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07.04.2008

Qu'est-ce qu'on s'amuse !

lu sur lemonde.fr
JO: Paris met la flamme olympique sous l'éteignoir
07.04.08 | 18h14

Par Thierry Lévêque et Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Sous la pression des défenseurs des droits de l'homme et du Tibet, le voyage de la flamme olympique d'Athènes à Pékin a sombré dans le chaos lundi à Paris où la torche a effectué une grande partie du trajet en autocar.
Le relais de 28 km prévu dans la capitale a été purement et simplement abandonné en fin de parcours après avoir été jalonné d'incidents et d'arrestations - au moins 23 selon l'association Tibet Libre - parfois musclées.
La flamme n'est sortie de l'autocar où elle avait été mise en sécurité à plusieurs reprises que devant le Stade Charléty, dernière étape du relais, dans les mains du joueur de football Pedro Pauleta qui l'a remise à la nageuse Christine Caron.
Symbole du désordre qui a régné toute la journée, la torche avait auparavant été momentanément éteinte, "en raison d'un problème technique sur le porte-flamme", a-t-on déclaré à la préfecture de police.
L'événement rare s'est produit alors que le relais passait sur la rive gauche de la Seine près d'Issy-les-Moulineaux.
La torche a repris sa route dans les mains notamment du judoka David Douillet, double champion olympique.

Le reste de sa progression n'a été qu'un long parcours du combattant malgré le déploiement de près de 3.000 policiers, dont certains accompagnaient le cortège en rollers ou à vélo.

Le premier incident avait éclaté dès le départ au premier étage de la Tour Eiffel.

Au cri de "Liberté pour le Tibet", Sylvain Garel, président des élus Verts au conseil de Paris, a tenté d'arracher la flamme à son premier porteur, l'athlète Stéphane Diagana, ancien champion du monde du 400 mètres haies.
Diagana a quitté la Tour Eiffel entouré de policiers. Il portait le badge spécial, frappé des cinq anneaux olympiques et du slogan "Pour un monde meilleur", conçu par les athlètes français pour l'occasion.
"Ce badge que l'on porte, c'est un message d'amour, de solidarité et de partage", a-t-il dit.

DRAPEAU NOIR

Des militants de Reporters sans frontières (RSF) ont déployé sur la Tour Eiffel un drapeau noir frappé des anneaux olympiques déformés en menottes et se sont enchaînés au monument.
Juste en face de la Tour Eiffel, de l'autre côté de la Seine, des défenseurs de la cause tibétaine ont manifesté sur le Parvis des droits de l'homme devant le Palais du Trocadéro.
Plusieurs personnalités se sont associées au rassemblement. Noël Mamère, ancien candidat des Verts à la présidence de la République, a vivement mis en cause Jacques Rogge, président du Comité international olympique.

"Rogge est un paillasson, le collabo d'un régime auquel il a donné les Jeux il y a sept ans", a-t-il dit.

Reporters sans frontières a déployé son drapeau noir Avenue Marceau où la flamme est arrivée avec près d'une heure de retard sur son horaire toujours à bord de l'autocar que précédaient une quarantaine de véhicules de police.
Des militants de l'association ont également lancé des fumigènes et des tracts du haut des tours de Notre Dame.
L'affaire avait auparavant pris des allures d'incident diplomatique lorsque la flamme a brûlé l'étape de l'Hôtel de Ville sur lequel était affiché un panneau disant: "Paris défend les droits de l'homme partout dans le monde"..

"Les autorités chinoises n'ont pas souhaité que la flamme s'arrête devant l'Hôtel de Ville", a déclaré le maire de Paris, Bertand Delanoë.

"C'est de leur responsabilité. J'avais cru comprendre que l'attribution des JO à Pékin était un signe d'ouverture."

Les quatre groupes parlementaires ont suspendu leurs travaux pour manifester leur solidarité aux Tibétains lors du passage de la flamme olympique devant l'Assemblé nationale.
A Pékin, la directrice des médias du comité d'organisation des Jeux de Pékin, Wang Hui, a condamné tout en les minimisant les manifestations qui avaient déjà commencé à Londres dimanche.
"Nous condamnons fermement ces quelques séparatistes. Leurs actions seront condamnées à travers le monde et sont vouées à l'échec", a-t-elle dit.

Le trajet de la flamme dont Pékin aurait voulu faire "le voyage de l'harmonie" est long de 137.000 km à travers 21 grandes métropoles du monde et toutes les provinces chinoises, y compris le Tibet et une ascension de l'Everest.

San Francisco sera la prochaine étape. De nouvelles manifestations sont prévues.

Avec Jean-Paul Couret

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