« Mobilisation internationale pour faire cesser les violences à Gaza | Page d'accueil | un blog sur le climat »
13.03.2008
Les pays pollueurs évoquent leur avenir industriel
lu sur lemonde.fr
13.03.08 | 14h11
Par David Fogarty
TOKYO (Reuters) - Les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre se réunissent à partir de vendredi au Japon dans le cadre du G20 pour tenter de s'accorder sur les méthodes de réduction des émissions et sur l'octroi aux pays pauvres d'une aide à la mise en place de sources d'énergie propres.
Le G20, qui réunit les principaux pays pollueurs, des Etats-Unis et de la Chine jusqu'à l'Indonésie, le Brésil et l'Afrique du Sud, représente environ 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
L'objectif de fond de ces pays reste, avant 2010, la conclusion d'un accord de réduction des émissions de dioxyde de carbone, premier gaz pointé du doigt pour sa responsabilité dans le réchauffement climatique.
Cette réunion des ministres de l'Environnement et de l'Energie du G20, pour trois jours, a lieu trois mois après le sommet de Bali en Indonésie, qui a lancé deux années de négociations sous l'égide des Nations unies afin de définir un successeur au protocole de Kyoto.
"Je pense que tous les pays veulent faire avancer ce processus. Tous les pays veulent voir un progrès des négociations", a déclaré Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention-cadre de l'Onu sur le changement climatique.
"Si les pays industrialisés pouvaient, à la réunion du G20, s'accorder sur la portée de la réduction des émissions, cela ferait grandement avancer le processus", a ajouté De Boer.
Le Japon, qui accueillera aussi cette année le sommet du G8, s'est prononcé en faveur d'une réduction des émissions de 50% par rapport à leur niveau de 1990, avant 2050.
L'an dernier, lors du sommet du G8 en Allemagne, Berlin n'était pas parvenu à convaincre ses partenaires de s'engager sur des objectifs chiffrés. Selon De Boer, viser le milieu du siècle n'est, de plus, pas d'un grand secours pour les entreprises désireuses d'investir à court terme dans les énergies propres.
OBJECTIFS PAR SECTEUR
De nombreux pays en développement ne souhaitent pas s'astreindre à des objectifs chiffrés et arguent qu'il appartient aux pays riches de réduire d'abord leurs propres émissions et de financer des sources d'énergie propres chez leurs partenaires défavorisés.
Pour le Japon, cinquième émetteur mondial, il convient d'imposer des limites individualisées aux différents secteurs industriels, tels que les aciéries ou les centrales énergétiques.
Cette approche sectorielle reçoit toutefois dans les autres pays un accueil mitigé, selon Yvo de Boer.
"Le Japon favorise un modèle dans lequel on fait de l'usine la plus efficace d'un certain type le modèle vers lequel les autres usines du même secteur doivent tendre. Des pays comme la Chine et l'Inde, en revanche, sont nettement plus intéressés par une approche graduelle, où l'on considère la situation globale d'un secteur et où l'on essaye de l'améliorer progressivement", a indiqué De Boer.
La Chine, deuxième pays émetteur après les Etats-Unis, s'était par le passé opposée à des objectifs sectoriels.
Toutefois, selon une source au sein de l'industrie ayant requis l'anonymat, Pékin se serait montré lors de récentes réunions prêt à envisager la mise en place de telles limitations.
Lors de la réunion du G20, à Chiba près de Tokyo, devra également être évoquée la création d'un fonds multilatéral destiné à aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement.
Washington, Londres et Tokyo se sont déjà prononcées en faveur de ce fonds. Le Japon a par ailleurs annoncé en janvier la mise en place d'un système similaire parallèle, financé à hauteur de dix milliards de dollars.
Version française Gregory Schwartz
15:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

