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31.01.2008

Boycotter le thon rouge pour le sauver



"Puisque les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir la survie du thon rouge, menacé par la pêche excessive, c'est à la grande distribution et aux consommateurs de prendre les choses en main en boycottant ce produit."...

la pollution de l'air


30.01.2008

SOUTENEZ KOKOPELLI !

Kokopelli: biodiversité, la fin des illusions

Les verdicts sont tombés, l’Association Kokopelli est lourdement condamnée :

- 12.000 € pour le grainetier Baumaux

- 23.000 € pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).

Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.

C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.

Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000 € augmenté de 10.000 € et recevra 2.000 € pour ses frais.

L’état français recevra 17.500 € au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000 € seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeu des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).

Les condamnations infligées à KOKOPELLI ne sont donc pas à chercher dans la nature des semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.

Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.

Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.

L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.

N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.

Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul Jacquin

Ce communiqué est consultable sur notre site

Association Kokopelli

http://www.kokopelli.asso.fr/index.html

29.01.2008

ACTUALITÉS BANCAIRES

lu sur : http://www.mediapart.fr (lien ci-contre)
Société Générale : Jérôme Kerviel assure que sa hiérarchie était au courant
29/01/2008Par
Auteur:
Fabrice Lhomme

Dans ses déclarations aux policiers, dont MediaPart révèle la teneur, Jérôme Kerviel, le trader accusé d’avoir fait perdre près de 5 milliards d’euros à la Société Générale, met en cause sa hiérarchie, qui aurait « fermé les yeux » sur ses opérations. Il affirme aussi que les opérations de « dissimulation » sont courantes au sein de la banque.

Les dirigeants de la Société Générale ont du souci à se faire. Eux qui doivent déjà assumer les conséquences politiques, financières et médiatiques de l’affaire Kerviel, du nom de ce trader accusé d’avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros à la banque, sont désormais sous la menace de la justice. En effet, le déclarations de Jérôme Kerviel aux policiers de la brigade financière, qui l’ont interrogé en garde à vue du samedi 26 au lundi 28 janvier, donnent au scandale une nouvelle dimension. Si l’on en croit le jeune trader (il a 31 ans), les malversations dont il est suspecté auraient été commises avec l’aval implicite de la direction de la banque.

Selon lui, sa hiérarchie ne pouvait ignorer qu’il avait dépassé les autorisations qui lui avaient été accordées pour des prises de positions très aventureuses sur les marchés. D’entrée, Jérôme Kerviel a donné le ton : « Je ne peux croire que ma hiérarchie n’avait pas conscience des montants que j’engageais, il est impossible de générer de tels profits avec de petites positions. Ce qui m’amène à dire que lorsque je suis en positif, ma hiérarchie ferme les yeux sur les modalités et les volumes engagés. Au quotidien, au titre d’une activité normale avec des engagements normaux, un trader ne peut générer autant de cash. »

Devant les enquêteurs, Jérôme Kerviel a accepté d’évoquer certaines techniques illégales utilisées par les traders pour dissimuler des prises de positions hyper spéculatives. Il a ainsi évoqué la pratique dite du « matelas », dont le but est de masquer certains résultats. « Cette pratique est utilisée dans le seul but de dissimuler de la valorisation », a-t-il confié aux policiers. « Cette valorisation dissimulée est au bon vouloir de chacun, au feeling… Cette pratique du matelas est même utilisée par les managers sur le résultat dégagé par leurs équipes ». Pédagogique, Kerviel a précisé : « Quand un manager, à l’instant T de l’année, estime que son desk a atteint ses objectifs de profits and loss, il peut décider de reporter la trésorerie sur l’exercice suivant, ce en le dissimulant par des moyens divers ». Selon lui, « il y a des coutumes qui permettent une certaine flexibilité accordée ponctuellement à un trader à la faveur des discussions avec le manager. On peut être en dépassement plusieurs jours et effectivement se faire rappeler à l’ordre sauf à réussir à négocier un dépassement plus conséquent ce qui est exceptionnel ».

« Tant que nous gagnons et que cela ne se voit pas trop, que ça arrange, on ne dit rien… » (Jérôme Kerviel aux policiers)

D’après le trader, ses supérieurs l’encourageaient en fait à prendre des risques. « Ce dynamisme requis n’est-il pas une façon induite de vous inciter à prendre le maximum de positions sous l’aspect valeurs et volumes ? », lui ont demandé les policiers. « C’est effectivement ainsi que je le ressens », a lâché le trader, avant d’ajouter : « Tant que nous gagnons et que cela ne se voit pas trop, que ça arrange, on ne dit rien… ». Ebauchant une forme de mea culpa, Jérôme Kerviel a avoué : « En ce qui me concerne, cette valorisation à 1,4 milliard d’euros est importante, certes, mais arrivée trop rapidement -de 500 millions d’euros fin octobre 2007 à 1,6 milliard fin novembre- pour que je puisse la déclarer sans être inquiété. Il est vrai, et je le concède, que cela est hors de proportion avec le résultat déclaré, mais qui est lui-même hors proportion ».


Et Kerviel de conclure par cette formule imagée qui, à ses yeux, résume l’attitude hypocrite de sa hiérarchie : « Pas vu, pas pris. Pris, pendu ! ». Il a aussi précisé : « Je reconnais avoir pris de grosses positions, qui pourraient être qualifiées hors limite de mon mandat, que j’ai masquées par une opération fictive (...) Il est vrai que dans l’hypothèse où je veux garder une position importante sur un terme plus ou moins long, pour ne pas alerter mon manager, je passe une opération fictive de nature à laisser entendre que la position que j’ai prise est couverte par cette fausse opération, ce qui conduit dès lors à flatter mon résultat. Ce qui produit mon gain, c’est ma position réelle uniquement et le jour où ma position fictive tombe, il y a une réactualisation de ma position ».

Interrogé sur ses motivations, Jérôme Kerviel a été clair : « Ce qui m’a motivé à passer ces opérations est de différents ordres mais avant toute chose, j’ai en tête de faire gagner de l’argent à ma banque, c’est ma première motivation, en aucun cas m’enrichir personnellement ». Caustique, il a cru bon de préciser que « les techniques que j’ai utilisées ne sont pas sophistiquées du tout, comme peut le prétendre la presse spécialisée, et à mon sens tout contrôle correctement effectué est à même de déceler ces opérations ». Il a également cité ses deux supérieurs hiérarchiques, Eric Cordelle et Martial Rouyère, disant qu’ils sont intéressés aussi aux résultats : « Plus l’équipe génère du cash, plus le manager sera financièrement intéressé ».

« Je vous informe de l’existence de plusieurs alertes parvenues à ma hiérarchie »
(Jérôme Kerviel aux policiers)

Jérôme Kerviel a tout de même admis un intérêt personnel dans les opérations qu’il a menées : l’obtention de « bonus », ces primes accordées aux traders les plus efficaces. Il a reconnu avoir déclaré 55 millions d’euros fin 2007 et négocié son bonus à partir de cette somme, ridicule en comparaison de ses « vrais » résultats (1,4 milliards d’euros), qu’il avait été obligé de dissimuler, en inventant des pertes fictives, pour ne pas se faire repérer. « Pour 2007, j’ai essayé de négocier un bonus de 600 000 euros et Martial Rouyère m’a laissé entendre que je ne pouvais espérer plus de 300 000 euros. Le bonus devait être versé en mars de l’année suivante », a révélé Kerviel.

« A supposer que votre hiérarchie ait eu connaissance de vos couvertures de positions à l’aide d’opérations fictives, pensez-vous que cela aurait été de nature à remettre en question le montant de votre bonus ? », lui ont demandé les enquêteurs. « Il y a des chances effectivement, mais je reste persuadé qu’ils étaient au courant de mes positions et, en cela, je vous informe de l’existence de plusieurs alertes parvenues à ma hiérarchie », a répondu le trader. Et de préciser : « Durant l’année 2007, plusieurs mails interrogatifs en provenance du back office (le service qui contrôle les opérations sur les marchés) ont été envoyés à plusieurs de mes assistants collaborateurs afin d’obtenir des explications sur les opérations enregistrées dans mon book. Ces mails concernaient des opérations qui ne sont pas redescendues au back office … ». Fort embarrassants pour la banque, ces courriels n’ont pour le moment pas été portés à la connaissance des deux magistrats instructeurs, Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset.

Au cours de son audition, Jérôme Kerviel a livré à la brigade financière quelques éléments psychologiques qui permettent de mieux cerner sa personnalité et peut-être d’expliquer les risques insensés qu’il a pris. Visiblement, le jeune homme, muni d’un simple DESS, nourrissait quelques complexes vis-à-vis de ses collègues sur-diplômés. Embauché en 2000, il a passé cinq ans au « middle office », le service qui assiste les traders, avant d’intégrer enfin la salle des marchés et de réaliser son rêve, devenir trader. « J’avais pris conscience, lors de mon premier entretien en 2005, du fait que j’étais moins bien considéré que les autres au regard de mon cursus universitaire et de mon parcours personnel professionnel. En effet, je ne suis pas arrivé directement au front office (la salle des marchés), je suis passé par le middle office et je suis le seul dans ce cas ».

Mis en examen lundi 28 janvier pour « abus de confiance », « faux et usage de faux » et « introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques », Jérôme Kerviel, qui s’expliquera ultérieurement sur le fond devant ses juges, a été laissé en liberté. Le parquet de Paris avait pourtant requis son placement en détention provisoire. Les juges d’instruction semblent considérer que les risques de fuite du trader sont quasiment nulles, puisqu’il s’est rendu sans difficulté à la convocation des policiers. Ses déclarations, d’où il ressort qu’il relativise sa responsabilité en mettant en cause sa hiérarchie, pourraient également avoir convaincu les deux magistrats qu’ils risquaient d’incarcérer un « bouc émissaire ». Enfin, par nature, le juge Van Ruymbeke n’aime guère recourir à la détention provisoire, ce que lui reprochent d’ailleurs certains de ses collègues mais lui vaut par ailleurs l’estime de la plupart des avocats.

27.01.2008

Décadence (2)


La révolte des petites gares
LE MONDE | 26.01.08

© Le Monde.fr

Décadence (1)


Justice contre corruption



"Bernard Bertossa, ancien procureur général de Genève puis juge au Tribunal pénal fédéral suisse, fût un pionnier en Europe de la lutte contre le blanchiment d'argent. L'ancien haut magistrat suisse a pris sa retraite début janvier. Désormais libre de parler, ce spécialiste de la grande délinquance financière dénonce les obstacles auxquels se heurtent ses pairs, y compris en France.

En octobre 1996, avec six magistrats européens, vous avez lancé l'Appel de Genève. Vous demandiez l'instauration d'un véritable espace judiciaire en Europe. Douze ans après, existe-t-il ?

Non, en ce qui concerne la lutte contre la grande délinquance financière, cet espace judiciaire n'existe toujours pas. Comme en 1996, il existe des justices nationales confrontées à une criminalité internationale. Il y a eu quelques progrès, comme le mandat d'arrêt européen et l'uniformisation des procédures en matière de saisie des avoirs.

L'entraide judiciaire va plus vite. Mais il n'y a pas d'autorité de poursuite pénale ni d'autorité de jugement ayant une compétence supranationale. Chaque juge reste enfermé dans ses frontières et dépend de la bonne volonté des autres pour faire progresser ses enquêtes financières.

Quel est selon vous le principal obstacle ?
C'est ce nationalisme judiciaire. Des abandons de souveraineté ont eu lieu dans presque tous les domaines, mais la justice continue à être le dernier pré carré de la souveraineté nationale. L'idée qu'un juge étranger puisse agir ailleurs que chez lui donne encore des boutons à la majorité de la classe politique. Il y a là un réel blocage politique et psychologique.

Même chez eux, les juges sont parfois entravés dans leurs actions. Le Français Renaud Van Ruymbeke, l'un des signataires de l'Appel de Genève, est sous le coup d'une procédure disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature, à propos de son attitude dans l'affaire des faux listings Clearstream. Qu'en pensez-vous ?
Je connais bien M. Van Ruymbeke. C'est un parfait honnête homme. Dans le cadre de son enquête sur les frégates de Taïwan, il a eu recours à une pratique admise en droit français (rencontrer un témoin hors procédure pour protéger son anonymat). J'ai du mal à comprendre qu'on puisse lui en faire grief.

Il est incroyable que la justice française mette autant de moyens pour enquêter sur une fausse liste de titulaires de comptes bancaires. C'est un fait divers qui relève de la diffamation devant un tribunal de police. Faire travailler à plein temps deux juges d'instruction, comme s'ils n'avaient rien d'autre à faire, et créer ainsi une ambiance détestable au sein du pôle financier, me paraît scandaleux. C'est un choix de politique criminelle douteux et cela ressemble à un écran de fumée.

En France, l'affaire des frégates de Taïwan - également instruite en Suisse - a en effet été classée, M. Van Ruymbeke se heurtant au secret-défense...
Cela montre que les priorités en matière de lutte contre la délinquance économique ne sont pas bien ciblées. Invoquer le secret-défense me semble injustifié et injustifiable. Ou alors c'est l'aveu qu'il n'y a pas de ventes d'armes sans corruption. Ou que la France considère que le commerce l'emporte sur le respect du code pénal. Il faudrait que le Parlement ait le courage de dire : la corruption est un crime, mais pas en matière de ventes d'armes !

Vous avez souvent collaboré avec la justice française. N'assiste-t-on pas à un retour de la tradition d'obéissance du pouvoir juridique au pouvoir politique ?

Non. A l'époque de François Mitterrand, cela n'était pas mieux. Cette servilité a toujours existé. Ce que vous appelez les "affaires" a toujours été déclenché par des juges d'instruction et pratiquement jamais par des procureurs. A l'exception d'Eric de Montgolfier (actuel procureur de Nice), les procureurs avec lesquels j'ai traité étaient toujours plus ou moins aux ordres.

Un groupe de travail formé par la ministre de la justice, Rachida Dati, planche actuellement sur la dépénalisation du droit des affaires. N'est-ce pas la tendance en Europe ?

C'est la tendance néolibérale berlusconienne. Le grand exploit de Silvio Berlusconi est d'avoir, de fait, dépénalisé les faux en écriture. Si, en France, on fait partir le délai de prescription pour certains délits comme l'abus de biens sociaux (ABS) au moment où il sont commis et qu'on maintient ce délai à trois ans, cela voudra dire que l'on ne poursuivra plus ces infractions. N'importe quel avocat intelligent peut faire traîner la procédure durant trois ans. Le message politique est : "Business is business." Il existerait ainsi une sorte d'enclave de la malhonnêteté liée au commerce. C'est insupportable ! Je continue à croire que l'on peut faire des affaires proprement et gérer une entreprise sans abuser des biens de celle-ci."...
lire la suite sur lemonde.fr

25.01.2008

Loi du silence


Loi du silence
LE MONDE | 25.01.08

© Le Monde.fr

..."Ainsi, en France, en 2008, des hauts fonctionnaires se font tirer l'oreille comme des mauvais élèves quand ils enfreignent un devoir de réserve compris comme un engagement au silence. Pratiques d'un autre âge, incompatibles avec la "démocratie irréprochable" et la "politique de civilisation" dont M. Sarkozy se fait le chantre."

Gaza fait tomber sa frontière égyptienne (plus efficace qu'attendre l'action de l'ONU ou des pays occidentaux)

lu sur lefigaro.fr :
Gaza fait tomber sa frontière égyptienne
J.C. (lefigaro.fr) avec AFP et AP
24/01/2008 | Mise à jour : 08:59 |

Certains Palestiniens conduisaient des charrettes et transportaient des valises pour rapporter des produits de consommation courants et du carburant. (Abed/AFP)

L'Egypte ne s'est pas opposée à l'entrée de dizaines de milliers de Palestiniens qui ont franchi mercredi le mur séparant la bande de Gaza de son territoire.
Mercredi à l'aube, des Palestiniens armés, selon des témoins, membres du Hamas et des Comités de résistance populaire, ont détruit les deux-tiers du mur de séparation entre la bande de Gaza et l'Egypte voisine, à l'aide d'engins explosifs et des bulldozers. Depuis, plusieurs milliers de civils palestiniens s'engouffrent dans les brèches créées dans cette clôture de 14 kilomètres de long. Une entrée illégale, sous le regard de 2.000 policiers égyptiens anti-émeute. (Voir notre diaporama)
Certains Palestiniens conduisaient des charrettes et transportaient des valises pour rapporter des produits de consommation courants et du carburant qu'ils comptaient acheter en Egypte, avant de regagner la bande de Gaza.
A la mi-journée, le président égyptien Hosni Moubarak a fait savoir qu'il avait en fait permis cet afflux pacifique et temporaire de Palestiniens sur son sol. Il a affirmé que les forces de sécurité égyptiennes avaient «accompagné» les Palestiniens de Gaza, «qui souffrent de famine en raison du blocus israélien», à venir s'approvisionner à Rafah, la ville située à cheval entre le territoire palestinien et l'Egypte.
«Je leur ai dit de les laisser entrer, tant qu'ils ne portent pas des armes, pour qu'ils puissent manger et acheter des produits alimentaires et puis retourner chez eux», a déclaré Hosni Moubarak à la presse au Caire. Dans le même temps, quelque 500 personnes ont été arrêtées lors d'une manifestation pro-Gaza, dans la capitale égyptienne.
Cinq blessés par balle
De son côté, le premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a appelé à la tenue d'une réunion d'urgence avec ses rivaux du Fatah.
Cet épisode intervient au lendemain d'une manifestation organisée par le mouvement islamiste, devant le terminal de Rafah pour protester contre le blocus de ce territoire palestinien imposé par Israël. Quatre Palestiniens et un garde égyptien ont été blessés par balles, lors de heurts avec les forces égyptiennes. Les manifestants demandaient aux Egyptiens d'ouvrir le point de passage, fermé quasiment en permanence depuis juin 2006. Déjà lundi, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, avait appelé la Ligue arabe à «astreindre» l'Egypte à déverrouiller le poste-frontière
Depuis le coup de force du mouvement islamiste, le terminal de Rafah est quasiment scellé alors qu'il était devenu l'unique fenêtre vers le monde extérieur pour ce territoire depuis le retrait israélien de 2005.
Depuis le 17 janvier, l'Etat hébreu impose un blocus de la bande de Gaza en riposte à la multiplication des tirs de roquettes palestiniennes contre le sud de son territoire. Mardi, devant les critiques de la communauté internationale, Israël a desserré son étau autorisant la livraison de 360.000 L de mazout destinés à l'unique centrale électrique de la bande de Gaza. Mais mercredi, le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak a martelé que «tant qu'il y aura des tirs depuis Gaza, les restrictions se poursuivront».

24.01.2008

Environnement: l'Amazonie part en fumée

lu sur LIBERATION.FR : jeudi 24 janvier 2008
Environnement: l'Amazonie part en fumée
Déforestation en amazonie brésilienne. Reuters
Contrairement à ce qu'annoncaient les autorités brésiliennes il y a deux mois, les contrôles satellitaires montrent une dévastation record entre août et décembre 2007.
AFP

La déforestation de l'Amazonie a connu une nouvelle accélération à la fin de 2007 avec quelque 7.000 km2 dévastés par les brûlages entre août et décembre 2007, un record depuis la mise en place du contrôle satellitaire il y a quatre ans, selon des données officielles.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva devait réunir aujourd'hui les ministres pour tenter de nouveau de renforcer le contrôle de l'Etat sur ces dévastations illégales opérées en général pour augmenter les surfaces d'élevage et de culture du soja.
Selon l'Institut national des recherches spatiales (INPE), les satellites ont détecté une déforestation effective (avec coupe rase des arbres) de 3.235 kilomètres carrés lors des cinq derniers mois de 2007, avec une pointe de 1.922 km2 pour les seuls mois de novembre et décembre. Comme le système n'enregistre que 40% des zones réélement dévastées, le gouvernement estime que 7.000 km2 ont été touchés d'août à décembre.
Ce chiffre représente déjà 60% de la déforestation enregistrée en un an entre août 2006 et juillet 2007.
Il représente une douche froide pour les autorités qui, il y a deux mois encore s'étaient félicitées de la baisse régulière de la déforestation depuis les niveaux historiques atteints en 2003 et 2004.
La ministre de l'Environnement avait indiqué mercredi lors d'une conférence de presse que 53% des surfaces concernées se concentraient dans l'Etat du Mato Grosso (centre-ouest), suivi dans le nord du pays par les Etat du Para (17%) et Rondonia (16%).
"Les activités typiques de ces Etats sont l'élevage et la culture du soja", a souligné Mme Silva. "Je ne crois pas à une coïncidence", a-t-elle dit, en soulignant que cette augmentation intervenait à un moment de hausse des prix sur le marché international des produits agricoles, dont le Brésil est grand exportateur.
Plus de 17% de la végétation originelle de la forêt amazonienne a déjà été détruite, dans la plupart des cas pour la création de pâturages. Certains chercheurs estiment que d'ici 2050, 40% de la forêt pourrait disparaître.

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