz dénigre la qualité scientifique des travaux du « lanceur d’alerte » Arpad Pusztai, il réécrit cette affaire. J’y ai, en tout cas, consacré de nombreuses pages dans mon livre (chapitre 9). Ce qui est troublant dans cette affaire, c’est le volte-face de l’Institut Rowett (deux témoins rapporteront les pressions exercées sur son directeur par « Tony Blair et Clinton » pour qu’il arrête l’étude sur les pommes de terre transgéniques ; encore une fois : de quoi a-t-on peur ?), la mise à l’écart brutale du chercheur, le démantèlement inexpliqué de l’équipe de recherche, la campagne de dénigrement aboslument inhabituelle de la Royal Society. Contrairement à ce qu’affirme M. Kuntz, vingt scientifiques internationaux ont soutenu les résultats d’Arpad Pusztai qui « montraient très clairement que les pommes de terre transgéniques avaient des effets significatifs sur la fonction immunitaire des rats ».
- Concernant l’« argument N°3 » : là encore, contestant les critiques que je rapporte à une étude de chercheurs de Monsanto publiée en 1996 et prétendant prouver l’innocuité d’un soja transgénique, M. Kuntz fait preuve d’une mauvaise foi absolue quand il affirme que cette étude « n’a été contestée par aucun spécialiste du domaine ».
Le fait qu’une étude soit publiée dans une « revue scientifique de référence » et « peer reviewed » n’est malheureusement pas la preuve qu’elle est sérieuse ! C’est ce que j’ai eu la tristesse de découvrir pendant mon enquête. Exemple : l’étude publiée dans Science en août 1990 par deux scientifiques de la FDA, qui voulaient justifier la mise sur le marché de l’hormone de croissance laitière de Monsanto. Une publication de dix pages, dont le principal relecteur était l’un des chercheurs payés par Monsanto pour mener des études sur les vaches ! Plus tard, on découvrira que des données capitales avaient été cachées par les auteurs ! (Cf : chapitre 5 de mon livre).
Et que dire de Richard Doll, un cancérologue éminent qui eut le courage de s’attaquer aux fabricants de tabac, en montrant les liens entre le tabagisme et le cancer du poumon.
En 1981, Sir Richard Doll avait publié un article très cité sur l’épidémiologie du cancer, dans lequel il affirmait que les causes environnementales jouent un rôle très limité dans la progression de la maladie … Seulement voilà : la légende a volé en éclats en 2006, lorsque The Guardian révéla que l’honorable Sir Doll avait travaillé secrètement pour Monsanto pendant vingt ans !
Parmi les archives qu’il avait déposées en 2002 dans la bibliothèque du Welcome Trust, figurait une lettre, datée du 29 avril 1986, avec l’en-tête de la firme de Saint-Louis.
Rédigée par William Gaffey, un scientifique de Monsanto, auteur d’ études manipulées sur la dioxine, (et dûment publiées dans des revues scientifiques de référence, "peer reviewed, etc) elle confirmait le renouvellement du contrat à raison de 1 500 dollars par jour... ( « Renowned cancer scientist was paid by chemical firm for 20 years », The Guardian, 8/12/2006 ; L. Hardell , MJ walker, B. Wahljalt, LS Friedman et ED Richter, « Secret ties to industry and conflicting interests in cancer research, American Journal of Industrial Medecine , 3/11/2006.)
S’agissant du Pr. Ian Pryme, dont M. Kuntz conteste les critiques, je livre ici l’extrait de mon interview, tel que je l’ai publié dans mon livre, ainsi que ma rencontre avec Manuela Malatesta, qui a eu la mauvaise idée de répéter, dans des conditions rigoureuses, l’étude conduite par Monsanto sur des rats, poulets, poissons et vaches laitières.
Je rappelle qu’en 2003, Ian Pryme et un collègue danois, le Pr. Rolf Lembcke (aujourd’hui dédédé) ont analysé les (rares) études toxicologiques conduites sur les aliments transgéniques.
EXTRAIT :
« Nous avons été très surpris de découvrir qu’il n’y avait que dix études recensées dans la littérature scientifique, m’explique Ian Pryme, c’est vraiment très peu au regard de l’enjeu.
- Comment l’expliquez-vous ?
- D’abord, il faut savoir qu’il est très difficile de se procurer des échantillons des matériaux transgéniques parce que les firmes en contrôlent l’accès. Elles exigent une description détaillée du projet de recherche, et elles sont très réticentes à fournir leurs OGM à des scientifiques indépendants pour qu’ils les testent. Quand on insiste, elles évoquent le « secret commercial ». Par ailleurs, il est très difficile d’obtenir des financements pour conduire des études sur les effets à long terme des aliments transgéniques. Avec des collègues provenant de six pays européens, nous avons demandé des fonds à l’Union européenne qui a refusé sous prétexte que les compagnies avaient déjà conduit elles-mêmes ce genre d’études…
- Que dire de l’étude conduite par Monsanto sur les rats, poulets, poissons et vaches laitières ?
- Elle est très importante parce qu’elle a servi de base au principe d’équivalence en substance et elle explique, en partie, l’absence d’études complémentaires. Mais je dois dire qu’elle est très décevante d’un point de vue scientifique. Si on m’avait demandé de la relire avant publication, je l’aurais rejetée, car les données fournies sont trop insuffisantes. Je dirais même que c’est de la mauvaise science…
- Avez-vous essayé de vous procurer les données brutes de l’étude ? – Oui, mais malheureusement, Monsanto a refusé de les communiquer au motif qu’elles étaient couvertes par le secret commercial… C’est la première fois que j’entendais un tel argument concernant les données d’une recherche… Normalement, dès qu’une étude est publiée, n’importe quel chercheur peut demander à consulter les données brutes, pour répéter l’expérience et contribuer au progrès scientifique. Le refus de Monsanto donne immanquablement l’impression que la firme a quelque chose à cacher : soit que les résultats ne sont pas suffisamment convaincants, soit qu’ils sont mauvais, soit que la méthodogie et le protocole utilisés ne sont pas suffisants pour résister à une analyse scientifique rigoureuse. Pour faire notre étude, nous avons donc dû nous contenter du résumé fourni par la firme aux agences de réglementation. Et il y a des choses très troublantes. Par exemple, à propos de l’étude sur les rats, les auteurs écrivent : ‘ À part leur couleur marron foncée, les foies paraissaient normaux lors de la nécropsie… cette couleur n’est pas considérée comme étant liée à la modification génétique ‘. Comment peuvent-ils prétendent cela, sans faire des sections des foies et les observer au microscope pour être sûrs que cette couleur marron foncée est normale ! Manifestement, ils se sont contentés d’une évaluation oculaire des organes, ce n’est pas une manière scientifique de conduire une étude post-mortem ! De même, les auteurs indiquent que ‘ les foies, les testicules et les reins ont été pesés ‘ et que ‘ plusieurs différences ont été observées’, mais qu’elles ne furent ‘pas considérées comme étant liées à la manipulation génétique’… Encore une fois, comment peuvent-ils affirmer cela ? Manifestement, ils n’ont pas analysé les intestins ni les estomacs, ce qui constitue une faute très grave dans une étude toxicologique. Ils disent aussi que quarante tissus ont été prélevés, mais on ne sait pas lesquels ! D’ailleurs, je ne connais que vingt-trois tissus répertoriés, comme la peau, les os, la rate, la thyroïde, quels sont les autres ? De plus, les rats utilisés pour l’expérience avaient huit semaines : ils étaient trop vieux ! D’habitude, pour une étude toxicologique, on utilise de jeunes cobayes, pour voir si la substance testée a un impact sur le développement de leur organisme qui est en pleine croissance. Le meilleur moyen de cacher des effets nocifs éventuels c’est d’utiliser des cobayes âgés, d’autant plus que, malgré les anomalies constatées, l’étude n’a duré que vingt-huit jours, ce qui n’est pas suffisant… Le dernier paragraphe du texte résume bien l’impression générale : ‘ Les études toxicologiques fournissent une certaine assurance qu’aucun changement majeur ne s’est produit avec le soja modifié génétiquement… ‘ Je ne veux pas une ‘ certaine assurance ‘, mais une assurance à 100 % ! En fait, quand on sait que cette étude a justifié l’introduction des OGM dans la chaîne alimentaire, on ne peut qu’ être inquiets… Mais que faire ? Regardez ce qui est arrivé récemment à ma collègue Manuela Malatesta… »
La peur de Monsanto
J’ai rencontré Manuela Malatesta, le 17 novembre 2006, à l’Université de Pavie en Italie. Elle était encore traumatisée par l’expérience qu’elle venait de vivre qui l’avait contrainte à quitter l’université d’Urbino où elle avait travaillé pendant plus de dix ans. « Tout ça à cause d’une étude sur les effets du soja transgénique1 », me dit-elle avec un soupir. En effet, la jeune chercheuse a fait ce que personne n’avait fait : répéter l’étude toxicologique conduite dix ans plus tôt par Monsanto. Avec son équipe, elle a nourri un groupe de rats avec une diète habituelle (groupe contrôle) et un autre groupe avec la même diète à laquelle avait été ajouté du soja Roundup ready (groupe expérimental). Pris dès le sevrage, les cobayes ont été suivis jusquà leur mort (en moyenne deux ans plus tard). « Nous avons étudié les organes des rats au microscope électronique, m’explique Manuela Malatesta, et nous avons constaté des différences statistiquement significatives notamment dans les noyaux des cellules du foie des rats nourris avec du soja transgénique. Tout semble indiquer que les foies avaient une activité physiologique plus élevée. Nous avons trouvé des modifications similaires dans les cellules du pancréas et des testicules.
- Comment expliquez-vous ces différences ?
- Malheureusement, nous aurions aimé poursuivre ces études préliminaires, mais nous n’avons pas pu, car les financements se sont arrêtés… Nous n’avons donc que des hypothèses : les différences peuvent être dues à la composition du soja ou aux résidus de roundup. Je précise que les différences que nous avons constatées ne sont pas des lésions, mais la question est de savoir quel rôle biologique elles peuvent avoir à long terme, et pour cela il faudrait développer une autre étude…
- Pourquoi ne le faites vous pas ?
- Ah ! murmure Manuela Malatesta, en cherchant ses mots. Actuellement, la recherche sur les OGM est un sujet tabou… On ne trouve pas d’argent pour cela. Nous avons tout fait pour trouver un complément de financement, mais on nous a répondu que, comme dans la littérature scientifique, il n’y avait pas de données qui prouvent que les OGM provoquent des problèmes, il était donc totalement inutile de travailler là-dessus. On ne veut pas trouver de réponses aux questions qui gênent… C’est le résultat de la peur diffuse qu’il y a de Monsanto et des OGM en général… D’ailleurs, quand j’ai parlé des résultats de l’étude à certains de mes collègues, ils m’ont vivement déconseillée de les publier, et ils avaient raison, car j’ai tout perdu… mon laboratoire, mon équipe, j’ai dû recommencer à zéro dans une autre université grâce à un collègue qui m’a soutenue…
- Est-ce que les OGM vous inquiètent ?
- Aujourd’hui, oui ! Pourtant au début j’étais persuadée qu’ils ne posaient pas de problème, mais maintenant les secrets, les pressions et la peur qui les entourent, me font douter »…
FIN DE L’EXTRAIT
S’agissant de l’étude (publiée en 1996 dans The Journal of Nutrition) conduite par Stephen Padgette, un chercheur de Monsanto, aujourd’hui vice-président de la firme, je m’y suis également intéressée de très près, pas dans mon film, mais dans mon livre (chapitre 8). Je rappelle qu’elle visait à montrer que la composition en « nutriments et antinutriments » du soja Roundup ready était « similaire » à celle du soja conventionnel. Voici ce que j’ai découvert :
EXTRAIT
C’est précisément pour en avoir le coeur net que Marc Lappé (aujourd’hui décédé) et sa collègue Britt Bailey ont décidé de répéter l’expérience menée par Stephen Padgette. « Pour notre étude, m’explique Britt Bailey, que j ‘ai rencontée à San Francisco en octobre 2006, nous avons planté des graines de soja Roundup ready, ainsi que des graines issues des lignées conventionnelles d’origine, la seule différence étant la présence du gène Roundup ready dans les graines de Monsanto. Je précise que nous avons réalisé les cultures dans des sols strictement identiques avec les mêmes conditions climatiques pour les deux groupes. Les pousses de soja transgénique ont été aspergées de Roundup, en respectant les recommandations de Monsanto. En fin de saison, nous avons récolté les grains issus des deux groupes et nous avons comparé leur composition organique.
- Quels furent les résultats ?
- Nos analyses ont montré des différences importantes entre le soja Roundup ready et le soja conventionnel, et notamment un niveau d’isoflavones, et donc de phytoestrogènes, de 12 % à 14 % moins élevé, ce qui prouve clairement que la composition du soja Roundup ready n’est pas équivalente au soja conventionnel. Nous avons envoyé nos données à la FDA, mais elle ne nous a jamais répondu…
- Comment a réagi Monsanto ?
- Nous avons proposé notre étude au Journal of Medicinal Food qui l’a donc soumise à des relecteurs. Elle a été acceptée et sa publication a été fixée au 1er juillet 1999. Curieusement, une semaine avant la publication, alors que selon l’usage l’article était encore sous embargo, l’Association américaine du soja, connue pour ses liens avec Monsanto, a publié un communiqué de presse affirmant que notre étude n’était pas rigoureuse. Nous n’avons jamais su d’où venait la fuite… » J’ai retrouvé le communiqué de l’association (dont je rencontrerai bientot le vice-président), sur le site britannique de… Monsanto, qui en présente une version française ! « L’ASA a foi dans les analyses de soja Roundup ready menées par les services de tutelle aux États-Unis et dans le monde et aux études scientifiques qui les étayent et qui montrent une équivalence entre le soja Roundup ready et le soja classique… », y est-t-il écrit dans une langue de bois qui égratigne un peu la langue de Voltaire3... « Comment expliquez-vous que Monsanto ait conclu que les deux sojas étaient équivalents ?, demandé-je.
- Je pense que la faille principale de leur étude, c’est qu’ils n’ont pas arrosé les grains avec du Roundup, ce qui invalide complètement l’étude car le soja Roundup ready est fait pour être arrosé d’herbicide !
- Comment le savez-vous ?
- Grâce à une étourderie du service juridique de Monsanto ! » Et Britt Bailey de me montrer une lettre adressée par Tom Carrato, l’un des avocats de Monsanto, à Vital Health Publishing, un éditeur qui était alors sur le point de publier un livre qu’elle avait écrit avec Marc Lappé sur les OGM. À dire vrai, ce courrier daté du 26 mars 1998, fait froid dans le dos tant il en dit long, encore une fois, sur les pratiques de la firme. Après avoir expliqué qu’il avait été informé de l’imminence de la publication dans un article du Winter Coast Magazine, le conseil écrit, avec une assurance déconcertante : « Les auteurs du livre prétendent que le Roundup est toxique. Que veulent-ils dire par ‘toxique ‘ ? Chacun sait que toute substance, qu’elle soit synthétique ou naturelle, est capable d’être toxique à une certaine dose. […] Quiconque a bu plusieurs tasses de café ou observé une personne boire de l’alcool sait que tout est affaire de dose et de seuil à ne pas dépasser. […] Ces erreurs doivent être corrigées avant la publication parce qu’elles […] dénigrent et diffament potentiellement le produit. » Un peu plus loin, Tom Carrato défend l’étude réalisée par Stephen Padgette et fait, en effet, un bel aveu : « Les tests menés sur du soja Roundup ready non pulvérisé ne montrent aucune différence dans les niveaux d’oestrogène. Les résultats ont été publiés dans un article relu par des pairs dans le Journal of Nutrition en janvier 1996. » « En tout cas, la lettre a été efficace, soupire Britt Bailey, car notre éditeur a renoncé à publier notre livre, et nous avons dû en chercher un autre5...
- Savez-vous si les résidus de Roundup que l’on trouve immanquablement sur le soja transgénique ont été évalués, d’un point de vue sanitaire ?, demandé-je.
- Jamais ! En écrivant notre livre, nous avons découvert qu’en 1987 le niveau de résidus de glyphosate autorisé sur les grains de soja était de six parts par milliard. Et puis bizarrement en 1995, un an avant la mise sur le marché du soja Roundup ready, le niveau permis par la FDA est passé à vingt ppm. J’ai parlé avec Phil Errico, le directeur du département glysophate à l’EPA, et il m’a dit : ‘ Monsanto nous a fourni des études qui montraient que 20 ppm ne posaient pas de risque pour la santé et le niveau autorisé a été changé’. Bienvenue aux États-Unis ! » Pour être honnête, l’Europe ne vaut guère mieux : d’après une information publiée par Pesticides News, en septembre 1999, en réponse à l’importation du soja transgénique américain, la communauté européenne a multiplié par deux cents le taux de résidu de glyphosate autorisé en le portant de 0,1 mg/kg à 20 mg/kg…
FIN DE L’EXTRAIT
- Concernant l’« argument numéro 4 », où M. Kuntz met en cause la pertinence de mon enquête sur les dégâts du conton transgénique Bt en Inde : j’ai déjà répondu à cet argument dans le message intitulé « Inde » (rubrique « l’actualité des OGM »). Je note que M. Kuntz cite, sans sourciller, les chiffres de l’ISAAA, un institut financé notamment par Monsanto, ainsi que le révélait récemment Le Monde…
- Concernant l’« argument numéro 5 », où M. Kuntz met en cause les travaux d’Ignacio Chapela sur la présence de maïs OGM au Mexique, je dois dire qu’on atteint là le summum de la mauvaise foi. Les travaux du Pr. Chapela n’ont pas « été contredits par d’autres », mais bel et bien confirmés, ainsi que je l’explique longuement dans mon livre (Cf chapitre 12). M. Kuntz ignore aussi superbement la campagne de diffamation lancée contre le chercheur de Berkeley sur Internet par de faux scientifiques créés de toutes pièces par Monsanto, ainsi que je l’ai déjà expliqué dans mon message « appel à la vigilance » (rubrique « les nouvelles de la toile »). Ce qui prouve, que la « firme n’a aucune envie de convaincre avec des arguments » et qu’« elle est prête à tout pour imposer ses produits partout dans le monde, y compris à détruire la réputation de tous ceux qui peuvent lui faire obstacle… », ainsi que me l’a expliqué Jonathan Matthew, qui a découvert les « méthodes très sales de Monsanto ». Par ailleurs, si le Pr. Chapela a été si vivement attaqué, c’est surtout pour la deuxième découverte que livrait son étude, ainsi qu’il me l’a expliqué, lorsque je l’ai rencontré à San Francisco.
EXTRAIT :
« Le deuxième point de notre étude était beaucoup plus sérieux pour Monsanto et consorts. En effet, en cherchant où étaient localisés les fragments d’ADN transgénique, nous avons constaté qu’ils s’étaient insérés à différents endroits du génome de la plante, de manière complètement aléatoire. Cela signife que, contrairement à ce qu’affirment les fabricants d’OGM, la technique de manipulation génétique n’est pas stable, puisqu’une fois que l’OGM se croise avec une autre plante, le transgène éclate et s’insère de manière incontrôlée. Les critiques les plus virulentes se sont surtout concentrées sur cette partie de l’étude, en dénonçant notre incompétence technique et notre manque d’expertise pour pouvoir évaluer ce genre de phénomène. » Le fait que les « transgènes soient instables a des « implications graves », commente Science, « étant donné que le comportement d’un gène dépend de sa place dans le génome, l’ADN déplacé pourrait créer des effets absolument imprévisibles ». « Cela sape la prémisse fondamentale selon laquelle la manipulation génétique est une science sûre et exacte », renchérit le journaliste du East Bay Express…
FIN DE L’EXTRAIT
Je note que la découverte du Pr. Chapela était confirmée, à peu près au même moment, par Marc de Loose, un chercheur belge, qui a découvert un « fragment d’ADN inconnu dans une variété de soja génétiquement modifié de Monsanto », preuve que la manipulation est tout sauf une « science exacte » (Le Monde, 19/8/2001).
Quant au « militant anti-OGM » mexicain qui s’exprime dans mon film, s’il l’est devenu c’est tout à fait par hasard : c’est parce qu’il a été contacté par des paysans indiens, inquiets de voir subitement des « maïs bizarres » dans leurs champs, qu’il a décidé de faire tester les « monstres » : ceux-ci ont révélé qu’ils contenaient un transgène, dû au croisement d’un maïs transgénique avec un maïs traditionnel…
En guise de conclusion :
Les arguments pseudo-scientifiques de M.Kuntz visent à noyer le lecteur pour semer le doute sur ma capacité à comprendre réellement le sujet que je traite. C’est ce que j’appelle de l’arrogance. Je n’ai certes pas de doctorat en biologie, mais un bac scientifique qui m’a amplement suffi pour assimiler la matière et surtout saisir les enjeux et poser les bonnes questions. Surtout, loin de commenter le film, M. Kuntz botte systématiquement en touche, en ignorant avec une malhonnêteté stupéfiante, ce que disent réellement les interlocteurs de mon film.
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04.05.2008
OGM : à rappeler aux députés avant le 13 mai
La majorité des Français, vos électeurs, sont pour le principe de précaution.
Ils seront attentifs à votre vote.
(voir : http://www.infogm.org/spip.php?article3422)
mars 2008
Selon les résultats d’un sondage réalisé par CSA en février 2008 à la demande de l’association Greenpeace, 71% des sondés souhaiteraient avoir la liberté de consommer sans OGM, notamment par le biais d’un étiquetage "sans OGM" [1]. Mais, précision de taille, ces sondés indiquent que cette étiquette devrait garantir 0% d’OGM, et non moins de 0,9% comme cela pourrait être proposé par le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo. Dans le même temps, selon un autre sondage réalisé par Ifop et commandé par le ministère de l’Écologie, 77% des sondés approuvent la décision gouvernementale de suspendre l’autorisation de mise en culture du maïs Mon810 [2].
Notes
[1] http://blog.greenpeace.fr/news/nouv...
“...Pour 72% d’entre eux, il est important de pouvoir consommer des produits « sans OGM » et, pour 71% des personnes interrogées, le « sans OGM » doit être véritablement « sans OGM », et non un « sans OGM » contaminé jusqu’à 0,9%, comme le projet de loi le prévoit. Enfin, 60% des Français estiment que la France a plus intérêt à développer sa production sans OGM plutôt qu’à développer des cultures commerciales d’OGM, contre seulement 12% qui pensent le contraire.
« La volonté des citoyens est sans équivoque ! Une très grande majorité d’entre eux, quels que soient leur âge ou leurs préférences politiques, veut consommer des produits sans OGM. Or, le projet de loi, et à plus forte raison si les amendements de M.Bizet et de la Commission économique étaient adoptés, ne garantit pas du tout cette liberté et ce droit à produire et consommer sans OGM » déclare Arnaud Apoteker de Greenpeace France.”...
[2] http://www.leparisien.fr/home/info/...
“ La position des Français sur les OGM se durcit. Selon deux sondages, les deux tiers n'en veulent plus dans leur assiette. Et ils approuvent en masse la suspension du maïs Mon 810. Demain, le projet de loi OGM arrive en débat au Sénat.
ON LES SAVAIT réticents à la culture des OGM en plein champ. La hantise des Français va désormais plus loin puisqu'ils n'en veulent pas une trace dans leur assiette. Selon un sondage Ifop pour le ministère de l'Ecologie, 77 % approuvent la décision du gouvernement de suspendre la commercialisation du Mon 810, seul maïs OGM cultivé en France. Alors que le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés sera étudié à partir de demain au Sénat, un autre sondage CSA réalisé pour Greenpeace montre que 72 % des Français jugent « important » de pouvoir consommer des produits sans OGM. Ils sont même 71 % à exiger qu'un produit « sans OGM » ne contienne absolument aucun élément génétiquement modifié (alors que l'étiquetage n'est aujourd'hui obligatoire que si le produit contient plus de 0,9 % d'OGM). “...
17:22 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.04.2008
OGM : la route est longue, encore ...
..."Peut-on interdire les importations ? "La culture du MON 810 a été interrompue au nom d'une problématique environnementale, et non sanitaire, donc nous pouvons continuer à importer", fait savoir le ministère de l'agriculture. De plus, une telle décision engendrerait un différend commercial, qui devrait se régler devant l'Organisation mondiale de commerce (OMC). L'Autriche continue pourtant de bloquer l'arrivée d'OGM sur son territoire, mais s'expose à des pressions commerciales de Washington, que les militants de Greenpeace ont dénoncé fin mars à Vienne lors d'une manifestation."...
..."autre hypocrisie du système : le manque d'information et de transparence des citoyens sur le fait que les OGM (importés) sont couramment utilisés en France. Selon la réglementation européenne, si les sacs d'alimentation du bétail sont obligatoirement étiquetés "OGM", la viande, le lait, les oeufs, même s'ils sont issus d'animaux nourris aux cultures transgéniques, ne le sont pas. "...
20:05 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.03.2008
OGM et principe de précaution : une lettre ouverte
Pour information :
LE TEXTE CI-DESSOUS EST À DIFFUSER ET À ENVOYER AUX DÉPUTÉS
AVANT LE VOTE DE LA LOI LE MERCREDI 2 AVRIL.
Les adresses e-mail des députés peuvent être trouvées sur le site de l’Assemblée Nationale :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/tribun/comm3.asp
SI VOUS AVEZ UN BLOG, mettez le texte sur votre blog (faites un copié/collé)
SI VOUS AVEZ UNE ASSOCIATION, envoyez le texte à partir de l’adresse de votre association et informez l’association “Une place pour Tous !” de votre envoi.
(e-mail : [email protected])
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Collectif d'Associations pour le principe de précaution : "Planète Unique"
Association "Une place pour Tous" ; Association selon la loi 1901 n°w343003036
Lettre ouverte aux élus de la Nation
L’histoire de la science est faite d’une succession de victoires... et de défaites. Seulement, on ne retient que les victoires si bien que la science est perçue nécessairement comme un vecteur de progrès.
C’est ainsi que les OGM sont considérés comme un progrès dont l’agriculture mondiale ne pourra se passer. Qu’il faudra, bon gré malgré, les accepter, en dépit des risques environnementaux et sanitaires que présente leur culture en plein champ. Qu’on n’a pas d’autre choix que d’adhérer à cette technologie, promue à marche forcée par des lobbies agro-chimiques qui s’affranchissent des contrôles que le principe de précaution exige. Aussi entendons-nous, ici et là, qu’il ne peut y avoir d’autres voies. Face à ces lobbies, il faudrait, semble-t’il, soutenir nos firmes agro-alimentaires afin qu’elles puissent faire contrepoids et ouvrir une concurrence profitable à tous.
En toute sincérité, nous avons du mal à y croire ! Pour une raison simple : les promoteurs de ces nouvelles technologies destinées à l’agriculture sont mûs par des stratégies purement mercantiles. Ils visent à promouvoir leurs produits et visent un monopole sur la distribution des semences et le contrôle de leur utilisation. Cette situation, absolument nouvelle dans l’Histoire de l’Humanité, a des répercussions potentielles d’une ampleur telle qu’elle mérite une réflexion approfondie et une remise à plat des règles existantes sur les brevets pouvant être pris sur les organismes vivants.
Osons donc sortir de ce ghetto intellectuel nous imposant une vision unique du progrès. Et ayons confiance en ce fantastique pouvoir d’innovation dont l’homme est capable dès lors qu’il a un défi à relever.
Rappelons tout d’abord que les OGM sont le résultat d’une technologie développée dans des laboratoires publics pour la recherche fondamentale en génétique moléculaire. Ces techniques, utilisées dans le confinement des laboratoires, étaient licites pour l’acquisition de connaissances nouvelles. Le sont-elles pour créer, par exemple, des plantes OGM dont la seule finalité est de résister à des herbicides chimiques ? Peut-on accepter que de telles plantes, qui n’ont pas été créées pour avoir des qualités nutritionnelles améliorées mais simplement pour faciliter l’utilisation de produits toxiques, puissent être cultivées en plein champ sans une évaluation approfondie de leur impact sur l’environnement ? Ceci alors que l’on sait que, par la diffusion de leur pollen, elles vont le modifier de façon irréversible à plus ou moins long terme ?
Il y a d’autres voies à explorer pour aider l’agriculture à répondre aux besoins fondamentaux de l’humanité, qui ne sont pas que des besoins en quantité de nourriture. Par exemple, il faut encourager la mise au point de plantes nécessitant moins d’irrigation, ou n’ayant pas besoin d’être semées chaque année, ou capables d’utiliser l’azote de l’air comme engrais, ou ayant une plus grande valeur nutritive. De tels développements peuvent se faire soit par génie génétique, soit par des croisements génétiques conventionnels. Et dans le cas des OGM, il faut évaluer sérieusement leur impact potentiel sur l’environnement et la santé avant d’autoriser leur culture en plein champ.
Notre actualité est riche de mises en garde sur cette vision de la science “nécessairement porteuse de progrès”. Rappelons-nous un passé très proche, à savoir la crise de la vache folle et l’émergence et des maladies à prions qui en ont résulté. En Grande Bretagne on a commencé à dénombrer des centaines de victimes et ce n’est
certainement que le début de l’épidémie ! En France vient d’éclater l’affaire des hormones de croissance provoquant la maladie de Kreutzfeld-Jacob en raison de ses conditions de fabrication, et des centaines de jeunes traités par cette hormone vont y laisser la vie.
Pour ces raisons, il nous paraît important que le principe de précaution, qui a désormais une valeur constitutionnelle, soit impérativement observé et, pour chaque parlementaire, intégré dans le processus législatif.
En effet, l'Article 5 de la Charte de l’Environnement de 2004 précise que :
« Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »
De par ce texte, le risque de dommage impose la mise en œuvre impérative du principe de précaution, car la responsabilité des élus et des dirigeants ministériels sera engagée en cas de catastrophe sanitaire liée à l’utilisation des OGM.
Rappelons que de multiples instruments juridiques internationaux prennent en compte les droits humains fondamentaux, dans leur dimension indivisible et universelle, de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 à la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Ainsi, la France a été signataire, en avril 1997, de la Convention pour la protection des Droits de l'Homme et de la dignité de l'être humain à l'égard des applications de la biologie et de la médecine, dite Convention d'Oviedo du Conseil de l'Europe.
Cette convention précise dans son Article 1 : Objet et finalité
« Les Parties à la présente Convention protègent l'être humain dans sa dignité et son identité et garantissent à toute personne, sans discrimination, le respect de son intégrité et de ses autres droits et libertés fondamentales à l'égard des applications de la biologie et de la médecine.»
« Chaque partie prend dans son droit interne les mesures nécessaires pour donner effet aux dispositions de la présente Convention. »
« Article 2 : Primauté de l'être humain
« L'intérêt et le bien de l'être humain doivent prévaloir sur le seul intérêt de la société ou de la science. »
« Chapitre X – Article 28 - Débat public.
« Les parties à la présente Convention veillent à ce que les questions fondamentales posées par les développement de la biologie et de la médecine fassent l'objet d'un débat public approprié à la lumière, en particulier, des implications médicales, sociales, économiques, éthiques et juridiques pertinentes, et que leurs possibles applications fassent l'objet de consultations appropriées. »
La France doit, en vertu de sa Constitution du 4 octobre 1958, honorer ses engagements internationaux et appliquer strictement l'esprit et la lettre de cette Convention d'Oviedo.
Or, tel qu’il a été amendé par le Sénat, le projet de loi, en avalisant la contamination des cultures conventionnelles par les cultures transgéniques en-dessous d’un seuil de 0.9%, ne répond pas à ce souhait. Il promeut, de fait, le droit de produire et de consommer avec OGM au détriment du droit de produire et de consommer sans OGM, l’agriculture biologique s’en trouvant ainsi la première victime. Rappelons ici que le rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture souligne que l’agriculture biologique a un potentiel suffisant pour satisfaire la demande alimentaire mondiale. Au vu de ce déséquilibre ainsi que des risques environnementaux et sanitaires que font encourir les cultures transgéniques en plein champ, nous vous demandons instamment de légiférer dans le respect d’un principe de précaution strict.
En conclusion, il est important de prendre conscience d’une vérité dont la logique ne peut être mise en défaut : évoluer vers un monde meilleur et une société harmonieuse suppose une mise en adéquation de ce qui est souhaitable et de ce qui est possible. Donc il faudra nécessairement adapter la démographie et les besoins aux ressources disponibles. Car notre planète Terre est un espace limité et ses ressources le sont aussi.
Fait à Tours et Montpellier, le 28 mars 2008
Collectif Citoyen pour le Principe de Précaution
23:30 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Après la France, la Roumanie dit non au maïs OGM
lu sur univers-nature.com :
27-03-2008
Après la France, la Roumanie dit non au maïs OGM
Avec 3 millions d’hectares de maïs cultivés chaque année, la Roumanie est le premier producteur de maïs de l’Union européenne (UE). Après avoir testé, avant de l’abandonner, le soja transgénique, le pays avait ouvert ses portes au maïs MON 810 de Monsanto.
En 2007, si 300 hectares avaient été encore semés en MON 810, la saison 2008 s’annonce à 100 % sans OGM, Attila Korodi, le Ministre de l’Environnement et du développement durable ayant déclaré aujourd’hui être '… en possession d’études montrant que les OGM ne sont pas sûrs pour la santé humaine et l’environnement… Nous avons donc mis en place un comité des biotechnologies qui va travailler à partir de ces études et rendre un avis scientifique (vers le 15 avril, N.D.L.R.)'. En attendant, le ministre, qui s’exprimait au cours d’une réunion organisée par Greenpeace sur les aliments bio roumains, a demandé aux agriculteurs de ne pas semer de maïs MON 810, considérant qu’il y a '… trop de questions pour laisser cultiver des OGM en Roumanie sans rien faire'.
Greenpeace se félicite évidemment de cette annonce, Arnaud Apoteker considérant que 'Avec des moratoires en France et en Roumanie, ce sont les principaux producteurs de maïs européens qui refusent les OGM. Ils envoient ainsi un message fort au reste du monde et à la Commission européenne sur les risques que cette technologie comporte'.
Alors que la Roumanie est le 7e pays de l’UE à interdire les OGM, après la France, la Hongrie, l’Italie, l’Autriche, la Grèce et la Pologne, l’Espagne, seul pays où les OGM demeurent cultivés à grande échelle, se trouve de plus en plus isolée sur la scène européenne. Néanmoins, rappelons qu'au niveau mondial les OGM ont encore progressé en 2007.
Pascal Farcy
11:51 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2008
Les allergies dues aux pollens vont augmenter
18:54 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.03.2008
le tritium dans l'environnement
lu dans www.univers-nature.com (lien ci-contre)
21-03-2008
Sous-estimation des risques liés aux rejets de l’industrie nucléaire
L’association pour le Contrôle de la Radioactivité de l’Ouest (ACRO), laboratoire français indépendant, s’inquiète du peu d’attention accordée au traitement de l’un des deux principaux nucléides (1) rejetés par la filière du nucléaire : le tritium (l’autre étant le Carbone 14). Alors que la France a été choisie pour accueillir le projet de réacteur expérimental ITER, dont le mode de fonctionnement devrait générer, d’importantes quantités de cette substance, l’association invite les experts à en réévaluer le degré de toxicité.
Le tritium est « l’isotope radioactif de l’hydrogène auquel il se substitue au cours d’un processus métabolique ». Son stockage entraînant des coûts élevés, les exploitants nucléaires ont bénéficié de normes les autorisant à disperser l’élément radioactif dans l’environnement, arguant de « sa très faible toxicité ». Ce laisser-aller n’est pas sans conséquence, comme l’illustre la pollution au tritium de la nappe phréatique située sous le Centre de Stockage de la Manche (CSM), qui perdure depuis plus de 30 ans d’après les déclarations de l’ACRO.
Le transfert de la substance radioactive en milieu aquatique pourrait en effet avoir de lourdes retombées sur l’ensemble de l’écosystème, estiment les scientifiques. S’intéressant au phénomène de la « bio accumulation », ils ont démontré que l’incorporation du tritium à la matière organique lui permettait de s’introduire à chacune des étapes de la chaîne alimentaire. Il pénètre ainsi dans l’organisme des cétacés, des mollusques et des poissons.
Plus préoccupant, ce processus de transmission s’intensifie lors de l’assimilation du tritium par les molécules organiques. Une enquête menée par l’ACRO dans la baie de Cardiff, située au Sud du Pays de Galles, a révélé que les teneurs en tritium prélevées sur les poissons plats étaient 1 000 à 10 000 fois supérieures à celles contenues dans l’eau de mer du même site.
Bien que le tritium ne soit pas l’élément radioactif le plus toxique issu de l’industrie nucléaire, son déversement dans la nature reste préoccupant en raison du volume des quantités générées. L’échéance fixée par la loi du 28 juin 2006 apporte certes une note d’espoir, imposant aux industriels « la mise au point pour 2008 de solutions d’entreposage des déchets contenant du tritium permettant la réduction de leur radioactivité avant leur stockage en surface ou à faible profondeur ». Mais des démarches doivent être menées en parallèle afin de mieux cerner les risques qu’implique l’exposition prolongée à ce type de radioactivité, si l’on veut être en mesure de les éviter.
Cécile Cassier
1- Un nucléide est un type de noyau atomique, identifiable par le nombre de protons et de neutrons qui le composent.
NOTE: dans l'organisme, toute molécule radioactive est susceptible de provoquer des mutations de l'ADN. Ce pouvoir mutagène est plus ou moins important selon l'énergie du rayonnement émis.
09:55 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2008
le monde selon Monsanto
...""Sur son site Internet, Monsanto se présente comme une compagnie agricole dont l'objectif est d'aider les paysans à produire des aliments plus sains tout en réduisant l'impact de l'agriculture sur l'environnement", explique la réalisatrice. Ni l'un ni l'autre n'est vrai. Certains de ces aliments sont dangereux et l'effet sur la nature est catastrophique à long terme. Fondée en 1901 à Saint Louis (Missouri), la firme est une dangereuse récidiviste. Elle a commencé comme une entreprise industrielle fabriquant des produits chimiques.
Elle a notamment concocté des quantités impressionnantes de dioxine, le poison hyper-concentré contenu dans l'agent orange dispersé par l'aviation américaine au-dessus des forêts pour détruire la végétation pendant la guerre du Vietnam. Les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, avec la naissance d'enfants difformes et des séquelles chez bon nombre d'anciens combattants américains exposés à ce redoutable produit. Ce cauchemar est-il en train de recommencer sous nos yeux, sous d'autres formes ? Il y a cette hormone injectée aux vaches laitières pour accroître leur rendement qui les transforme, peu ou prou, en animaux Frankenstein.
On connaît bien désormais, parce qu'il a été souvent fauché par José Bové, le maïs étonnant qui donne des épis plus gros que les autres. Nul ne sait pour l'instant s'il n'a pas lui aussi des propriétés mortifères. Mais on est sûr qu'il est en train d'éliminer, peu à peu, les autres espèces de maïs, y compris dans l'espace originel de la plante, au Mexique.
On aurait aimé, évidemment, avoir la réponse de Monsanto à ces accusations. La firme a décliné cette offre. C'est dommage."
LE DVD DE L'ÉMISSION EST DISPONIBLE DANS LES MAGASINS "Nature et Découverte" au prix de 14€95
À VOIR ABSOLUMENT !
19:30 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2008
pollution des océans
..." l'impact de cette pollution est aujourd'hui "sous-estimé". Quelque 245 millions de tonnes de plastique ont été produites dans le monde en 2006. Une partie, difficile à quantifier, aboutit à l'océan. La matière, très légère, est transportée par le vent, mais surtout par les fleuves et les systèmes d'évacuation des eaux urbaines. Sans oublier les déchets abandonnés sur les plages. Environ 80 % du plastique retrouvé en mer vient de terre. Seuls 20 % sont issus des navires.
Le plastique a beaucoup de qualités. Il est peu cher, pratique et très résistant. Trop résistant, justement, quand il échappe aux circuits de collecte et de destruction des déchets. Il semble indestructible dans la nature. "Personne ne sait combien de temps il met à disparaître complètement, explique M. Andrady. Il peut se fragmenter au point de se transformer en poudre, mais il est toujours là. Aucun micro-organisme n'est capable de le dégrader complètement. Tout le plastique qui s'est échappé dans l'environnement depuis qu'on en fabrique y est encore."
Impossible de nettoyer l'océan. "Cela reviendrait à essayer de passer le Sahara au tamis", dit Charles Moore. La seule solution, selon lui, est de développer le plastique recyclable, biodégradable, aujourd'hui très minoritaire, et de changer nos habitudes. "Nous devrions réserver le plastique aux objets dont nous voulons vraiment qu'ils durent."
19:50 Publié dans nature/environnement/santé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

